Jeu 1 critique perdue
Au moment de boucler son journal le rédacteur découvre que le texte de la critique littéraire du jour est illisible, mis à part quelques bouts de phrases. Il lui faut absolument un texte pour cette rubrique que vous êtes chargé d’écrire
…tisse son intrigue …
…Sur le fond, il pose d’une façon claire et plutôt astucieuse deux questions qui nous occupent depuis un bon moment…
… il convient de souligner les solides bases…
… le récit suit une logique complexe…
Le Procès, roman posthume de Franz Kafka est un étrange roman où l’auteur tisse son intrigue lentement, avec une précision d’horloger, donnant aux portes qui s’ouvrent et se ferment et à l’ordre temporel des démarches qui suivent l’arrestation de K plus de présence et fonctions dans l’architecture du roman, qu’aux personnages invisibles avec lesquels il a affaire, vidant le monde judiciaire de toute réalité humaine jusqu’à l’étouffement…
…Sur le fond, il pose d’une façon claire et plutôt astucieuse deux questions qui nous occupent depuis un bon moment : comment la loi peut-elle servir l’oppression alors qu’elle est censée protéger la liberté humaine ? Pourquoi l’institution judiciaire non seulement n’est pas à l’abri de mécanismes pervers, mais peut s’avérer la pire des machines à nier les voies de la justice en passant par celles du sens et de la vérité ?
On ne saurait parler davantage ici des effets produits par l’écriture de Kafka, il faut le lire, mais il convient de souligner les solides bases psychologiques et même psychiatriques qui étayent la construction de l’enfermement de plus en plus irrespirable qui emprisonne K , dans une permanente mise en relief de l’aliénation secrétée par la machine juridique dont on attend au contraire reconnaissance et libération. C’est pourquoi le récit suit une logique complexe. Il doit en effet inscrire dans le personnage de K, à travers la succession des portes ouvertes et fermées, la monstrueuse surdité d’une institution aussi perverse qu’impersonnelle, capable de déstructurer l’identité du sujet à la manière de la psychose paranoïaque ou schyzophrénique. Plus profondément, il y a dans cette œuvre magistrale un pressentiment de l’autorité absurde d’un univers concentrationnaire.
SD
Jeu 1 critique perdue
Au moment de boucler son journal le rédacteur découvre que le texte de la critique littéraire du jour est illisible, mis à part quelques bouts de phrases. Il lui faut absolument un texte pour cette rubrique que vous êtes chargé d’écrire
L’auteur tisse son intrigue après un préambule un peu soporifique
Nous étions habitués à des introductions plus courtes et à des phrases plus simples mais comme toujours dans les précédents récits de cet auteur, très vite le sujet attire notre attention et nous sommes impatients de connaitre la suite. Sur le fond, il pose d’une façon claire et plutôt astucieuse deux questions qui nous occupent depuis un bon moment.
Sur la terre, de nos jours, l’espèce dominante, c’est-à-dire l’homo sapiens, sapiens, est en train de réveiller nos ennemis endormis depuis des millénaires : des microbes et des bactéries sortent du permafrost décongelé par le réchauffement climatique. Nous ignorons tout sur ces nouveaux venus, mais certains d’entr’eux, récemment, ont déjà tué des animaux retrouvés morts dans la toundra.
Plus inquiétant encore, sapiens s’acharne à en créer de nouveaux en donnant de plus en plus d’autonomie informatique aux algorithmes qui permettent à l’Intelligence Artificielle de mouvoir et de communiquer avec les robots humanoïdes .Les deux questions qui nous occupent, ou devraient nous occuper, sont donc au terme de ce récit de savoir qui le premier éliminera l’humanité : les virus vivants ou encore endormis mais déjà existants sur notre terre ,ou les virus informatiques crées par les robots qui finiront bien un jour par en créer eux même et bloquer toute activité humaine.
L’auteur insiste sur la fiction de son récit qui retrace le combat des hommes contre les deux types de virus ,mais il convient de souligner les solides bases de physique et de biologies dont il fait preuve car le récit suit une logique complexe et très précise bien qu’accessible à tous ce qui, finalement, donne tout son intérêt à ce passionnant mais inquiétant nouveau récit.
JZ
Je vais donc vous décrire comment ce romancier tisse son intrigue. Nous savons dès le début qu’un meurtre a été commis mais il ne dévoile pas qui en est l’auteur. Sur le fond, il pose d’une façon claire et plutôt astucieuse deux questions qui nous occupent depuis un bon moment.
– qui est l’assassin parmi les multiples coupables possibles, tous plus antipathiques les uns que les autres ?
– pourquoi cette femme apparemment sans histoire a-t-elle été tuée?
Il convient de souligner les solides bases acquises par l’auteur en matière de techniques utilisées par les médecins légistes, sans doute apprises durant ses études de médecine ce qui rend le récit crédible et efficace.
Néanmoins, le récit suit une logique complexe où le lecteur se perd un peu mais passe néanmoins un agréable moment dans les brumes écossaises.
Ddou
L’auteur tisse son intrigue en s’inspirant de ce qu’il vit, des personnes qu’il rencontre et des émotions qu’elles ressentent, depuis presque un an. Sociologue de métier, il a longtemps été sur le terrain pour percer le mystère des comportements humains, de plus en plus inquiétants.
Sur le fond, il pose d’une façon claire et plutôt astucieuse deux questions qui nous occupent depuis un bon moment, à savoir la disparition du Covid-19 et le retour de notre liberté. Il sait pertinemment que ses lecteurs vont d’identifier et rechercher dans son intrigue des réponses à leurs propres questions. Il convient de souligner les solides bases d’un sujet complexe longuement étudié, à savoir les comportements humains en temps de crise. Le récit suit une logique complexe afin de refléter un monde et une vie eux-mêmes complexes car inédits. Ce texte, à mi-chemin entre essai et fiction, tente de dessiner des solutions à un futur post-crise sanitaire. Il en va de la santé de son lectorat si ses prévisions sont bonnes !
Comme l’araignée tisse sa toile, ce récit choral tisse son intrigue aux multiples fils : le lecteur pris dans ses rets aura du mal à s’en extraire .
LD
Famille je vous hais, femme je vous aime.
La multiplication des points de vue sur le secret de famille qui est au coeur du récit n’est pas un procédé révolutionnaire certes et la thématique du secret de famille pas très nouvelle non plus… Son intérêt est donc ailleurs . Sur le fond, il pose d’une façon claire et plutôt astucieuse deux questions qui nous occupent depuis un bon moment, depuis que l’humanité est sortie des ténèbres, depuis le néolithique : quand se met en place l’ordre patriarcal qui structure la famille cellule de base de toute société depuis lors jusqu’à nos jours. A partir de ce constat un questionnement double donc : l’émancipation de la femme ne risque-t-elle pas de changer le modèle familial instrument de la domination masculine ? Et plus novateur encore : la photo de famille ne contribue-t-elle pas à perpétuer ce modèle patriarcal ?
On reconnaitra ici donc les problématiques conflictuelles qui traversent nos sociétés aujourd’hui et il convient de souligner les solides bases dont s’étaye un récit qui se réfère aux travaux des structuralistes notamment ceux de Roland Barthe à propos de la photographie, à la théorie marxienne sur la famille aussi, (on pense à Engels L’ origine de la famille), et bien sûr à Freud dont la découverte révolutionne notre vision de la famille précisément…
Mais attention il ne s’agit pas ici d’un essai ou de quelque brochure militante, non, on parle de littérature, de la vraie, celle qui prend à bras le corps l’ énigme de notre tragique condition, ce qui n’est pas simple on en conviendra et c’est bien pour cela que le récit suit une logique complexe qui n’est que le reflet d’une réalité elle-même complexe : multiplicité des personnages qui ont des points de vue variés et contradictoires sur le personnage qui est au cœur de l’anamnèse familiale et auquel on a attribué un nom, Madeleine, qui évoque très clairement l’entreprise proustienne : on est là aussi à la recherche du temps perdu…
En résumé, une œuvre ambitieuse pleine de promesses dont le caractère collectif disrupte grave avec l’individualisme consubstantiel au néolibéralisme qui nous accable présentement. Une lueur d’espoir, un déconfinement intellectuel et littéraire.
Un secret de famille, œuvre anonyme et collective.
Editions Dorgambide and Co, Terrasson 2021.
FV
Texte à trous critique culinaire
Cette recette culinaire tisse son intrigue autour du délicat problème de la suspension des grains dans le cake. Ce problème, sur le fond, il pose d’une façon claire et plutôt astucieuse deux questions qui nous occupent depuis un moment :
1) faut il mettre en premier au fond du moule les raisins secs et y verser dessus la pâte ? Avec la chaleur, ils remonteront peut-être.
2) Faut-il mettre en premier au fond du moule la pâte et y verser dessus les raisins secs ? Avec la cuisson, ils seront pris dans la masse peut-être.
Cependant, il s’agit de souligner les bases solides de notre tradition de pâtisserie. Toute cuisinière connaît les bases techniques pour la bûche de Noël, les framboisiers, les choux à l’éclair, les merveilles les saint Honoré, et bien sûr le cake . Pourtant cette recette suit une logique complexe… qui m’échappe et m’échappera à jamais, moi qui sais à peine préparer un tiramisu.
SR
Comme souvent, dans les Femmes Savantes, Molières tisse son intrigue autour d’un projet de mariage contrarié. Sur le fond, il pose de façon claire et plutôt astucieuse deux questions qui nous occupent depuis un bon moment :
– la place de la femme dans la famille et la société et la liberté de ses choix
– l’approche de la philosophie et de la science comme réelle quête de connaissance ou vernis de façade pour briller en société
Il convient de souligner les solides bases de l’auteur en matière d’art scénique. Le texte brille par sa verve, la virtuosité de son langage, ses ruptures . Il recourt à tous les ressorts du comique jusqu’à la caricature et il construit son intrigue avec subtilité , moult rebondissements et scènes en miroir. Le récit suit une logique complexe qui amène le spectateur à adhérer au projet d’Henriette à travers un chemin semé d’embûches, où se révèle progressivement la vraie nature des personnages… et pourtant la thèse qu’il défend d’un triomphe de l’amour dans le mariage où la femme reste à sa place est des plus conformistes.
DDor

