Lu en Février 2022: La figure du père: Jakuta Alikavazovic, Comme un ciel entre nous

Comme un ciel en nous (2021), Jakuta Alikavazovic

Jakuta Alikavazovic s’est pliée comme de nombreux écrivains à la contrainte de passer une nuit dans un musée et d’en faire un livre.

Pour elle ce musée ne pouvait être que le Louvre qui est un lieu intime de son histoire et de sa relation avec son père. Elle vient y retrouver l’amour de son père, père dont elle s’est un moment, éloignée pour se construire apparemment à contre-pied et qui a disparu aujourd’hui.

Elle s’est installée dans la salle des cariatides et des statues antiques. Elle nous entraîne dans l’étrange mystère de la vie nocturne du musée quand on l’affronte solitaire, soudain tout petit sous le regard des statues. Elle s’accapare des lieux avec une joyeuse liberté fantaisiste et irrévérencieuse qui tient à la relation qu’elle y a nouée avec son père.

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Lu en février 2022, La figure du père :Olivia Benhamou, le premier homme de ma vie

Le premier homme de ma vie (2008), Olivia Benhamou

Olivia Benhamou est journaliste, elle collabore régulièrement à la rédaction de Psychologies magazine. Initialement formée à la philosophie, elle a repris récemment des études de psychologie et se destine à l’exercice de la psychanalyse. Elle est l’auteur du Livre de la tranquillité (Éditions n°1, 1998), de Au bonheur des philosophes (six tomes parus entre 2002 et 2003) et de Avorter aujourd’hui, trente ans après la loi Veil (Mille et Une Nuits, 2005).

Des femmes d’exception évoquent la figure paternelle. Autoportraits en creux ou en ombre chinoise : en brossant le portrait de leurs pères, elles dessinent aussi le leur. Olivia Benhamou s’est entretenue avec onze femmes célèbres ou de père célèbre, qui ont pour points communs leur forte personnalité, leur engagement, leur détermination. Avec ces rencontres, et notamment :

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Lu en février 2022:la figure du père: Amélie Nothomb, premier sang

Premier sang (2021),Amélie Nothomb

Même à son 32ème roman, Amélie Nothomb ne cesse de nous surprendre par sa plume. Primé par le prix Renaudot 2021, l’autrice nous parle ici de son intimité et plus particulièrement de la vie de son père, père à qui elle a dû dire adieu sans pourvoir aller à ses obsèques durant le confinement de 2020 suite à la pandémie de la Covid-19.

Le narrateur de l’histoire est son père. De son enfance stricte dans un milieu aristocratique à sa prise d’otage au Congo en tant que diplomate ; l’autrice nous révèle uniquement ce qui s’est passé avant sa naissance en s’effaçant du récit le plus naturellement possible.

Il s’agit ici donc pour elle de raconter à la première personne, la jeunesse de son père et le début de sa carrière de diplomate, marquée par une prise d’otages en 1964 à Stanleyville, dans l’ex-Congo belge.

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Lu en Février 2022: l’image du père: Marc Dugain, La volonté

La volonté (2021), Marc Dugain

Après avoir traité dans ces précédentes œuvres des sujets forts et historiques notamment avec La chambre des officiers (1998) mais aussi Avenue des géants (2012), La volonté semble être le livre le plus personnel de Marc Dugain.

L’auteur y relate l’adieu du narrateur à son père dans une chambre d’hôpital. C’est dans cette atmosphère que le personnage principal se remémore la vie palpitante et mouvementée du mourant. De son enfance en Bretagne où il vaincra la poliomyélite à son exil au Sénégal où il vivra avec sa femme et naîtra son fils Marc Dugain. Sur fond de faits historiques durant la seconde guerre mondiale mais aussi à l’ère coloniale, l’auteur nous dresse un portrait saisissant de l’homme exceptionnel que fut son père grâce à un lien fusionnel avec sa femme et à l’exigence qu’il a porté toute son existence envers lui-même. Une exigence intense et régulière s’inscrivant dans la volonté de prendre une revanche sur sa vie.

Ce récit est autobiographique mais s’insère aussi dans une œuvre de transmission plus particulièrement immatérielle. Cela nous amène à nous interroger sur ce qu’un père peut laisser à son fils ou plus généralement à ses enfants de son vivant mais aussi après sa mort.

Une œuvre sobre et pudique sur la volonté de transmettre un héritage filial et familial.