Ecrit en octobre 2019: texte à amorce 5

« un paysage mélancolique, hanté par l’absence. Comme si l’espace n’était plus soudain qu’une archive, une trace d’un monde perdu » Maylis de Kérangal

 

Un assemblage de cubes comme des légos oubliés sur une table, c’est bien ma vieille maison, improbable, minuscule. Au blanc décati des murs noircis par endroits de mousses, répond le gris pisseux des volets écaillés. Elle est toujours adossée à la petite lande de Madame Serre, broussailleuse , sans les grands pins fiers qui la dominaient et dont le squelette gît encore dans les taillis. Jadis, la propriétaire, la veillait jalousement , elle guettait nos incursions en quête d’un ballon perdu ou de quelques champignons : elle était notre terreur. Continuer la lecture de « Ecrit en octobre 2019: texte à amorce 5 »

Ecrit en Octobre 2019 : texte à amorce 4

« Un paysage mélancolique hanté par l’absence. Comme si l’espace n’était plus soudain qu’une archive, une trace d’un monde perdu » (Maylis de Kérangal)

« Un paysage mélancolique, hanté par l’absence. Comme si l’espace n’était plus soudain qu’une archive, une trace d’un monde perdu », et cependant bien présent, là, dans le silence d’une architecture anguleuse et fermée, comme un bloc de mémoire inouïe. C’est ce que j’ai découvert dans un tableau de Jean Pierre Ugarte, réalisée en 2008 et qui n’a pas de nom, juste « paysage ». Mon amie Hannah a dû acheter ce tableau en 2011, et depuis , j’avais toujours une attraction particulière pour son entrée…. Car je le retrouvais à chaque fois que je rentrais dans sa grande maison où il créait une ouverture verte et mouillée, à la fois accueillante et sereine comme un rêve bucolique et cependant triste par la lumière blême venant refroidir le premier plan, éradiquer toute trace de vie humaine et animale….Alors je me suis demandée si ce tableau n’était pas pour Hannah , qui avait dû se démunir beaucoup pour l’acquérir, bien plus qu’une toile qui « rendait bien » sur ce mur de sa maison, comme elle me disait au moment où elle l’avait installé. Au fond notre amitié si profonde et durable n’était pas née de conversations où l’une et l’autre aurions dévoilé nos vies…Non, je ne sais toujours rien de cette étrange femme à la fois chaleureuse, romantique et artiste mais toujours solitaire…Aucun de nos amis commun, je crois, n’a jamais perçu, au-delà de sa passion des livres et des chats, de quelles amours elle vivait, elle qui aujourd’hui n’est plus… …Y avait-il pour elle, sous ces hautes murailles de pierre que seule une végétation têtue essayait en vain d’embrasser et de recouvrir, la mémoire de temps de feu, d’une passion abolie qu’une guerre aurait pu tuer sans jamais l’éteindre ou la déraciner de son cœur ? N’était-ce pas là, le paysage de son âme et le symbole d’une amour morte et toujours vive, au point qu’elle barrait la route à toute nouvelle rencontre et que le champ de sa vie demeurait pris dans les rets du passé, dans le bastion de souvenirs secrets qu’elle seule revivait dans la moiteur de ce tableau ? La mort même , disait déjà dans ce tableau qu’elle protègerait ses secrets, et devant son absence, il me la rend infiniment présente et belle dans son silence. Pourquoi ne savons-nous pas voir nos existences comme autant d’uniques paysages ?, et comment l’artiste , là, nous enseigne ….

SD

 

Ecrit en Octobre 2019: texte à amorce 3

« Un paysage mélancolique hanté par l’absence. Comme si l’espace n’était plus soudain qu’une archive, une trace d’un monde perdu » (Maylis de Kérangal)

 

Un haut plateau qui ondule par-dessus les barrancos et les gargantas, un haut plateau où se dressent des murs démolis, quelques bergeries dévastées, quelques églises mi-écroulées poussant au ciel muet des souvenirs de prières, des chemins où ne courent plus ni enfants, ni bêtes, des jardins croulant sous les fruits jamais récoltés sauf par quelques mains de passage, si rares.

C’est la Sierra de Guara en Aragon, contrefort de la chaîne pyrénéenne, vidée de ses habitants depuis soixante ans

S.R.

Ecrit en octobre 2019 : texte à amorce 2

« Un paysage mélancolique, hanté par l’absence. Comme si l’espace n’était plus soudain qu’une archive, une trace d’un monde perdu » (Maylis de Kérangal)

 

Lucas ne pouvait détacher son regard de cette immensité d’eau. Il fronçait les sourcils à la recherche du moindre indice qui aurait pu lui faire deviner le toit de sa maison. Mais rien. On ne distinguait même plus le coq du clocher de la vieille église. Pourtant, certains anciens affirmaient que les soirs de grand vent on pouvait entendre le cloche sonner le glas. Cela faisait 5 ans qu’il était parti découvrir le vaste monde, et pendant ce temps là, son monde à lui s’était évanoui, comme si il n’avait jamais existé. A son départ, il savait que le barrage devait être construit, mais pas ça, pas comme ça. Au début, on ne parlait que d’une petite retenue qui ne devait noyer que quelques terres ingrates. Les paysans, trop contents qu’on leur achète ces terrains bons à rien, ne s’étaient pas méfié. Lui même, rêvant d’aventures, n’avait pas hésité à céder pour un prix raisonnable la petite propriété héritée de ses parents. Il est vrai qu’elle n’était pas très rentable. Si il avait su ! Puis peu à peu, devant l’ampleur des travaux, un petit nombre de personnes, avait essayé de résister, mais il était trop tard. Certains furent même expropriés. Le pot de terre n’a jamais gagné contre le pot de fer. Et Lucas, lui, il n’était pas là pour défendre son village. Et maintenant, que restait-il de son enfance, des cris joyeux des enfants, des histoires que racontaient les vieux, le soir au coin du feu ? Rien. Rien que de vagues souvenirs, enfuis à jamais au fond du lac, au fond de son cœur. Une cicatrice qui ne pourrait jamais se refermer. Alors, Lucas reprit son sac et tourna définitivement le dos à cette vallée engloutie, sacrifiée sur l’autel de l’hydroélectricité.

D.C.

Ecrits en Octobre 2019: texte à amorce 1

« Un paysage mélancolique, hanté par l’absence. Comme si l’espace n’était plus soudain qu’une archive, une trace d’un monde perdu » (Maylis de Kérangal)

Venise noyée dans la brume. Arêtes des murs gommées, adoucies, le lointain avalé. Un monde en gris et blanc, ouaté. Même le clapotis de l’eau semble assourdi. Là, sur le quai tout proche, une porte au verrou massif, bouche entrouverte sur un monde humide et sombre, à l’haleine de salpêtre. Couloir voûté, restes de boiseries, rappels d’un passé glorieux dont les nobles habitants depuis l’outre-tombe hantent encore les lieux.

DDou

Ecrits en Octobre 2019 refrain caché

Des refrains qui suivent ne subsistent que les voyelles. A vous de constuire un nouveau texte:

 

 

Voici le premier:

O…I…AI…E…U…

…E…E…U…E…O…E

E…A…I…U…E…E

…U…U…I…IO…A…EE…

E…OU…OU…E…E…E

 

Oh ! Il raille d’un

Geste pur encore

Enfantin un rêve.

Culculs, visions passées

Et toujours de bébé.

JG Continuer la lecture de « Ecrits en Octobre 2019 refrain caché »

Ecrit en octobre 2019: contraintes du prisonnier/du libéré

La contrainte du prisonnier (qui a très peu de papier pour écrire) consiste à écrire un message où on s’interdit d’utiliser les mots contenant des jambages.
La contrainte du libéré (qui a tout le papier qu’il veut) consiste à écrire un message où chaque mot a au moins un jambage

Contrainte du prisonnier, mots sans jambage.

Une vie morne, une mimi sans amoureux, un miséreux sans misère, sans vin ni saucisson, une vie sans accroc.

Contrainte du libéré, à chaque mot un jambage.

La vieille ville, le grand boulevard, y claudique péniblement le vagabond, l’esprit ailleurs dans le paradis des misérables.

JG

Contrainte du prisonnier

Une maison sans amis, a une vie sans âme.

Un Anneau en Or mérite un Oscar au cinéma à Cannes

Comme un oiseau nous sommes arrivés à Nice avec un avion

JZ Continuer la lecture de « Ecrit en octobre 2019: contraintes du prisonnier/du libéré »

Ecrit en juin 2019, atmosphère, atmosphère, 10

Sur le modèle du poème de Théophile Gauthier

Venise pour le bal s’habille

De paillette toute étoilée

scintille fourmille et habille

Le carnaval bariolé

Ecrire sur un lieu ou une personne

10

C’est toute une histoire

Stade terminal

Un grand reposoir

Tel un chant choral

MBM

Ecrit en juin 2019, atmosphère, atmosphère 9

Sur le modèle du poème de Théophile Gauthier

Venise pour le bal s’habille

De paillette toute étoilée

scintille fourmille et habille

Le carnaval bariolé

Ecrire sur un lieu, une personne

9

La flèche ce jour

Ce fut sans retour

En feu s’effondra

Paris s’abima

MBM

Ecrit en juin 2019, atmosphère, atmosphère, 8

Sur le modèle du poème de Théophile Gauthier

Venise pour le bal s’habille

De paillette toute étoilée

scintille fourmille et habille

Le carnaval bariolé

Ecrire sur un lieu, une personne

8

Ce jour un ciel bas et lourd pèse sur la Nicle

Du haut des remparts on peut voir la Ville Basse

Par toutes ses bouches d’égout l’eau glauque gicle !

Sous la Vézère en crue, Terrasson boit la tasse !

F.V.