Jeu 2 les excès du climat
Évoquer un paysage dont l’aspect est transfiguré par la chaleur ou par le froid ou par un déluge de pluie
Un coup de vent avait été annoncé . Déjà quelques nuages se regroupaient ,obscurcissant peu à peu l’ horizon .Un sang d’encre absorbait le bleu du ciel et avançait à une allure démentielle .La mer, qui , jusqu’alors, clapotait ,se mit à claquer et à tambouriner contre la coque du vaisseau . La brise marine habituelle se mua en un grain violent charriant de l’écume , des remous et des creux . Les marins redoutaient ces caprices météorologiques mais c’était monnaie courante dans ces eaux turbulentes et maîtrise et sang-froid étaient de mise .
H.T.
Une place tranquille, à l’ombre des platanes, dans un centre-ville de 8000 habitants. Une avenue avec un feu rouge, des places de parking, des commerces, une banque et un bar. Vue sur les montagnes, au-delà des coteaux, quand le temps est dégagé. Seulement, voilà. Vigilance orange annoncée. Pluie, vent, grêle, orage. Un couple revient d’une promenade de 2h, le pas rapide car de gros nuages noirs s’amoncellent au-dessus des coteaux. Ils sont partagés entre rester dehors pour admirer l’inquiétant phénomène, et se sauver de toute urgence dans leur appartement. Ils n’ont qu’un frêle parapluie à 6 baleines pour les abriter tous les deux. La fille fait des photos alors que l’orage gronde loin, mais pas si loin que ça… Le garçon lui dit d’en faire une dernière car là, vraiment, il est temps de rentrer ! Les premières grosses gouttes tombent alors qu’ils remontent la dernière avenue. Le vent se lève, soudainement violent, pour signifier à ce couple que leur parapluie ne vaut vraiment rien. Ouf, les voilà dans le hall de l’immeuble. Ils essuient leurs chaussures sur le paillasson, puis se retournent. Soudain, ils ne distinguent plus rien : tout est blanc ! Ils s’empressent de gravir les escaliers pour aller admirer le spectacle depuis leur fenêtre.
Un cycliste tente de pédaler contre le vent et la pluie, ses efforts sont vains. Il disparaît dans la brume. Une voiture tente de se garer, le conducteur distingue avec peine la place de parking pourtant toute proche de lui. Un carrefour se remplit d’eau en 5 minutes : aquaplaning assuré ! Le trottoir est submergé, les entrées des maisons aussi… Les branches des platanes ploient dangereusement, certaines tombent au sol. Des milliers de feuilles s’envolent en tous sens, accélérant l’automne. La puissance du vent est colossale. Les éclairs et le tonnerre s’abattent partout. Des gouttes de pluie tombent et remontent vers le ciel, défiant les lois de l’attraction. Que c’est bon d’être au chaud chez soi, et spectateur impuissant des forces de la nature…
L.D.
La Vézère dort. La Corrèze roule sur ses cailloux.
L’Elle est morte de soif. Triste constat !
DDou
Ma ville était plutôt habituée à se perdre, à griser dans les brumes ou derrière un rideau de pluie ou de crachin.
Ce dimanche matin-là, le thermomètre était tombé plusieurs degrés au dessous de zéro et il faisait beau. Le spectacle me sidéra.
Les contours de chaque objet avait acquis une acuité qui ne laissait rien au hasard. Moi qui pensais connaître ma cité minutieusement photographiée, je me surprenais à découvrir des lanterneaux inconnus, des ruptures de toits acrobatiques, des épis de faîtages, la silhouette d’un palmier dans une cour ignorée, un chat marchant prudemment sur une arrête de toit au loin.Rien n’échappait à mon regard, j’aurais pu compter les maisons du vieux quartier qui dégringolaient vers la basse ville . Pas un humain, pas une voiture. Un silence aussi acéré que la lumière régnait sur le paysage au spectre de coupeurs limité : sur le bleu dur du ciel, le blanc immaculé du givre qui avait tout figé, quelques lignes noires , l’ocre des murs . On aurait dit un papier découpé de Matisse
DDor

