lu en 2020, réécritures, Pierre Bayard, La vérité sur les 10 petits Nègres / A. Christie Les 10 petits Nègres

Pierre BAYARD,

La Vérité sur les dix petits nègres, 2019

Pierre Bayard est un professeur de littérature universitaire qui se plaît à revisiter les classiques de la littérature policière. Il propose de nouvelles solutions à des enquêtes « bâclées, inachevées ».

Pour commencer, l’auteur présente les personnages comme dans une pièce de théâtre et dresse un portrait rapide, mais sortis de l’ouvrage, ceux-ci prennent une existence autonome comme s’ils échappaient à leur premier auteur.

Le/la narrateur(trice) prétend être le/la vrai(e) coupable. Il/elle use volontairement de l’écriture inclusive pour mieux perdre le lecteur. Il/elle déconstruit savamment, littérairement le roman d’Agatha Christie selon un plan implacable : avertissement, structure, enquête, contre-enquête, aveuglement, désaveuglement. Continuer la lecture de « lu en 2020, réécritures, Pierre Bayard, La vérité sur les 10 petits Nègres / A. Christie Les 10 petits Nègres »

lu en janvier 2020, réécritures Bertrand Rothé, Lebrac, Trois mois ferme/ louis Pergaud, la guerre des boutons

Bertrand ROTHÉ,

Lebrac, trois mois de prison, 2009

 Bertrand Rothé nous livre ici Lebrac, trois mois de prison, une intrigue qui reprend l’ensemble des personnages de La Guerre des boutons de Pergaud, 100 ans après. Il s’agit d’un roman documentaire, qui s’appuie sur la façon dont notre société règle les problèmes de la jeunesse aujourd’hui. Pour cela, l’auteur a fait appel à des policiers, des juges, des éducateurs, des médecins, des psychologues, qui tous travaillent avec des mineurs. Il s’est servi de la façon dont ces corps de métier réagiraient aujourd’hui face aux « bêtises » commises par les personnages du livre de Pergaud. Continuer la lecture de « lu en janvier 2020, réécritures Bertrand Rothé, Lebrac, Trois mois ferme/ louis Pergaud, la guerre des boutons »

lu en janvier2020, réécritures, Clémentine Beauvais, songe à la Douceur / Pouchkine, Onéguine

Clémentine Beauvais,

Songe à la douceur, 2016

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans et lui 17. C’est l’été et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est charmant, elle romantique et inévitablement, elle tombe amoureuse de lui. Alors, elle lui écrit une lettre. Il la rejette sans doute pour de mauvaises raisons. Une histoire touchante avec une héroïne qui insuffle une bonne dose de féminisme.

Les déclarations d’amour se font par textos ou messages électroniques. Nous sommes dans une banlieue parisienne on ne peut plus contemporaine. Continuer la lecture de « lu en janvier2020, réécritures, Clémentine Beauvais, songe à la Douceur / Pouchkine, Onéguine »

lu en Janvier 2020 réécritures Kamel Daoud , Meursault contre enquête / A. Camus, l’étranger

Kamel Daoud,

Meursault contre-enquête, 2016

Kamel Daoud revisite le roman de Camus, le poursuit, dans un dialogue avec Meursault, Camus et le lecteur.

À Alger, peu après l’indépendance, Hamou, frère de « l’Arabe » tué par Meursault est obsédé par la volonté de réhabiliter son frère. Sa mère lui a insufflé la nécessité de la vengeance

Il veut clamer son nom « il ne l’a pas nommé, parce que sinon mon frère aurait posé un problème de conscience à l’assassin : on ne tue pas un homme facilement quand il a un prénom. » celui-ci Moussa Oult et Assasse.
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lu en octobre 2019, la voix des lecteurs, Mathé, prendre et perdre

Jean-François MATHÉ, Prendre et perdre (2018)

Le poète aborde, à travers des textes parfois hermétiques mais qui touchent néanmoins la sensibilité du lecteur, des thèmes existentiels, en particulier la mort et, par ricochet, la question fondamentale de ce qu’on fait de sa vie. L’auteur a un point de vue pessimiste qui semble révéler son impression d’être passé à côté de sa vie

Une partie des lecteurs a avoué sa difficulté à entrer dans cette œuvre poétique et à devoir la considérer dans le contexte du concours de « La Voix des lecteurs » à cause de son genre « différent » du reste de la sélection qui est romanesque.

lu en octobre 2019, la voix des lecteurs, Munn, Le cavalier

 Derek MUNN, Le Cavalier (2018)

Le Cavalier est un récit en 64 tableaux dans lesquels Jean nous raconte sa vie au fil de son voyage sur le dos de sa jument, entre rêves et réalité. Ces textes poétiques sont une véritable ode à la nature. La description des bottes du cavalier, de leur cuir (grain, odeur…) puis de leur usure en fait presque un personnage.

« Ayant en partie écrit Le Cavalier lors d’une résidence d’écriture au Chalet Mauriac en 2014, Derek Munn décrivait ainsi son projet initial : « Une sensation d’abord, l’homme n’y est pas pour l’instant, ou est subsidiaire. C’est sa fatigue qui avance. Une sensation de cuir. Un cuir souple, épais, résistant. On voit son grain. Une paire de bottes. On a envie de les toucher, de les mettre. Mais il y a déjà des jambes. Qui marchent. Qui boitent. C’est un roman qui explore la vie du propriétaire de ces bottes. » Continuer la lecture de « lu en octobre 2019, la voix des lecteurs, Munn, Le cavalier »

lu en octobre 2019, prix la voix des lecteurs, Balthassat, la tristesse des femmes en mousseline

Jean-Daniel BALTHASSAT, La Tristesse des femmes en mousseline (2018)

Jean-Daniel Balthassat est né en 1949, il a étudié l’histoire de l’art, du cinéma et de la photographie

Nous sommes en 1945, à Paris. Paul Valéry a retrouvé le carnet hérité dans sa jeunesse de Berthe Morisot, dont il contemple une aquarelle qu’il affectionne particulièrement puisqu’elle représente pour lui la beauté absolue. Il relit aussi les carnets laissés par l’artiste. Soudain, la sonnerie du téléphone l’arrache à ce moment de sérénité. C’est son amie Mathilde, en larmes, qui vient de découvrir l’horreur des camps de concentration. Continuer la lecture de « lu en octobre 2019, prix la voix des lecteurs, Balthassat, la tristesse des femmes en mousseline »

lu en octobre 2019, prix la voix des lecteurs, Galan, Chafouine

Alain GALAN, Chafouine (2018)

Alain Galan est né en 1954 à Brive, il est à la fois écrivain et journaliste.

Dans Chafouine, nous lisons le récit-journal d’un personnage nommé André Delhot. Ce dernier affirme avoir découvert une nouvelle espèce animale, bien qu’il ne soit pas scientifique. Cet animal est bien particulier puisqu’il s’agit d’un chat à tête de chouette !

Bizarre, vous direz-vous. Notre chercheur est moqué par le comité scientifique de la maison d’édition Naturae à laquelle il adresse ses écrits. Seule Agnes semble intriguée par cette histoire. Elle décide de faire appel à un des auteurs qu’elle a autrefois publié pour tenter de retrouver André Delhot, il s’agit du narrateur, dont on ignore le nom.

Comme le narrateur, nous nous retrouvons embarqués dans cette description de plus en plus minutieuse du chat à tête de chouette. André Delhot remet constamment en doute ses écrits, comme s’il avait rêvé de cet animal ou comme s’il l’avait inventé.

La force du récit réside dans le fait que, comme Agnès, on a envie d’y croire. Un amateur, comme nous, qui découvre une nouvelle espèce animale, cela interpelle ! D’autant plus qu’André Delhot reste introuvable, malgré les recherches du narrateur et d’Agnès. Un livre plutôt intrigant, qui a désarçonné certains de nos lecteurs mais qui possède une écriture captivante.

lu en octobre 2019, prix la voix des lecteurs, Herry, Scalp

Cyril HERRY, Scalp (2018)

Cyril Herry est né à Limoges en 1970 et vit dans la Creuse, en lisière d’une forêt, ce qui a sans doute inspiré son roman.

Scalp peut être considéré comme un huis-clos, se déroulant dans la forêt, durant quelques jours. Teresa annonce à son fils Hans de 9 ans que l’homme qui l’a élevé n’est pas son père. Ils partent donc sur les traces de Stan, son père biologique, parti avant la naissance de Hans. Ils se retrouvent dans la forêt, à chercher des traces de Stan, qui semble avoir disparu. Seule la yourte qu’il avait construite, la barque dont il se servait sans doute pour aller pêcher, restent dans ce décor qui semble abandonné. Continuer la lecture de « lu en octobre 2019, prix la voix des lecteurs, Herry, Scalp »

lu en octobre 2019: Pays du nord, Klimko, les toutes premières choses

Hubert KLIMKO, Les Toutes premières choses (2011)

Né en 1967 en Pologne, Hubert Klimko-Dobrzaniecki a étudié la théologie, la philosophie et la langue Islandaise. D’Amsterdam à Reykjavík (où il a travaillé neuf ans dans une maison de soins pour les personnes âgées) en passant par l’Angleterre, il a voyagé en gagnant sa vie comme il le pouvait, souvent de façon insolite : plumeur de dindes, ouvrier agricole, trafiquant de diamants et de caviar, vendeur d’œuvres d’art, mime… Il a publié deux volumes de poésie en Islandais et écrit régulièrement pour la presse littéraire polonaise. Les Toutes premières choses est son troisième livre traduit en français. Hubert Klimko vit aujourd’hui à Vienne avec sa femme. Continuer la lecture de « lu en octobre 2019: Pays du nord, Klimko, les toutes premières choses »