Lectures de l’été, Théâtre, amour et mariage, Marivaux, les jeux de l’amour et du hasard

Marivaux (1688-1763), Le Jeu de l’amour et du hasard (1730)

La comédie en 3 actes Le Jeu de l’amour et du hasard a été représentée pour la première fois le 23 janvier 1730 par les comédiens italiens à l’hôtel de Bourgogne à Paris.

Monsieur Orgon souhaite que sa fille Silvia épouse le fils de l’un de ses vieux amis. Silvia, un peu craintive à l’idée de se marier avec quelqu’un qu’elle n’a jamais vu, demande l’autorisation à son père de rencontrer Mario sans qu’il ne connaisse sa propre identité, faveur qu’il lui accorde.

S’ensuit alors un jeu de masques : Silvia va se déguiser en Lisette, sa femme de chambre, et vice-versa. Toutes deux sont alors contraintes également de modifier leur langage : plus soutenu pour Lisette, plus argotique pour Silvia. Mais le plus comique est que la même idée vient du côté de Dorante, le futur époux, qui échange lui aussi son identité avec son valet Arlequin !

L’aventure tourne au cauchemar lorsque Silvia se rend compte qu’elle est attirée par un valet : son attitude et son langage, qu’il cherche lui aussi à déguiser, transparaît tout de même. S’ensuivent alors une série de quiproquos, tant du côté des faux maîtres que des faux servants !

Marivaux démontre dans Le Jeu de l’amour et du hasard la sincérité des cœurs, grâce à un jeu ingénieux de travestissements. La pièce est également novatrice dans la mesure où Monsieur Orgon le père ne cherche pas à marier sa fille contre son gré comme c’est le cas dans les comédies classiques. L’inversion des rapports maitres-valets est également surprenante.

Le terme de « marivaudage » a beaucoup été repris depuis la pièce de Marivaux et désigne les propos galants précieux et raffinés qu’échangent les personnages lorsqu’ils tentent de se séduire. Actuellement, il est aussi utilisé pour désigner un badinage spirituel mais aussi superficiel.

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