lu en décembre 2019 : Turquie /Sait Faik Abasïyanïk, Un Point sur la carte (1988)

Sait Faik Abasïyanïk, Un Point sur la carte (1988)

Cet auteur a vécu en Suisse pour y étudier l’économie en 1930, puis en France avant de revenir en Turquie en 1935.

Sa carrière littéraire commence en 1935 avec des poèmes mais il doit sa célébrité à ses nouvelles qui peignent la vie difficile des petites gens d’Istanbul à qui cet écrivain révolté par l’injustice, donne un vrai rôle. Les petits détails de leur vie quotidienne deviennent poésie.

La mer est un thème récurrent dans ses écrits ; il passe la plupart de son temps en mer de Marmara. Continuer la lecture de « lu en décembre 2019 : Turquie /Sait Faik Abasïyanïk, Un Point sur la carte (1988) »

Lu en décembre 2019 : Turquie / Nazim Hikmet , c’est un dur métier que l’exil

Nazim HIKMET, C’est un dur métier que l’exil (1957)

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le poète Nazim Hikmet a eu une vie mouvementée. Il est né en 1902 à Salonique d’une famille très cultivée et francophile. Il fait ses études à Istanbul et dès la fin de la guerre s’engage auprès de Mustapha Kemal. Il écrit de la poésie dès son adolescence et est rapidement reconnu comme un grand poète. Très engagé il passe de longues années en prison ou en exil. Il est déchu de sa nationalité qu’il retrouvera à titre posthume en 2009.

Sa poésie s’oppose à la poésie classique turque, la poésie du Diwan que pratiquait son beau-père honni. Il se rapproche de la tradition populaire orale transmise par des poètes troubadours et qui est inspirée du soufisme. Continuer la lecture de « Lu en décembre 2019 : Turquie / Nazim Hikmet , c’est un dur métier que l’exil »

lu en novembre 2019, coup de cœur: Romain Gary, premiers romans

Romain GARY et ses premiers romans

 Le lecteur brosse une biographie rapide, biographie que l’auteur lui-même s’est plus à maintenir le flou, offrant plusieurs versions.

Il est né à Vilnius en 1914 et après diverses pérégrinations et le départ du père, il s’installe avec sa mère à Varsovie en 1926 avant une émigration pour la France en 1928. Mina veut pour son fils une éducation française. Elle le porte aux nues et vise pour lui à un avenir dans la diplomatie ou les arts.

Il est naturalisé en 1935 et entre trois ans plus tard dans une école militaire d’aviation, mais sa carrière d’officier semble avoir été freinée par sa naturalisation trop fraîche.

Dès 1940, il entre dans la Résistance auprès de De Gaulle, dans l’aviation. Il est un « compagnon de la libération ». Il est profondément marqué par la Shoah. Continuer la lecture de « lu en novembre 2019, coup de cœur: Romain Gary, premiers romans »

lu en novembre 2019, coup de cœur : Gaëlle Josse, une femme à contre-jour

Gaëlle JOSSE, Une Femme en contre-jour (2019)

 Dans ce récit, Gaëlle Josse (née en 1960) livre la biographie de Viviane Meyer (1926-2009), photographe de génie, sous la forme d’un roman.

Meyer a eu une enfance difficile, une mère absente et un frère hostile. Pour gagner sa vie, elle est devenue nounou, sans réelle passion pour ce métier. Pendant ses loisirs, elle prenait des photos spontanées, volées, à l’insu des sujets qu’elle photographiait.

De son vivant elle n’a jamais pu voir le fruit de son travail, car elle n’a jamais eu assez d’argent pour développer ses photos. Toute sa vie, elle aura vécu misérablement, jusqu’à sa mort après avoir vécu comme une clocharde dans la rue.

Gaëlle Josse permet, le temps d’un roman, de mettre en lumière cette photographe jamais reconnue à l’époque.

lu en novembre 2019 : coup de cœur: Melissa Da Costa, Tout le bleu du ciel

Mélissa DA COSTA, Tout le bleu du ciel (2019)

 Mélissa Da Costa est une jeune auteure de 28 ans, qui publie ici son premier roman. Ayant d’abord été remarquée sur la plateforme d’autoédition monbestseller.com où de nombreux lecteurs l’ont plébiscitée, les éditions Carnets Nords s’intéressent ensuite à son récit et le publient.

Ce livre raconte l’histoire d’Émile, un jeune homme de 26 ans, atteint d’un Alzheimer précoce. Les médecins lui annoncent qu’il ne lui reste que deux ans maximum à vivre. La décision d’Émile suite à cette annonce va être sans appel : il décide de tout quitter, famille et amis, pour partir une dernière fois à l’aventure au volant d’un camping-car. Cependant, il sait qu’il ne peut pas partir seul. Il décide de poster une annonce qui commence ainsi : Continuer la lecture de « lu en novembre 2019 : coup de cœur: Melissa Da Costa, Tout le bleu du ciel »

lu en novembre : coup de coeur Patrick Modiano, Encre sympathique

Patrick MODIANO, Encre sympathique (2019)

 Modiano nous entraîné dans une nouvelle enquête labyrinthique dans la brume de souvenirs et d’informations incertains et une errance dans Paris, Annecy et Rome.

Le narrateur Jean Eyben a travaillé un temps pour une agence de détective où il avait été chargé de retrouver la trace de Noëlle Lefebvre qui a disparu dans le XVème arrondissement. Il glane de maigres renseignements, trouve un agenda mais l’enquête est sans issue. Il quitte l’agence en volant le dossier, qu’il ouvre de temps en temps sur de longues années. Il reprend les informations sous de nouveaux angles, cherche dans les « blancs », sans fil préconçu et il écrit, dans l’espoir que de ses mots surgisse une vérité sur l’histoire de Noëlle et sur la sienne propre, car il présume un lien entre elles.

Une rupture intervient dans les trois derniers chapitres. Le narrateur a changé ; c’est maintenant une femme qui va permettre au lecteur de prendre un peu d’avance sur jean Eyben.

lu en novembre: coup de cœur : Alain POZO, Une Mémoire espagnole

Alain POZO, Une Mémoire espagnole (2013)

 Témoignage d’un petit fils sur ses grands-parents pris dans la tourmente de la guerre civile, de l’exil et du franquisme

La découverte d’une boîte de photos au fond de l’armoire de son père, à sa mort, lui permet de retrouver partiellement le fil de l’histoire familiale. Alain Pozo mène l’enquête, interroge les témoins survivants et s’appuie sur l’histoire pour y retrouver sa famille.

Dans les années 20 une famille andalouse bien installée dans le négoce des produits agricoles, mais le grand père prend le parti des ouvriers agricoles et aux élections municipales qui suivent la chute de Primo de Rivera, il est élu maire communiste de son village. Il s’enthousiasme pour le front populaire et en 36 rejoint la guerre civile est contraint à l’exil en 1939. Continuer la lecture de « lu en novembre: coup de cœur : Alain POZO, Une Mémoire espagnole »

lu en novembre 2019 : Nina Berberova De cape et de larme

Nina BERBEROVA, De cape et de larmes (1990)

 Nina Berberova est une auteure russe née en Russie en 1901 et décédée à Philadelphie en 1993.

En 1921, elle rencontre le poète Vladislav Khodassevitch (1886-1939) et s’installe avec lui d’abord à Berlin en 1922, puis à Prague en 1923 et ensuite à Paris en 1924. Ils se séparent en 1932. La vie des émigrés russes de Paris est le thème de son premier roman, Les Derniers et les Premiers (1930). L’Accompagnatrice (1935) donnera lieu au film du même nom de Claude Miller, en 1992.

En 1950, elle part pour les USA où elle enseignera la littérature russe. Elle ne sera publiée en France qu’en 1985 et aura l’occasion de revenir en Russie en 1989 avant son décès en 1993. Toute son œuvre est publiée chez Actes Sud.

Témoin éblouissant de l’histoire, Nina Berberova écrit dans un style étincelant. Continuer la lecture de « lu en novembre 2019 : Nina Berberova De cape et de larme »

lu en novembre 2019 : Coup de cœur: Joseph Ponthus A la ligne

Joseph PONTHUS, À la ligne (2019)

 Joseph Ponthus est né en 1978 à Reims. Il a quitté sa région natale, où il exerçait la profession d’éducateur spécialisé, afin de suivre sa compagne en Bretagne. Là-bas, impossible d’exercer son métier. Afin de gagner de l’argent, il s’est donc inscrit dans des agences d’intérim et a « pris ce qui se présentait ».

Il raconte dans son livre l’univers de l’usine de poissons ainsi que celui des abattoirs. Travail répétitif, harassant, et dans lequel le seul jour de repos – le dimanche – n’en est pas un. Pour tenir, Joseph Ponthus se récite des extraits de livres d’auteurs qu’il affectionne (Flaubert, Dumas et bien d’autres).

Le titre « À la ligne » fait référence aux chaînes de production, et la structure du récit est travaillée selon cela : des petits poèmes en prose avec retour constant à la ligne.

lu en novembre : coup de cœur : Cees Nooteboom, Pluie rouge

Cees NOOTEBOOM, Pluie rouge (2007)

 Cees Nooteboom est un écrivain néerlandais né en 1933.

Pluie rouge a été écrit dans l’île de Minorque où l’écrivain passe tous ses étés depuis quarante ans. Il nous présente son île, avec ses habitants (humains et animaux – un chapitre est consacré à la chatte Chauve-Souris qui reste sur l’île en hiver), sa flore, ses paysages. L’Inglès, comme le nomment les gens du cru, reçoit trop de courrier aux dires du facteur. Les disputes autour de l’eau font rage. L’été règne la sècheresse, à l’exception des pluies rouges venues du Sahara qui ont donné le titre du livre. Tout cela est écrit avec beaucoup d’humour et de légèreté.

En décrivant son île, l’auteur se décrit lui-même, revient sur son passé, ses voyages, son œuvre. Il nous livre ses réflexions : « L’un des traits singuliers de l’âge est qu’à peu près tout évoque un souvenir ». Ce parcours autobiographique foisonnant se double d’un récit de voyage qui font de ce livre un texte à savourer.