En séance chacun a proposé sur un ou plusieurs papiers un mot. Les mots désignant des choses ont été associés, au hasard par deux :
la calebasse et la carcasse
la tendresse et le lilas
le doudou et la libellule
la croquette et le karcher
le bonbon et le loup (masque ou animal)
Choisir un de ces couples pour une fable, s’achevant par une morale, comme toutes les fables
la tendresse et le lilas
La tendresse et le lilas
La tendresse dont on se passe
si bien dans un monde efficace
la tendresse a effacé toute trace
et s’est assoupie bien lasse
Par un matin de printemps précoce
le lilas ouvre ses grappes embusquées
un coup de vent mutin et véloce
emporte leur parfum musqué
Il s’infiltre dans tous les interstices
et sur la belle endormie glisse
l’enlace avec douceur et malice
met du baume sur chaque cicatrice
Ravigotée la tendresse vole
dans les bras du bouquet subtil
pour une folle farandole
d’un joyeux matin d’avril
Au passage leur couple caresse
un passant courbé de tristesse
une main d’enfant, une fesse
éveillant des éclairs d’allégresse
Lorsque rodera l’indifférence
l’âpre lame de la rigueur
des lilas l’enivrante fragrance
consolera notre cœur
et nous rappellera que la tendresse
est le sel substantiel de la vie
DDor

