Lu en octobre 2021, thème « femme de » : Guernica 1937, Alain Vircondelet

Guernica 1937 (2018), Alain Vircondelet

C’est l’histoire de cette toile célèbre, de la liaison passionnelle et tumultueuse de Picasso et Dora Maar que l’auteur choisit ici de nous raconter.

Lorsqu’ils se rencontrent en 1935, Picasso est dans une phase de repli de sa création, elle est une artiste, une photographe reconnue, photographiée et formée par Man Ray. Elle fait partie du groupe surréaliste et a été la maîtresse de Bataille dans une relation sadomasochiste.

C’est Picasso qui est maître de leur temps commun et qui exige ponctuellement sa présence dans son atelier de la rue de Savoie où elle ne reste jamais la nuit. Malgré leur passion, Picasso continue de veiller sur Marie Thérèse et ses enfants. Dora Maar n’a jamais toute la place.

Les deux artistes, se mesurent, se défient. Les portraits de Picasso s’aiguisent, les couleurs sont éclatantes. Lorsque les Républicains Espagnols demandent à Picasso une toile pour le pavillon espagnol de la foire universelle de Paris, les avions italiens et allemands viennent de massacrer par leur bombardement le jour du marché, toute la population de la petite ville de Guernica au pays Basque. Ensemble Picasso et Dora Maar conçoivent une fresque gigantesque qui hurle la douleur et la révolte contre le massacre des innocents. Picasso lui demande de photographier toutes les étapes de la création de la toile peinte au Ripolin. D’elle, il apprend la photographie, elle se met à peindre. C’est le tournant de leur histoire et de la vie de Dora Maar.

Mais Picasso est un Ogre, il se peint en Minotaure qui écrase dévore ce qu’il aime pour le sublimer dans sa véritable seule passion, la peinture. Dès lors, on assiste à une tauromachie, un combat à mort dont Picasso va triompher. Cette référence au taureau est récurrente dans ce texte. Dora souffre ; il la détruit en la peignant distordue et en larmes. Elle tente de se défendre, de se réapproprier par sa propre peinture, en vain.

Elle sombre dans la villa de Ménerbes qu’il lui a offerte et Picasso tourne la page, artistique et amoureuse.

C’est un livre fort et douloureux où la femme qui tente de résister est finalement soumise, mais néanmoins elle a un nom reconnu dans le monde artistique du XXème siècle.

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