Lu en Mars 2020 – journaux et mémoires – Saint Simon

 Saint-Simon, Mémoires (1829)

Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, fut l’un des favoris de la cour de Louis XIV. Grand seigneur, il eut le privilège de loger à Versailles et d’y observer les intrigues de palais. Durant plus de trente ans, Saint-Simon va être l’historiographe du roi et de la cour. Ses Mémoires, œuvre colossale de plusieurs milliers de pages, ne sont pas une entreprise autobiographique, il s’agit en fait d’une gigantesque fresque historiographique. Le titre des Mémoires est trompeur. Saint-Simon en avertit son lecteur : « Je ne parle pas du cœur, dont ce n’est pas ici le lieu. (…) Ces Mémoires ne sont pas faits pour y parler de moi ». Il précise : « J’écris une histoire particulière (…) celle du temps et du pays où on vit ». Une histoire donc et non une autobiographie : les Mémoires sont rédigés à la première personne, mais une personne se postant discrète et anonyme, comme une caméra cachée, dans les couloirs de Versailles et les allées de son jardin. De là, on assiste, spectateur comblé, voyeur patenté, au défilé impressionnant des courtisans intéressés et aux tableaux vivants des gens de cour. À la mort du Grand Dauphin en 1712, Saint-Simon se plaît à « croquer » tout ce beau monde qui « méditait profondément aux suites d’un événement si peu attendu, et bien davantage sur eux-mêmes ». Tels sont les Mémoires de Saint-Simon, drôles, vivants, scrutateurs, une somme incomparable sur les mœurs politiques de son temps.

Un style spontané, vivant, piquant, mêlant grande et petite histoire. Pourtant, Saint-Simon lui-même disait « ne pas savoir écrire ». Continuer la lecture de « Lu en Mars 2020 – journaux et mémoires – Saint Simon »

Livres lus en mars 2020 journaux et mémoires L’abbé Mugnier

Abbé Mugnier, Journal de l’abbé Mugnier (1879-1939)

Arthur Mugnier, connu sous le nom d’abbé Mugnier, né le 27 novembre 1853 à Lubersac (Corrèze) et mort le 1er mars 1944 à Paris, est un prêtre catholique français, vicaire dans différentes paroisses de Paris puis chanoine. Chargé en 1840 de la restauration du château de Lubersac par le marquis de Lubersac, le père d’Arthur Mugnier mourut prématurément et le marquis prit sous sa protection les enfants Mugnier. Il permit l’entrée du jeune Arthur au séminaire de Nogent-le-Rotrou. Vicaire à Saint-Nicolas-des-Champs, paroisse populaire du quartier des Halles puis, à partir de 1881 à la très élégante église Saint-Thomas-d ‘Aquin, il est nommé en 1896 vicaire à la paroisse huppée Sainte-Clotilde.

De 1879 à 1939, l’abbé Mugnier a tenu un journal soixante ans de vie sacerdotale et mondaine de celui qu’on a pu appeler le « confesseur des duchesses ». Dans les salons parisiens les plus huppés, l’abbé Mugnier offrait pourtant l’aspect déconcertant d’un curé de campagne, avec ses gros souliers carrés et sa soutane élimée. Il s’était imposé par les qualités les moins faites pour réussir dans un tel univers : la modestie, la sensibilité et la fraîcheur d’âme. Mais il admirait cette société et aimait plus encore la littérature. Les grands écrivains français (… et les autres) se retrouvent dans ce journal. Ils sont tous là, mêlés aux gens du monde, aux hommes politiques. C’est le « temps retrouvé », le monde de Proust qu’évoque jour après jour ce journal, document irremplaçable, et merveilleux roman de mœurs Continuer la lecture de « Livres lus en mars 2020 journaux et mémoires L’abbé Mugnier »

lu en février 2020, coup de coeur : Bruce Springsteen, born to run

Born to run, Bruce Springsteen

 En 2009, Bruce Springsteen et le E Street Band jouent à la mi-temps du Super Bowl. L’expérience est tellement grisante que Bruce décide d’écrire à ce sujet. C’est ainsi qu’a commencé cette extraordinaire autobiographie.
Au cours des sept années écoulées, Bruce Springsteen s’est, en secret, consacré à l’écriture de l’histoire de sa vie, apportant à ces pages l’humour et l’originalité qui lui sont habituels.
Il décrit son enfance, dans l’atmosphère catholique de Freehold, New Jersey, la poésie, le danger et les forces sombres qui alimentaient son imagination, jusqu’au moment qu’il appelle Le Big Bang : la première fois qu’Elvis Presley passe à la télévision. Continuer la lecture de « lu en février 2020, coup de coeur : Bruce Springsteen, born to run »

Lu en février 2020, coup de cœur : la tête en friche , M.S. Roger

La tête en friche, Marie-Sabine Roger

Une ville, un square, un banc.
Germain, la quarantaine, décide d’adopter Margueritte, 86 ans.
De chapitre en chapitre, on déambule dans l’univers de Germain. On « zoome ».
Germain et Margueritte, l’apprivoisement, des personnes et des mots, des histoires, des livres.
Germain et ses copains, les rencontres au bistrot, et tout doucement, une certaine distance se crée.
Germain et Annette, à l’inverse, nous passons de la distance, à l’intime. Continuer la lecture de « Lu en février 2020, coup de cœur : la tête en friche , M.S. Roger »

lu en février 2020, coup de cœur: T. Morrison, l’œil le plus bleu

L’œil le plus bleu, Toni Morrison

 Premier roman de Toni Morrison, Prix Nobel de Littérature en 1993,  « L’oeil le plus bleu », écrit assez tardivement, permet à la romancière de connaitre son premier succès.

Avoir des yeux bleus, et encore plus bleus que Shirley Temple, c’est le rêve de Pecola, une petite fille noire, laide, qui vit à Lorain (Ohio – États-Unis), rejetée par la société et à l’école. De plus, malgré son jeune âge (douze ans), Pecola va avoir un enfant mais le drame est qu’il serait de son père, violent. Son passé éclairé par des flash-backs explique cette violence, Continuer la lecture de « lu en février 2020, coup de cœur: T. Morrison, l’œil le plus bleu »

lu en février 2020, coup de cœur : Jodi Picoult, Mille petits riens

Jodi Picoult, Mille petits riens (2016)

 

Jodi Picoult est née en 1966 à New York et est romancière.

L’héroïne s’appelle Ruth Jefferson et exerce le métier de sage-femme depuis plus de 20 ans. Employée modèle et collègue accommodante, mère d’un fils intelligent de 17 ans qu’elle élève seule depuis que son mari est décédé, personne ne se plaint d’elle. Sauf qu’elle est noire. Continuer la lecture de « lu en février 2020, coup de cœur : Jodi Picoult, Mille petits riens »

lu en février 2020, coup de cœur : Marc Roger, Grégoire et le vieux libraire

Marc Roger, Grégoire et le vieux libraire (2019)

 

Marc Roger est né en 1958 à Bamako au Mali.

Il exerce la profession de lecteur public au sein de la Compagnie « La Voie des Livres ». Depuis 1992, il vit de sa passion pour la lecture à voix haute, qui représente un lien social fort selon lui :

« Lire à voix haute et en public, c’est à mon sens, offrir à l’écoute du plus grand nombre, public adulte et jeunesse, des récits brefs, nouvelles ou extraits de romans. C’est également produire des étincelles qui donnent envie de lire, douvrir la voie des livres par où circulent l’échange et les idées. Mais c’est aussi, au cœur des villes et des villages, dans l’entreprise, dans les cafés, partout dans la cité, s’inscrire comme un passeur. Tout simplement lecteur public. »

Grégoire et le vieux libraire, premier roman de Marc Roger.

 C’est l’histoire d’une rencontre, une belle rencontre. Entre Grégoire, 18 ans, pas doué pour les études et devenu agent de service hospitalier dans une maison de retraite malgré lui parce qu’il faut bien travailler pour gagner sa vie, et Monsieur Picquier, ancien libraire atteint de la maladie de Parkinson et d’un glaucome aux yeux. Le vieux monsieur ne peut plus ni tenir un livre, ni distinguer les mots sur les pages. Grégoire fuit pourtant cet objet, qui lui rappelle sa médiocrité à l’école ; mais Monsieur Picquier va avoir besoin de lui pour l’aider à vivre de son ancienne passion avant de s’éteindre, (si ça se trouve des années plus tard, sans avoir pu retrouver le plaisir de lire). Continuer la lecture de « lu en février 2020, coup de cœur : Marc Roger, Grégoire et le vieux libraire »

lu en février 2020 , coup de cœur : jean Echenoz, la vie de Gérard Fulmard

Jean Échenoz, Vie de Gérard Fulmard (2020)

Avec ce nouveau livre, Jean Échenoz nous présente une parodie de polar.

Le personnage principal, Gérard Fulmard, est un anti-héros, un raté qui enchaîne les échecs. Son nom de famille qui, à une lettre près, évoque un oiseau de mer gris et terne, n’est pas en sa faveur.

Le début de l’intrigue illustre bien le ridicule du personnage. Nous apprenons que la chute d’un satellite soviétique a tué son propriétaire d’appartement ; Gérard se croit alors délesté de tous ses impayés de loyer et de ceux à venir. Continuer la lecture de « lu en février 2020 , coup de cœur : jean Echenoz, la vie de Gérard Fulmard »

Lu en février 2020 : coup de cœur : T. Cantaloube , Réquiem pour la République

Thomas Cantaloube, Requiem pour une République (2019)

Thomas Cantaloube est né en 1971 en France, il est journaliste et écrivain.

Requiem pour une République est son premier roman, qui a obtenu le Prix Landerneau.

Selon notre lectrice, il s’agit certes d’un polar, mais pas que.

L’intrigue se situe à Paris entre 1959 et 1962, pendant la guerre d’Algérie.

Tout débute par l’assassinat d’un avocat Algérien très connu et celui de sa famille, en 1959. Deux personnages que tout oppose vont enquêter sur cette affaire : Continuer la lecture de « Lu en février 2020 : coup de cœur : T. Cantaloube , Réquiem pour la République »

lu en février 2020, coups de cœur : Emmanuel Dongala, le feu des origines

Emmanuel Dongala, Le Feu des origines (1987)

 

 Emmanuel Dongala a une langue magnifique imagée, précise et rapide, de l’humour aussi pour dresser une grande fresque de l’histoire du Congo Colonial à travers l’histoire de son héros décalé, Mandala (la palme) Mankuku (celui qui défie les puissants).

Le livre est aussi bien une critique de la société ancienne que de la société coloniale.

L’enfant naît dans un village de la Brousse, mais sans témoin (seule une palme plantée par la mère sur le lieu de l’accouchement) et avec des yeux verts, ce qui fera douter de son humanité. Continuer la lecture de « lu en février 2020, coups de cœur : Emmanuel Dongala, le feu des origines »