A LA RECHERCHE DU GRIMOIRE PERDU
CHAPITRE 1
Joséphine Brason, jeune femme d’une trentaine d’années, cheveux bouclés, quelques rondeurs à son actif, était dynamique et ne passait pas inaperçue. Ce soir- là en ce début du mois d’automne, elle avait eu une sacrée journée et était pressée de rentrer chez elle. Joséphine, était impatiente car elle avait beaucoup de choses à noter dans journal intime, notamment sa nouvelle enquête qui s’avérait être des plus étranges. En effet, Joséphine Brason travaillait à la médiathèque, mais cela lui servait plus de couverture pour sa réelle activité de détective privé. Depuis longtemps la jeune femme était passionnée par les polars et les romans policiers. Aujourd’hui, avec cette double activité, elle était en plein dedans tous les jours. Joséphine passa donc la porte de son petit appartement. Il était bien situé en centre-ville, faisait environ une quarantaine de mètres carrés, ce qui était bien suffisant pour elle et son chat appelé Watson. Ce dernier était toujours derrière la porte pour l’accueillir. Elle défit donc ses affaires, prit un petit temps pour caresser et pouponner Watson avant d’aller s’installer à son bureau et de noter les nouvelles du jour. Et il fallait dire qu’aujourd’hui, elle en avait des choses à raconter. Elle ouvrit son journal, prit son stylo plume et commença à écrire.
Le 05 octobre 2023
Cher Journal,
Aujourd’hui j’en ai des choses à te raconter. Tout d’abord, j’ai eu une interaction avec un lecteur de la Médiathèque. Il m’a fait une demande étrange. Il m’a demandé quel était le cent unième livre de notre collection afin de l’emprunter. J’avoue que j’ai trouvé cela étrange, mais j’ai accédé à sa demande. Après tout, j’ai déjà eu des lecteurs plus originaux que cela. La politique de la maison, c’est que tant que les lecteurs restent respectueux dans leur demande, on doit accéder à leurs désirs. Après une de mes collègues a tenté de faire à la conversation, mais comme à mon habitude, j’ai fait en sorte que l’échange ne dure pas trop longtemps. Je ne suis pas quelqu’un de très sociable à mon travail pour être honnête. Enfin, une journée qui avait commencé comme tant d’autres jusqu’à ce que je reçoive un appel sur mon téléphone réservé à mes missions en tant que détective. Alors bien évidemment j’ai profité de ma pause pour rappeler le numéro inconnu. Il s’agissait d’une jeune femme qui disait s’appeler Dalia. Elle m’expliqua brièvement la situation, un objet lui avait été volé et elle voulait que je le retrouve pour elle. Alors on a convenu d’un rendez vous elle et moi pour la fin de journée. Elle m’avait donné au passage son adresse. Après le travail, je me suis donc rendue à son adresse. J’avoue que j’ai été impressionnée par sa maison. Elle était ancienne dans un style victorien, et très belle. Mais elle n’était pas forcément en très bon état. Dalia était aussi originale que sa maison. La jeune femme semblait légèrement plus jeune que moi. Elle portait une chevelure bicolore avec une moitié blonde et une moitié brune. C’était le plus marquant chez la jeune femme. Dalia s’est montrée accueillante et après m’avoir ouvert la porte, elle m’a fait entrer dans le salon et m’a proposé à boire. Une fois bien installées, je l’ai invitée à me parler et à me raconter tout dans les moindres détails. Dans une enquête, tous les petits détails sont importants. Et un détail insignifiant peut parfois mener à une preuve indiscutable.
C’est ainsi qu’elle me parla de la maison et de son héritage. En effet, elle venait tout juste d’obtenir cette maison. Sa grand-mère, qui était aussi la dernière personne qui lui restait, venait alors de décéder il y avait à peine deux semaines. Dalia ne rentra pas dans les détails mais m’a indiqué qu’elle a perdu ses parents il y a dix dans un accident de la route et que depuis leur mort, elle vivait avec sa grand-mère. Désormais elle était toute seule. Je lui ai bien évidemment donné tout mon soutien en lui souhaitant mes condoléances. Puis, j’ai tenté de l’inciter à se confier à moi. Dalia n’a pas mis longtemps à parler. Elle m’a expliqué qu’elle était dévastée mais que pour essayer de se changer les idées, il y avait quelques jours, elle était allée au grenier. En regardant et triant les affaires de sa mamie, elle était tombée sur un vieux coffre en bois. A l’intérieur elle a trouvé une vieille couverture et dedans il s’y trouvait un objet assez étrange. Cela ressemblait à un vieux livre ancien, avec une couverture en cuir marron. Un grimoire de sorcière comme dans les livres pour enfants. Si tu connais le film Hocus Pocus, ou la série télévisée Charmed, tu dois voir de quoi je parle. Quand elle a ouvert la première page, une enveloppe avec le nom de Dalia dessus, lui était destiné. Alors je ne pourrais réécrire de mémoire la lettre de la grand-mère. Mais de ce que j’ai retenu, si je te le résume, ce grimoire est dans leur famille depuis plusieurs générations et il est précieux. Elle ne doit le montrer à personne car certains seront sûrement intéressés par les secrets qu’il contient.
Malheureusement ma cliente n’a pas pu assouvir sa curiosité car elle a été interrompue par une personne de son entourage qui est venue la voir et elle a dû cacher de nouveau le livre dans le coffre. Elle s’était alors dit que dès le lendemain elle se pencherait sur le fameux grimoire si intriguant de sa grande maman. Toutefois, le lendemain, quand elle est rentrée du travail, elle a vu que sa porte avait été forcée. Paniquée, elle a regardé partout dans la maison, rien n’avait bougé c’était très étrange. Dalia a déambulé dans toutes les pièces de sa maison, rien n’avait été pris. La seule chose, tous ses vêtements avaient été sortis de ses placards dans sa chambre. Dalia semble être une jeune femme intelligente car elle a tout de suite compris que les cambrioleurs cherchaient visiblement quelque chose en particulier. Rapidement elle a eu de l’intuition et a pensé à aller voir au grenier. Quand elle a vu que la porte était ouverte, elle a alors un peu paniqué, m’a-t-elle confié. Bien évidemment le grimoire de sa mamie a disparu ! Dalia était complètement déboussolée. Elle ne comprenait pas qui pouvait connaître l’existence de ce vieux bouquin et pourquoi vouloir le voler.
Je lui ai alors demandé pourquoi elle n’était pas allée voir la police municipale. La jeune fille m’a avoué qu’elle avait peur de ne pas être prise au sérieux. Je la comprenais facilement. Je lui ai alors demandé ce qu’elle attendait de moi. Dalia m’a répondu alors qu’elle voulait que je découvre qui avait fait cela, pourquoi et que je retrouve le grimoire qui était désormais un objet précieux. Non pas qu’elle connaissait la valeur pécuniaire de ce dernier, et elle s’en moquait. Non, il avait une valeur sentimentale car ce vieux bouquin semblait précieux aux yeux de sa grand-mère. Alors comment rester insensible face à un mystère aussi palpitant, étrange et à la détresse de Dalia ?
Bien évidemment que j’ai accepté. Je ne lui ai pas fait de fausses promesses quant au délai, car je ne sais pas combien de temps cela va prendre. Toutefois, je lui ai promis que je ferais tous les efforts pour réussir ma mission qu’elle m’a confiée. Maintenant la première question que je me pose, c’est par où commencer ? Bon, je vais aller me coucher, on dit que la nuit porte conseils.

