Réécrire le texte de Georges Perec en vous interdisant l’utilisation d’une voyelle de votre choix :
« C’est couché à plat ventre sur mon lit que j’ai lu vingt ans après, L’île mystérieuse et Jerry dans l’île. Le lit devenait cabane de trappeur, ou canot de sauvetage sur l’Océan en furie, ou baobab menacé par l’incendie, tente dressée dans le désert, anfractuosité propice à quelques centimètres, de laquelle passaient des ennemis bredouilles.
J’ai beaucoup voyagé au fond de mon lit. J’emportais pour survivre des sucres que j’allais voler dans la cuisine et que je cachais sous mon traversin (ça grattait…). La peur – la terreur, même – était toujours présente, malgré la protection des couvertures et de l’oreiller. »
G Perec, Espèces d’espaces, p. 34
Lipogramme en E
A plat sur un lit, mon dos vis-à-vis du plafond j’ai lu « vingt ans plus tard« , « l’ilot inconnu« , puis « Jarry dans l’ilot« . Mon paddock soudain virait au cabanon du grand nord pour un futur marchand d’animaux morts, ou canot fait pour nos marins pour sortir un corps du flot au courroux furibard ,ou baobab craignant la mort par un chaud trop abusif ,installation d’un bivouac au Sahara, trou profond opportun, à un doigt d’un combattant battu passant par là.
J’ai vu du pays à foison au fond d’un lit. Pour avoir un corps fort mais aussi sain j’avais toujours sur moi du roudoudou issu d’un vol dans un tiroir du salon puis soustrait par moi sous mon patchwork (çà grattait…) Un trac – jusqu’au frisson parfois – imbibait mon corps nonobstant l’appui du polochon au fond du lit sous maint plaids.
JZ
Aplati sur mon lit, j’ai lu Vingt ans plus tard, L’îlot obscur, Jamy dans l’îlot.Mon plumard virait du gourbi d’un viandard au bombard dans un flot furibond,ou à un baobab soumis à combustion, à un tipi dans la pampa, à l’anfractuosité, abri opportun qui soustrait au poursuivant quinaud.
J’ai fait maints trails vagabonds dans mon lit. J’avais candis à foison, pris dans un cagibi, tapis sous mon polochon (ça grattait) . Toujours un tracassin – plus ou moins fort- nonobstant la dissimulation du drap du plaid ou d’un coussin.
DDor

