Lectures de l’été, Théâtre, Amour et Mariage, Beaumarchais, le mariage de Figaro

Beaumarchais (1732-1799), Le Mariage de Figaro (178)

Deuxième pièce d’une trilogie composée en outre du Barbier de Séville et de La mère coupable, il s’agit de la meilleure selon un lecteur.

Écrite en 1778, elle ne sera jouée à la Comédie Française qu’en 1784, après plusieurs années de censure.

L’argument premier est le mariage de Figaro et de Suzanne, favorisé par le comte d’Almaviva leur maître. Mais au cours d’une « folle journée » (premier titre envisagé par Beaumarchais), il est entravé par une succession d’obstacles : la volonté de Marcelline de faire valoir ses droits à épouser Figaro, et surtout les véritables motivations du comte qui se détourne de son épouse et tente de séduire Suzanne ou d’acheter ses faveurs ; c’est à ce prix qu’il autorisera son mariage. Au milieu de tout cela, Chérubin, page au seuil de l’adolescence, amoureux de toutes les femmes, vient ajouter le trouble.

C’est un jeu de dupes, une succession étourdissante de rebondissements où les protagonistes plus madrés les uns que les autres vont tomber dans des pièges d’où triompheront les femmes alliées entre elles.

Beaumarchais fait le portrait d’une société libertine où le libéralisme montre ses limites.

Figaro, valet de comédie, incarne le goût de la liberté, l’esprit frondeur, et dénonce hypocrisies et abus de pouvoir.

Le comte qui avait renoncé au « droit de cuissage » lors de son mariage en l’honneur de son épouse, non seulement la néglige mais s’apprête à rétablir ce droit pour abuser de Suzanne. Il reste maître tout puissant des gens qui le servent. Il est irrité du libertinage impétueux du jeune Chérubin au point de l’éloigner de sa maison. Le pouvoir et les droits restent basés sur la naissance.

Il dénonce la situation des femmes qui, lorsqu’elles ne sont pas abusées et abandonnées, ne s’épanouissent pas davantage dans le mariage où l’époux se détourne d’elles en restant jaloux. La plus virulente est Marceline :

« Hommes plus qu’ingrats, qui flétrissez par le mépris les jouets de vos passions, vos victimes ! C’est vous qu’il faut punir des erreurs de notre jeunesse » […] « Dans les rangs même les plus élevés, les femmes n’obtiennent de vous qu’une considération dérisoire ; leurrées de leur respect apparent dans une servitude réelle ; traitées en mineures pour nos biens, punies en majeures pour nos fautes. »

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