« Résidence au long cours « : 3 fins possibles 3

Le Grand Chambard

le clown s’est ouvert de sa situation à Bastien qui lui a offert de l’aider en échange de devenir son élève  : via André il a eu la planque de la réserve au 1er étage, par hasard il a pu ouvrir le cadenas et le clown y dort avec son chien savant une partie de la journée jusqu’à deux heures du matin. C’est ce qu’a entendu Lulu en faisant semblant de fumer non loin des deux garçons. Maintenant qu’il a compris, il peut retourner dans son antre. Tout ça ne le regarde pas. Et, surtout, pas question d’en parler à cette extravagante illuminée… elle n’a qu’à consulter sa boule, si elle y croit elle-même.

Quelques temps plus tard, Madame Médéric rentrant de courses à Brive surprend en montant l’escalier, une conversation sans équivoque à travers une porte du premier. Lorsqu’elle arrive sur le palier , plus personne… mais son jugement est fait. Elle n’a jamais gravi aussi vite les deux derniers étages. Elle entre en trombe dans son appartement en s’égosillant : « Pierre ! Pierre ! Il y a un étranger dans l’immeuble ! »… mais Pierre n’est pas là, sans doute à sa leçon de musique . Quelle idée de se mettre en tête d’apprendre la musique à 65 ans, alors qu’il se passe des choses aussi graves dans l’immeuble ! Elle décroche son portable et appelle Madame de La Tour dont elle connaît l’oreille attentive . Elle saura mesurer la gravité de l’affaire . Trop agitée pour soutenir une conversation, elle raccroche et se retrouve dans l’escalier. Au premier, elle hésite, mais sa peur du ridicule la retient de frapper à la moindre porte. La gardienne ! Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ?

« Un étranger au premier ! Un étranger au premier ! ». Maria qui n’arrive à en tirer aucune autre parole, l’accompagne à l’étage, bien décidée à lui prouver qu’aucun inconnu ne s’y cache, elle a encore visité l’appartement en travaux le matin même. Oui mais voilà, elle remarque l’absence de cadenas à la porte du cagibi. Elle pousse sans ménagement cette porte qui tente vainement de lui résister et découvre le clown qu’elle reconnaît aussitôt , car elle aussi a lu ce matin l’essor Sarladais. « Le clown Zaza ! Comment pouvez vous vous cacher ici ? Sortez ! Vous êtes dans un lieu Privé». C’en est trop pour Virginie. Un saltimbanque ! Un Romanichel, un voleur de poules, voleur d’enfants, violeur de femmes, plein de puces de poux, et qui sent mauvais ! Alerté par les cris, Lulu qui ne peut décidément pas se concentrer sur les poèmes du Docteur Boissel, descend et agonit les deux femmes, « femelles ménopausées hystériques ».

Jeff Blanchard , heurté par les insultes qui fusent à travers sa porte, sort à son tour et reste un temps médusé par la scène. Il croise le regard de Zaza et mesure l’ampleur de son désarroi. Il rentre sa colère et tente d’apaiser les furies, mais Virginie retourne ses injures contre lui , homosexuel, inverti, sodomite, pédé , tantouze qui se paye la chanteuse du second… et ce devant toute la communauté présente dans l’immeuble maintenant réunie autour d’eux. Pierre Médéric rouge jusqu’à la pointe des oreilles s’affole : « Virginie, ma douce, reprend toi, je ne te reconnais pas », mais le barrage a sauté. Rosanna écœurée par ce déchaînement de haine est prise de malaise. Pierre et Victor se précipitent ensemble pour la secourir. C’est au tour de Rosa Camilleri de s’insurger contre le fascisme caché derrière les bonnes manières et de se précipiter sur Virginie, pour un corps à corps sans merci. Victor s’interpose entre les deux femmes et déclame l’Homme civilisé d’Alain Bosquet :

J’ai gazé quelques Juifs : c’est une race affreuse,

puis je me suis distrait en écoutant Mozart.

J’ai fusillé des partisans : c’est la chienlit,

puis j’ai humé la rose avec un tel amour !

J’ai dépecé l’Arabe : une bête de somme,

puis j’ai mis des faveurs au cou de mon caniche;

J’ai enterré vivants des Arméniens : les Turcs

avaient raison ! Puis j’ai songé au Tintoret,

à Vélasquez, à Zurbaran. J’ai réchauffé

le Nègre : était-il fade, avec sa sauce au vin !

puis au bord de la mer j’ai relu Jean Racine.

J’ai arrosé les Vietnamiens, de ce napalm

qui les réduit à ce qu’ils sont : quelques cloportes,

puis j’ai fait ma chanson d’homme civilisé

Le silence est revenu, lourd. On en a oublié Zaza, mais c’est alors que la police débarque, alertée par Amelia de Latour. Il sont venus pour des étrangers en situation illégale et ils tombent sur le clown recherché depuis plusieurs jours.Une aubaine ! Jeff s’interpose contre son arrestation : le clown est majeur et libre d’aller où il veut… Lulu rajoute qu’il n’a lu rien lu dans le journal qui puisse laisser supposer qu’il est impliqué dans un crime quelconque. Les policiers tirent Zaza sans ménagement dans la cacophonie de ceux qui encouragent la maréchaussée et de ceux , et plus particulièrement les jeunes, qui protestent contre l’atteinte à la Liberté. André venu à la rescousse de son protégé reçoit un coup de matraque. Sa mère hurle comme si elle avait été frappée elle-même . Rosa entonne l’Internationale en s’accrochant à la manche d’un policier. Elle est embarquée avec la clown, toutes sirènes hurlantes. Lulu conforté dans son mépris de l’humanité retourne dans ses pénates solitaires. Virginie Médéric s’écroule en pleurs. Son mari la relève et l’entraîne doucement chez eux.

Jeff a pris le caniche savant tremblant dans ses bras et jure de ne le rendre qu’à son maître libre. Rosanna propose de le garder chez elle à cause de son jardin et du chat de Jeff et Thomas qui pourrait mal prendre ce nouveau compagnon. Marcello Camilleri qu’on n’avait pas entendu jusque là récupère les affaires dans le cagibi . Il ne craint pas pour sa femme : lorsqu’ils vont se lasser de l’entendre chanter, c’est à dire très vite, les policiers vont la relâcher. Il pense qu’elle est même assez têtue pour parvenir à ramener le clown sain et sauf. Ils pourront bien l’héberger le temps qu’il démêle ses embrouilles, n’en déplaise à certains. Lucia, meurtrie de ne pas avoir été au bout de son enquête, s’engage à nettoyer le cagibi pour enterrer l’affaire. Les autres sont toujours là, éberlués ; la tension persiste dans la dureté du regard de certains, mais personne n’ose plus rien dire.

Maria mesure l’ampleur du désastre et, désenchantée, se confie à Monnette . Elle qui avait tant fait pour bâtir l’harmonie dans cette communauté si disparate la voit s’écrouler comme un HLM qu’on dynamite ! Tout est à reprendre, est-ce encore possible ?

 

 

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