lu en janvier 2020, réécritures Bertrand Rothé, Lebrac, Trois mois ferme/ louis Pergaud, la guerre des boutons

Bertrand ROTHÉ,

Lebrac, trois mois de prison, 2009

 Bertrand Rothé nous livre ici Lebrac, trois mois de prison, une intrigue qui reprend l’ensemble des personnages de La Guerre des boutons de Pergaud, 100 ans après. Il s’agit d’un roman documentaire, qui s’appuie sur la façon dont notre société règle les problèmes de la jeunesse aujourd’hui. Pour cela, l’auteur a fait appel à des policiers, des juges, des éducateurs, des médecins, des psychologues, qui tous travaillent avec des mineurs. Il s’est servi de la façon dont ces corps de métier réagiraient aujourd’hui face aux « bêtises » commises par les personnages du livre de Pergaud.

Dans les deux livres, deux clans d’écoliers issus de deux villages rivaux s’affrontent, ceux de Longeverne et ceux de Velrans. Nous notons de légères différences dans la réécriture. Les enfants ne sont pas à l’école primaire mais sont adolescents ; l’intrigue ne situe non pas dans le département du Doubs mais en périphérie parisienne. L’histoire quant à elle est la même : un premier clan (celui de Lebrac, Camus et les frères Gibus) voue une guerre sans merci au deuxième clan, la troupe de l’Aztec des Gués. Coups de bâtons, de cailloux et surtout de coups de pieds et de poings, les deux bandes ne peuvent se supporter ! Mais le roman de Bertrand Rothé est davantage lié au poids de la justice.

Une mère porte plainte, la prison pour mineurs est évoquée, nous sommes face au parcours judiciaire interminable d’un préjudiciable. Les mineurs délinquants d’aujourd’hui sont immédiatement punis, voire mis à l’écart et enfermés, car ils représentent un danger en pleine période de chômage et de précarité.

Le roman de Louis Pergaud est quant à lui davantage orienté vers l’insouciance de la jeunesse, la légèreté, la tolérance.

Ce roman documentaire de Rothé dresse le constat selon lequel la société du début du XXe siècle était beaucoup plus permissive que celle d’aujourd’hui, où la sanction est immédiate.

Louis Pergaud,

La Guerre des boutons, 1912

Les enfants de deux villages voisins se font la guerre depuis plusieurs générations : ceux de de Longeverne, ceux de Velrans. Face à Lebrac, dit le grand Braque, et ses fidèles lieutenants se dressent l’Aztec des Gués et ses troupes. Le jour où une insulte jusque-là inconnue est lancée par ceux de Longeverne, une guerre aussi terrible qu’inattendue est déclarée : l’impitoyable guerre des boutons. Louis Pergaud, évoque avec légèreté la camaraderie et ces jeux, aussi cruels qu’ils soient.

Lorsqu’ils arrivent au paroxysme de l’affrontement, les parents des deux villages réagissent par une sévère correction générale et chacun est quitte.

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