Chienne et louve (2022), Joffrine Donnadieu

L’auteure est une jeune femme, Chienne et louve est sont 2ème roman ; c’est le prolongement de l’histoire de Romy auquel lui était consacré le 1er roman Une histoire de France.
Au début, Romy danse tous les soirs dans un bar de Pigalle pour payer ses cours de théâtre au cours Florent. Elle fait des passes. Puis elle trouve une location chez Odette, une femme âgée dont elle doit s’occuper en échange du paiement des cours. Entre elles, nait un jeu malsain. Odette se montre exigeante, tyrannique, elle a une collection d’animaux avec lesquels elle joue. Odette est la jument, Romy la louve. Parfois Romy s’échappe, elle répète sur le toit, le théâtre c’est sa vie.
La 1ère année, elle préfère le rôle de Stella dans un « tramway nommé désir ». Pendant 3 ans, il faut tenir, courir, déjouer les plans d’Odette, refaire des passes quand Odette la rejette. Heureusement elle a une relation avec Jean plus âgé qu’elle aime mais c’est une relation qui ne peut durer.
Ce livre m’a plu et entrainé grâce à un style précis, incisif, plein de surprises, riche. Et l’amour du théâtre est extrêmement bien rendu, elle est comme possédée.
« Je veux respirer sur scène, entendre les trois coups chaque soir, commettre des crimes, des infanticides, des adultères, aimer éperdument, haïr follement, voyager à travers les époques, échanger de sexe, m’empoissonner, mourir, renaître. »
« Je ne suis vraie que lorsque je suis sur le plateau ou que je m’y projette. Le reste du temps je me meurs. »
Ce livre révèle aussi une analyse de la société, la différence de deux milieux, les riches contre les pauvres.
« A Toul, les rues sont désertes, les rats s’y ennuient. »
« Dans le 9ème, on meurt d’ennui, dans le 19ème, on meurt de faim. »
« Tout ce que je possède, c’est une mémoire, elle est mon territoire, ma liberté. Le peintre a sa palette de couleurs, moi j’ai ma palette d’émotions. »
Si vous aimez le théâtre, les personnages sincères, qui jouent leur vie à chaque instant, laissez-vous entrainer par cette langue puissante comme son personnage, langue acérée où le vulgaire peut cohabiter avec la poésie, comme dans la vraie vie.
Simone

