Lu pendant l’été 2020- poésie – Ponge

Francis PONGE (1899-1988)

Plus contemporain, ce poète a des liens avec le surréalisme, même s’il n’a jamais adhéré au mouvement

Son ouvrage le plus connu Le Parti pris des choses est un recueil de poèmes en prose écrit en 1942. Ponge décrit des « choses », des éléments du quotidien, délibérément choisis pour leur apparente banalité. L’objectif de ce recueil est de rendre compte des objets par une description la plus précise possible tout en exaltant de la beauté leur beauté par la richesse des images

La bougie

La pluie parfois ravive une plante singulière dont la lueur décompose les chambres meublées en massifs d’ombre. Sa feuille d’or tient impassible au creux d’une colonnette d’albâtre par un pédoncule très noir. Les papillons miteux l’assaillent de préférence à la lune trop haute, qui vaporise les bois. Mais brûlés aussitôt ou vannés dans la bagarre, tous frémissent aux bords d’une frénésie voisine de la stupeur. Cependant la bougie, par le vacillement des clartés sur le livre au brusque dégagement des fumées originales encourage le lecteur, – puis s’incline sur son assiette et se noie dans son aliment.

Lu pendant l’été 2020 – poésie – Nerval

Gérard DE NERVAL (1808-1855)

Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval, est un poète français romantique du XIXe siècle.

Sa mère est morte en Allemagne deux ans après sa naissance et il a vécu ses premières années chez son oncle Antoine Boucher à Mortefontaine.

Il a fait ses études à Paris où il s’est lié d’amitié avec Théophile Gautier. Ses premiers textes littéraires sont des élégies inspirées par l’épopée napoléonienne (Napoléon et la France guerrière, élégies nationales, 1827).
En 1828, imprégné de culture germanique, il révèle à ses contemporains Goethe dont il traduit le Faust. À la même époque, il se fait journaliste, se lie avec les principaux écrivains romantiques du Cénacle (Hugo, Nodier, Petrus Borel, etc.) et se mêle à la bohème littéraire de l’époque qui donne bals, soupers, fêtes costumées, Petits châteaux de Bohème.

À la suite d’une manifestation du Petit Cénacle, il est arrêté et emprisonné à Sainte-Pélagie, Nerval écrit un petit poème aussitôt publié dans Le Cabinet de lecture du 4 septembre 1831. De nouveau dans la nuit du 2 février 1832, les Jeunes-France sont arrêtés, pris pour des conspirateurs, et cette fois leur peine est plus longue.

Lorsqu’il est sorti de prison le 2 avril 1832, son père médecin lui a demandé de le seconder lors d’une épidémie de choléra ainsi est-il devenu médecin.

En 1834, il s’éprit passionnément mais sans succès de l’actrice et chanteuse Jenny Colon. Désespéré par son mariage avec une autre, il est entré dans un état d’exaltation qui lui valut d’être soigné pour troubles mentaux pendant 6 mois dans une maison de santé, la clinique du docteur Blanche en 1814.

Ses œuvres les plus célèbres (« Aurélia », « Les Filles du feu ») naissent à cette époque, dans un état de détresse mentale toujours accentuée. Il est retrouvé pendu le 26 janvier 1855, rue Vieille-Lanterne à Paris.

Voici la première strophe d’un de ses poèmes les plus connus : « El Desdichado »

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,

Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :

Ma seule Etoile est morte, – et mon luth constellé

Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Lu pendant l’été 2020 – Poésie- Aragon

Louis ARAGON (1897-1982)

Le Roman inachevé (1956)

D e nombreux textes d’Aragon connus par leur mise en musique par Férré ou Ferrat notamment sont issus du Roman Inachevé, l’autobiographie en vers d’Aragon.

Il se retourne sur son passé, souvent avec douleur et amertume, comme dans cette évocation de sa jeunesse :

Ce qu’il m’a fallu de temps pour comprendre…

Parce que c’est très beau la jeunesse sans doute

Et qu’on en porte en soi tout d’abord le regret

Mais le faix de l’erreur et la descente aux soutes

C’est aussi la jeunesse à l’étoile des routes

Et son lourd héritage et son noir lazaret

Les textes sont limpides. L’écrivain va à l’essentiel avec des mots précis, des images puissantes qui frappent le lecteur

Ainsi ses quelques vers évoquant l’Italie :

Il régnait un clair d’anémone
Qui donnait la pâleur du plomb
A ces vieux palais noirs ou blonds
Dont les courbes de violon
Disaient qu’on était à Crémone
Continuer la lecture de « Lu pendant l’été 2020 – Poésie- Aragon »

Lu pendant l’été 2020- Poésie – Apollinaire

Guillaume APOLLINAIRE (1880-1918)

Guillaume Apollinaire est né à Rome en 1880. Il est l’enfant non désiré d’une mère Polonaise prénommée Angelika Kostrowicka, maîtresse d’un noble. À sa naissance, celle-ci a voulu rester anonyme, elle ne le reconnaît que quelques mois plus tard sous le nom de Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandroi Apollinare de Kostrowitzky. Son père serait un officier italien, Francesco Flugi d’Aspermont. En 1882, elle lui donne un demi-frère, Alberto Eugenio Giovanni. En 1887 elle s’installe à Monaco avec ses fils sous le nom d’Olga de Kostrowitzky. Très vite elle y est arrêtée et fichée par la police comme femme galante, gagnant probablement sa vie comme entraîneuse dans le nouveau casino. Guillaume, placé en pension au collège Saint Charles, dirigé par les frères Maristes, y fait ses études de 1887 à 1895, et se révèle l’un des meilleurs élèves. Puis il est inscrit au lycée Stanislas de Cannes et ensuite au lycée Masséna de Nice où il échoue à son premier baccalauréat et ne se représente pas.

Il est considéré comme l’un des poètes français les plus importants du XX siècle, et a fait l’objet de plusieurs adaptations en chansons au cours du siècle. Il a un temps expérimenté la pratique du calligramme (terme de son invention, quoiqu’il ne soit pas l’inventeur du genre lui-même, désignant des poèmes écrits en forme de dessins et non de forme classique en vers et strophes). Il fut le chantre de nombreuses avant-gardes artistiques de son temps, notamment du cubisme et de l’orphisme, à la gestation desquels il participa en tant que poète et théoricien de l’Esprit. Il a été l’ami de nombreux artistes comme Pablo Picasso. Continuer la lecture de « Lu pendant l’été 2020- Poésie – Apollinaire »

Lu pendant l’été 2020- Poésie- Rimbaud

Arthur RIMBAUD (1854-1891)

Jean Nicolas Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville-Mézières dans les Ardennes. Arthur est le deuxième enfant de la famille qui en compte cinq. Son père, capitaine d’infanterie, est souvent absent jusqu’au moment où il abandonne femme et enfants. Sa mère les élève seule, suivant des principes stricts. Le jeune Arthur est un élève brillant, il remporte des prix de littérature dès son adolescence en écrivant des poèmes en latin. Grâce à sa plume talentueuse, il remporte divers prix dont le premier prix du Concours académique en 1869. Jeune homme ambitieux et révolté contre l’ordre des choses, il voit la poésie comme un moyen de les faire évoluer. 

C’est en 1870 qu’est publié son premier poème « Les Etrennes des orphelins ». Un nouveau professeur, Georges Izambard, vient enseigner dans le lycée d’Arthur. Grand amateur de poésie, l’enseignant l’initie à cet art. Rimbaud découvre notamment la poésie parnassienne et brille par son style et sa maturité. En août, la France entre en guerre contre la Prusse. Arthur, alors âgé de 16 ans, fait sa première fugue à Paris. Il écrit le célèbre poème « Le Dormeur du Val« . 

Paul Verlaine, à qui Rimbaud a envoyé ses écrits, est touché par les vers du jeune homme et l’invite à Paris : « Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend ». Rimbaud s’y rend aussitôt, emportant avec lui son poème « Le bateau ivre« . S’ensuivent deux années d’errance et de vagabondage. Ils vivent à Paris chez Verlaine (lui-même étant marié et vivant en ménage) et mènent une vie de bohème en fréquentant les bars du quartier Latin. Puis, les deux amants passent par Bruxelles et Londres. Leur liaison s’achève violemment. Le 8 juillet 1873, Verlaine et Rimbaud se disputent et décident de se séparer. Verlaine, en état d’ébriété, tire sur Rimbaud et le blesse. Verlaine sera condamné par la justice belge à deux ans de prison. Peu après, Rimbaud achève et publie « Une saison en enfer« , dans laquelle il témoigne de sa souffrance. Sa blessure sera la cause de sa mort. Celui que Verlaine avait surnommé « l’homme aux semelles de vent » poursuivit seul ses voyages. Il écrit le recueil « Illuminations » qui comprend 57 poèmes, parus en 1886 dans lesquels l’éblouissement des images atteint son paroxysme mais où il faut accepter l’obscurcissement de la compréhension. Aurait-il pu continuer une œuvre.

À 19 ans, Rimbaud choisit d’abandonner la poésie. Rimbaud enchaîne les destinations : Hollande, Suisse, Allemagne, Italie, Chypre… En 1880, il devient gérant d’un comptoir commercial en Abyssinie. En 1886-87, il se lance dans le trafic d’armes dans l’espoir de devenir riche. L’affaire se révèlera un désastre. En 1891, il souffre de douleurs au genou et se fait rapatrier en France. A Marseille, les médecins découvrent une tumeur au genou. Rimbaud doit immédiatement se faire amputer de la jambe droite. La maladie progresse et Rimbaud meurt le 10 novembre 1891 à Marseille à l’âge de 37 ans. Il est enterré au cimetière de Charleville-Mézières Continuer la lecture de « Lu pendant l’été 2020- Poésie- Rimbaud »

Ecrit en septembre 2020 si on me demandait, je répondrais…6

– Soit vous proposez une réponse à une des questions existentielles du professeur Froeppel puisées dans le texte de Tardieu et « les œuvres posthumes du professeur Froeppel » (1978, Gallimard)

soit vous posez un autre problème existentiel sur ce modèle et lui apportez une réponse


S.M.

Être ou ne pas être telle est la question

Être ou ne pas être telle est la question dirait Hamlet mais à mon avis être ou ne pas être, là n’est pas la question et un jour viendra où nous aurons l’intime conviction qu’être ou ne pas être n’est qu’une simple illusion et qu’il n’existe aucune réponse.

Dès notre naissance nous sommes tous différents selon le lieu, le milieu où nous évoluerons alors la question ne peut se poser universellement. Vivre n’est pas de notre fait : on peut naître animal et le choix d’être est immuable et on ne nous laisse pas la possibilité de ne pas être .Mais on peut naître humain et là est la question car le destin va s’écrire en fonction de notre environnement et se forger dans un monde sociétal aux nombreux dictats. Cette injustice à la naissance nous prive d’entrée d’une liberté vraie et là est véritablement la question ! Sommes-nous nés où il fallait ? vivrons nous dans l’opulence ou la souffrance ?Que l’on soit analphabète ou érudit, « puissant ou misérable » africain ,chinois, ou français, c’est la dimension de notre liberté qui va intervenir dans notre choix : il y a des siècles que l’on se pose la même question et bien d’autres siècles s’écouleront encore sans pouvoir en donner la réponse

A Lire pour Novembre 2020 : thème la vie au travail

Pour le mois de Novembre, nous avons d’ores et déjà mis les livres en circulation, ce sera le thème de « La Vie au travail » :

  • À la ligne de Joseph Ponthus (1 exemplaire actuellement emprunté)
  • Les Enchaînés, un an avec des travailleurs précaires et sous-payés de Thomas Morel (1 exemplaire disponible dès demain 24/09)
  • Le Bateau-usine de Kobayashi Takiji (1 exemplaire disponible dès demain 24/09 ; 1 autre demandé à la Bibliothèque départementale)
  • Putain d’usine de Jean-Pierre Levaray (1 exemplaire disponible dès demain 24/09 ; 1 autre demandé à la Bibliothèque départementale)
  • Des nuages plein la tête de Brice Delsouiller (1 exemplaire disponible dès demain 24/09 ; 1 autre demandé à la Bibliothèque départementale)
  • L’Escarbille de Michel Chabot (1 exemplaire actuellement emprunté)
  • Journal d’un manœuvre de Thierry Metz (1 exemplaire actuellement emprunté ; 1 autre demandé à la Bibliothèque départementale)

 

A LIRE POUR 20 OCTOBRE 2020

Nous finirons de discuter des lectures de l’été.
Le thème de L’Amour et du mariage au Théâtre sera abordé lors de cette soirée, vous avez donc encore du temps pour lire les livres :

 

Ecrit en septembre 2020 dans leur tête 4

Et si vous étiez dans la tête d’un de ces personnages de Sempé, que nous raconteriez vous ?

S.R.

Ah, l’Opéra! l’Opéra! l’opéra !

S.M.

Me voilà sur le pont, prête à passer de l’enfance à l’adolescence…Je vole je m’envole …je suis libre comme l’air au dessus des lois de la vie qui ont accompagné ma jeunesse, jeunesse insouciante, naturellement osée mais souvent ingénue !jeunesse innocente et naïve dans un monde virtuel sans contrainte et sans tabou, sans peur de l’autre, ignorant tout de la réalité!

Mais après avoir passé le pont, voilà que cette candeur enfantine s’estompe dans un flou artistique

je suis encore moi, mais comme une pâte à modeler je vais devoir m’adapter et tout doucement être manipulée pour être stéréotypée dans un monde parsemé de fleurs certes qui représentent les instants de bonheur mais un monde de violence et d’intolérance.

Je voudrais que ce tableau se fige pour profiter du bien-être que procure cette courte durée du passage de l’enfance à l’adolescence mais hélas, mes rêves de jeunesse disparaîtront à jamais quand j’aurais franchi ce pont.