Salina : les trois exils (2018), Laurent Gaudé

C’est l’histoire d’une héroïne lumineuse puissante, sauvage, passionnée et insoumise qui prend l’amour pour un dû et la vengeance pour une raison de vivre. Au soir de son existence, c’est son dernier fils, qui raconte ce qu’elle a été, afin que la mort lui offre le repos que la vie lui a défendu.
Livre magnifique, violent, excessif, émouvant, poétique, c’est une tragédie grecque. Ce don des mères aimantes en échange d’une paix pour que « les sangs du passé soient enterrés » « que tout s’apaise ».
« je prends la vie que tu m’offres. Je veillerai sur ton fils, Alika… J’aurais alors sous les yeux le visage de ta sagesse. Va, Alika ce que tu fais aucune mère, jamais ne l’a fait. Je vais vivre, je te le jure. Ne t’inquiète pas de mon corps délabré, de mon épuisement. Je voulais mourir, mais tout a changé… Je ne tairai rien pour qu’il sache qu’il est l’enfant de deux mères et d’une paix scellée l’enfant qui enterre le vieux sang. Je lui dirai qu’Alika est le nom du don. Et il vivra, ouvert et droit, partout où il ira. »

