Lu en octobre 2021, Coups de cœur, Bruno PELLEGRINO, Là-bas Août est un mois d’automne

Là-bas, août est un mois d’automne (2018), Bruno Pellegrino

Né en 1988, Bruno Pellegrino vit entre Lausanne et Berlin. Ce titre est son premier roman, récompensé par de nombreux prix littéraires, dont le prix François Mauriac 2019. Librement inspiré de la vie du poète suisse Gustave Roud et de sa sœur Madeleine, l’écrivain a inventé un personnage touchant, sensible. C’est l’histoire d’un frère et d’une sœur, de la maison de famille qui les abrite. Ce sont les gestes ordinaires d’un quotidien ordinaire qui racontent l’essentiel d’une vie. Leurs deux univers et leurs gestes évoluent en parallèle comme un ballet. Gustave est un poète errant qui parcourt inlassablement la campagne, jusqu’aux limites de l’épuisement. L’auteur nous restitue l’univers rural des années 60, avec ses rituels, et ses transformations.

Descriptions minutieuses à l’image de :

« La route de craie, les terrains creux, pâles, tissés de lilas, les champs de trèfle, les ormes, les frênes, les bois de pins, mille orchidées, et les esparcettes, les rameaux de genêts en fleurs… »

dialogues quasi absents, flash-back familiaux, nature avec son vocabulaire foisonnant en sont les principaux ingrédients.

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Lu en octobre 2021, Coups de cœur, Sarah BARUKH, Elle voulait juste marcher tout droit

Elle voulait juste marcher tout droit (2017), Sarah Barukh

1946, dans un petit village des Pyrénées-Atlantiques, Alice, 8 ans attend désespérément sa mère. Sa maman qui 3 ans plus tôt, l’a subitement abandonnée et laissée auprès de Jeanne dans une ferme. Malgré la guerre qui gronde, Alice vivra dans l’insouciance, aimée et choyée par sa nourrice. Mais un jour, sa mère revient la chercher et l’emmène vivre à Paris. Alice est alors confrontée à la réalité, sa mère n’est plus la même tant physiquement que psychologiquement. Elle s’interroge. Quel est cet étrange tatouage sur le bras amaigri de sa mère ? Qu’a-t-elle fait durant ses 3 ans ? Pourquoi a-t-elle si peur ? A travers des rencontres marquantes et attachantes, de Paris à New York, Alice va découvrir ses véritables origines et comprendre le véritable sens du mot guerre.

Elle voulait juste marcher tout droit paru aux éditions Albin Michel est le premier roman de l’auteure. Celle-ci travaille dans la communication et a créé sa propre entreprise.

C’est un roman historique émouvant, une œuvre magistrale, qui du point de vue d’une enfant traite de l’après-guerre, du retour des camps de concentration, du retour à une vie dite normale. Un livre tout simplement poignant et juste qui rend hommage à tous ces enfants marqués à jamais par l’Histoire.

Lu en Octobre 2021, coups de cœur : Patrick MODIANO, UN pedigree

Un pedigree (2005), Patrick Modiano

Patrick Modiano livre ici un récit autobiographique qui couvre sa jeunesse de sa naissance en 1945 à la publication de son premier roman en 1967.

Ce sont des souvenirs épars qui campent les portraits aux contours incertains de ceux qu’il a côtoyés et qui constituent, faute de mieux, son pedigree. Le ton est égal sans affect ; le seul évènement important est la mort de son frère.

« J’écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n’était pas la mienne. Les événements que j’évoquerai jusqu’à ma vingt et unième année, je les ai vécus en transparence – ce procédé qui consiste à faire défiler en arrière-plan des paysages, alors que les acteurs restent immobiles sur un plateau de studio. »

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Lu en Octobre 2021, coup de cœur: Le 1, Devons nous cultiver notre jardin?

Devons-nous cultiver notre jardin ? (Août 2021), n° 361 de l’hebdomadaire Le un

Au fil du temps, nos relations avec le jardin ont évolué. Après-guerre, le jardin devient indispensable aux familles pour s’assurer une autosuffisance alimentaire. Ensuite, cette fonction est plus ou moins abandonnée et le jardin est utilisé plutôt pour les jeux des enfants ou des repas en plein air. Les gestes du jardinier et méthodes de culture ne sont pas transmis aux générations suivantes. Actuellement, le jardin connait une renaissance, un renouveau philosophique et culturel. Des modes de culture alternatifs comme la permaculture, qui ne vise pas l’abondance mais la suffisance, sont proposés. Les huiles essentielles, purins… sont utilisés pour traiter nuisibles et maladies des plantes. Depuis le début de l’année, les jardineries de l’hexagone affichent une croissance de 20 à 30 %. Le Un (Sujet de la phrase ?) propose de retrouver les racines de cet engouement qui reflète les inquiétudes écologiques et sanitaires de l’époque.

Les jardins urbains, des jardins-musées apparaissent. Leur création évolue, sous l’impulsion de jardiniers comme Gilles Clément.

Gilles Clément, est un paysagiste français créateur du parc Citroën, des jardins de l’Arche et du parc du musée des Arts premiers – quai Branly – à Paris, du domaine du Rayol en Provence et du jardin de l’abbaye de Valloire en Picardie. Parmi beaucoup d’autres, il préfère se présenter comme un simple jardinier.  Gilles Clément poursuit des travaux théoriques et pratiques selon trois axes de recherche :

– le Jardin en Mouvement, au lieu de cantonner les plantes afin d’organiser une création, il laisse les plantations « redessiner » en permanence le jardin.

– le jardin planétaire et le Tiers-Paysage.

Selon lui, « le jardin offre un territoire mental d’espérance »1.

1 Gillesclement.com, consulté le ../…/2021 à vous de compléter la date, à l’adresse URL suivante : [http://www.gillesclement.com/]

Lu en octobre 2021, coup de cœur: Joseph PONTHUS, A la ligne

A la ligne (2019), Joseph Ponthus

Joseph Ponthus est né en 1978, après des études littéraires puis de travail social dans l’Est de la France, il exerce le métier d’éducateur spécialisé en région parisienne. Il se fait d’abord connaître en cosignant un premier livre Nous … la cité en 2012 aux éditions Zones. Afin de suivre sa femme, il part vivre en Bretagne. Là-bas il ne retrouve pas un poste dans sa filière d’origine ce qui l’amène à enchainer successivement des emplois en tant qu’ouvrier d’abord dans une conserverie de poissons puis dans un abattoir.

A la ligne : feuillets d’usine paru aux éditions La table ronde est son premier roman et a reçu de nombreux prix notamment les prix RTL-Lire et Régine Deforges en 2019. Cette œuvre nous est présentée comme un journal poétique emplit de références littéraires. L’auteur met surtout l’accent sur les conditions difficiles de ses travaux à la chaîne au sein de deux usines d’agroalimentaire. Pour subvenir à ses besoins, il supportera au quotidien le bruit, la fatigue, l’esprit qui divague et la souffrance des corps. Ce qui va le maintenir en vie face à cette vue des chaires torturées, c’est l’écriture, la littérature, les mots auxquels il va s’accrocher telle une bouée de sauvetage.

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Lu en octobre 2021, coups de coeur : Nathacha Appanah, Rien ne t’appartient

Rien ne t’appartient (2021), Nathacha Appanah

Cette romancière mauricienne, également journaliste récemment invitée à la Grande Librairie, dégage force et profondeur. Ce titre est son dixième livre. Ses descriptions dévoilent une grande richesse de vocabulaire. Nathacha Appanah s’empare une nouvelle fois des thématiques fortes qui courent dans tous ses romans : l’enfermement, la mémoire, la résistance. Son phrasé est doux, poétique, tout en suggestion, même ou plutôt surtout lorsque la violence surgit.

Il n’y a pas que le chagrin et la solitude qui viennent tourmenter Tara depuis la mort de son mari. En elle, quelque chose se lève et gronde comme une vague. C’est la résurgence d’une histoire qu’elle croyait étouffée, c’est la réapparition de celle qu’elle avait été, avant. Une fille avec un autre prénom, qui aimait rire et danser, qui croyait en l’éternelle enfance jusqu’à ce qu’elle soit rattrapée par les démons de son pays.

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Lu en octobre 2021 coup de coeur/ Jacques LACARRIERE, un été grec

Un été grec, Jacques LACARRIERE

Une de nos lectrices nous a signalé , sans plus de détail« Un été grec » de Jacques Lacarrière qui a accompagné avec Bonheur son voyage en Grèce, cet été.

C’est un ouvrage , publié en 1975 juste après la chute des généraux. Jacques Lacarrière y dépeint « sa Grèce » parcourue pendant vingt ans, à l’écart des sentiers battus, sous l’égide d’une grande culture, et la rencontre de ses populations (moines du mont Athos, gens de Crête ou du Péloponnèse). Notre a dû confronter ce texte intime, témoin d’une époque déjà lointaine avec le pays qu’elle a découvert aujourd’hui.

Lu en Septembre 2021, thème, rencontres : Jonathan COE, Billy Wilder et moi

J onathan COE, Billy Wilder et moi (2021)

L’admiration de Jonathan Coe pour Billy Wilder est connue depuis son article sur « La Vie privée de Sherlock Holmes » (1970) publié en 1999 dans les Cahiers du cinéma. Le très cinéphile écrivain britannique y racontait sa quête acharnée, et très proustienne, des scènes coupées du chef-d’œuvre maudit du réalisateur américain, qu’il avait découvert, fasciné, à l’adolescence.

Dans ce roman, la narratrice, une compositrice, Calista Frangopolou, devenue compositrice de musique de films, se souvient, la crise de la cinquantaine venue, de l’été qui a changé sa vie.

Au cours d’un voyage aux États-Unis en 1976, la petite étudiante naïve d’Athènes s’était retrouvée par hasard dans un restaurant de Beverly Hills à partager le dîner de Billy Wilder et de son complice I.A.L. Diamond, sans savoir qui étaient ses prestigieux voisins de table – un des nombreux morceaux de bravoure comiques du livre. Le courant était si bien passé que l’année suivante la jeune femme avait été recrutée pour le tournage de « Fedora », d’abord comme traductrice-interprète du cinéaste à Corfou, puis comme assistante personnelle du scénariste à Munich et en France.

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Lu en septembre 2021, thème : Rencontres :Laure GASPAROTTO, Vigneronne

L aure GASPAROTTO, Vigneronne (2021)

Laure Gasparotto, journaliste au Monde, œnologue, nous raconte son changement de vie, l’aventure qu’elle a vécue après sa décision d’acquérir avec quelques amis, un vignoble sur les terrasses du Larzac.

« Devant ces vignes j’ai éprouvé un sentiment d’évidence pour ce lieu magique, harmonieux, complexe, enrichi par la beauté des sols, des oliviers, la garrigue et la montagne. »

« A posteriori, j’aurais sans doute dû aller voir un psy, mais j’ai préféré acheter un vignoble ». Le décalage avec son univers Germanopratin est immense. Ébranlée par une séparation récente, partagée entre sa vie parisienne avec ses deux jeunes enfants et le dur métier de vigneron, elle nous livre son expérience au jour le jour, et nous découvrons avec elle ce monde du vin, avec ses différentes étapes de l’entretien de la vigne à la vinification, mais aussi la commercialisation. C’est un labeur de chaque jour qui ne supporte pas l’à peu-près, une confrontation à la nature, aux difficultés matérielles et financières, parfois aussi à la solitude lorsque des décisions doivent être prises. Il faut faire preuve de courage, de ténacité.

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