Jeu d’écriture par temps de confinement 34 – confinement blues – quelques haïkus en plus et un acrostiche

Haikus

 

le jasmin jaillit

à peine encore ponctué de blanc

chaleur d’été

 

 

un merle moqueur

plongeant dans le feuillage verni

terre vaine et remuée

 

 

vrilles de capucines

oiseaux bercés par le vent d’été

nid abandonné

 

Acrostiche

Comme il est doux de t’écouter

Oiseau chanteur sous ma fenêtre

N’es-tu pas ce beau roitelet

Fou d’amour pour sa roitelette ?

Il te faut de la patience

N’arrête pas de l’appeler

Elle te répondra si elle pense

Mener à bien sa destinée

En ce moment de solitude

Ne t’arrête pas de chanter

Tu me donnes ta plénitude.

Maman de S

Jeu d’écriture par temps de confinement – 34 – confinement blues

25 04 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement 34 confinement blues

Pour l’exprimer, je vous propose, au choix, trois formes poétiques :

l’acrostiche : Un acrostiche, est un poème,où, verticalement de haut en bas, la première lettre de chaque vert reproduit le mot à l’honneur

Le Haïku : Le haïku est un court poème, né au Japon à la fin du 17° siècle. En Occident, il s’écrit
principalement sur trois lignes selon le rythme court / long / court : 5 / 7 / 5 syllabes.

Le haïku comporte un kigo (mot de saison) qui le lie à la réalité. Un kireji (césure), parfois représentée par un tiret ou ~, marque un silence pendant la lecture, soulignant la tension entre une ligne et le reste du poème. Il présente deux idées (images) juxtaposées .

Si le haïku n’évoque pas une saison, c’est un muki. C’est un instantané, qui traduit une sensation tout en nécessitant une forme de détachent

limerick

petit poème burlesque d’origine britannique. Il est formé de 5 vers rimés aabba. Le cinquième est une  « pique » , il peut contenir un jeu de mot

… mais si vous en préférez une autre libre à vous


Acrostiches

C’était un temps que nul n’avait imaginé

On devait tous rester sagement confinés

Non que cela arrête la triste pandémie

Fallait seulement limiter, de cette maladie

Inconnue jusqu’alors, la prompte contagion

Noyant les hôpitaux débordés de malades

En réanimation, sans qu’on ait de parade

Mais tous, soignants, comme grands professeurs

Effarés, épuisés, mais actifs de tout cœur,

Ne cessant de manquer de moyens et de fonds

Torturés d’inquiétude, cherchaient des solutions…

SD

Ces journées s’étiraient sans que l’on voie la fin

On était à la fois isolés et contraints

Noués au quotidien sans échappées lointaines

Follement englués dans nos limites vaines,

Insoumis cependant, et nos âmes rebelles

Ne cessaient de chercher comme des hirondelles

Eblouies de voler par-delà nos maisons

Musique et création, quelque issue d’invention

Essayant chaque jour de trouver l’abandon,

Notes justes, celles qui donnent le frisson

Tant elles sont fécondes, de vie et d’émotion.

SD

Blues du confiné

Baisers envolés,

Liberté perdue,

Utopie ou mirage,

Espoir de

Solidarité.

DDou

Acrostiche

R êvées depuis un bon bout de temps déjà

E spérées plus que jamais

T otales parce qu’elles seront partagées

R éalisons pleinement ce qui nous arrive

O uvrons-nous au bonheur simple et

U nissons-nous dans cette attente interminable

V olons de nos propres ailes et

A llons droit devant, sans réfléchir

I maginons la joie que cela nous procurera

L ibérés de nos habitations et de nos solitudes

L âchés vers cette liberté retrouvée

E ssayons d’en faire bon usage désormais

S ouvenons-nous que la vie ne tient qu’à un fil croquons-la à pleine dents tous ensemble

LD

Haikus

Printemps 2020

L’écriture du haïku

Devient virale.

Coronavirus

Comme le haïku ça vient d’Asie

Comme par hasard…

Angoissant confinement

Qui oblige à voir les barreaux

De la cage.

Tout le malheur de l’homme

Vient de ce qu’il ne peut rester confiné

En repos dans une chambre

Sans masque.

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A ne pas manquer, quelques textes des contraintes précédentes

Quelques exercices des jours précédents

panier de légume

Pour les caissières,pas question de se fendre la poire  ou de ramener sa fraise,mêmes si elles travaillent pour des nèfles.Elles n’ont pas le temps de faire le poireau,au cas ou on leur piquerait le blé dans la caisse et même si elles ne gagnent pas un radis,ils faut qu’elles fassent les choux gras de l’enseigne qui les emploie et tout cela sans masque.

BH

voyage minimal

J’étais partie pas très loin,tout en haut de moi même,à l’intérieur de mes deux hémisphères.J’essayais de comprendre comment cet espace exigu avait développé mes différentes aptitudes.Voyons d’abord la dimension cartésienne,la rigueur:bof!Et l’aspect imaginatif,la musique,les couleurs:peut mieux faire.Le travail sur les mots?E n bonne voie?Je remerciais la souplesse de cette espace qui, quoique restreint me permettait sans cesse de m’améliorer,d’être relié au monde si je voulais,d’être humain,tout simplement

Les objets parlent

Je ne suis pas un objet mais un vêtement. Ce n’est peut-être pas le but de cet exercice mais j’avais envie de vous écrire.

Je suis un vêtement très en vogue à ce jour. On me voit tous les jours dans les médias. Je suis fabriquée dans le monde entier et pour toute la Terre. Je suis en papier. Je peux être de plusieurs couleurs (bleu, blanc, jaune, vert, …). Je m’adapte à toutes les tailles. Je vais aussi bien aux femmes qu’aux hommes. Je descends jusqu’au niveau des cuisses. Je m’attache avec un lien dans le cou et un autre au milieu du dos ; un peu comme le haut d’un maillot de bain.

Mais contrairement à celui-ci, je ne vois jamais le soleil, ni la mer ou la piscine. Personne ne prend plaisir à me porter. Quand on se débarrasse de moi, je suis arrachée du corps et déchirée. Je finis dans une poubelle qui est incinérée. Mes voisins subissent le même sort. Charlotte se met sur la tête mais s’enlève plus délicatement. Mask est plus près de la personne ; sur sa bouche. Il la voit sourire, au moins. Sa durée est plus longue ; 4 heures ou plus s’il n’est pas souillé. À la fin de notre mission on est tous brûlés. Pourtant, on protège plein de monde. Par contre Lunette protège les yeux, mais elle a droit à un traitement de faveur. Elle est lavée avec une solution désinfectante.

En général un nouveau vêtement se porte avec le sourire. Moi non ! On me prend sur une étagère avec beaucoup d’anxiété, et de peur, peut-être.  On m’enfile rapidement sans parler. Et on me jette après comme une malpropre ou plus encore, une pestiférée. Oui c’est ça, une pestiférée ! Et pourquoi si peu de reconnaissance ?

Mask a des copains en tissu, maintenant. Moi toujours pas. Mais je continuerai à vous protéger du Covid-19 et de tous les autres virus à venir.

Restez chez vous. Comme ça vous ne me verrez pas.

Une brancardière de l’hôpital de Dax

mme D.

Jeu d’écriture par temps de confinement 26 03 2020- 4- regard tordu sur la peinture

26-4-2020

Jeu par temps de confinement 4 – Regard tordu sur la peinture

C’est un jeu emprunté aux « Papous dans la tête »

Baignade à Asnières : Seurat

Regardez bien le tableau, il est plus étrange qu’il en a l’air. La peinture ici n’est qu’un déclencheur : vous inventez une histoire suggérée par la situation ou écrivez un texte en vers ou en prose à partir des impressions ressenties.

Peu importe la période où le tableau a été peint, ni les intentions supposées du peintre,pas de recherche savante, laissez vous aller…

Fumée en pointillé

Silhouettes ébauchées

Verdure cadenassée

Voiliers et canotiers

Glissent sur l’eau feutrée

près des baigneurs peu inspirés .

HGod.

Est-ce vraiment un moment apaisé? Personne ne regarde personne,les yeux rivés vers la rivière,si claire malgré la fumée de la cheminée,tout au loin.Le jeune homme au bord de l’eau,pensif,la tête baissée,la mine renfrognée,semble concentrer à lui seul tous les non-dits de cette petite communauté au repos.Mais le petit garçon au bob rouge qui siffle dans ses mains,les yeux levés vers l’autre rive anime ce tableau qui ressemblerait presque à un temps de confinement.

BH

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