Jeu 3 : En suivant les mardis de l’OULIPO : la mesure
Mardi dernier, ils ont fait la lecture du « Manifeste pour la réhabilitation des Poids et Mesures » de Gérard Berry. Il explique qu’en dehors des mesures homologuées traditionnelles, il existe une nombre incalculable de mesures dans le langage courant pour évaluer le temps, l’argent, les distances, les quantités,le temps qu’il fait, l’intelligence… (ex : coûter que dalle, des clopinettes, une somme rondelette, un pacson etc. pleuvoir des seaux, des hallebardes, comme vache qui pisse… aller à perpette, à quatre pas d’ici…)
– Choisissez un domaine et recensez le plus grand nombre de mesures possibles.
– Ensuite,
– soit vous en choisissez une et vous en inventez l’origine sous la forme d’une histoire
– soit vous établissez une échelle entre les (quelques) mesures relevées et vous proposez un petit problème d’arithmétique ( ex combien de seaux pour une hallebarde?)
l’argent
J’suis sans le sou
dedans mon trou
mais y en a d’autres qu’en ont beaucoup
des Carlos Gohsn des j’ten fous
plein la gueule, avec leur pactole
moi je ramasse au Capitole
l’poubelles de ces nantis
et l’est tout froid mon pauvre frichti…
y a pas à faire, mes clopinettes
c’est pas l’pacson
j’ai pas leurs sommes rondelettes
dans mes pochons
x : coûter que dalle, des clopinettes, une somme rondelette, un pacson etc. pleuvoir des seaux, des hallebardes, comme vache qui pisse… aller à perpette, à quatre pas d’ici…)
S.D.
Le temps
Ça date de Mathusalem,
Remettre aux calendes grecques,
Long comme un jour sans pain,
Aller à la vitesse de l’éclair,
Un âge canonique
Ça fait des lustres
AGE CANONIQUE :
C’est l’âge minimal, fixé à 40 ans, exigé des femmes qui souhaitent se mettre au service des prêtres voués par leur fonction au célibat. Cette loi fixée par l’église imposait le choix de certaines femmes pour les servir. Il fallait notamment que les charmes de celles-ci soient éteints pour éviter aux prêtres de réveiller leurs instincts.
Aujourd’hui, l’âge canonique est un âge très avancé.
CA FAIT DES LUSTRES , problème :
Si tu as 70 ans, par combien de lustres pourrais-tu traduire ton âge ?
H.L.
Mesure du temps : cela fait des lustres, il y a un bail, cela fait une paie, cela remonte au déluge, il y a une éternité, il y a belle lurette, il y a Mathusalem
Connaissez vous l’origine de l’expression « il y a belle lurette ». Non ? Alors laissez moi vous la conter. Écoutez cette histoire que l’on ma racontée, du fond de ma mémoire je vais vous la narrer. Elle se passe il y a cent ans, au sein d’une belle cité. A cette époque les années étaient folles et les femmes très peu habillées. Une jeune femme pas bien âgée a quitté sa campagne afin de briller. Ainsi donc, elle voyagea pendant des heures pour finir à la cité. A la rue et sans rien pour manger, elle se débrouilla comme elle put. Afin d’attirer la monnaie et pour ne pas voler, elle se mit à chanter. Au départ, les gens se moquait de cette demoiselle qui se trémoussait dans les rues. Mais très vite, elle intrigua et attira les individus. Désormais chaque jour, les gens l’attendaient au coin de la rue. L’acclamant même car elle représentait la joie et la gaîté dans une dure réalité. Un jour, un passant qui ne la connaissait pas, s’arrêta intrigué par tout ce barda. Il apprécia ce qu’il vit mais resta sur sans voix. Alors il lui cria :
– Comment t’appelles tu ma petite ?
Elle lui sourit, réfléchit et lui dit :
– Appelle moi Lurette.
-Lurette, j’aime bien Lurette. Tu es si belle Lurette. Lui répondit le passant qui était désormais sous son charme.
Ainsi les jours passèrent, puis les semaines et enfin pour finir les années.
Lurette prenait de l’âge mais ne perdait rien de sa beauté. Elle avait réussi son rêve car dans toute la cité on entendait parler de la « belle Lurette ». A tel point qu’après plusieurs décennies, elle était devenue une référence dans le quartier. La cité ne comptait plus le temps écoulé depuis son arrivée. C’était désormais un fait, dans la cité, ils avaient leur « Belle Lurette ». Au fil du siècle écoulé, et des paroles échangées, le temps a été associé à cette jolie demoiselle. C’est ainsi que lorsque on voulait exprimer qu’un événement avait eu lieu il y a longtemps désormais il était courant de dire que cela avait lieu il y a belle lurette.
L.N.
des Plombes – 107 ans – Belle Lurette
L’an 14 – l’an 40
Histoire de Belle Lurette
Cette histoire se passait il y a des plombes, peut-être pas 107 ans mais avant l’an 40. La Belle Lurette vivait dans un château, pendant que le Seigneur partait guerroyer pour de nombreuses années. Les croisades se succédèrent et Lurette insensiblement vieillit puis s’éteignit seule et délaissée dans son donjon. Plus personne ne se souvenait précisément à quelle date Messire Godeffroy avait revêtu son armure. Afin d’avoir un repère, l’habitude fut prise de dire : c’était quand Lurette était encore belle et jeune. C’était donc il y a Belle Lurette.
La mesure du temps
ordre de grandeur croissant :
le temps d’un soupir,
le temps d’un éclair,
en un rien de temps,
en un quart de tour,
un bout de temps,
des plombes,
une paye,
un bail,
des lustres,
de l’eau qui a coulé sous les ponts
belle lurette
en l’an 40
Il y a 107 ans
en remontant au déluge,
des temps immémoriaux,
le nuit des temps,
une éternité
Belle lurette, d’où vient cette expression ?
Martin avait croisé un jour la femme de ses rêves, intelligente, belle à tomber et très indépendante. Elle s’appelait Lurette. Ils s’étaient aimés, elle était partie. Il l’avait attendue longtemps, il avait renoncé à attendre. Elle était revenue, toujours aussi lumineuse et libre. Ils s’étaient aimés à nouveau. Elle était repartie . Le temps s’était à nouveau arrêté. Martin résistait, il était certain de son retour, un jour imprévisible. Ça lui donnait une énergie de vivre, un appétit inextinguible pour s’ouvrir au monde et ceci ne cessait d’étonner ses amis. Pour se moquer gentiment de Martin , ils ont inventé le raccourci « belle lurette » pour signifier un long délai .
D.Dor
le temps qu’il fait
Proverbes contemporains.
La longueur du flocon , en Janvier , pourra ruiner tous les bourgeons .
Une brassée de pluie , en Février , ravivera tous les bosquets .
En Mars : un mètre cube de giboulées: sécheresse assurée pour Juillet .
Un rayon de soleil, en Avril, promet l’abondance du persil .
En Mai , quelques souffles d’alizée annonceront un bel été .
En Juin :un trait de tonnerre et l’été sera parterre .
En Juillet : pluie de crachin ,s’envoleront tous les essaims.
En Août : une ribambelle d’arcs-en-ciel remettra la nature en selle.
En Septembre: herbe poudrée de rosée , bientôt du bois ,tu feras flamber.
En Octobre :nuée de grues et d’oies, attends-toi au grand froid .
Abondance de brumes, en Novembre ,le nez coule et tu t’enrhumes.
En Décembre:avalanche de neige en hiver présage un printemps de tonnerre.
H.G.T.
« Comme vache qui pisse »
De gros nuages s’amoncelaient ,le ciel prenait une couleur ombrageuse ,la lumière se rétrécissait .Tout d’un coup des éclairs et des coups de tonnerre ,de grosses gouttes éclaboussaient mollement l’asphalte brûlant. Et l’averse arriva enfin ,comme vache qui pisse
B.H.

