jeu d’écriture en temps de confinement – 25 – texte mité 2 poésie

16 04 2020

jeu par temps de confinement – 25 -Texte mité – 2 –

Ce jeu, vous le connaissez, mais il était prévu pour le mois d’avril ; Vous avez le choix pour reconstituer un poème ou un texte en prose :

Voici un texte dont il ne subsiste que quelques bribes, à vous de le reconstituer. Au choix :

soit un poème en alexandrins :

…verre……..

……….batelier

.. lune…..femmes

..verts………..

 

……………….ronde

..chant……………

…………fille……….

……immobiles…..repliées

 

…………..se mirent

…………….refléter

La voix……………

..cheveux……….

 

…verre……….rire.

Voici les textes produits  à partir de ces mots. Ensuite vous découvrirez le poème d’origine : nuit Rhénane de Guillaume Apollinaire


Spleen !!!

 Boire un verre de vodka me donne du vague à l’âme

Tout comme la Volga qui berce le batelier

Attendre le clair de lune comme nombre de femmes

Fuir les espaces verts ! la flamme du chandelier

Vacille sur mon corps comme une lueur ronde

C’est le chant de la nuit … je deviens hétaïre

Il stimule mes sens, je deviens  fille de l’ombre

Qui les yeux immobiles et les mains repliées

Fixe les volutes d’alcool qui dansent et se mirent

Dans ma coupe encore pleine pour mieux s’y refléter,

La voix de la raison me réveille soudain

Mes cheveux embués se redressent enfin

Pourquoi mon verre est vide ? Je ferai mieux d’en rire !

SM

Le verre dépoli de mon vieil atelier

Diffracte les signaux que fait le batelier

Par les soirées sans lune à l’intention des femmes

Qui sous les verts lampions frappent le macadam

J’entends des cris, des mots qui montent à la ronde

Et le chant des marins qui célèbrent les blondes

S’offrent à une fille joliment maquillée

Près des cygnes immobiles aux ailes repliées

Sur les eaux du canal bateaux et bars se mirent

becs de gaz et fanaux viennent se refléter

Et la voix éraillée par le vin de Palmyre

glisse sous les cheveux des amabilités

Le verre dépoli filtre un éclat de rire

DDor

Nuit rhénane

Guillaume Apollinaire

Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d’un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n’entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été

Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire

Guillaume Apollinaire, Rhénanes, Alcools, 1913

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