Atelier d’écriture de mars 2020: Lipogramme -4 -A-

Jeu n°3 : lipogramme

Réécrire le texte de Georges Perec en vous interdisant l’utilisation d’une voyelle de votre choix :

« C’est couché à plat ventre sur mon lit que j’ai lu  vingt ans après, L’île mystérieuse et Jerry dans l’île. Le lit devenait cabane de trappeur, ou canot de sauvetage sur l’Océan en furie, ou baobab menacé par l’incendie, tente dressée dans le désert, anfractuosité propice à quelques centimètres, de laquelle passaient des ennemis bredouilles.

J’ai beaucoup voyagé au fond de mon lit. J’emportais pour survivre des sucres que j’allais voler dans la cuisine et que je cachais sous mon traversin (ça grattait…). La peur – la terreur, même – était toujours présente, malgré la protection des couvertures et de l’oreiller. »

G Perec, Espèces d’espaces, p. 34

Sans A
C’est couché sur le ventre que les livres de J. Verne : Un siècle de plus, L’île mystérieuse et Jerry sur l’Île  ont peuplé mes soirées.Le lit devient hutte, frêle esquif sur une mer en furie ou immense forêt en feu, tente dressée sur le sol sec du désert, creux propice à quelques centimètres près du chemin des ennemis bredouilles.
Etendu sur mon lit, les sucres volés dans la cuisine me piquent, je les dissimule sous mon oreiller. L’effroi, l’horreur même sont toujours présents , bien que protégé : symboliquement je m’enfouis sous une couverture et sous un doux édredon.

Ecrit en mars 2020, lipogramme 3, en U

Lipogramme

Réécrire le texte de Georges Perec en vous interdisant l’utilisation d’une voyelle de votre choix :

« C’est couché à plat ventre sur mon lit que j’ai lu  vingt ans après, L’île mystérieuse et Jerry dans l’île. Le lit devenait cabane de trappeur, ou canot de sauvetage sur l’Océan en furie, ou baobab menacé par l’incendie, tente dressée dans le désert, anfractuosité propice à quelques centimètres, de laquelle passaient des ennemis bredouilles.

J’ai beaucoup voyagé au fond de mon lit. J’emportais pour survivre des sucres que j’allais voler dans la cuisine et que je cachais sous mon traversin (ça grattait…). La peur – la terreur, même – était toujours présente, malgré la protection des couvertures et de l’oreiller. »

G Perec, Espèces d’espaces, p. 34

Lipogramme en U

Avachi dans mon lit j’ai dévoré « Vingt ans après », « L’ile des mystères » et « Jerry dans l’île ». Le lit devenait soit cabane de braconniers, soit canot afin d’échapper à l’océan déchaîné, soit baobab menacé par l’incendie, tente dressée dans le désert, renfoncement propice, très près des ennemis n’ayant arrêté personne.

J’ai énormément voyagé dans mon lit. J’emportais afin de m’alimenter des miels volés dans la resserre. Je les cachais avec mon traversin (ça grattait). La crainte, l’effroi même était constamment présents, malgré le rempart des édredons et de l’oreiller.

D.Dou

Ecrit en Mars 2020, lipogramme 2, en I

Lipogramme

Réécrire le texte de Georges Perec en vous interdisant l’utilisation d’une voyelle de votre choix :

« C’est couché à plat ventre sur mon lit que j’ai lu  vingt ans après, L’île mystérieuse et Jerry dans l’île. Le lit devenait cabane de trappeur, ou canot de sauvetage sur l’Océan en furie, ou baobab menacé par l’incendie, tente dressée dans le désert, anfractuosité propice à quelques centimètres, de laquelle passaient des ennemis bredouilles.

J’ai beaucoup voyagé au fond de mon lit. J’emportais pour survivre des sucres que j’allais voler dans la cuisine et que je cachais sous mon traversin (ça grattait…). La peur – la terreur, même – était toujours présente, malgré la protection des couvertures et de l’oreiller. »

G Perec, Espèces d’espaces, p. 34

lipogramme en i :

C’est couché sur mon galetas que mes yeux ont parcouru « l’étonnante terre entourée d’eau » et « Jerry sur cette Terre », « Tant de temps après ». Le galetas : une cabane de trappeur ou un canot de sauvetage sur l’Océan en colère, ou baobab menacé par le feu, tente dressée dans le désert, trous très proches avec des méchantes gens très sales.

Beaucoup voyagé au fond de mon galetas. Pour manger, encore et toujours : des sucres volés dans la salle de séjour et cachés sous mon polochon (grattage assuré). La peur – la terreur même-présentes malgré les couvertures rassurantes et le polochon

S.R.

Ecrit en mars 2020, lipogramme 1 en E

Réécrire le texte de Georges Perec en vous interdisant l’utilisation d’une voyelle de votre choix :

« C’est couché à plat ventre sur mon lit que j’ai lu  vingt ans après, L’île mystérieuse et Jerry dans l’île. Le lit devenait cabane de trappeur, ou canot de sauvetage sur l’Océan en furie, ou baobab menacé par l’incendie, tente dressée dans le désert, anfractuosité propice à quelques centimètres, de laquelle passaient des ennemis bredouilles.

J’ai beaucoup voyagé au fond de mon lit. J’emportais pour survivre des sucres que j’allais voler dans la cuisine et que je cachais sous mon traversin (ça grattait…). La peur – la terreur, même – était toujours présente, malgré la protection des couvertures et de l’oreiller. »

G Perec, Espèces d’espaces, p. 34

Lipogramme en E

A plat sur un lit, mon dos vis-à-vis du plafond j’ai lu «  vingt ans plus tard« , « l’ilot inconnu« , puis « Jarry dans l’ilot« . Mon paddock soudain virait au cabanon du grand nord pour un futur marchand d’animaux morts, ou canot fait pour nos marins pour sortir un corps du flot au courroux furibard ,ou baobab craignant la mort par un chaud trop abusif ,installation d’un bivouac au Sahara, trou profond opportun, à un doigt d’un combattant battu passant par là.

J’ai vu du pays à foison au fond d’un lit. Pour avoir un corps fort mais aussi sain j’avais toujours sur moi du roudoudou issu d’un vol dans un tiroir du salon puis soustrait par moi sous mon patchwork (çà grattait…) Un trac – jusqu’au frisson parfois – imbibait mon corps nonobstant l’appui du polochon au fond du lit sous maint plaids.

JZ

Aplati sur mon lit, j’ai lu Vingt ans plus tard, L’îlot obscur, Jamy dans l’îlot.Mon plumard virait du gourbi d’un viandard au bombard dans un flot furibond,ou à un baobab soumis à combustion, à un tipi dans la pampa, à l’anfractuosité, abri opportun qui soustrait au poursuivant quinaud.

J’ai fait maints trails vagabonds dans mon lit. J’avais candis à foison, pris dans un cagibi, tapis sous mon polochon (ça grattait) . Toujours un tracassin – plus ou moins fort- nonobstant la dissimulation du drap du plaid ou d’un coussin.

DDor

Ecrit en mars 2020, enfilage de perles 3

enfilage de perles (jeu proposé par Sosso)

Deux personnes se rencontrent dans la rue, au bistrot, au coin du portail ….leur échange est une suite de banalités ou d’évidences.

 

Bonjour Jeanne, viens que je t’abrite. Avec ce qu’il tombe !

– La pluie ça mouille et on est bien trempé .

– Et attention aux pieds, c’est comme ça qu’on s’enrhume.

– Un rhume, c’est un rhume, mais en principe on n’en meut pas. C’est pas comme le pauvre Maurice, lui, il est bien mort…

– Il a cessé de vivre ? Pourtant hier, je l’ai croisé.
-Tant qu’il était vivant, il n’était pas mort : mais le fusil, ça pardonne pas. Il ne s’est pas loupé.

– Oui, quand on ne se loupe pas on meurt. Et quand on est mort, on est mort. Il suffit d’une fois. Ça serait à cause de son divorce.Il ne supportait pas l’absence de sa femme.

– Quand on divorce c’est pour se quitter, pour ne plus se voir.

– Et elle ne pouvait plus le voir Simone, depuis qu’il l’avait cognée.

– Les coups quand on conne, ça fait mal, c’est dur à encaisser.

– Té ! Tel qu’il est, il ne fera plus de mal à personne. Allez, au revoir. Attention à ne pas vous mouiller les pieds.

Ecrit en mars 2020, enfilage de perles 2

enfilage de perles (jeu proposé par Sosso)

Deux personnes se rencontrent dans la rue, au bistrot, au coin du portail ….leur échange est une suite de banalités ou d’évidences.

 

– Je pense aller en Bretagne la semaine prochaine, la côte de granit rose, le sentier des souaniers, il paraît que c’est beau.

– C’est sûr, y a pas à dire, la Bretagne, ça sera toujours la Bretagne. Espérons que vous aurez beau temps.

– Espérons, mais avec les chaleurs anormales ce printemps, on le paiera sans doute plus tard.

– Et la santé ?

– On fait aller tant qu’on peut, l’air breton nous fera du bien.

– C’est sûr, tant qu’on a la santé,il faut en profiter.
– Ne nous plaignons pas la bouche pleine. Y a pire ailleurs.

– Eh bien, profitez bien de votre séjour en Bretagne. Faites bien attention aux huîtres, si elles ne sont pas fraîches, on peut attraper la jaunisse.
– On fera attention, Robert ne les digère pas trop bien. Une petite douzaine, juste pour goûter. Faut être raisonnable.

-Eh bien, bonnes vacances alors !

S.R.

Ecrit en mars 2020, Enfilage de perles 1

enfilage de perles (jeu proposé par Sosso)

Deux personnes se rencontrent dans la rue, au bistrot, au coin du portail ….leur échange est une suite de banalités ou d’évidences.

Un jeudi matin.

Quel temps pourri ce matin !

Pas beaucoup de gens au marché, ni de marchands.

Ah ! vraiment c’est pas gai tout ça, entre ceux qui se ruent sur le gel et les

autres sur les pâtes, nous vivons une drôle d’époque.

Je ne trouve même pas de salade. Et que tout est bien cher.

Ah ! des salades, les autres là, ils nous en racontent des salades, ceux qui font de la politique, tous les mêmes. Ils s’en fichent bien de nous.

Peuh, Emile, sers nous donc encore un coup de blanc pour oublier un peu tout çà.

A la vôtre.

DDou

 

Ecrit en mars 2020, texte borné 3

Texte borné:

14 phrases étaient proposées: Chaque joueur en a tiré deux au sort : la première commence son texte, la seconde le termine

Avant d’entrer, assieds-toi sur cette malle.

Armel regarda longuement la jeune femme qui faisait face à l’océan, paysage gris et bleu que le breton affectionnait tant. Elle semblait perdue dans ses pensées contemplant l’horizon. Derrière eux, la vieille maison de granit montait la garde, elle qui avait accueilli tant de marins et d’amis de passage sur ce petit port. Ce jour-là, le chemin de Malika avait croisé celui d’Armel et en la voyant si perdue, si émouvante il avait songé, je veux te combler de cadeaux et « je parerai tes bras de bracelets ».

DDou

Ecrit en Mars 2020, texte borné 2

jeu1 : texte borné

Des phrases sont numérotées entre 1 et 14. Les joueurs en ont tiré deux au sort : la première sera la début de votre histoire, la seconde la fin

Je vais par les chemins où mon caprice me mène

Ou plutôt mon chien qui veut qu’on je promène.

Mes rêveries fugaces s’envolent avec le vent.

je chantonne en rythmant notre lent mouvement .

Je cherche les traces de la vie comme elle va,

Une fleur nouvelle ou l’empreinte d’un pas

Quand le profond silence se fait angoissant

Je vais vers la ville, avide, le pas pressant

Dans les rues grouillantes, j’aime me glisser,

Entendre les pas, les voix, les klaxons stressés,

Saisir les bribes éparses d’un dialogue tronqué.

Mais pourtant ma place n’est pas dans ce quinquet

Et j’aspire au moment où tranquille,

A pas feutrés, midi s’empare de la ville.

DDor

Ecrit en mars 2020 : Texte borné 1

jeu1 : texte borné

Des phrases sont numérotées entre 1 et 14. Les joueurs en ont tiré deux au sort : la première sera la début de votre histoire, la seconde la fin

J’aurais passé ma vie à faillir m ‘embarquer, et chaque essai s’est révélé calamiteux : achats foireux, histoire d’amour ratée, accidents répétés. Tout ne fut sue choix erronés, catastrophes annoncées et pourtant je suis encore là, seul avec mes béquilles et ma vue basse, enfermé dans un silence mortifère qui m’oppresse, perdu dans un labyrinthe où je l’enfonce, mon coude glissant sur les murs froids de cette prison infinie, cherchant une issue improbable. Mon rêve peut-être encore possible dans lequel je pourrai encore une fois m’embarquer.Ô que je m’ennuie entre ces murs nus

SR