Atelier d’écriture d’Avril 2021-jeu2- alexandrins greffés

Jeu 2 : l’Alexandrin greffé (jeu de l’Oulipo)

Choisissez un des sonnets très connus que je vous propose et transformez le : pour chaque vers, changez un des deux hémistiches en empruntant celui d’un autre poème ( Vous pouvez choisir ces extraits dans plusieurs poèmes différents de votre choix)

Ronsard

Sonnet pour Hélène

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle ! »

Lors, vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serai sous la terre, et, fantôme sans os,
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.

Jules Laforgue, Le Sanglot de la terre, 1880.

 LA CIGARETTE 

Oui, ce monde est bien plat ; quant à l’autre, sornettes.
Moi, je vais résigné, sans espoir, à mon sort,
Et pour tuer le temps, en attendant la mort,
Je fume au nez des dieux de fines cigarettes.

Allez, vivants, luttez, pauvres futurs squelettes,
Moi, le méandre bleu qui vers le ciel se tord,
Me plonge en une extase infinie et m’endort
Comme aux parfums mourants de mille cassolettes1.

Et j’entre au paradis, fleuri de rêves clairs
Où l’on voit se mêler en valses fantastiques
Des éléphants en rut à des chœurs de moustiques.

Et puis, quand je m’éveille en songeant à mes vers,
Je contemple, le cœur plein d’une douce joie,
Mon cher pouce rôti comme une cuisse d’oie.

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La Cigarette :

La cigarette greffé avec Félix Arvers (1806-1850) = Sonnet

Aloysius Bertrand (1807-1841)

Et Cocteau – Traduction du sonnet de Gongora

Oui, ce monde est bien plat ; ma vie a son mystère.

Moi, je vais résigné, le mal est sans espoir.

Et pour tuer le temps, nous avons une vigne

Je fume au nez des maîtres et serviteurs

Dormez-vous, pauvres futurs squelettes

Moi, le méandre bleu par un ciel clair et doux

Refuse au monde une extase infinie et m’endort.

Comme aux parfums mourants de l’écorce en deuil.

J’invite mes voisins, fleuri de rêves clairs

Où l’on voit se mêler l’art, l’art la science

Les rayons les ombres à des chœurs de moustiques.

Et puis, quand le raisin est mûr, en songeant à mes vers,

Je contemple ce marbre lourd

Ci-git Greco (comme une cuisse d’oie).

Ddou

Sonnet pour Hélène

Quand vous serez bien vieille , vers de nouveaux rivages 

Assise auprès du feu , écumant et bavant ,

Direz chantant mes vers , apportés par le vent 

Ronsard me célébrait sur l’océan des âges .

Sans prunelle et sans blanc oyant telle nouvelle

Déjà sous le labeur le diable s’enfuira 

Qui au bruit de mon nom son venin vomira 

A la fin tout pensif de louange immortelle .

Je serai sous la terre ; mon âme est en silence 

Par les ombres myrteux qu’affaiblit la distance 

Vous serez au foyer dans un songe effacé .

D’ici je vois la vie et votre fier dédain 

Hâtons -nous jouissons ! n’attendez à demain 

Gardez de cette nuit les roses de la vie .

Emprunts aux poètes Ronsard et Lamartine .

HGT

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