Jeu en temps de confinement -9 – texte borné – nouveau

Il semblait venir de très loin car il portait sur tout le corps de fortes traces d’aventures mais il avançait d’un pas déterminé dans ma direction. Arrivé devant notre portail, il s’arrêta et de toute évidence ne voulait pas passer son chemin. Intriguée, je m’approchai de lui.

«Bonjour monsieur, vous cherchez quelque chose ?

Alors, vous ne me reconnaissez pas…»

Prise de panique, comme à chaque fois que je me suis retrouvée dans cette situation de reconnaissance à sens unique, je me demandai ce qu’il ressentait à ce moment précis… de la déception? de la tristesse ? de l’aigreur ?

Je compris qu’il avait été élève à l’école du village, qu’il avait été mon élève. J’invoquais la fuite du temps, la métamorphose d’un enfant en adulte… Comment retrouver la gueule d’ange dans cette carcasse de vieux baroudeur?

Je l’invitai à se désaltérer tout en profitant de l’ombre du gros chêne.

Il me raconta sa vie depuis qu’on s’était perdus de vue. 

Il avait traversé des terres et des mers, des pays, des océans et des continents. Il était parti pour rencontrer l’autre et l’ailleurs, cette envie qui le tenait depuis qu’il avait été élève dans notre école ouverte sur le monde. J’avoue que j’ai souri intérieurement, flattée !

Il avait croisé au cours de son périple, des gens d’une générosité sans borne, il avait été témoin de traditions culturelles étonnantes comme cette pratique culinaire du four tahitien ou cette vie en osmose avec la forêt primaire, il s’était laissé aller à des modes de vie différents, à une autre conception du temps et de l’espace mais il avait aussi eu peur dans des contrées inhospitalières où la liberté n’avait plus droit de cité, où le sort réservé aux femmes était tout simplement inadmissible, où une éducation n’était pas offerte aux enfants.

 Il avait fini par être rassasié, suffisamment nourri de ces voyages, de ces rencontres, de ces épreuves. Il avait voulu renouer avec ses racines, il était revenu.

Les années ont continué à s’écouler. Quel regard porte-t-il sur le monde actuel ? Comment ressent-il son évolution ?

En ce temps là,(…) le monde n’était ni meilleur, ni pire qu’aujourd’hui, il était seulement différent.

JB

Jeu par temps de confinement – 9 – texte borné, un de plus

Je préfèrerais pas , ces temps-ci il vaut mieux reporter le scrabble… ». C’était un jour avant l’officielle mesure de confinement pour cause de pandémie. Ses amies n’avaient pas compris, elles avaient été suffoquées de voir Suzanne sur le recul, leur hôte passionnée de scrabble et avec laquelle elles passaient tous les lundis après-midi à jouer moultes parties ponctuées par le thé vers 18 heures… Puis le confinement est venu, il a fallu apprendre à jouer seule, à ne plus partager le jeu ni compter les points, à ne prendre le thé qu’avec ses chats et le téléphone, qui sonnait plus souvent…Certains jours même, le scrabble en solo devenait si déprimant que c’est le piano qui gagnait la partie…Du Mozart, du Haydn en déchiffrage et le salon de nouveau reprenait son souffle, l’air vivant…La chatte même avait l’air de se régaler dans le fauteuil et jouait parfaitement son rôle d’amateur éclairé, public à quatre pattes devenu précieux et à qui Suzanne parlait affectueusement en quittant piano et salon . « Tu as aimé Maillou chérie? » La chatte cherchait caresse et semblait tendrement répondre…Qu’est-ce qui avait changé ? Presque rien, les échanges humains souvent superficiels et qui manquaient tant à ces amies de scrabble, avaient disparu ainsi que les rituels de leurs lundis au profit d’autres rituels, plus intimes, de nouvelles communications subtiles, infinitésimales, qui étaient venues s’inventer avec plantes et fleurs, avec la chaleur du feu et les gestes des chats… En ce temps là, le monde n’était ni meilleur, ni pire qu’aujourd’hui, il était seulement différent »

SD

Jeu d’écriture par temps de confinement -10- texte borné

31 mars 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement – 9 – texte borné

Voici 4 phrases. l’une que vous choisirez commencera votre texte, l’autre que vous choisirez aussi le finira

  • Il semblait venir de très loin car il portait sur tout le corps de fortes traces d’aventures
    Albert Cossery , les fainéants dans la vallée fertile
  • En ce temps là,(…) le monde n’était ni meilleur, ni pire qu’aujourd’hui, il était seulement différent. Emmanuel Dongala, le feu des origines
  • Je préférerais pas , Melville, Bartleby
  • Le jour où al Terre ne comptera plus qu’un homme, ce sera un douanier. Albert Londres, Terre d’ébène


Le jour où la Terre ne comptera plus

qu’un homme, ce sera un douanier

se taire était-il une solution 

se terrer non plus

la phrase sonnait comme un tocsin

sans son un tic sans ton

de ce qui dédouane tout silence

quand il faudrait le cri

le cruel décompte

à jour

autant que se faire peu

devenir insignifiant

se faire ombre

à l’arrêt à l’affût

avant tout si loin

tertre à franchir

inventaire

lignifié

tendu vers cette fin

Je préférerais pas

MS

Il semblait venir de très loin car il portait sur tout le corps de fortes traces d’aventures : du rouge à l’âme et des bleus aux joues ; un cœur en bataille et les cheveux sur la main ; une peau au beurre noir et un œil tanné . En ce temps-là  (..) le monde n’était ni meilleur ni pire qu’aujourd’hui , il était seulement différent .

HG

Il semblait venir de très loin car il portait sur tout le corps de fortes traces d’aventures.
Albert Cossery , Les fainéants dans la vallée fertile

 

Ce matin là, il descendait d’un pas vif l’échelle de coupée d’un navire qui venait d’arriver à quai. Eden était son prénom ; cela évoquait évidemment le jardin du même nom mais son physique éloignait rapidement cette idée.

Il était comment dire, cabossé par les coups reçus lors d’innombrables rixes, dans les bouges des ports.  Nez cassé, arcades sourcilières portant maintes cicatrices.

Son torse musclé mais couturé témoignait également d’une vie mouvementée.

 Son goût pour l’alcool ne se voyait pas encore trop car il avait à peine trente ans.

Il avait parcouru presque toutes les mers du monde sur de vieux rafiots, paquebots ou porte-containers. Il baragouinait un grand nombre de langues ce qui lui permettait de se sortir de situations difficiles car Eden avait une idée élastique et personnelle de la légalité. Cela lui avait occasionné quelques séjours dans des geôles au confort souvent sommaire. Peu lui importait car il aimait pardessus tout se jouer des frontières sur terre et sur mer.

Le trafic  était pour lui une passion et se jouer des douaniers une deuxième nature. Il y avait acquis une réputation internationale de contrebandier qui le flattait mais le mettait aussi en danger. Sa photo était placardée dans plus d’un bureau.

Aussi se disait-il souvent

Le jour où la Terre ne comptera plus qu’un homme, ce sera un douanier. Albert Londres, Terre d’ébène

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jeu par temps de confinement 31 03 2020 – 9 -texte borné

31 mars 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement – 9 – texte borné

Voici 4 phrases. l’une que vous choisirez commencera votre texte, l’autre que vous choisirez aussi le finira

  • Il semblait venir de très loin car il portait sur tout le corps de fortes traces d’aventures
    Albert Cossery , les fainéants dans la vallée fertile
  • En ce temps là,(…) le monde n’était ni meilleur, ni pire qu’aujourd’hui, il était seulement différent. Emmanuel Dongala, le feu des origines
  • Je préférerais pas , Melville, Bartleby
  • Le jour où al Terre ne comptera plus qu’un homme, ce sera un douanier. Albert Londres, Terre d’ébène

Ecrit en mars 2020, texte borné 3

Texte borné:

14 phrases étaient proposées: Chaque joueur en a tiré deux au sort : la première commence son texte, la seconde le termine

Avant d’entrer, assieds-toi sur cette malle.

Armel regarda longuement la jeune femme qui faisait face à l’océan, paysage gris et bleu que le breton affectionnait tant. Elle semblait perdue dans ses pensées contemplant l’horizon. Derrière eux, la vieille maison de granit montait la garde, elle qui avait accueilli tant de marins et d’amis de passage sur ce petit port. Ce jour-là, le chemin de Malika avait croisé celui d’Armel et en la voyant si perdue, si émouvante il avait songé, je veux te combler de cadeaux et « je parerai tes bras de bracelets ».

DDou

Ecrit en Mars 2020, texte borné 2

jeu1 : texte borné

Des phrases sont numérotées entre 1 et 14. Les joueurs en ont tiré deux au sort : la première sera la début de votre histoire, la seconde la fin

Je vais par les chemins où mon caprice me mène

Ou plutôt mon chien qui veut qu’on je promène.

Mes rêveries fugaces s’envolent avec le vent.

je chantonne en rythmant notre lent mouvement .

Je cherche les traces de la vie comme elle va,

Une fleur nouvelle ou l’empreinte d’un pas

Quand le profond silence se fait angoissant

Je vais vers la ville, avide, le pas pressant

Dans les rues grouillantes, j’aime me glisser,

Entendre les pas, les voix, les klaxons stressés,

Saisir les bribes éparses d’un dialogue tronqué.

Mais pourtant ma place n’est pas dans ce quinquet

Et j’aspire au moment où tranquille,

A pas feutrés, midi s’empare de la ville.

DDor

Ecrit en mars 2020 : Texte borné 1

jeu1 : texte borné

Des phrases sont numérotées entre 1 et 14. Les joueurs en ont tiré deux au sort : la première sera la début de votre histoire, la seconde la fin

J’aurais passé ma vie à faillir m ‘embarquer, et chaque essai s’est révélé calamiteux : achats foireux, histoire d’amour ratée, accidents répétés. Tout ne fut sue choix erronés, catastrophes annoncées et pourtant je suis encore là, seul avec mes béquilles et ma vue basse, enfermé dans un silence mortifère qui m’oppresse, perdu dans un labyrinthe où je l’enfonce, mon coude glissant sur les murs froids de cette prison infinie, cherchant une issue improbable. Mon rêve peut-être encore possible dans lequel je pourrai encore une fois m’embarquer.Ô que je m’ennuie entre ces murs nus

SR