Alasdair GRAY, James Kelman, Agnes Owens – Histoires maigres (2007)
Trois écrivains écossais, tous originaires de Glasgow (ils appartiennent à l’Ecole de Glasgow qui a révolutionné le roman britannique) nous livrent par un ensemble de nouvelles un portrait décapant de l’Ecosse des années Thatcher que la désindustrialisation a plongée dans la misère.
Dans un style différent, mais sans pathos, et avec un humour glacé, ils nous dépeignent les déshérités. On peut penser à l’univers de Ken Loach.
Agnes Owens écrit sans fioritures et avec une certaine cruauté un quotidien désenchanté et même sinistre, où règnent l’indifférence et le cynisme (Arabella, l’arrêt de bus).
James Kelman nous plonge dans la tête des laissés pour compte qui jettent sur le monde un regard cru parfois halluciné. Les nouvelles se répètent.
Les textes de Alasdair Gray comportent des essais et des fictions et nous livrent des portraits saisissants, mais celui qui attire le plus l’attention est son entreprise de terminer une nouvelle inachevée de Stevenson.
Ce livre a suscité des avis très tranchés : certains ont complètement résisté à cet univers rébarbatif alors que d’autre ont été intéressés par cette façon de montrer les difficultés des hommes dans un monde impitoyable et par l’humour grinçant qui protège du pathos.

