Atelier virtuel de décembre, jeu 2, lipogramme Dubillard

jeu 2 : lipogramme

au choix deux poèmes ou extraits de poèmes à réécrire en s’interdisant une voyelle

Dubillard l’intérieur des murs dans La boite à outils

Sa femme se transforme en mur,

chaque soir quand il se couche.

Il n’en souffre pas.

Dans le noir,

Il colle dessus son oreille,

Il écoute ce qu’il se passe derrière :

Peut être rien. En tous cas c’est un grand silence.

Et quant aux Touristes de l’intérieur des murs

Nous les considérons un peu comme nos parents

Sans e

Sa nana ? un vrai mur

Au soir quand il va au lit.

Mais point lui chaut.

Dans l’obscur,

Y apposant (au mur) son radar à son

Pour savoir quoi il y a là dans l’ultramural :

On dirait l’avant big bang : nul bruit.

Quant aux routards intramuraux

Nous disons qu’ils sont papas mamans (mais pas tout à fait pourtant).

FV

Sans i :

Dubillard l’intérieur des murs dans La boite à outils

Sa femme se transforme en mur,

En chaque heure de rencontre

Elle n’est plus là, juste contre

De l’autre côté, elle murmure

Des mots d’amour à rendre fou

Son homme pourtant n’en souffre pas

Ce sont des mots très doux

Et, tendu dans l’écoute, au trépas

L’amant rêve et savoure en dansant

Quelque chose comme le chant de sa maman

SD

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Atelier virtuel de décembre 2020, jeu 2 lipogramme Aragon

jeu 2 : lipogramme

au choix deux poèmes ou extraits de poèmes à réécrire en s’interdisant une voyelle

Aragon : extrait de Italia mea dans le roman inachevé

Il régnait un clair d’anémone
Qui donnait la pâleur du plomb
A ces vieux palais noirs et blonds
Dont les courbes de violon
Disaient qu’on était à

Crémone

  • En a

Une lueur de fleur

Illumine le reflet du plomb

Comme sur ces vieux murs noirs et blonds

Dont les courbes de violon disent

Ici Crémone.

DDou

Disparition du  » a  » .

Des gorges profondes 

où logent l’ombre et l’onde 

un trésor de brebis 

mollement moisit 

sur des éclisses d’osier rond 

dont le bouquet dévoile le nom :

Roquefort .

HGT

Sans A

Il règne une lueur de fleur

qui donne un ton de plomb

sur ces vieux édifices noirs et blonds

dont les courbes de violon

disent qu’on est près de Crémone

SR

Lipogramme (approximatif) en e

L’air ambiant, d’un clair d’arum

Donnait un ton plomb affadi

Aux palais d’antan noirs ou blonds

Aux subtils arrondis, miroirs aux violons

Dans un pays Lombard connu, mais nous tairons son nom

JZ

Il y avait un clair d’ananas

qui donnait l’anis du plomb

aux croulants palais noirs oui mais aussi blonds

pourvus d’ ondulations d’un ou maints violon(s)

disant qu’on vivait à

Craimonn

FV

Lipogramme sans I

Règne une lueur d’anémone

donnant la pâleur de plomb

à ces vétustes châteaux sombres et blonds

dont les courbes de contrebasse

annoncent qu’on est à Crémone

SR

Lipogramme sans o

Aragon : extrait de Italia mea dans le roman inachevé

Il régnait un clair de nuit lunaire

Qui jetait une pâleur de nacre

Aux vastes et vieux palais solaires

Que l’instrument béni, en sacre

Venait enchanter dans l’air pur

Affirmant là sa signature…

Amati

SD

sans 0

« L’enfermement terminé »

Régnait un air de privauté

Qui rendait enfin respirables

Ces murs sentant le renfermé

Redevenant si agréables

Ivres de celle qui a manqué

Liberté

SM

Sans O

Il régnait un ciel de vermeil

Qui fardait d’un feu Lucifer

Les immeubles de ciment gris fer

En brassées de fleurs crucifères

Qui disaient que j’étais à

Créteil

Ddor

Atelier virtuel de Décembre 2020, jeu 1 la critique perdue

Jeu 1 critique perdue

Au moment de boucler son journal le rédacteur découvre que le texte de la critique littéraire du jour est illisible, mis à part quelques bouts de phrases. Il lui faut absolument un texte pour cette rubrique que vous êtes chargé d’écrire

tisse son intrigue …

…Sur le fond, il pose d’une façon claire et plutôt astucieuse deux questions qui nous occupent depuis un bon moment…

… il convient de souligner les solides bases…

… le récit suit une logique complexe…

Le Procès, roman posthume de Franz Kafka est un étrange roman où l’auteur tisse son intrigue lentement, avec une précision d’horloger, donnant aux portes qui s’ouvrent et se ferment et à l’ordre temporel des démarches qui suivent l’arrestation de K plus de présence et fonctions dans l’architecture du roman, qu’aux personnages invisibles avec lesquels il a affaire, vidant le monde judiciaire de toute réalité humaine jusqu’à l’étouffement…

Sur le fond, il pose d’une façon claire et plutôt astucieuse deux questions qui nous occupent depuis un bon moment : comment la loi peut-elle servir l’oppression alors qu’elle est censée protéger la liberté humaine ? Pourquoi l’institution judiciaire non seulement n’est pas à l’abri de mécanismes pervers, mais peut s’avérer la pire des machines à nier les voies de la justice en passant par celles du sens et de la vérité ?

On ne saurait parler davantage ici des effets produits par l’écriture de Kafka, il faut le lire, mais il convient de souligner les solides bases psychologiques et même psychiatriques qui étayent la construction de l’enfermement de plus en plus irrespirable qui emprisonne K , dans une permanente mise en relief de l’aliénation secrétée par la machine juridique dont on attend au contraire reconnaissance et libération. C’est pourquoi le récit suit une logique complexe. Il doit en effet inscrire dans le personnage de K, à travers la succession des portes ouvertes et fermées, la monstrueuse surdité d’une institution aussi perverse qu’impersonnelle, capable de déstructurer l’identité du sujet à la manière de la psychose paranoïaque ou schyzophrénique. Plus profondément, il y a dans cette œuvre magistrale un pressentiment de l’autorité absurde d’un univers concentrationnaire.

SD

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