Lu en décembre 2021, Manon Fargetton, A quoi rêvent les étoiles

A quoi rêvent les étoiles (2020), Manon Fargetton

Comme tous les titres-jeunesse de Manon Fargetton découverts par les lecteurs, ce roman construit comme un roman choral a été très apprécié. Il est construit comme une pièce de théâtre : acte 1, acte 2… entractes. L’écriture fluide et légère donne un texte facile à lire qui traite de sujets communs avec d’autres comme : la solitude, la différence, l’homosexualité, le deuil, les relations parents-enfants, les sentiments amoureux mais aussi la solidarité. Même les personnages en souffrance ont un potentiel de vie. La couverture avec son bleu lumineux en fait un objet attirant.

Nous découvrons cinq personnages très attachants, cinq solitudes que tout sépare. Il suffira pourtant d’un numéro inconnu s’affichant sur un téléphone pour que leurs existences s’entrelacent…

« Titouan ne sort plus de sa chambre, car le monde lui fait peur.
Alix, 17 ans et dont la mère a fui, rêve de théâtre. Elle veut jouer et quitter Saint-Malo.
Luce reste inconsolable depuis la mort de son mari, Lucien et a perdu l’envie.
Gabrielle tient trop à sa liberté pour s’attacher.
Armand, musicien et papa poule a construit sa vie entière autour de sa fille. »

L’histoire est fondée sur un principe : chaque humain est relié à n’importe quel autre, par seulement 6 liaisons maximum. Ici, nous partons donc avec 5 personnages (tous aussi touchants et différents les uns que les autres, par leurs âges, centres d’intérêt…). Tous sont pleins de mal-être et d’interrogations sur leur avenir. Des amitiés et des amours vont naître, des secrets vont se dévoiler. Ces personnes vont voir leurs vies s’entremêler.

Le théâtre est très présent dans ce roman et occupe également une place importante dans la vie de Manon Fargetton qui a été régisseuse lumière pendant plusieurs années.

« Hasard, destin, alignement de planètes… Appelez ça comme vous voulez, Moi, j’appelle ça magie. »

C’est une belle histoire optimiste, avec un côté « feel-good » qui fait du bien mais qui conduit aussi à s’interroger sur les attentes et besoins de chacun. Même les personnages qui pourraient paraître secondaires, comme le marchand de crêpes, Breizh Bob, « au service de vos papilles » ont un rôle important dans cette histoire, comme cela nous est révélé à la fin du livre.

« Le monde est petit.
Tout petit.
Il y a presque un siècle, un écrivain hongrois a imaginé dans l’une de ses nouvelles qu’une personne sur la planète peut être reliée à n’importe quelle autre par une chaîne de six relations individuelles. La « théorie des six degrés de séparation », il a appelé ça. Imaginez un instant, imaginez-vous, en train de tenir la main d’un proche ou même d’une vague connaissance qui elle-même tient la main d’un de ses amis que vous n’avez jamais croisés, et ainsi de suite jusqu’à former une chaîne de six personnes. On pourrait relier l’humanité entière, comme ça, à partir de vous. Quels que soient la famille ou le pays dans lesquels on est né, quel que soit le métier que l’on exerce, quels que soient nos rêves, nos peurs, nos fantasmes, que l’on passe notre vie sans bouger de notre village natal ou que l’on parcoure le monde, chacun d’entre nous peut être connecté à n’importe qui en six petites étapes, de personne à personne.
Alors bien sûr, cet écrivain hongrois – Frigyes Karinthy, si vous voulez tout savoir – n’avait pas les moyens techniques de prouver sa jolie théorie en 1929. Et puis je ne suis pas sûr que ça l’intéressait. C’était un poète, comme moi, et les poètes préfèrent souvent le labyrinthe mouvant des rêveries à l’exactitude des données. »

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