Lu en décembre 2022 , Cuisine et gourmandise : Dieu est-il gascon ? (2006), Christian Millau

Dieu est-il gascon ? (2006), Christian Millau

En parodiant l’aphorisme allemand « Heureux comme Dieu en France », le célèbre critique gastronomique n’aborde pas la quête de Dieu ici, mais de la bonne chère dans la célébration de la cuisine gasconne.

Il nous offre une déambulation dans une Gascogne élargie du Pays Basque jusqu’au Périgord, qu’il considère comme sa terre d’élection. D’un lieu à l’autre il nous mitonne une galerie de personnages truculents qu’il a côtoyés autour de repas fabuleux, il nous fait découvrir une cuisine à forte personnalité, ceux qui la font et ceux qui la dégustent. Le livre est ponctué de recettes racontées avec gourmandise et qui réveillent les souvenirs émus (sauce de cèpes, tourtière landaise, tastou aux truffes…).

C’est une approche sensuelle, affective assaisonnée de pointes de nostalgie d’un monde où la table est un lieu de partage primordial :

« La table, elle ne saurait mentir. Elle est la voie royale qui conduit aux éclats de rire, aux effusions, à l’amitié. Le lieu primordial où se préparent les petits bonheurs du lendemain et les plaisirs de l’année. »

On fait la cuisine pour nourrir et faire plaisir, c’est le fondement de l’hospitalité. Le cuisinier ou la cuisinière est tout entier jusque dans les préparations les plus humbles qui régalent les palais « Pourquoi est-ce si bon ? Parce que c’est plein de mystère. » La cuisine est aussi affaire de transmission.

Millau en profite pour rendre hommage aux « mères », cuisinières généreuses dont le rôle est essentiel auprès des fourneaux des plus modestes fermes auberges à l’ombre des plus grandes tables. Certains plats sont l’apanage exclusif des femmes, comme par exemple la tourtière à l’armagnac. C’est une ode à une cuisine faite à partir de produits de qualité et de saison, une cuisine authentique à opposer à une cuisine trop élaborée et artificielle vers laquelle a évolué la gastronomie.

Comme tout discours sur la cuisine celui-ci a un rôle fédérateur et ouvre la discussion sur des souvenirs personnels et sur une réflexion plus générale sur la place de la cuisine et du repas dans la société actuelle où les grandes tablées familiales ont tendance à disparaître, où la nourriture est moins envisagée comme source de plaisir que de se « soigner » d’un point de vue hygiéniste.

Sans être une œuvre de grande littérature, cet ouvrage bien écrit est agréable à lire et sources de réminiscences pour ceux qui y retrouvent leurs racines.

Dominique Dor, Dominique Dou et Alain

Lu en février 2022, La figure du père :Olivia Benhamou, le premier homme de ma vie

Le premier homme de ma vie (2008), Olivia Benhamou

Olivia Benhamou est journaliste, elle collabore régulièrement à la rédaction de Psychologies magazine. Initialement formée à la philosophie, elle a repris récemment des études de psychologie et se destine à l’exercice de la psychanalyse. Elle est l’auteur du Livre de la tranquillité (Éditions n°1, 1998), de Au bonheur des philosophes (six tomes parus entre 2002 et 2003) et de Avorter aujourd’hui, trente ans après la loi Veil (Mille et Une Nuits, 2005).

Des femmes d’exception évoquent la figure paternelle. Autoportraits en creux ou en ombre chinoise : en brossant le portrait de leurs pères, elles dessinent aussi le leur. Olivia Benhamou s’est entretenue avec onze femmes célèbres ou de père célèbre, qui ont pour points communs leur forte personnalité, leur engagement, leur détermination. Avec ces rencontres, et notamment :

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lu en novembre: coup de cœur : Alain POZO, Une Mémoire espagnole

Alain POZO, Une Mémoire espagnole (2013)

 Témoignage d’un petit fils sur ses grands-parents pris dans la tourmente de la guerre civile, de l’exil et du franquisme

La découverte d’une boîte de photos au fond de l’armoire de son père, à sa mort, lui permet de retrouver partiellement le fil de l’histoire familiale. Alain Pozo mène l’enquête, interroge les témoins survivants et s’appuie sur l’histoire pour y retrouver sa famille.

Dans les années 20 une famille andalouse bien installée dans le négoce des produits agricoles, mais le grand père prend le parti des ouvriers agricoles et aux élections municipales qui suivent la chute de Primo de Rivera, il est élu maire communiste de son village. Il s’enthousiasme pour le front populaire et en 36 rejoint la guerre civile est contraint à l’exil en 1939. Continuer la lecture de « lu en novembre: coup de cœur : Alain POZO, Une Mémoire espagnole »

Lu en février 2019: coups de cœur /Philippe Lançon, le lambeau

Philippe Lançon, Le Lambeau (2018)

Philippe Lançon (né en 1963) est journaliste du quotidien Libération et chroniqueur pour l’hebdomadaire Charlie Hebdo, dont les locaux ont fait l’objet de l’attaque terroriste du 7 janvier 2015. Il a lui-même été blessé lors de cet attentat, il raconte le drame qu’il a vécu dans son livre. Son visage a été détruit, mais il n’éprouve aucune amertume et parvient à dépasser la rancune. Continuer la lecture de « Lu en février 2019: coups de cœur /Philippe Lançon, le lambeau »

Lu en février 2019: coups de cœur / Corinne Hofmann, la massaï blanche

Corinne Hofmann, La Massaï blanche (1998)

Corinne Hofmann est née de mère française et de père allemand.

En 1986, ayant jeté son dévolu sur un grand guerrier massaï de la tribu nomade des Samburu vu sur un bateau, elle écume la brousse sur des milliers de kilomètres pour le retrouver, fait face aux tracasseries administratives, à la maladie, à la faim et aux conditions de vie plus que sommaires.
Elle s’entête malgré leur communication plus que limitée -tous deux baragouinent à peine l’anglais- et les chocs culturels permanents. Continuer la lecture de « Lu en février 2019: coups de cœur / Corinne Hofmann, la massaï blanche »

Lu en février 2019: coups de cœur / Claude Pinault, le syndrome du bocal

Claude Pinault, Le Syndrome du bocal (2009)

 Ce récit est un témoignage de Claude Pinault (né en 1951), directement inspiré de sa vie personnelle puisque le personnage principal, un ingénieur, est soudainement atteint du syndrome de Guillain-Barré. Cela lui arrive alors qu’il revient de vacances avec sa femme et ses deux enfants ; il a été piqué par une méduse durant le séjour. L’ingénieur consulte plusieurs médecins, tandis que sa santé se dégrade de jour en jour. Une descente aux enfers commence : ce sont ses bras puis ses jambes qui se retrouvent ankylosés. Continuer la lecture de « Lu en février 2019: coups de cœur / Claude Pinault, le syndrome du bocal »