René de Obaldia (né en 1918), Les Bons bourgeois (1980)

René de Obaldia a choisi d’ouvrir sa pièce à la manière de Molière dans les Femmes savantes, une manière de lui rendre hommage et d’exprimer son admiration.
Sa pièce, en deux actes, se déroule pendant les émeutes de Mai 1968. Tandis que la colère gronde dehors, la famille bourgeoise des Basson d’Argueil, bien installée dans son appartement luxueux du XVIe à Paris, s’apprête à marier leur plus jeune fille à un fils de bonne famille, énarque qui plus est.
Les parents, ce sont Benoît et Dorothée. Leurs filles Philomène et Chantal. Cette dernière est amoureuse d’Alexandre, un écologiste, mais ses parents préfèrent la voir en ménage avec Narcisse, un énarque un peu arriviste. Chantal n’a donc aucun soutien, entre des parents qui dédaignent son amoureux et sa sœur qui vient de rejoindre le Mouvement de libération de la femme et qui exècre les hommes.
Obaldia signe ici une pièce résolument moderne, mélangeant les styles et les époques : en effet la forme en alexandrins mêlée à des propos modernes et le langage argotique plein de verve sortent de l’ordinaire. Il s’agit d’une grande comédie satirique qui vise à dénoncer le pédantisme et les excès d’une société pseudo-intellectuelle.

