jeu 1 : texte à amorce et à fin imposées
Vous commencez par une de ces trois phrases :.
– Les bois étaient tout recouverts de brumes basses (Patrice de la Tour du Pin)
– Comme les maisons étaient claires (Gilbert Lely)
– Si tu parles aux murs, fais attention, je te préviens, fais attention (Guy Luis Mano)
Et vous terminez par une de ces trois phrases :
– Et tous les rails mènent ailleurs ( Guy Luis Mano)
– Il faut voir les hommes de loin ,dit le sage( Pierre Morlhange)
– Tout cela se perdit comme un secret le jour (Aragon)
__________________________________________________________________________
Les bois étaient tout recouverts de brumes basses (Patrice de la Tour du Pin).
Les feuilles tapissaient le sol. C’était l’automne. Soudain, la clairière s’illumina. Les artistes s’avancèrent sur le seuil de la clairière. D’abord, les danseurs, puis les chanteurs. La scène s’anima.
L’orchestre déjà en place joua d’abord en sourdine puis se déchaîna. Au bout d’un temps incertain, la musique se tut et les lampions s’éteignirent.
Tout cela se perdit comme un secret le jour. (Aragon)
D.Dou
Les bois étaient recouverts de brumes basses ,il était difficile de suivre le chemin en évitant le bas-côté boueux ,il avait tellement plu! Pourtant ,il fallait qu’elle avance ,qu’elle arrive au prochain village ,qu’elle le retrouve pour lui dire SA vérité ,peut-être qu’il comprendrait ,qu’il lui pardonnerait ,qu’un avenir serait encore possible…Elle allongeait le pas ,évitant les cailloux ,les ornières… la lettre qui prouvait son innocence bien pliée au fond de sa poche ,elle était presque arrivée mais à travers la ouate grisâtre qui planait au dessus d’elle se devina subitement une petite lueur ,assez précise pour que ses jambes se mettent à trembler…
Elle se cacha derrière le tronc d’un arbre
Elle pressa la poche de son imperméable
Elle comprit qu’elle ne pourra être ni dédouanée ,ni réhabilitée
Tout cela se perdit comme un secret le jour.
B.H.
« Si tu parles aux murs, fais attention, je te préviens, fais attention« . Voilà ce qu’avait conseillé Guy, le père, à son fils Pierre.
Son fils n’avait pas bien compris la mise en garde, à l’époque il avait 10 ans, et il lui semblait impensable de s’adresser à un pan de pierre. Il pensait que son père devenait fou. Sa mère était morte la même année et cette phrase était survenue le jour de son enterrement. Pierre avait bien vu que les gens venus dire au revoir à sa mère s’adressaient à une boîte en bois. Est-ce que la mise en garde valait aussi pour les cercueils ? Il ne pensait pas, car sa mère était vraiment dans la boîte en bois, il l’avait vue de ses propres yeux. On pouvait bien s’adresser à la défunte une dernière fois.
Toute sa vie d’adolescent, puis d’adulte, Pierre n’a eu de cesse de fixer les murs dès qu’il en voyait un. En salle de classe, dans la rue, dans sa propre maison, au bureau, … Les murs étaient partout ! Il faisait en sorte de parler à ses interlocuteurs sans ne jamais regarder les murs. Du coup, il avait pris l’habitude de s’accrocher aux regards des personnes avec qui il discutait. Sans s’en rendre compte, il les fixait intensément, comme si sa vie en dépendait, et cela mettait les autres vraiment mal à l’aise. Ses collègues, les femmes qu’il abordait pour entamer une vie à deux, le boulanger, etc. Tout le monde l’a toujours fui et ne l’a plus jamais regardé dans les yeux. Pierre était bien seul… Il a un jour eu l’idée de consulter un sage, pour qu’il l’aide à identifier son problème d’interaction avec autrui. Ce que Pierre ignorait, c’est que ce dernier, malgré sa solide expérience de l’âme humaine, fuyait lui aussi le regard de Pierre. Il lui a donné un conseil, qu’il devrait appliquer tout le restant de sa vie. Pierre quoique bien étonné, décida de le suivre, ainsi que celui de son père Guy. Il ne regarda plus ni les murs ni les hommes…
« Il faut voir les hommes de loin, avait dit le sage ».
L.D.
Comme les maisons étaient claires et dispersées dans un paysage lunaire de fin du monde ! Adossées à la colline, elles semblaient attendre sous un soleil brûlant l’inconnu qui viendrait sortir les villageois de leur torpeur estivale.
Mais aujourd’hui, en ce début de matinée, un événement inattendu vint perturber la tranquilité du village endormi. Un bruit assourdissant déchira l’air, les maisons claires tremblèrent sur leur fondation. Elles résistèrent à la secousse et les villageois sortirent dans la rue, inquiets et apeurés. Ils se tenaient près de l’église, muets de stupeur et virent tout à coup le ciel leur tomber sur la tête. Une tornade emporta tout sur son passage. Les survivants comprirent qu’ils n’échapperaient pas à la malédiction divine et tout cela se perdit comme un secret un jour.
D.L.
Comme les maisons étaient claires,mais délabrées, vides, ils décidèrent de les retaper avec quelques outils qu’ils avaient pu emmener avec eux, ils les repeignirent aux couleurs du pays quitté, ils les meublèrent de bric et de broc. Ils vécurent tant bien que mal quelques décennies. Leurs enfants les agrandirent, les repeignirent aux couleurs du nouveau pays… et puis, et puis,… Il fallut repartir sous d’autres contées plus paisibles, l’exil est une route sans fin, la route, le train, les gares inconnues, les rails vers l’ailleurs, tous les rails mènent ailleurs.
S.R
Comme les maisons étaient claires malgré la nuit ! Petites, trapues, elles se dessinaient nettement de part et d’autre de la route et semblaient l’inviter à un asile douillet auxquels aspiraient ses pieds meurtris et son immense fatigue. Pas question de répondre . « Si tu parles aux murs, fais attention,, je te préviens, fais attention » professait sa grand-mère vénérée. C’est pourquoi il avait décidé d’aller par les chemins et de ne jamais se fixer , toujours en quête d’une nouvelle aventure : tous les chemins, tous les rails mènent ailleurs.
D.Dor

