jeu N°3 : fable
Une liste de noms communs d’objets est faite en séance Ils ont été tirés au sort 2 par deux pour une fable.. :
le stylo et la trousse ; la chaise et la table ; le tableau et le canapé ;le fauteuil et le bonnet ; le collier et la maison ; le piège à souris et la cafetière ; le soleil et l’aiguille, le livre et le parapluie
Choisir un titre et rédiger en vers ou même en prose sans oublier la moralité
Le Stylo et la Trousse.
Maître Stylo dans une trousse serré
S’ennuyait ferme , n’ayant personne
Avec qui causer.
La Gomme rougissait
Et s’effaçait
Sitôt qu’à elle on s’adressait.
Messire Compas se courrouçait
Si l’on avait le toupet
D’interrompre ses calculs savants,
Et de sa dague affilée vous menaçait.
Alors, découragé on le laissait
A ses méditations circulaires,
Ses valses à trois temps d’où naissaient
Des triangles isocèles ou même rectangles
Dont il mesurait fébrilement les angles
Car ce qu’il cherchait sans répit
C’était la valeur précise de pi
Ses échecs répétés accroissaient son dépit.
Il n’était pas non plus question
De nouer relation
Avecque le taille-crayon,
Aimable compagnon,
Qui sans cesse lui proposait ses services,
Lui faisant miroiter les avantages
D’une bonne mine bien affûtée,
Ce qui, selon lui, permettait
D’obtenir de tous (et de toutes) les hommages
Et d’assouvir tous ses vices…
C’est ainsi que notre ami le Stylo,
En ce gîte étroit et malodorant,
Songeait : car que faire en un gîte
(De surcroît étroit et malodorant)
A moins que l’on ne songe ?
Comme le disait si bien ce fabuleux fabuliste
Admiré de l’admirable Francis Ponge
Qui, comme moi, milite au parti pris des choses,
Me fait l’honneur de porter mon prénom
Et m’autorise à user de son nom
Pour toute rime, facile ou non,
Dans mes vers de mirliton.
Il songeait donc et se sentait humilié
Car il était de la classe aristocratique
Faisant partie de la grande famille du baron Bic.
Faisons maintenant son portrait physique :
D’un aspect avenant et sympathique,
Son corps longiligne et synthétique
Etait recouvert d’un épiderme transparent en matière plastique
Qui ne cachait rien de son unique boyau
Gorgé d’un sang bleu de vrai nobliau.
Il se sentait humilié et soudain déprimé,
Il se mit à sangloter et de sa tripe rectiligne
Jaillit alors, longtemps retenu et comprimé,
Un torrent de larmes bleu azurées.
Aussitôt dans la Trousse ce fut révolution :
Les habitants de l’endroit, tous ses compagnons,
Pataugeant dans une encre épaisse et bleue
Décrétèrent que ce n’était plus possibleu
Contre lui ils se liguèrent et organisèrent un RIC :
Oui ou non voulons-nous encore du ci-devant Bic ?
Pas de doute sur l’issue du référendum :
Des urnes sortit majoritaire le non !
L’on somma la Trousse de dégager le souillon ;
Après quoi le petit peuple retrouvant sérénité et dignité
Remisa les gilets jaunes et reprit ses activités.
Quant au Stylobille vidé de sa substance vitale
Il finit ses jours à la déchetterie communale.
Moralité (avec message subliminal) :
Le petit peuple plie mais ne rompt point :
C’est ainsi peut-être qu’il ira loin.
FV

