Derek MUNN, Le Cavalier (2018)
Le Cavalier est un récit en 64 tableaux dans lesquels Jean nous raconte sa vie au fil de son voyage sur le dos de sa jument, entre rêves et réalité. Ces textes poétiques sont une véritable ode à la nature. La description des bottes du cavalier, de leur cuir (grain, odeur…) puis de leur usure en fait presque un personnage.
« Ayant en partie écrit Le Cavalier lors d’une résidence d’écriture au Chalet Mauriac en 2014, Derek Munn décrivait ainsi son projet initial : « Une sensation d’abord, l’homme n’y est pas pour l’instant, ou est subsidiaire. C’est sa fatigue qui avance. Une sensation de cuir. Un cuir souple, épais, résistant. On voit son grain. Une paire de bottes. On a envie de les toucher, de les mettre. Mais il y a déjà des jambes. Qui marchent. Qui boitent. C’est un roman qui explore la vie du propriétaire de ces bottes. »
« Le cavalier Jean, chez Derek Munn, opère une prodigieuse synthèse d’ingrédients isolés ; héritier d’une ferme prospère mais harassante, dont son père lui enseigna sans tendresse tous les secrets et les labeurs, il joue aux échecs en amateur éclairé, déchiffrant dans le mystère des combinaisons, des ouvertures et des finales comme une possibilité d’échappée souveraine et tranquille. C’est pourtant en chaussant ses fameuses bottes et en enfourchant sa jument pour rejoindre Paris, dans ce premier quart du XIXe siècle, et y retrouver ses enfants trop vite grandis peut-être, que son destin se joue véritablement. »
Les soixante-quatre chapitres du Cavalier, cases d’un échiquier personnel construit par ses souvenirs d’enfance, ses regrets amoureux sublimés et tendresses enfouies, fourniront au lecteur de précieux indices permettant, peut-être, de déchiffrer le sens d’une vie. Ce texte inclassable est aussi un objet-livre curieux, au format et à la reliure inhabituels, qui interpelle le lecteur.
Il est également à souligner que l’auteur vit en France depuis 1988 et a écrit ce texte en français.

