lu en novembre 2019, coup de cœur: Romain Gary, premiers romans

Romain GARY et ses premiers romans

 Le lecteur brosse une biographie rapide, biographie que l’auteur lui-même s’est plus à maintenir le flou, offrant plusieurs versions.

Il est né à Vilnius en 1914 et après diverses pérégrinations et le départ du père, il s’installe avec sa mère à Varsovie en 1926 avant une émigration pour la France en 1928. Mina veut pour son fils une éducation française. Elle le porte aux nues et vise pour lui à un avenir dans la diplomatie ou les arts.

Il est naturalisé en 1935 et entre trois ans plus tard dans une école militaire d’aviation, mais sa carrière d’officier semble avoir été freinée par sa naturalisation trop fraîche.

Dès 1940, il entre dans la Résistance auprès de De Gaulle, dans l’aviation. Il est un « compagnon de la libération ». Il est profondément marqué par la Shoah.

Sa mère est morte en 1941 mais il suit le chemin qu’elle lui a tracé. Après la guerre il entame une carrière diplomatique auprès de l’ambassadeur de Suisse qu’il suit à l’ONU, il sera consul à Los Angeles. Sa carrière littéraire l’emporte, sous plusieurs pseudonymes, il est romancier, scénariste, journaliste, essayiste. Il écrit directement en Français ou en anglais et se traduit lui-même. Il remporte deux fois le prix Goncourt sous son nom et sous celui d’Emile Ajar.

Refusant la vieillesse, il se suicide en 1980.

Le lecteur cite ensuite plusieurs romans publiés ensemble dans le premier tome de la Pléiade, tous d’une écriture remarquable, vive et pleine d’humour :

Éducation Européenne : premier roman publié par Romain Gary en1944. Il retrace la vie d’un maquis polonais ; de jeunes hommes prêts à tous les sacrifices imposés par l’horreur de la guerre dans l’espoir de la victoire contre Hitler. Leur force est dans leur fraternité et dans l’identification à des héros légendaires de la Pologne

Les Racines du ciel : ce roman écologiste avant l’heure lui a valu son premier prix Goncourt. On est en 1950 dans la savane africaine où Morel s’investit totalement dans la défense des éléphants victimes des blancs en quête d’ivoire et des chasseurs locaux en quête de nourriture. Cette bagarre sans merci s’inscrit dans un cadre historique plus large de la montée des mouvements de décolonisation et du jeu d’influence diplomatiques des Etats Unis et de l’URSS.

La Promesse de l’aube : le roman le plus connu de Romain Gary, une autobiographie romancée et avant tout un hommage à sa mère. C’est l’histoire d’un amour fou, envahissant, dérangeant.

Lady L. La riche aristocrate Lady L fête ses quatre-vingts ans en compagnie de son chevalier servant, sa famille et une bonne partie de la haute société britannique. Pourtant, peu après elle dévoile à ce chevalier servant un passé beaucoup moins politiquement correct qu’il ne pouvait l’imaginer, une jeunesse française anarchiste et de prostitution occasionnelle…

La Danse de Gengis Cohn : Avec un humour caustique, Romain Gary pousse les situations à l’extrême, sans doute une manière pour lui de pouvoir aborder le problème de la Shoah.

Gengis Cohn est un humoriste juif déporté à Auschwitz. Sa tentative d’évasion échoue et il est fusillé par un peloton d’exécution commandé par Schats. Dès lors il hante la mémoire de cet homme devenu commissaire de police jusqu’à lui faire perdre la raison. Ils forment un couple indissolublement lié par la honte et la culpabilité.

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