Un jeu par jour en période de confinement : je ne pense qu’à CHA – livraison 2

Il était une fois un château

Dans lequel s’étalaient mes oripeaux

Seul sur le porte manteau

Se dressait bien fier mon chapeau

Je le posai sur ma tête 

Et empoignai le chalumeau 

Mon cœur battait la chamade

Mais il fallait à tout prix que je m’évade

Je sautai donc dans ma méhari 

Qui démarra dans un sacré charivari.

H et D T

Se pavanant sur sa charrette

En compagnie de sa promise Françoise qui suçait des arêtes

De cachalot

Ce salaud

De pacha

Émit un crachat

Lequel déclencha

Un mouvement social qui vira vite au charivari

Alors Françoise se dépêcha

De rompre les fiançailles et d’évacuer la charrette immobilisée par ce qu’on pourrait appeler une  avarie

Moralité: Avarie et Françoise sont les mamelles du destin!

FV

Un jeu par jour en période de confinement : je ne pense qu’à CHA – livraison1

Je mets à la suite tous les textes que j’ai reçus pour l’instant. S’il m’en arrive d’autres je ferai d’autres livraisons

A la dérive, le radeau

Dans la brume soudain le château

Plus de chagrin

Magie du câlin

Chat-botté

Aux bottes non rabotées

Surgit d’un champs de citrouilles

Chatouilles

Sourire

Que de charme

Sans effet de trame.

M Pou Continuer la lecture de « Un jeu par jour en période de confinement : je ne pense qu’à CHA – livraison1 »

Ecrit pour Avril 2020 : texte perdu1

texte perdu

 Il ne subsiste que quelques bribes d’un texte, ici en rouge, à vous de le reconstituer.

 

Spleen !!!

Boire un verre de vodka me donne du vague à l’âme

Tout comme la Volga qui berce le batelier

Attendre le clair de lune comme nombre de femmes

Fuir les espaces verts ! la flamme du chandelier

Vacille sur mon corps comme une lueur ronde

C’est le chant de la nuit … je deviens hétaïre

Il stimule mes sens, je deviens fille de l’ombre

Qui les yeux immobiles et les mains repliées

Fixe les volutes d’alcool qui dansent et se mirent

Dans ma coupe encore pleine pour mieux s’y refléter,

La voix de la raison me réveille soudain

Mes cheveux embués se redressent enfin

Pourquoi mon verre est vide ? Je ferai mieux d’en rire !

S.M

Ecrit en mars 2020, lipogramme 3, en U

Lipogramme

Réécrire le texte de Georges Perec en vous interdisant l’utilisation d’une voyelle de votre choix :

« C’est couché à plat ventre sur mon lit que j’ai lu  vingt ans après, L’île mystérieuse et Jerry dans l’île. Le lit devenait cabane de trappeur, ou canot de sauvetage sur l’Océan en furie, ou baobab menacé par l’incendie, tente dressée dans le désert, anfractuosité propice à quelques centimètres, de laquelle passaient des ennemis bredouilles.

J’ai beaucoup voyagé au fond de mon lit. J’emportais pour survivre des sucres que j’allais voler dans la cuisine et que je cachais sous mon traversin (ça grattait…). La peur – la terreur, même – était toujours présente, malgré la protection des couvertures et de l’oreiller. »

G Perec, Espèces d’espaces, p. 34

Lipogramme en U

Avachi dans mon lit j’ai dévoré « Vingt ans après », « L’ile des mystères » et « Jerry dans l’île ». Le lit devenait soit cabane de braconniers, soit canot afin d’échapper à l’océan déchaîné, soit baobab menacé par l’incendie, tente dressée dans le désert, renfoncement propice, très près des ennemis n’ayant arrêté personne.

J’ai énormément voyagé dans mon lit. J’emportais afin de m’alimenter des miels volés dans la resserre. Je les cachais avec mon traversin (ça grattait). La crainte, l’effroi même était constamment présents, malgré le rempart des édredons et de l’oreiller.

D.Dou

Ecrit en Mars 2020, lipogramme 2, en I

Lipogramme

Réécrire le texte de Georges Perec en vous interdisant l’utilisation d’une voyelle de votre choix :

« C’est couché à plat ventre sur mon lit que j’ai lu  vingt ans après, L’île mystérieuse et Jerry dans l’île. Le lit devenait cabane de trappeur, ou canot de sauvetage sur l’Océan en furie, ou baobab menacé par l’incendie, tente dressée dans le désert, anfractuosité propice à quelques centimètres, de laquelle passaient des ennemis bredouilles.

J’ai beaucoup voyagé au fond de mon lit. J’emportais pour survivre des sucres que j’allais voler dans la cuisine et que je cachais sous mon traversin (ça grattait…). La peur – la terreur, même – était toujours présente, malgré la protection des couvertures et de l’oreiller. »

G Perec, Espèces d’espaces, p. 34

lipogramme en i :

C’est couché sur mon galetas que mes yeux ont parcouru « l’étonnante terre entourée d’eau » et « Jerry sur cette Terre », « Tant de temps après ». Le galetas : une cabane de trappeur ou un canot de sauvetage sur l’Océan en colère, ou baobab menacé par le feu, tente dressée dans le désert, trous très proches avec des méchantes gens très sales.

Beaucoup voyagé au fond de mon galetas. Pour manger, encore et toujours : des sucres volés dans la salle de séjour et cachés sous mon polochon (grattage assuré). La peur – la terreur même-présentes malgré les couvertures rassurantes et le polochon

S.R.

Ecrit en mars 2020, lipogramme 1 en E

Réécrire le texte de Georges Perec en vous interdisant l’utilisation d’une voyelle de votre choix :

« C’est couché à plat ventre sur mon lit que j’ai lu  vingt ans après, L’île mystérieuse et Jerry dans l’île. Le lit devenait cabane de trappeur, ou canot de sauvetage sur l’Océan en furie, ou baobab menacé par l’incendie, tente dressée dans le désert, anfractuosité propice à quelques centimètres, de laquelle passaient des ennemis bredouilles.

J’ai beaucoup voyagé au fond de mon lit. J’emportais pour survivre des sucres que j’allais voler dans la cuisine et que je cachais sous mon traversin (ça grattait…). La peur – la terreur, même – était toujours présente, malgré la protection des couvertures et de l’oreiller. »

G Perec, Espèces d’espaces, p. 34

Lipogramme en E

A plat sur un lit, mon dos vis-à-vis du plafond j’ai lu «  vingt ans plus tard« , « l’ilot inconnu« , puis « Jarry dans l’ilot« . Mon paddock soudain virait au cabanon du grand nord pour un futur marchand d’animaux morts, ou canot fait pour nos marins pour sortir un corps du flot au courroux furibard ,ou baobab craignant la mort par un chaud trop abusif ,installation d’un bivouac au Sahara, trou profond opportun, à un doigt d’un combattant battu passant par là.

J’ai vu du pays à foison au fond d’un lit. Pour avoir un corps fort mais aussi sain j’avais toujours sur moi du roudoudou issu d’un vol dans un tiroir du salon puis soustrait par moi sous mon patchwork (çà grattait…) Un trac – jusqu’au frisson parfois – imbibait mon corps nonobstant l’appui du polochon au fond du lit sous maint plaids.

JZ

Aplati sur mon lit, j’ai lu Vingt ans plus tard, L’îlot obscur, Jamy dans l’îlot.Mon plumard virait du gourbi d’un viandard au bombard dans un flot furibond,ou à un baobab soumis à combustion, à un tipi dans la pampa, à l’anfractuosité, abri opportun qui soustrait au poursuivant quinaud.

J’ai fait maints trails vagabonds dans mon lit. J’avais candis à foison, pris dans un cagibi, tapis sous mon polochon (ça grattait) . Toujours un tracassin – plus ou moins fort- nonobstant la dissimulation du drap du plaid ou d’un coussin.

DDor

Ecrit en mars 2020, enfilage de perles 3

enfilage de perles (jeu proposé par Sosso)

Deux personnes se rencontrent dans la rue, au bistrot, au coin du portail ….leur échange est une suite de banalités ou d’évidences.

 

Bonjour Jeanne, viens que je t’abrite. Avec ce qu’il tombe !

– La pluie ça mouille et on est bien trempé .

– Et attention aux pieds, c’est comme ça qu’on s’enrhume.

– Un rhume, c’est un rhume, mais en principe on n’en meut pas. C’est pas comme le pauvre Maurice, lui, il est bien mort…

– Il a cessé de vivre ? Pourtant hier, je l’ai croisé.
-Tant qu’il était vivant, il n’était pas mort : mais le fusil, ça pardonne pas. Il ne s’est pas loupé.

– Oui, quand on ne se loupe pas on meurt. Et quand on est mort, on est mort. Il suffit d’une fois. Ça serait à cause de son divorce.Il ne supportait pas l’absence de sa femme.

– Quand on divorce c’est pour se quitter, pour ne plus se voir.

– Et elle ne pouvait plus le voir Simone, depuis qu’il l’avait cognée.

– Les coups quand on conne, ça fait mal, c’est dur à encaisser.

– Té ! Tel qu’il est, il ne fera plus de mal à personne. Allez, au revoir. Attention à ne pas vous mouiller les pieds.

Ecrit en mars 2020, enfilage de perles 2

enfilage de perles (jeu proposé par Sosso)

Deux personnes se rencontrent dans la rue, au bistrot, au coin du portail ….leur échange est une suite de banalités ou d’évidences.

 

– Je pense aller en Bretagne la semaine prochaine, la côte de granit rose, le sentier des souaniers, il paraît que c’est beau.

– C’est sûr, y a pas à dire, la Bretagne, ça sera toujours la Bretagne. Espérons que vous aurez beau temps.

– Espérons, mais avec les chaleurs anormales ce printemps, on le paiera sans doute plus tard.

– Et la santé ?

– On fait aller tant qu’on peut, l’air breton nous fera du bien.

– C’est sûr, tant qu’on a la santé,il faut en profiter.
– Ne nous plaignons pas la bouche pleine. Y a pire ailleurs.

– Eh bien, profitez bien de votre séjour en Bretagne. Faites bien attention aux huîtres, si elles ne sont pas fraîches, on peut attraper la jaunisse.
– On fera attention, Robert ne les digère pas trop bien. Une petite douzaine, juste pour goûter. Faut être raisonnable.

-Eh bien, bonnes vacances alors !

S.R.

Ecrit en mars 2020, Enfilage de perles 1

enfilage de perles (jeu proposé par Sosso)

Deux personnes se rencontrent dans la rue, au bistrot, au coin du portail ….leur échange est une suite de banalités ou d’évidences.

Un jeudi matin.

Quel temps pourri ce matin !

Pas beaucoup de gens au marché, ni de marchands.

Ah ! vraiment c’est pas gai tout ça, entre ceux qui se ruent sur le gel et les

autres sur les pâtes, nous vivons une drôle d’époque.

Je ne trouve même pas de salade. Et que tout est bien cher.

Ah ! des salades, les autres là, ils nous en racontent des salades, ceux qui font de la politique, tous les mêmes. Ils s’en fichent bien de nous.

Peuh, Emile, sers nous donc encore un coup de blanc pour oublier un peu tout çà.

A la vôtre.

DDou