Jeu 2 : l’Alexandrin greffé (jeu de l’Oulipo)
Choisissez un des sonnets très connus que je vous propose et transformez le : pour chaque vers, changez un des deux hémistiches en empruntant celui d’un autre poème ( Vous pouvez choisir ces extraits dans plusieurs poèmes différents de votre choix)
Ronsard
Sonnet pour Hélène
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle ! »
Lors, vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.
Je serai sous la terre, et, fantôme sans os,
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,
Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.
Jules Laforgue, Le Sanglot de la terre, 1880.
LA CIGARETTE
Oui, ce monde est bien plat ; quant à l’autre, sornettes.
Moi, je vais résigné, sans espoir, à mon sort,
Et pour tuer le temps, en attendant la mort,
Je fume au nez des dieux de fines cigarettes.
Allez, vivants, luttez, pauvres futurs squelettes,
Moi, le méandre bleu qui vers le ciel se tord,
Me plonge en une extase infinie et m’endort
Comme aux parfums mourants de mille cassolettes1.
Et j’entre au paradis, fleuri de rêves clairs
Où l’on voit se mêler en valses fantastiques
Des éléphants en rut à des chœurs de moustiques.
Et puis, quand je m’éveille en songeant à mes vers,
Je contemple, le cœur plein d’une douce joie,
Mon cher pouce rôti comme une cuisse d’oie.
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La Cigarette :
La cigarette greffé avec Félix Arvers (1806-1850) = Sonnet
Aloysius Bertrand (1807-1841)
Et Cocteau – Traduction du sonnet de Gongora
Oui, ce monde est bien plat ; ma vie a son mystère.
Moi, je vais résigné, le mal est sans espoir.
Et pour tuer le temps, nous avons une vigne
Je fume au nez des maîtres et serviteurs
Dormez-vous, pauvres futurs squelettes
Moi, le méandre bleu par un ciel clair et doux
Refuse au monde une extase infinie et m’endort.
Comme aux parfums mourants de l’écorce en deuil.
J’invite mes voisins, fleuri de rêves clairs
Où l’on voit se mêler l’art, l’art la science
Les rayons les ombres à des chœurs de moustiques.
Et puis, quand le raisin est mûr, en songeant à mes vers,
Je contemple ce marbre lourd
Ci-git Greco (comme une cuisse d’oie).
Ddou
Sonnet pour Hélène
Quand vous serez bien vieille , vers de nouveaux rivages
Assise auprès du feu , écumant et bavant ,
Direz chantant mes vers , apportés par le vent
Ronsard me célébrait sur l’océan des âges .
Sans prunelle et sans blanc oyant telle nouvelle
Déjà sous le labeur le diable s’enfuira
Qui au bruit de mon nom son venin vomira
A la fin tout pensif de louange immortelle .
Je serai sous la terre ; mon âme est en silence
Par les ombres myrteux qu’affaiblit la distance
Vous serez au foyer dans un songe effacé .
D’ici je vois la vie et votre fier dédain
Hâtons -nous jouissons ! n’attendez à demain
Gardez de cette nuit les roses de la vie .
Emprunts aux poètes Ronsard et Lamartine .
HGT
Quand vous serez bien vieille, putain spirituelle
Précieuse du temps, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers,et toujours babillant :
« Ronsard me célébrait du temps que j’étais pucelle! »
Lors, vous n’aurez tirependière en détresse,
Déjà sous le Pentapolitain à demi sommeillant,
Qui, courtisane de Priape, ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom lors de la dive messe !
Gélatine de vos seins, fantôme sans os,
En pipeur de bémols, je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer alléchante béatrice,
Regrettant mon amour et ma verve puissante.
Vivez, si m’en croyez, ô jeune géante:
Cueillez dès aujourd’hui les roses de mon vice.
FV
sur « sonnet pour Hélène » de Ronsard des extraits « du glacier des Alpes » de Victor Hugo
Quand vous serez bien vieille, en métamorphose
De l’occident au Sud, dévidant et filant
Direz chantant mes vers sur l’abîme béant
Ronsard me célébrait sur l’océan des choses
Alors nuage errant, oyant telle nouvelle
Puis dans l’or du matin, à demi sommeillant
Qui du bruit de Ronsard du Nord à l’orient
Bénissant votre nom semble une aube éternelle
Vole, capricieuse, et fantôme sans os
Par les ombres myrteux éveillant mille échos
Chaos aveugle et sourd, une vieille accroupie
Regrettant mon amour, oubliant le prestige
Vivez si m’en croyez, sans crainte et sans vertige
L’œil peine à atteindre les roses de la vie
Ddor
règle librement interprétée :
Moi, je vais résignée en attendant la mort,
Assise auprès du feu,et pour tuer le temps
Dévidant et filant en songeant à mes vers,
Où l’on voit se mêler à des chœurs de moustiques
Des éléphants en rut plein d’une douce joie.
Moi, le méandre bleu du temps que j’étais belle!
Regrettant mon amour fleuri de rêves clairs
Me plonge en une extase,pauvres futurs squelettes
Comme aux parfums mourants je prendrai mon repos..
JZ
à partir de ces 7 poèmes voici un nouveau sonnet composé de 2 quatrains et 2 tercets
mon rêve familier(Verlaine)
l’isolement(Lamartine) /
sonnets a Hélène(Ronsard)
A Ninon(Musset)
l’Albatros(Baudelaire)
heureux qui comme Ulysse(Du Bellay)
La vie antérieure(Baudelaire)
Je fais souvent ce rêve, à l’ombre du vieux chêne :
Je contemple la terre, un œil triste et mouillé
Exilé sur le sol, mes regards sur la plaine
Je n’ai plus que les os et tout est dépeuplé
Heureux qui comme Ulysse qui hante la tempête
Qui passe et qui s’envole d’un œil indifférent
Son regard est pareil ,qu’il se couche ou se lève,
De l’aurore au couchant en vous émerveillant
Je n’attends rien des jours,je ne demande rien
C’est là que j’ai vécu du temps que j’étais belle
Au milieu de l’azur, au soir à la chandelle
Ce que j’ai tant rêvé vaut mieux que tous les biens
Compagnons de voyage ,souvent, pour s’amuser
Regrettant mon amour pour devoir se cacher
SM

