feuilleton: le village le plus moche chapitre 7

Le concours du village le plus moche de France – chapitre 7

La voix de Lucile s’excusait encore pour sa franchise et ses mots tranchés lorsque le cri strident de Luana Treignac retentit du fond de la cuisine.

« – Ecoute Lucile, ta mère sonne le clairon, c’est l’heure du dîner.

– Vas-y vite Papa, le repas doit être chaud. Reparlons de tout ça plus tard.

– Je te rappelle demain. »

Lulu allait reposer le combiné téléphonique lorsqu’il entendit, au loin, des percussions en rythme ternaire : Tac – Toum Toum – Tac. Il n’avait pas souvenir d’avoir autorisé une fête extérieure un mardi soir. L’image furtive du Docteur Nalvet lui traversa l’esprit. Il le revoyait lui expliquer ses problèmes de tension. Sa vision commençait à se brouiller et il n’essaya même pas de reposer le téléphone sur son socle.

« Mais qu’est-ce qui m’arrive ? » pensa-t-il juste avant de se rendre compte qu’aucun son ne sort de sa bouche.

Les yeux écarquillés, la mâchoire tombante, Lulu doit se rendre à l’évidence : il ne peut plus bouger. Sa respiration s’accélère. Les formes du couloir s’estompent mais les couleurs du papier peint à fleur s’intensifient.

« C’est joli, en fait, les fleurs » se surprend-t-il à cogiter.

Il plisse les yeux pour supporter les éclairs lumineux qui se multiplient. Une étrange chaleur baigne le haut de son crâne, descend le long de sa colonne vertébrale et le force à s’asseoir sur les marches de l’escalier. Il a l’impression d’être immobilisé dans du coton. Il remarque alors une ombre scintillante qui apparait devant la porte de la salle de bain. Lulu est sceptique, ses pensées s’entrechoquent dans son cerveau qui tourne en boucle. L’étrange silhouette s’avance vers lui et se matérialise un peu plus à chaque pas. Les percussions baissent d’un ton.

« Ah bah, voilà ! Me manquait plus que ça… L’apparition de la vierge Marie… c’est peut-être le moment de lui demander des explications. C’était quoi déjà son histoire avec Joseph ? … Mais qu’est-ce qu’il me fait ce corps ? Ahhh, j’en ai vécu des cuites chez Lucette, faut pas croire que je vais me laisser berner comme ça…».

La forme, qui s’étale maintenant sur la largeur du couloir, devient humaine. Elle s’arrête à 50 centimètres.

« Ah nan, c’est pas la vierge Marie ! Rhhooo, ça tourne au drame… On dirait un extra-terrestre !!! »

L’homme qui lui fait face a la peau mate, les cheveux lisses et noirs. Son crane est légèrement déformé à hauteur du front. Il porte une chemise tissée de triangles colorés et un pantalon court orné de figures stylisées. Il fait signe à Lulu de rapprocher le téléphone de son oreille.

« Tiens, Arlequin veut communiquer… mais je suis incapable de bouger, de parler… Whaoouuhh mais c’est quoi ça ? Mon bras se déplace tout seul… j’ai la cervelle qui patine… Rien ne va plus, mieux vaut mourir maintenant… Comme mon village, je suis tout moche à l’intérieur ».

Alors Lulu perçoit distinctement une voix grave qui parle sur un ton sec :

« – Enfin une phrase censée dans ce mental préssurisé !! Lucien Treignac, j’ai peu de temps à vous consacrer, allons à l’essentiel… »

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A écrire pour le 26 mai 2023

ATELIER D’ECRITURE ALT

vendredi 26mai 2023

Centre Culturel Terrasson  20h15

_________________________________________________________

Feuilleton nouveau : Un village très ordinaire ?

L’idée de D.Dou a été retenue : le village le plus moche de France

Chataignac ? Vous connaissez ? Non, bien sûr que non.

C’est bien parce que ce village n’est pas du tout connu que son conseil municipal a décidé de participer au Concours du Village le plus moche de France.

Résumé : tout concourt à rendre ce village inhospitalier, ses rues sombres , ses maisons délabrées, son absence d’entretien, son café vieillot et pas très propre. Pour parfaire le tableau, une conseillère municipale a proposé l’installation de la déchetterie en plein centre. Le village est sélectionné et s’apprête à fêter l’évènement quand une entreprise de sabotage vient ruiner les espoirs : en trois nuits, la mairie est repeinte, les rues nettoyées , les plate-bandes replantées et le stade défriché. Il faut résister grâce aux propositions des villageois et mener l’enquête. Celle-ci conduit aux maires de deux villages voisins jaloux du projet, d’autant qu’ils n’ont rien à envier à Chataignac quant à la mocheté des lieux . Les négociations aboutissent à une candidature collective. Une première réunion a lieu pour mettre en place une politique commune : le premier souci est d’identifier précisément l’initiateur et l’auteur des travaux de ravalement inopinés de Chataignac . Luvina sème le doute en évoquant la possibilité d’une « trahison » interne.En quelques mois le laisser-aller a repris ses droits et les tentatives scandaleuses d’embellissement du village ont été effacées, ce que peut constater une équipe de tournage qui vient en repérage. Tout ceci a bien perturbé Lulu le Maire, mais il n’est pas au bout de ses tourments .Il apprend par le Maire de Cépignac que c’est sa propre fille (alliée à son petit copain qui n’est autre que le fils du maire de Cépignac ) qui l’a trahi car elle n’accepte pas l’auto-dévalorisation qui a poussé son père à inscrire son village à ce concours. Après le coup de fil Lulu n’est vraiment pas bien. Pendant que sa femme s’impatiente de sa venue à table et avale, contrairement à ses habitudes, quelques verres de vin, Lulu est victime d’hallucinations dont il retient que pour gagner le concours il faut manger des gâteaux secs. Sur ces entrefaites, le père Chassagne fait une chute dans laquelle il se fêle la mâchoire ; il en devient un nouvel emblème du village digne du concours. Cependant , quelques temps plus tard, le « club des Lu » , inquiet de la santé du Maire qui semble se rétablir, et profitant de la rupture de sa fille avec son fiancé, se réunit pour essayer de trouver une solution qui satisferait tout le monde… éventuellement partager le village en deux, celui qui concourrait au village le plus moche et celui qui concourrait au village le plus beau… Cependant, le curé qui était resté jusque là en dehors de l’affaire y est brutalement plongé en découvrant un matin son église peinte en rose et le Christ et la vierge curieusement déguisés. Où va-t-on ?

suite et fin


jeu 1 Autour de l’expo d’ Andoche Praudel

L’exposition « Profils perdus-repeints », d’ Andoche Praudel est visible en ce moment à la Maison du patrimoine. Ecrivez une histoire à partir d’une ou de plusieurs des quatre œuvres que je vous propose. (nb, vous pouvez en choisir une autre si vous vous rendez à l’expo)

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Ecrit en avril 2023 : jeu 3 injonctions

Injonctions

Mange ta soupe !

Tiens-toi droit !

Mange lentement !

Ne mange pas si vite !

Bois en mangeant!

Coupe ta viande en petits morceaux !

Tu ne fais que mordre et avaler ! 

Ne joue pas avec ton couteau !

Ce n’est pas comme ça qu’on tient sa fourchette !

 On ne chante pas à table !

Finis  ton assiette !

 Ne te balance pas sur ta chaise,

Début d’un poème de jean Cocteau A croquer ou l’ivre de cuisine

Sur ce modèle, imaginer une liste d’injonctions dans une des situations suivantes : à l’entrée d’un immeuble, à l’entrée d’un jardin public ; dans une usine, une école, au cours d’une visite guidée…

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Avant d’entrer , frotter les pieds sur le paillasson d’herbes et de marjolaine .

Ne rester pas seul sur un banc à ruminer .

Lever les yeux vers le ciel et bailler pour effacer les maux de la journée .

Pousser les tourniquets pour enchanter les marmousets .

Partager votre goûter .

S’assoupir sourire aux lèvres .

Sortir sur la pointe des pieds .

HGT.

Entrée d’un jardin public

Interdit de 20h à 8h

Interdit aux chiens,

Interdit de marcher sur les pelouses,

Interdit de cueillir les fleurs

Interdit de courir dans les allées

Interdit de fumer

Interdit de jeter les papiers au sol

Interdit de grimper aux arbres

Interdit de s’asseoir sur les pelouses

Interdit de boire l’eau des fontaines.

H.L.

Liste d’injonctions à l’entrée d’un immeuble

  • Ne joue pas à la marelle ou à saute-moutons avec le paillasson.
  • Réfléchis avant d’appuyer sur l’interrupteur. Tu y vois peut-être déjà suffisamment pour traverser le hall.
  • Que la gardienne soit souriante ou pas aujourd’hui, sois aimable avec elle.
  • Ne confonds pas les bacs à fleurs avec des cendriers.
  • N’oublie pas que les murs n’ont pas toujours d’oreilles mais tes voisins en ont.

D.Dou

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Ecrit en avril 2023, jeu 2 dispute

Jeu 2 : dispute

Il s’agit d’écrire le dialogue d’un conflit se terminant une des phrases suivantes :

Je retourne chez ma mère.

– A ton âge je ne sortais pas le soir.

– Maintenant réglez votre addition ou j’appelle la police.

– Je ne remettrai jamais les pieds dans votre magasin.

Pour corser la chose, chacun des interlocuteurs a un défaut ou un tic de langage

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La scène se déroule dans un magasin d’électroménager TV hifi literie.

Une jeune femme va se marier et vient faire sa liste de mariage, elle zozote .

Le vendeur lui a un gros problème de dyslexie et après chaque erreur de langage il émet une forme de soupir notifié- dans le texte par le signe ****

– Bonzour Monzieur, ze vais me marier et ze voudrais voir tous vos zappareils mais zurtout vos mazines à laver et vos télévizions.

– Oh bien sûr Madonzelle ****Demelle**** euh euh ,Madame je’ suis là pour çà mais tout d’abord permettez moi de vous faciliter ****féliter**** euh euh vous dire bravo car le ramiage****le variage****le**** garage****bref l’union c’est beau.

Moi-même j’ai été afoureux mou ****pardon ! amoureux fou dans le sapé****le rapé****le café****le euh euh, le présent.

Excusez-moi mais j’ai des disculpés d’équation****des félicités d’électrocution****

Euh, euh …..J’ai du mal à parler correctement.

– Z’est pas grave il y a des défauts zez tout le monde ! Qu’est ze que vous zavez à me proposer dans votre magasin

_-Eh bien , vous avez de la chance, en ce moment nous avons des portavions ****des portions****des morpions****rrr ..euh..des SOLDES sur nos maniches à laver le singe****

– Zé bien Zé bien l’interrompit la jeune fille z’ai compris mais ze voudrais voir vos téléviseurs grand écran.

– Mais bien sûr répondit le vendeur, nous avons un grand nombre de lévitations en couleur, toutes équipées avec la cale****, la cane **** Suez quoi !et plus ! et ce mois ci vos tétons sont garantis 5 ans ****pardon nous mettons une garantie exceptionnelle de 5 ans ce mois-ci.

– Zuper, z’en prends note……ze voudrais voir auzzi vos plaques à induction.

-Par ici Madoiselle, nous avons un large choix de plaques urinaires toutes conçues pour une bonne pénétration de l’élément pendant la succion ****pardon !je suis confus , je voulais dire « Pour la bonne induction des aliments pendant la cuisson ».

-Ze pense que vous vous zoutez de ma gueule !!!…za zuffit…Ze ne remettrai jamais les pieds dans votre magazin.

S.M.

-Charles, il faut qu’on parle !

-Oui ?

-Charles, ça ne peut plus continuer ainsi. On va pas passer notre vie dans ce trou normand au milieu de ces paysans obtus et illettrés.

– Mais enfin Emma, j’ai une bonne situation, je suis médecin et…

-Médecin ! Ah oui ? Tu parles ! Officier de santé seulement. Et pas des plus brillants avec9A, je n’aurai pas la cruauté de te rappeler comment tu as bien redressé le pied bot de ce pauvre Hippolyte qui est maintenant unijambiste…

Mais Emma, j’ai toujours fait ce que tu voulais c’est toi qui as voulu qu’on déménage de Toste pour Yonville car tu t’ennuyais là-bas. Nous avons de bons amis ici maintenant : Homais le pharmacien, ce brave Bournisi en notre bon curé…

-Que des imbéciles incultes !

-Et le bal de la Vaubyessard où tu t’es tant amusée et dansé avec M.Rodolphe ? Et tes escapades à Rouen pour tes leçons de piano?Et notre petite Berthe ?

Décidément tu ne comprends rien à rien mon pauvre Charles . Cette discussion réveille ma sempiternelle migraine. Donne-moi 3000 francs que j’aille à la pharmacie acheter de l’arse… euh du doliprane et si tu ne veux rien entendre je retourne chez ma mère !

-Ta mère ? Mais tu sais bien qu’elle est morte depuis longtemps la pauvre femme !

-Et alors ? Je vais à la pharmacie et après je retourne chez ma mère !

F.V.

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Ecrit en avril 2023: jeu 1 De fil en aiguille ( de causes en effets)

jeu 1 De fil en aiguille ( de causes en effets)

Que voulez-vous la porte était gardée Que voulez-vous nous étions enfermés Que voulez-vous la rue était barrée Que voulez-vous la ville était matée Que voulez-vous elle était affamée Que voulez-vous nous étions désarmés Que voulez-vous la nuit était tombée Que voulez-vous nous nous sommes aimés. Eluard, Couvre-feu

Sur le modèle de ce poème, écrivez une courte histoire basée sur un enchaînement d’évènements.

Chaque ligne commence par une expression des listes suivantes (répétition, alternance, suite d’expressions différentes, comme vous voulez :

par hasard, par bonheur, par malheur, par plaisir, par amour, par accident.

– heureusement, parfaitement, follement, naturellement, seulement, forcément.

La dernière ligne qui conclut a un verbe conjugué à un temps différent.

Par hasard, par malheur (pour le texte) mais par amour pour les papiers, ma chatte s’est couchée sur les exercices de l’atelier d’écriture. Par plaisir, elle l’a pétri, mâché, déchiqueté. Par bonheur, j’ai quand même réussi à écrire ce petit texte.

Forcément, vous en subirez la lecture.

D.Dou

Par hasard , nos yeux se crochètent

Naturellement , nous nous rapprochons

Forcément , nous nous sourions

Parfaitement, nos mains se joignent

Follement , les regards se scellent

Par bonheur , nos pas s’accordent

Finalement , nous sommes enlacés et avons débuté une salsa endiablée .

HGT

Naturellement ,il l’écouta.

Naturellement  il entendit.

Naturellement il l’encouragea.

Naturellement il l’aida à croire en elle.

Naturellement leur entente se solidifia.

Naturellement leur entente se transforma en sentiment amoureux.

Naturellement ils firent des projets

Naturellement vinrent mariage et enfants

Naturellement vinrent fatigue ,désillusion amertume.

Naturellement ,il se retrouve seul.

B.H.

Par hasard mon père s’était cassé la jambe

Par bonheur le Dr Bovary l’a bien soigné

Par amour il a demandé ma main à papa

Par malheur j’ai accepté

Naturellement après un an de mariage plus rien n’allait

Heureusement au bal de la Vaubyessard je rencontrai Rodolphe

Seulement c’était un séducteur infidèle, il se lassa vite

Naturellement j’eus un enfant, je pris un autre amant, fis des dettes

Par bonheur une bonne dose d’arsenic mit fin à mes tourments.

F.V.

Forcément je n’ai pas de monnaie,

Forcément c’est la moue du boulanger,

Forcément je pars sans mon petit déjeuner

Forcément je suis fâchée,

Forcément je ne peux pas m’en passer

Forcément je le prendrai au bar d’à côté.

H.L

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A écrire pour Mars 2023

A

TELIER D’ECRITURE ALT

vendredi24Mars2023

Centre Culturel Terrasson  20h15

Feuilleton nouveau : Un village très ordinaire ?

L’idée de D.Dou a été retenue : le village le plus moche de France

Chataignac ? Vous connaissez ? Non, bien sûr que non.

C’est bien parce que ce village n’est pas du tout connu que son conseil municipal a décidé de participer au Concours du Village le plus moche de France.

Résumé : tout concourt à rendre ce village inhospitalier, ses rues sombres , ses maisons délabrées, son absence d’entretien, son café vieillot et pas très propre. Pour parfaire le tableau, une conseillère municipale a proposé l’installation de la déchetterie en plein centre. Le village est sélectionné et s’apprête à fêter l’évènement quand une entreprise de sabotage vient ruiner les espoirs : en trois nuits, la mairie est repeinte, les rues nettoyées , les plate-bandes replantées et le stade défriché. Il faut résister grâce aux propositions des villageois et mener l’enquête. Celle-ci conduit aux maires de deux villages voisins jaloux du projet, d’autant qu’ils n’ont rien à envier à Chataignac quant à la mocheté des lieux . Les négociations aboutissent à une candidature collective. Une première réunion a lieu pour mettre en place une politique commune : le premier souci est d’identifier précisément l’initiateur et l’auteur des travaux de ravalement inopinés de Chataignac . Luvina sème le doute en évoquant la possibilité d’une « trahison » interne.En quelques mois le laisser-aller a repris ses droits et les tentatives scandaleuses d’embellissement du village ont été effacées, ce que peut constater une équipe de tournage qui vient en repérage. Tout ceci a bien perturbé Lulu le Maire, mais il n’est pas au bout de ses tourments .Il apprend par le Maire de Cépignac que c’est sa propre fille (alliée à son petit copain qui n’est autre que le fils du maire de Cépignac ) qui l’a trahi car elle n’accepte pas l’auto-dévalorisation qui a poussé son père à inscrire son village à ce concours.

Chapitre 7


jeu 1 Collage:

Voici dix phrases d’auteurs. Coupez les en deux ou trois sections. Construisez une histoire avec des fragments de textes choisis et en réduisant au maximum l’apport extérieur:

– Le baron, en face, était flanqué du maire et de sa femme, maigre campagnarde déjà vieille qui adressait de tous côtés une multitude de petits saluts (G. Maupassant, Une vie)

– Fixes, lumineux et rigides, ces yeux finissaient par épouvanter (H. de Balzac, une ténébreuse affaire)

Ce personnage eut fait bonne figure sur un support de pendule, car le cadran se fût naturellement placé sur sa face et le balancier aurait oscillé à son aise sur sa poitrine (J. Verne, Maître Zacharie)

– Il portait un vieux pardessus fripé, en faux poil de chameau,à martingale, aux poches bourrées de papiers, de revues et d’enveloppes crasseuses sur le dos desquelles il écrivait. (F.Carco, L’homme de Minuit)

– L’après-midi même, elle arrivait d’une marche alerte, nullement gênée par sa longue robe noire, le dos ployé sous une châle de même pesante tristesse, mais elle, fraîche, telle une jeune fille seulement vêtue de mousseline légère ( C. Seignole)

– Je me trouvais en une compagnie où je voyais un homme bien content de lui ( Montesquieu, les lettres Persanes)

Moi, j’ai passionnément désiré d’être aimé d’une femme mélancolique, maigre et actrice ( Stendhal, écrits minimes)

– Il s’arrêta devant le miroir central, et de tout près, les yeux dans les yeux, contempla son visage ( T. Mann)

– Il faisait jour, j’étais à deux pas d’une charmante personne et nulle pensée sinistre n’avait part à l’émotion que j’éprouvais (P. Mérimée, il vicolo di la siniora Lucrezia)

-Je suis parti clair et léger,

le corps enveloppé de vent et de lumière (E. Verhaeren)

Jeu 2 L île imaginaire

Vous débarquez , au choix,sur :

– l’île sous la mer

– l’île volante

– l’île double

– l’île des vieillards

– l’île des femmes

– l’île qui tourne le dos à la mer

Vous nous la faites découvrir

Jeu 3 au bonheur des listes

Celle des vieux habits qui m’envahissent, les miens, ceux des autres, avec les souvenirs qui s’y rattachent

Ecrit en février 2023, jeu 3, dans la peau d’un autre

0Jeu 3 dans la peau d’un autre

Décrire un humain à hauteur de fourmi, d’araignée , de fleur ou bien d’arbre

A hauteur de fourmi...

Le sol tremble, un truc monstrueux avance, ça fait un bruit d’enfer, un dôme de cuir brun, sa chaussure de marche pied gauche et l’autre au pied droit propulsent le géant tout habillé d’un jean et d’un blouson de cuir…Il sifflote, une herbe entre les dents , ce doit être sa tête là haut, coiffée d’un bonnet de laine sombre…Garez-vous c’est un écraseur! Danger il vient vers nous, toutes aux abris, pourvu qu’il n’explose pas notre fourmilière d’un coup de pied, tenez-vous au fond, soutenez les galeries pleines d’œufs!

S.D.

pour l’étourdie de service : à hauteur de chat

Une ombre vient occulter le soleil qui chauffe délicieusement ma croupe . Elle a été précédée d’un bruit sourd et répétitif qui m’a mise en alerte. Une masse noire couronnée de rouge, presque aussi grosse que moi me frôle dangereusement. Au dessus, des piquets géants et un ballon qui se promène autour en larges vagues qui assombrissent mon espace. L’ombre s’élargit et une main démesurée aux allures de pieuvre s’approche de moi. Je bande mes muscles et m’aplatis au sol pour échapper à son emprise. A l’odeur, j’ai bien reconnu ma maîtresse , la plupart du temps inoffensive, même s’il lui est arrivé de m’écraser sauvagement la queue. Quand elle est déployée, elle m’inquiète même si je l’accompagne maintenant pour qu’elle remplisse ma gamelle de croquettes fraîches. Ça me contrarie profondément d’avoir à mendier ma nourriture, mais elle ne laisse pas de paquets à ma libre-discrétion et chasser est beaucoup trop fatiguant. Je préfère ma maîtresse assise, ou même couchée. Alors ses proportions deviennent tolérables , son visage est à hauteur de ma truffe ; c’est moi qui décide, j’occupe ses genoux, son ventre, j’écarte son livre, je sollicite la caresse de la main géante mais douce… Malgré tout, je reste vigilant ; le moindre geste brusque me met en alerte, un changement de position peut menacer mon espace vital. Je suis prêt à bondir.

DDor

Dans l’écorce d’un autre : un chêne

La petite fille a trouvé mon fruit, qui avait commencé à germer et à faire fleurir de jolies petites feuilles vertes, dans la pente de la propriété de sa famille. C’était en Mai 2000, elle allait faire 7 ans le mois d’après. Sa grand-mère était avec elle, et l’a aidée, armée d’un pic, à faire un trou dans la terre un peu sablonneuse. La petite fille m’a déposé dans le trou, avec toutes les précautions dont elle était capable. Elle devait faire 1m20 de plus que moi et me contemplait de toute sa hauteur, mais je n’avais pas peur. Sa grand-mère est allée remplir l’arrosoir au jardin, puis l’a tendu à la petite. Elle m’a arrosé pour la première fois. Par la suite, je l’ai vue inquiète. Elle m’a parlé. Les chiens de sa famille l’inquiétaient : ils avaient la mauvaise habitude de faire des trous dans la terre pour débusquer des taupes… Ils risquaient de me déterrer, je risquais de mourir, sans racines ancrées dans la terre. Elle a eu une idée : installer un grillage tout autour de moi, bien enterré dans la terre lui aussi. Et j’ai grandi. La petite fille est devenue une adolescente, sa grand-mère vieillissait, mais elle était chargée de venir prendre soin de moi pendant l’école. Le 1er mai est devenu mon anniversaire : ainsi, la jeune fille serait toujours là pour venir me rendre visite et célébrer notre rencontre. Le mois d’après, elle venait et à mon tour je lui souhaitais, à ma manière, son anniversaire. Cela a duré des années. Je grandissais à vue d’œil. Le plus beau moment a été celui où j’ai atteint sa taille. J’ai vu la fierté dans ses yeux, et la joie de me voir m’épanouir à l’endroit où elle avait choisi de me planter : notre endroit, qui surplombait la campagne Landaise, les champs de maïs et les forêts en contrebas. Chaque année, mon tronc s’épaississait, je prenais encore plus racine. Elle a pris l’habitude de m’enserrer dans ses bras pour constater les centimètres gagnés dans le temps. Jusqu’au jour où ses doigts n’ont plus pu se rejoindre : j’étais devenu trop gros pour ses petits bras. Ca ne l’empêchait pas de venir se blottir contre mon écorce, j’étais devenu son refuge, elle était mon repère. Elle est devenue une jeune femme, elle venait toujours me confier ses secrets, moins souvent mais notre lien était toujours là. Mes branches lui ont ensuite apporté de l’ombre, je la dominais de toute ma hauteur mais toujours dans une extrême bienveillance. Sa grand-mère s’émouvait de ce tel lien, et elles ont souvent parlé de moi, de mon évolution et de ma vigueur. Un jour, j’ai produit mes premiers glands. Toutes les deux en ont ramassé et se sont regardées : j’étais devenu un adulte à mon tour, elles avaient accompli leur mission. Je les en remercie encore aujourd’hui.

L.D.

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Ecrit en février 2023, jeu 2, amplification

Jeu 2 : Amplification

-Voici un quatrain de Verhaeren (les heures du soir) :

Dès ce matin, par mes grand’routes coutumières

Qui traversent champs et vergers,

Je suis parti clair et léger,

le corps enveloppé de vent et de lumière

Écrire quatre quatrains composés de trois premiers vers inventé, le quatrième étant un vers du poème de Verhaeren. On respecte l’ordre du poème.

La consigne a été diversement interprétée

Dans la forêt clairsemée, entre les arbres délaissés

Biches aux abois s’égaraient.

Sautant les troncs enchevêtrés ,elles aboyèrent

Dès ce matin, par mes grand’routes coutumières .

Leur pelage ocre écumait de sueur

Leurs yeux affolés criaient la terreur,

Exposées par les dangers

qui traversent champs et vergers .

Mais une brume s ‘est levée,

Silencieuse,étendue et ouatée.

Ce rideau blanc les a cachées,

Je suis parti clair et léger .

J’ai rejoint les bois et les orées

Tâtonnant dans cet air embrumé

L’esprit guilleret, mes pas frôlant la terre

Le corps enveloppé de vent et de lumière.

H.G.T

– Je pars dans l’aube et la brume,

– Sans un regret, sans un regard

– Vers le village endormi

Dès ce matin par mes grand’routes coutumières

– Je quitte mon enfance

– Et cherche le fol espoir

– Le long des haies et des ruisseaux,

Qui traversent champs et vergers

– C’est ainsi que ma besace sur le dos,

– Mon bâton rythmant mes pas,

– Le nez en l’air, le pas vif,

– Saluant les fleurs des talus,

Je suis parti clair et léger

– Rêvant aventures et conquêtes,

– Amours et belles retrouvailles,

– la tête emplie de rêves,

Le corps enveloppé de vent et de lumière

Ddou

Toute la nuit la toux joua la chambrière
Cinglant mes parois pulmonaires
m’empêchant d’aller prendre l’air
Dès ce matin, par mes grands-routes coutumières

Mais pourquoi faut-il encore rester enfermé
Ce n’est pourtant pas la varicelle !
Mais je ne dois pas gêner toutes celles
Qui traversent champs et vergers

Alors je me suis décidé
Et tant pis pour les consignes
Oubliant les règles de vie
Je suis parti clair et léger.

Le col emmitouflé en charmante aumônière
J’ai enfin quitté ma maison
Bravant ainsi les éléments
Le corps enveloppé de vent et de lumière
S.M.

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Ecrit en février 2023, jeu1, faits divers

jeu 1 Faits divers :

Voici 4 faits divers :

– Rentrée tard chez elle une fillette de dix ans invente de toutes pièces son enlèvement avec une camarade âgée de cinq ans pour éviter les réprimandes.

– Un avion s’écrase volontairement près du parlement à Berlin. A son domicile, la police découvre un cadavre de femme caché sous un tas de charbon.

– Au rond point de l’entrée dans la ville de T. Un automobiliste a eu la mauvaise surprise de voir, au dernier moment , surgir un cerf. Le jeune homme n’a pu l’éviter. Il souffre de quelques côtes cassées et sa voiture est bonne pour la cas

– Après 10 ans de guerre, à Troie, Agamemnon rentre rentre chez lui , à Mycènes où sa femme Clytemnestre l’assassine dans son bain : elle se venge ainsi du sacrifice de leur fille Iphigénie, et de l’assassinat de son premier mari Tantale avec son premier fils.

Retenir l’un d’entre eux et en proposer une de ces trois versions au choix :

– au ralenti

– à rebours

– avec des si (comment l’histoire aurait-elle pu tourner)

4 Après 10 ans de guerre, à Troie, Agamemnon rentre rentre chez lui , à Mycènes où sa femme Clytemnestre l’assassine dans son bain : elle se venge ainsi du sacrifice de leur fille Iphigénie, et de l’assassinat de son premier mari Tantale avec son premier fils

Clytemnestre avec des si.

Si Agamemnon avait été plus prévenant tout cela ne serait pas arrivé. S’il m’avait fait la cour plutôt que de massacrer Tantale mon premier mari ainsi que notre fils encore au sein tout cela pour lever les obstacles à notre mariage, notre couple serait parti sur de meilleures bases . S’il n’avait pas placé ses ambitions politiques et guerrières avant la vie de famille il n’aurait pas sacrifié notre pauvre Iphigénie pour que cessent les vents contraires empêchant le départ des bateaux de l’armée grecque pour Troie. Si je n’avais rien su de ses frasques durant le siège de Troie avec Chryséis d’abord puis avec Briséis ensuite, s’il n’était pas revenu après dix ans avec cette trainée de Cassandre et surtout s’il l’avait écoutée la prophétesse qui savait le sort qu’on lui avait réservé et qui l’avait mis en garde mais il n’a rien voulu entendre, il se croyait intouchable , immortel peut-être ! S’il avait été un tant soit peu déconstruit tout ça ne serait pas arrivé. Je ne serais pas tombée dans les bras d’Egisthe son demi-frère lequel ne lui aurait donc pas proprement déconstruit sa sale gueule jusqu’à ce que mort s’ensuive dans sa baignoire … pas beau à voir. Je n’aurais pas eu besoin d’égorger moi-même la pauvre Cassandre cette trainée, prophétesse de malheur, ce qui mit fin définitivement à ses ratiocinations. Et si tout cela n’avait pas eu lieu, Oreste mon fils ne m’aurait pas assassinée quelques années plus tard ainsi que son demi-oncle Egisthe. Mais si tout cela n’était pas arrivé, si Agamemnon n’avait pas été ce vantard cruel ambitieux lubrique et cynique , épris de gloire et de pouvoir, la guerre de Troie n’aurait pas eu lieu, il n’y aurait pas eu d’Iliade ni d’Odyssée, Homère ne serait pas sorti de sa nuit et n’aurait pas donné naissance à la littérature et on n’aurait pas pu donner le prix Nobel de littérature à une écrivaine qui écrit pour venger sa race et la mienne écrasée depuis plus de trois mille ans par le talon de fer du patriarcat. Total soutien Annie Ernaux !

F.V.

Agamemnon à rebours.

10° Diane est courroucée.Agamemnon a tué une biche sacrée dans son bois vénéré .

Sa vengeance sera terrible .

Hélène ,grecque, femme de Ménélas , qui est le frère d’Agamemnon,est enlevée par Pâris, le Troyen .

Il faut laver l’affront et récupérer l’infidèle .Une armée se lève , dirigée par Agamemnon , le roi des rois .

Au moment du départ de la flotte, Diane retient les vents . Elle exige le sacrifice d’Iphigénie , fille d’Agamemnon,pour que soufflent à nouveau zéphyrs et alizés .

Agamemnon sacrifie sa fille .

Les vents se lèvent . La flotte prend le large et met cap sur Troie

Après 10 années de lutte , Troie tombe et les Grecs rentrent chez eux .

Agamemnon rentre à Mycènes , acclamé par son peuple .

La mère d’Iphigénie , épouse d’Agamemnon , est distante , froide, le regard sans éclat .

Clymnestre assassine son mari .

HT

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Feuilleton : le village le plus moche chapitre 6

Chapitre 6

Depuis la réunion de travail, Lulu ne dormait plus, sa tension montait dangereusement et le médecin du village qui l’avait vu naître et ne trouvait pas de remplaçant avait tenté de le raisonner… en vain, il naviguait entre enthousiasmes, amertumes et interrogations.

On avait vite fait de soupçonner Cépignac et Truffignac d’avoir organisé les raids de ravalement du village, mais l’accusation restait générale et Luvina, sa première adjointe, avait semé le trouble en arguant que le ver était peut-être dans le fruit. Il avait beau tourner et retourner toutes les informations en sa possession, il n’avançait pas.

Il avait quelques réconforts : lorsqu’il se rendait à pied à la mairie, il constatait avec satisfaction la barricade déjà taguée qui fermait la toute nouvelle déchetterie entre l’église et l’école fermée depuis déjà quatre ans, les dégradations, les déchets épars , les platebandes dénudées, les broussailles qui avaient repris leurs droits. Presque partout, parce que les jeunes avaient pris l’initiative de continuer à entretenir leur terrain de jeu …mais il fallait bien leur pardonner. L’ensemble du complexe sportif n’avait toujours rien d’attrayant. De plus, Mazet, un des trois derniers agriculteurs du village, avait remonté du penchant de la Caroube où il était allé faire du bois, quelques éléments de moteurs et autres pièces de ferraille qu’il avait déposés dans son potager en face de chez Lucette. Il avait concédé un carburateur de tracteur à Chassagne qui l’avait mis en évidence dans sa cour. Ce que Lulu n’avouerait cependant jamais, c’est qu’il était chagriné des éclaboussures de boue sur le beau crépi jaune de Sa mairie.

Il ruminait ainsi, ce matin-là, lorsqu’il aperçut deux camionnettes noires équipées d’une parabole devant la mairie : c’était une équipe de télévision qui venant en repérage pour la préparation du concours. Le tournage était prévu en décembre et on était tout juste fin octobre. Une fine couche de brouillard enveloppait le village et lui donnait un air mystérieux presque agréable. Lulu était contrarié mais il n’en laissa rien voir. Il lissa sa grosse moustache grisonnante , ajusta sa veste de velours sur son ventre rebondi, se présenta :  « Lucien, Treignac, Maire de cette charmante bourgade »,et , avec son large sourire franc, il fit entrer obligeamment tout le monde à l’intérieur pour discuter de la suite des opérations.

C’est alors que retentit une joyeuse musique dans la pièce sombre.

– «  Lulu song », vous avez de l’humour, à ce que je vois , Monsieur le Maire,c’est charmant. s’exclama la reportrice avec une pointe d’ironie.

Lui , qui venait de réaliser qu’il s’agissait d’une nouvelle sonnerie du téléphone, ne riait pas du tout de cette nouvelle provocation inexplicable en décrochant .

– Pourrais-je parler à Monsieur le maire ?

– C’est moi

– Treignac ? Ici Sanchez de Cépignac. J’espère que tu es seul, j’ai une information très désagréable…

– Justement, j’ai une équipe de télévision dans mon bureau. Je te rappelle dés que je peux.

Il raccrocha, blême, puis il sentit le rouge lui monter aux oreilles et aux joues ; il crut que son cœur allait lâcher.

Heureusement, le repérage se déroula pour le mieux, même si Lulu inquiet, restait bougon. Le café de Lucette était, comme toujours innommable et Chassagne très inspiré avait fait une déclaration tout à fait inappropriée. Lorsqu’ils sortirent, la brume s’était levée le ciel s’était assombri et ils furent surpris par une courte mais violente averse qui fit claquer les volets et déversa au milieu des ruelles un flot boueux vite chargé des immondices abandonnés dans les caniveaux. Au niveau de la déchetterie les bacs à ordures débordants étaient occupés par la bande des chats errants. Leur chef, un vieux chat borgne, efflanqué, à moitié pelé, particulièrement laid, que le maire qualifia de « mascotte » du village, agressa le cameraman qui s’approchait de trop prés. Tout le monde se replia chez Lucette, dont le bourguignon cramé n’avait rien à envier au café du matin. L’équipe ne jugea pas utile de s’attarder.

Lulu eut enfin le loisir de retourner à la mairie pour avoir le fin mot de l’histoire du matin. Il rappela aussitôt la mairie de Cépignac, mais ce qu’il entendit l’obligea à s’asseoir et le laissa sans voix :

– je tiens les coupables,assena le maire avec une voix guillerette. Nous sommes dans le même bateau et je crois qu’il faut n’en parler à personne : c’est donc notre petit couple infernal, celui que forment nos deux enfants à Limoges, oui, votre Lucile et mon Luchio, comme vous le savez. Ils auraient voulu vous réveiller , ils…

Lulu avait raccroché, sidéré. La secrétaire finit par s’inquiéter de son immobilité et ne put rien tirer de lui. Elle courut chez Lucette où , à cette heure-là, elle était sûre de trouver Fernand et Marcel qui pourraient lui venir en aide. Le temps qu’ils arrivent, le maire avait décampé.

Arrivé chez Lui, lulu s’était effondré, en larmes. Entre deux hoquets sa femme l’entendait murmurer … « non, non, pas ma fille…, pas mon bébé… pas ma toute belle, mon petit… » Sa femme crut le pire. Elle secoua Lulu sans ménagement pour qu’il s’explique. Il répéta les paroles du maire de Cépignac et la colère remplaça l’hébétement. Sa fille, sa chère fille l’avait trahi, elle avait trahi son projet, elle l’avait trahi en tant que père, en s’acoquinant avec Luchio, le fils de Sanchez, son ennemi politique numéro1… Il devait être le seul à ne pas le savoir… Et si elle, sa femme était déjà au courant, il la reniait aussi.

Malgré son habitude des colères de son mari, elle eut beaucoup de mal à le calmer et à le contraindre à appeler directement sa fille au téléphone pour en avoir le cœur net.

Après avoir subi les jérémiades et accusations de son père, Lucile ne nia rien. Il était tellement impliqué dans son projet qu’il avait été impossible de lui parler. Comment pouvait il s’enorgueillir d’avoir le village le plus moche de France ? Comment s’enorgueillir d’une insulte. Elle voulait l’aimer, Son village, celui de tous ses souvenirs d’enfance. Elle reconnaissait qu’elle avait profité de ses accointances avec certains Cépignaquois qui n’attendaient que le moment de se moquer un peu de leur voisin, pour mettre en œuvre son opération d’embellissement du village . Elle connaissait assez bien son père pour savoir qu’il serait sensible au ravalement de la mairie. Elle n’avait pas voulu le blesser, seulement attirer son attention…

Curieusement Lulu l’avait laissée parler…