jeu d’écriture par temps de confinement -31- MMI

21 04 2020

Jeu par temps de confinement 31 MMI

 Métier Minimum Indispensable – MMI

En cette période de crise particulière, il est temps de créer de nouveaux emplois pour tout le monde avec le maximum de sécurité. C’est ce à quoi je vous demande de participer en inventant un nouveau petit boulot qui saura s’avérer indispensable.
Pour ce métier, vous écrirez soit

      • Une lettre de candidature et de motivation

      • Un avis de recrutement détaillé

      • Un tract à l’adresse des usagers ou clients ciblés

        Nettoyeur de paillasson et/ ou de sonnette

Recrute h ou f aimant travailler en extérieur et se déplacer dans un petit périmètre.

Age indifférent (majeur car sera possiblement

au contact du public). Horaires et lieux d’affectation variables.

Faible pénibilité. Goût de l’hygiène et de la minutie indispensables.

Humeur stable exigée (pas de sautes d’humeur)

Outils de travail fournis sauf les chaussures

Contactez Netpasso /Mr Propre au 07…..

Ou nettoipaillasson.sonnette@savon.fr

Ddou

Mairie de T. recrute :

Lecteur/ trice feuilletonniste itinérant/e (LFI) -Temps plein – CCD (confinement)

nature de l’emploi: – lecture publique à haute voix, à heure fixe, tous les jours, sous les fenêtres et balcons , en six points de la ville, d’un roman tout public par épisode d’un quart d’heure précédé d’un court résumé des épisodes précédents

En dehors de ses horaires de travail face au public, le / la lecteur/trice gérera son temps pour choisir librement, préparer, séquencer les livres de son choix- on pourra envisager des propositions de lecture du public que le / la lecteur /trice acceptera ou non.

Matériel mis à disposition :
– véhicule électrique équipé d’une sonorisation
– produits d’hygiène recommandés
– livres disponibles à la médiathèque municipale ( cependant il n’est pas interdit de puiser dans sa propre bibliothèque)

Qualités requises :
– amour de la lecture
– bon niveau de lecture à haute voix
– goût du contact humain (à distance) et sens de la diplomatie
– permis de conduise souhaité
âge indifférent

Pérennisation de l’emploi en CDI : envisagé avec changement de rythme des lectures et extension des territoires couverts (médiathèque, écoles, communes environnante)

DDor

Vous êtes étudiant(e), vous pouvez participer à un plan d’aide numérique aux personnes âgées, organisé et rémunéré par le CDANA, Centre Départemental d’Aide Numérique aux Aînés

Le Département propose, en emplois aidés, des postes d’assistants(-tes) de communication audiovisuelle pour installer et piloter des séances d’échanges intergénérationnels sur Skype, Messenger ou autre en communication numérique, afin d’alléger l’isolement familial des personnes âgées confinées en longue durée, tant qu’il faudra maintenir pour elles cette décision, dans l’attente d’un vaccin contre la pandémie à covid-19.

Le plan prévoit en 2020/2021, pour le Département de Dordogne, 5 postes par canton, soit 125 postes. Vous devez avoir entre 20 et 28 ans révolus, être titulaire d’une accréditation obtenue auprès du Centre départemental d’aide numérique aux aînés. Votre emploi du temps sera réglé par le CDANA et concerté avec les bénéficiaires : personnes âgées isolées, confinées à leur domicile ou en EHPAD. Le but est de leur permettre de bénéficier, au moins une à deux fois par semaine, de visites dématérialisées leur permettant d’échanger avec leurs enfants, petits-enfants ou arrières petits enfants, conjoints ou amis…

Vous travaillerez obligatoirement en respectant les mesures d’hygiène réglementaires (masques, gants, distanciation sociale et désinfectant hydroalcoolique), et devrez vous soumettre à un test de dépistage du covid 19 tous les 15 jours, comme les personnels soignants. Le  Département  fournira à tous les assistants (-tes) de communication le matériel d’hygiène nécessaire, ainsi qu’un  stock de tablettes, désinfectées avant et après chaque intervention.

Renseignements pour candidature et accréditation : https:cdanacomnuma@dordogne.org
SD

Ravaudeur.se nocturne

 

Pour ambitionner ce poste récemment inventé, notre entreprise est à la recherche d’un aspirant (cisgenre / transgenre) ayant de l’inspiration et une bonne connaissance de la nuit.

Il s’agira de réparer les trous créés par les satellites dans les ciels étoilés au moyen de câbles de longue portée, capables de soutenir les rêves et surtout les cauchemars de l’humanité.

Afin de rapiécer nuitamment ces espaces de la toile, il est recommandé un bon usage de l’aiguille du midi.

Il sera demandé de savoir fouiller aux origines de l’univers et de raccommoder entre elles des galaxies désaxées tout autant que des étoiles filantes.

Il conviendra en tout lieu de savoir garder la tête hors des nuages.

Si le poste vous agrée, nous vous convoqueront de vive voix de manière à l’acter immédiatement.

Allumé.e s’abstenir !

MS

HB

Impasse du Déconfinement                    à

Entreprise »Bas les Masques »

de la grande distribution

Objet:demande d’emploi

Madame,Monsieur,

Je ne suis pas en recherche d’emploi mais votre offre parue dans le quotidien »Tout pour le Virus » a retenu mon attention.

En effet,votre entreprise me paraît correspondre par bien des aspects à mes attentes:

Vous avez compris l’importance d’une reprise rapide d’activité pour satisfaire nos généreux actionnaires et ces « feignasses » d’employés.

En bons gestionnaires,vous avez déjà rayé de la fiche de paye les primes et les heures supplémentaires de ces mêmes « feignasses » d’employés.

Et surtout vous comptez développer les MMI en la qualité de Massage Maximum Individualisé pour vos cadres qui n’en peuvent mai.Aussi,consciente de ma dextérité manuelle depuis des semaines grâce à l’astiquage des poignets de portes,du brossage et de l’essuyage des produits qui viennent de votre chaîne,je me sens en capacité d’assurer ces nouvelles fonctions non délocalisables et pourvues de toutes les valeurs attendues dans l’après coronavirus:proximité,partage,amour sans oublier les dividendes »nouveau monde ».Je tiens également à préciser que j’apporterai mon matériel écologique:des gants confectionnés « maison » avec du tissu « bio » et une visière en plastique bio-dégradable.

Dans l’attente d’une réponse qui ne saurait tarder, veuillez accepter,Madame,Monsieur,l’expression de mes sentiments distingués

BH

Jeu d’écriture par temps de confinement 22 04 2020 – 31- MMI

21 04 2020

Jeu par temps de confinement 31 MMI

 Métier Minimum Indispensable – MMI

En cette période de crise particulière, il est temps de créer de nouveaux emplois pour tout le monde avec le maximum de sécurité. C’est ce à quoi je vous demande de participer en inventant un nouveau petit boulot qui saura s’avérer indispensable.
Pour ce métier, vous écrirez soit

      • Une lettre de candidature et de motivation

      • Un avis de recrutement détaillé

      • Un tract à l’adresse des usagers ou clients ciblés

jeu par temps de confinement 30 – S+7

21 04 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement -30 – S + 7

S + 7 : S pour substantif ou nom.

C’est un jeu automatique pour lequel il faut un dictionnaire, n’importe quel dictionnaire. On relève tous les noms du texte et on les remplace par le nom situé sept noms plus loin dans le dictionnaire. On aboutit automatiquement à un texte absurde, mais parfois ça sonne bien. Comme on a tous des dictionnaires différents, nos textes seront différents

NB : dans certains dictionnaires, par exemple dictionnaire médical ou l’index d’un atlas vous ne trouverez pas les noms du texte , placez les entre les noms existants dans le dictionnaire.

Exemple :

Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme (Apollinaire)

avec un petit Larousse 2013 : Ma verroterie est pleine d’une vinaigrette trembleuse comme un flanc-de garde.

Avec un dictionnaire des rimes : Mon travers est plein d’un échevin trembleur comme une dame

Avec l’index d’un Atlas : Mon Versailles est plein d’un Vinadio trembleur comme un Flanders

Voici le texte du poète tchadien Nimrod que vous allez transformer

L’éléphant

J’ai souvenir de cet éléphant

Qui s’éloignait comme se déploie

Le dédain. Il avait vu

Senti évalué le petit point

Dans l’espace que j’étais

ça n’entravait ni le ciel ni l’herbe

Pas plus que l’infini qui au loin

Témoignait de ce qu’on se serait dit

Moi qui éprouvais si fort

L’écho d’une parole commune

Nimrod (extrait de Les superbes)


Dictionnaire de l’ancien français :

J’ai spondile de cet embofissement

Qui s’éloignait comme se déploie

Le defait. Il avait vu

Senti évalué le petit pois

Dans l’espalde que j’étais

ça n’entravait ni le cifre ni l’herlequin

Pas plus que l’injure qui au loirre

Témoignait de ce qu’on se serait dit

Moi qui éprouvais si fort

L’edre d’une parsome commune

FV

Petit Robert 1991 :

J’ai soviet de cet élévateur

Qui s’éloignait comme se déploie

Le dédicataire. Il avait vu

Senti évalué le petit pointillé

Dans l’espagnolette que j’étais

ça n’entravait ni le cigarillo ni l’herbivore

Pas plus que l’infirmité qui au lombric

Témoignait de ce qu’on se serait dit

Moi qui éprouvais si fort

L’échouage d’une paronymie commune

FV

Vocabulaire Français 1793 :

l’ éligibilité

J’ai sparsile de cette éligibilité

Qui s’éloignait comme se déploie

La déesse. Il avait vu

Senti évalué le petit pointillage

Dans l’espargoutte que j’étais

ça n’entravait ni le cilice ni l’hercule

Pas plus que l’infirmité qui au loin

Témoignait de ce qu’on se serait dit

Moi qui éprouvais si fort

L‘éclaboussure d’une parque commune

Nimrod (extrait de Les superpositions)

Ddor Continuer la lecture de « jeu par temps de confinement 30 – S+7 »

jeu de confinement 25 un petit dernier ( peut être) texte mité

Poser un verre de vin sur la table en rotin
Jouir de la rivière, saluer le batelier
Sous le clair de lune se promènent quelques femmes
Chapeaux verts, voilettes noires, robes de soie bleue
Regardant à la ronde si le charme opère
Comme un chant mélodieux séduisant un passant
Une fille, assise là, telle une hirondelle
Ailes fines et immobiles sous elle repliées

 

Cette fille dont les yeux se mirent dans l’onde claire
Penche son visage pour le faire se refléter
La voix, joyeux écho, génère rides dans l’eau
Ses cheveux, algues souples, se meuvent avec langueur

 

Et moi je prends mon verre heureux enfin de  rire.
J.B

Jeu par temps de confinement 29 – poème mille-feuilles

20 04 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement – 29 – poème mille-feuilles

Vous allez écrire un poème de 14 vers où vous allez intégrer ces quatre vers du début de

Kaléidoscope de Paul Verlaine, dans l’ordre du quatrain, comme troisième, sixième, neuvième et douzième vers

Dans une rue, au cœur d’une ville de rêve
Ce sera comme quand on a déjà vécu :
Un instant à la fois très vague et très aigu…
Ô ce soleil parmi la brume qui se lève !


O temps perdu de ma jeunesse folle

Je te cherchais partout d’un cœur qui caracole

Dans une rue, au cœur d’une ville de rêve

Amour imaginé, tant espéré, sans trêve

Je me disais surtout pas de déconvenue

Ce sera comme quand on a déjà vécu :

Je ressentais déjà de tes mains la caresse

Qui vient d’un cœur ouvert exprimer la tendresse

Un instant à la fois très vague et très aigu

Où le souffle frémit, où la vie suspendue

Rejoint l’éternité, la féminité d’Eve

O ce soleil parmi la brume qui se lève !

Et combien la ferveur de cette évocation

Me comblait de plaisir et de sensations !

SD

Je sens en moi un sentiment de révolte

Marre de voir toutes ces attitudes désinvoltes

Dans une rue, au cœur d’une ville de rêve

Fini la dictature, on prend la relève

De nouveau la solidarité, plus de superflu

Ce sera comme quand on a déjà vécu :

Ensemble, unis, pour une vie nouvelle

On est des humains, pas des rebelles
Un instant à la fois très vague et très aigu…

Assez de mensonges, laissons s’exprimer nos vertus

Notre pays n’a connu qu’une trop longue trêve
Ô ce soleil parmi la brume qui se lève !

Le printemps est maintenant présent

Soyons conscients, allons de nouveau de l’avant

TD

Faut-il qu’il m’en souvienne

il n’y aura donc pas de trêve ni

dans une rue, au cœur d’une ville de rêve,

ni dans ces espaces aux confins                                     

 

la vie y est encore d’une infinie douceur

ce sera comme quand on a déjà vécu :

entre torpeur et mélancolie

sans effroi et sans heurts ?                            

 

un instant à la fois très vague et très aigu…
une mer étale et sombre

un ciel pale pour un horizon sous les décombres

 

ô ce soleil parmi la brume qui se lève !

soudain ces mots, ces cris à peine retenus

sable sous les pavés

MS

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Jeu par temps de confinement 20 04 2020 – 29- poème mille-feuilles

20 04 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement – 29 – poème mille-feuilles

Vous allez écrire un poème de 14 vers où vous allez intégrer ces quatre vers du début de Kaléidoscope de Paul Verlaine, dans l’ordre du quatrain, comme troisième, sixième, neuvième et douzième vers

Dans une rue, au cœur d’une ville de rêve
Ce sera comme quand on a déjà vécu :
Un instant à la fois très vague et très aigu…
Ô ce soleil parmi la brume qui se lève !

Jeu par temps de confinement – 28 – photos souvenirs

19 04 2020

Jeu par temps de confinement – 28 – Photos souvenirs

Je vais vous proposer des photos banales, parfois un peu floues, avec des gens que vous ne connaissez pas. Il vous sera plus facile ainsi d’en choisir une ou plusieurs (vous noterez les numéros) pour inventer des souvenirs d’un des personnages sur la ou les photos


Photo numéro 1/

Oh, cette photo ! C’est toi et moi, Annabelle, dans le verger du Pouyol chez tante Marguerite ! Tu étais venue la voir un dimanche de Mai, et toi la grande, tu avais dû voir que j’étais un peu triste de rester seule avec elle toute la semaine pendant que mes parents étaient en Italie. Tu m’avais dit : « Tu sais jouer à chat perché? » Et avant que je te réponde, tu avais déjà grimpé dans les branches du vieux pommier. J’étais sidérée, pour moi ce n’était pas ça chat perché…Bouche bée devant ta souplesse, je n’avais rien dit. Tu étais  la liberté même qui rayonnait de tes 20 ans et je me promettais de grandir comme toi… « Allez viens !, on va se raconter des histoires dans l’arbre… ». Je n’étais pas bien sûre de pouvoir y monter, m’y suis souvent reprise, un peu égratignée contre l’écorce dure, mais tu m’as vite aidée et me voilà sur l’autre branche, heureuse d’y être arrivée. Tu te souviens, je crois qu’on y a passé toute la matinée, et tante Marguerite avait grondé qu’on ne soit pas venues l’aider, et qu’elle ait appelé en vain pour mettre la table jusqu’à ce qu’elle nous ait trouvées … Je sais encore la plus jolie histoire que tu m’avais racontée, celle du petit Poucet arrangée à ta guise, que j’ai transmise à ma petite Louise telle que tu l’avais imaginée, avec ce petit Poucet voyageur qui passait les frontières… Je crois que c’est oncle Henri qui était allé chercher son appareil photo pour nous prendre, quand Marguerite criait qu’on était folles, et comment on allait descendre ??

SD


photo n°7

J’ai toujours aimé la nature et la solitude. C’est pourquoi, dans mon adolescence, je partais souvent à l’aventure. Durant cette période pas toujours facile à vivre en compagnie de ma famille très aimante bien qu’étouffante, un jour je suis partie dans la forêt qui entourait notre maison. Munie d’une bâche et d’outils récupérés dans l’atelier de Papa, je me suis rendue dans un endroit que j’avais repéré. Presque en haut d’une colline et sous de nombreux chênes, j’ai visualisé la tente que je pourrais construire, à la fois à l’abri du vent et surtout des regards. J’ai ramassé des bouts de bois plus ou moins épais, et j’ai construit ma petite tente à l’aide d’un marteau et de clous (j’en avais pris plus que prévu, d’ailleurs je me rappelle que mon père s’était longuement questionné sur leur disparition, sans penser nullement à moi !). Ma tente était bien modeste, mais elle faisait l’affaire : elle m’abritait de la pluie et en hiver une douce tiédeur y régnait. Ma mère me demandait souvent où je disparaissais, de longues heures dans l’après-midi. Avec mon père ils n’étaient pas inquiets, ils connaissaient mon amour pour la nature. J’ai fait de nombreuses siestes dans mon petit abri, j’y ai lu beaucoup de livres, et ai longuement réfléchi, au milieu des bruits de la forêt. Mais un jour, mon secret a été découvert par mon père, qui se promenait par là. Il a vite appelé ma mère pour qu’elle apporte l’appareil photo, d’habitude utilisé pour les jours de fête. Ils ont ainsi immortalisé le moment, en me promettant qu’ils me laisseraient ensuite tranquille dans ma cachette. Ils ont tenu parole. Et grâce à eux, la simple vue de cette photo me permet de m’évader à nouveau, et de repenser à cette douce période faite de liberté, d’insouciance et de petits bonheurs simples

LD

Photos 1 3 7

Jamais je n’ai vu les yeux de ma mère pétiller autant que lorsqu’elle me racontait sa fugue avec sa meilleure amie . Elle avait 18 ans et ses parents la croyaient chez les Sœurs Marie Marguerite du Calvaire . Déjà obtenir de partir deux jours et de passer une nuit dans un dortoir de filles même ( surtout ?) chez les Sœurs n’avait pas été simple.

Avec la complicité de son frère, elle avait organisé ce week-end mémorable. Il avait prêté sa tente , tout le matériel de camping et même son appareil de photos , là elle avait dû beaucoup négocier !! Mon oncle est toujours resté généreux mais un peu maniaque .

Deux jours ! Deux jours de liberté totale ! En vélos , en shorts, dans les arbres, sans plus aucune contrainte  ! Non, elle ne se souvenait pas d’avoir vécu de moments plus intenses que ce premier week-end de liberté entre filles.

ML

Photo 1

germaines

arbre

généalogique

pour le coup je suis au ras du sol

la petite dernière

elles prennent la pose

et je prends la photo

deux branches de la famille

deux cousines

issues de germains

comme on ne dit plus

doublement germaines

allègres

respirant la vie

en cet été trente neuf

avant que l’arbre ne soit foudroyé

frappé par la hache

de l’Histoire

MS

Photo4

C’était un quatorze août, 1946 ou 1947, je ne sais plus exactement. Martha, sa sœur Louise et moi étions parties sur la route de Canenx rejoindre Pablo qui travaillait dans les bois. C’était l’amour fou de Martha, pas bien vu des parents qui n’appréciaient pas qu’un étranger entre dans leur maison. Ils s’y feraient, affirmait Martha : elle était aussi farouche et volontaire que sa sœur était douce et soumise (en apparence). C’était une journée torride. Le silence de la forêt était percé par les stridulations des cigales et l’éclatement des pignes. Nous étions bien. Nous nous étions assis au bord de la route pour bavarder, mais aussi pour attendre le passage de Martial qui était parti chercher une automobile à Bordeaux. La première du village ! Ça valait bien quelques heures de patience sous le soleil au bord de la route déserte. Nous espérions bien qu’en nous croisant il nous proposerait de nous ramener jusqu’au bourg. Il s’est contenté d’un petit signe , sans même prendre la peine de ralentir. Désormais, nous n’étions plus du même monde.

Ddor

Photo 5 

Oh ! Cette réunion de famille. Je m’en souviens comme si c’était hier.

C’était un dimanche de juin. Tout le monde avait accepté notre invitation avec plaisir. Le repas avait duré longtemps et avait été bien arrosé. L’oncle Antonin avait apporté du vin qu’il produit lui-même sur les coteaux de Beaulieu.

Toute la famille ne s’était pas retrouvée depuis longtemps. Certains avaient été brouillés durant des années pour des raisons d’héritage. Ce furent de belles retrouvailles. Même la grand-tante, que j’ai toujours connue vêtue de noir, est venue avec sa fille.

Nous sommes devant le moulin, qui est ma maison natale. Aujourd’hui, c’est devenu un restaurant. Tout a changé ; la roue et le canal ont disparu. Je ne reconnais plus rien. 

La photo a été prise en fin d’après-midi. Je suis assise à côté de ma cousine Angèle. Derrière nous, Jean et Adeline.  

A côté, René, si fier sur son vélo qu’il a acheté depuis peu. Ce vélo, il s’en servira longtemps : tout d’abord, pour aller travailler au garage où il est employé et puis ensuite pour aller voir Denise, qu’il a rencontrée lors d’un mariage et avec qui il se mariera ensuite. Elle habitait à 30 km ; il fallait passer près des Tours de Merle et continuer longtemps ensuite après avoir quitté la Maronne. Il me l’a souvent raconté. René, c’est mon petit frère et j’ai une grande affection pour lui.

Je me suis beaucoup occupé de lui car notre mère est morte à sa naissance et nous sommes toujours restés très proches. J’avais oublié l’existence de cette photo que je viens de retrouver en rangeant un tiroir. Quelle plongée dans le passé!

 

Ddou

 photo 2

Je devine sur vos visages , vous imaginant lire ces quelques lignes , LA SURPRISE ;

Il y a si longtemps…..

Le temps passe si vite …..

Jean et moi déménageons …. Aussi , les cartons , le tri habituel et indispensable m’ont fait retrouver , glissée , lovée entre les pages d’un livre , cette photo de jeunesse : bande joyeuse et insouciante , multipliant les escapades …. bravant les interdits avec une insolence juvénile .

Chacun y retrouvera ses souvenirs , ses joies , ses regrets ……

 » Ce vestige  » témoigne juste d’une trace  qui reste gravée dans un petit coin de ma tête  et que je n’ai jamais oubliée et qui réapparaît par moments .

Cette photo ne fait qu’actualiser cette période mais les marques  , de ce temps révolu , ancrées dans mon esprit sont elles indélébiles .

 Il n’est pas forcément nécessaire de chercher à se recontacter mais les temps partagés avec vous , jamais je ne les ai oubliés , jamais je ne les oublierai .

 Les souvenirs chantent et m’enchantent et je les chéris mais sans nostalgie .

 Joséphine , l’ingénue .

 H God .

Et voilà,je l’attendais ce jour là ou enfin toute la famille allait être réunie.Ça devient rare maintenant,ils sont tous éparpillés et ils ont tous leurs occupations.Mes belles-filles travaillent,mes fils ne rentrent pas à la maison tous les soirs,l’un est chauffeur et l’autre travaille sur les bateaux.Alors ,elles se débrouillent seules pendant la semaine.Il faut s’occuper des gosses,surtout le grand qui donne du fil à retordre.Les petites,qu’est-ce qu’elles sont mignonnes,et elles réussissent bien à l’école,elles veulent devenir institutrices,de nos jours c’est respectable et elles seront indépendantes.
Je viens d’avoir 75 ans.La vie passe vite ,des joies,des galères…Le premier est né avant la guerre,le second à la démobilisation.Il a fallu se débrouiller avec les tickets de rationnement,heureusement que mon Albert était rude à la tâche,le pauvre,il n’a pas pu profiter de grand chose,il est parti avec le « mal » quand est-ce qu’on va trouver le remède pour cette saleté?
Maintenant,je suis seule,j’ai pu garder la maison,Albert l’avait si bien arrangée!J’espère y rester le plus longtemps possible ,ça ne me dit rien de terminer à st Joseph,la maison de retraite la plus proche.J’ai encore de bonnes jambes,je fais le tour du village tous les jours avec Marguerite,je vais au marché le samedi,le docteur me rend visite une fois par mois,celui-là,il ne m’oublie pas,les cachets pour la tension,les bas de contention,etc.
Pourtant,je dois dire que c’est dur d’être seule!On a le temps de faire tourner mille choses dans la tête et pas seulement que des bons souvenirs:quand mon père ne m’a pas parlé pendant des mois parce qu’il ne trouvait pas Albert assez bien pour notre famille,quand mon premier est tombé du haut de la grange et qu’il a fait des semaines d’hôpital.Et le pauvre Albert ,quand son patron l’a licencié parce qu’il réclamait le paiement des heures supplémentaires.
N’y pensons plus,ils sont tous là,pourvu que tout se passe bien pour eux,qu’ils n’aient pas trop de tracas,c’est la seule chose que je demande.

BH

Ah ! Oui ! Ça c’est l’album souvenir du Tour 2020 l’année du Grand Confinement. Là c’est moi et Kevin au départ de la 6 éme étape : Ognoas- La Bastide d’Armagnac. On était les seuls rescapés du peloton et l’organisation nous avait imposé 3 infirmières accompagnatrices en cas d’urgence coronavirale sur le parcours ; on était contents malgré tout : on était sûrs qu’on serait sur le podium à l’arrivée. Et le public était bien présent, n’hésitant pas à patienter des heures durant assis au bord des routes ces bons soirs de septembre où les gouttes de sueur à nos fronts perlaient comme un vin de vigueur sur les interminables lignes droites des Landes, certaines de nos groupies parmi les plus fanatiques se perchaient sur les arbres pour mieux voir(et mieux se faire voir), d’autres manifestaient leur enthousiasme par des bonds extraordinaires à notre passage, pour beaucoup leur auberge était à la Grande Ourse campant depuis des jours sous les pins pour ne pas manquer l’événement… Dans les villes la foule se massait sur les trottoirs toutes générations confondues ( sans respecter la distanciation sociale ) et exigeait que l’on posât avec eux pour la photo souvenir. La magie du Tour opérait donc comme d’habitude . Évidemment -décroissance oblige- on avait complètement revu l’organisation de la caravane : fini la débauche consumériste on se contentait d’humbles tracteurs paysans tractant sur de modestes remorques d’humbles chaumières en paille du pays dans lesquelles nous étions logés et prenions notre repos après la course.

Voilà c’était le Tour d’Après un très bon souvenir en plus j’ai fini deuxième sur les Champs Élysées !

FV

Jeu d’écriture par temps de confinement 27 Fable

18 04 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement 27 fable

Vous allez écrire une fable en vers ou en prose selon votre humeur, qui met en scène deux noms de hasard (piqués dans le dictionnaire), qui ne sont ni des animaux ni des hommes mais qui sont doués de parole . Comme toutes les fables elle se terminera par une morale  de votre invention:

voici les titres proposés :

le fauteuil et la cacophonie

le goémon et l’astéroïde

le drame et le chocolat

la marée et le polaroid

L’horloge et le fusil


Le drame et le chocolat

Un petit carré brun, au goût intense et rond

En grand consolateur de tous les petits drames

Venait fondre souvent sous la langue des dames

Qui n’avaient d’autre issue qu’un instant d’abandon

Or le petit carré était beaucoup trop bon

Et pour mieux apaiser les angoisses des femmes

Les sauver par l’oubli d’un mari polygame

Il fallait déguster la plaquette en trois bonds

Mais c’était sans compter la lente infiltration

De cette cellulite apparue près des hanches

Et le ventre boudin qui prenait sa revanche

Comment de son mari attiser l’attention ?

Tout bien considéré, où était le bon choix ?

Délice d’un plaisir au palais, sans alarme,

Fondre d’un chocolat ce n’était pas un drame

Vaincre l’homme volage avait-il plus de poids ?

La sagesse un matin vint éclairer l’épouse

Qui comprit que jamais ne la délaisserait

Le chocolat subtil qui savait l’apaiser

Quand déjà son mari courait vers l’andalouse

Il fomentait encore un mensonge de plus

Elle se dit c’est trop, j’en ai bien assez vu

Peu importe mes formes, je ne sais pas mentir

Mais le chocolat, lui, sans tant de repentir

Me cajole bien mieux que l’homme confondu

Qui s’excuse toujours sans rime ni raison

Et va demain encore encorner ma maison

Moralité :

Vous qui cherchez à fondre de tendre volupté

Sachez qu’un chocolat coûte bien moins de drames

Qu’un Don Juan ravi à tant d’autres aimées !

SD

 

Amour et Ennui.

Au grès du vent et de la chaleur

Se tenait, lasse, cette langueur sans pudeur.

Elle craignait la vie et son bonheur.

Elle craignait la vie et sa rancœur.

On l’appelait Amour.

Elle dansait et virevoltait sans jamais s’accrocher,

Et retenait en elle une immense détresse.

La nostalgie de l’ivresse.

Amour aimait fort et sans secret un sentiment si laid,

Dont elle ne parvenait pas à se détacher.

Elle l’appelait Ennui.

Il la rejoignait le jour et la nuit.

Elle rêvait du jour où elle connaîtrait l’amour.

L’amour d’un nouveau jour.

Elle ouvrit les yeux dans une chaleur réconfortante

De ce crépuscule, qui, lui tendait une main aimante.

Quand son âme était fatiguée, elle refermait la barrière

Et regardait derrière.

Elle ne vit rien d’autre que l’Ennui.

 

Elle prit cette main chaleureuse.

Amour était bien, Amour était heureuse.

Plus jamais seule lui révéla sa conscience.

Cette main s’appelait Confiance.

RT

La marée et le polaroid

la marée en a marre

c’est là son moindre Defoe

c’est qu’elle est photogénique

et non moins marémotrice

il paraîtrait

qu’un appareil s’est jeté à la mer

un polaroid

comment pareil affront

mais il ne marcherait plus

et c’est là que la marée chaussée

s’en mêle

ça devient un polar

ya pas photo

ça la fait marrer

doucement

moralité

il faut savoir se jeter à l’eau

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Jeu d’écriture en période de confinement -26- en hommage à Sepulveda

17 04 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement – 26 – En hommage à Sepulveda

L’écrivain Chilien Sepulveda est mort hier et nous laisse orphelins

Dans la liste qui suit des titres d’une grande partie de ses romans, je vous propose de relever sans trop réfléchir, dix à vingt mots que vous utiliserez dans un texte personnel :

Le neveu d’Amérique, Un nom de torero, Journal d’un tueur sentimental, Hot Line, Les roses d’Atacama, La folie de Pinochet, Une sale histoire, Les pires contes des frères Grimm, L’ombre de ce que nous avons été, La Lampe d’Aladino et autres histoires pour vaincre l’oubli, Dernières nouvelles du Sud, Histoires d’ici et d’ailleurs, Ingrédients pour une vie de passions formidables,Monde du bout du monde , le vieux qui lisait des romans d’amour, l’histoire d’un chien Mapuche, l’histoire du chat qui apprit à la mouette à voler, Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre, l’Ouzbek muet et autres histoires clandestines


Sous ses airs de chien mapuche , il portait un nom de torero mais ce n’était pas un tueur juste un sentimental.Pourtant à l’époque de la folie Pinochet, il vécut plus d’une sale histoire, il connut les rendez-vous d’amour dans un pays en guerre, et d’autres histoires clandestines plus terrifiantes que les pires contes des frères Grimm. Hélas les dernières nouvelles du sud, d’ici et d’ailleurs et même du monde du bout du monde nous le confirment : l’Ouzbek est définitivement muet. Définitivement ? Voire, à nous qui sommes ou serons bientôt l’ombre de ce que nous avons été, il laisse en partage sa Lampe d’Aladino :des histoires pour vaincre l’oubli, ingrédients pour une vie de passions formidables.

Ni fleurs ni couronne, pour la sépulture de Sépulveda un bouquet de roses d’Atacama suffira.


FV

in memoriam

journal sentimental

de toute une vie

du bout du monde

de ce pays mapuche

où les passions

sont l’ombre

d’un pays en guerre

où l’oubli

de l’histoire

rendent muets

les contes

et les romans d’amour

et clandestines

les roses

MS

Tout jeune, déjà, il aimait les histoires, par quoi le monde s’ouvre, livre ouvert, révélant ses lignes de crête et ses failles, ses univers les plus intimes et non moins infinis qu’à l’horizon, les pays plus lointains. Prodigue voyageur, à l’écoute des maux, de la folie des hommes dont il eut à souffrir sans jamais renoncer, c’est toujours au vivant et à ce qui le sauve qu’il était attentif. Merci cher écrivain de nous avoir appris à l’ombre de vos pages, quelle lumière naît de la tendresse, de l’intelligence d’un chat, combien de soins demande le fin métier d’être homme, et la beauté des roses… , de quelle flamme encore la lampe de l’amour brûle la sale guerre, ou comment un vieux chien peut être un si grand sage que pâlissent nos vies de passions formidables…Nous n’oublierons pas Le vieux qui lisait des romans d’amour  et celui, pas assez vieux pour nous quitter, qui écrivait  tant d’autres histoires pour vaincre l’oubli …

SD Continuer la lecture de « Jeu d’écriture en période de confinement -26- en hommage à Sepulveda »

Jeu d’écriture par temps de confinement – 25 – texte mité 2 prose

16 04 2020

jeu par temps de confinement – 25 -Texte mité – 2 – prose

Ce jeu, vous le connaissez, mais il était prévu pour le mois d’avril ; Vous avez le choix pour reconstituer un poème ou un texte en prose :

Voici un texte dont il ne subsiste que quelques bribes, à vous de le reconstituer. Au choix : poème en alexandrins ou texte en prose

texte en prose:

L’étranger…………déserte. ……………complètement exténué. ………….rails………..l’heure exacte……………

………. Dieu seul sait où…………épaule…………lanterne rouge……………….. ……..en souriant….

– ………………….parti

-……….pas longtemps……

– ………………….il faut absolument……….

-………….. ce qui arrive. …………….l’étrange édifice gris cendre…………………………..

A la suite des textes , vous trouverez le début d’une belle nouvelle fantastique très originale de J.L. Arreola, l’aiguilleur


L’étranger au regard fatigué déserte. Il semble complètement exténué. Il attend devant les rails et guette l’heure exacte où son train arrivera.

Un homme surgi de Dieu seul sait où le prend par l’épaule et l’éclaire d’une lanterne rouge pour lui montrer une carte en souriant, dans la faible lueur.

– Cela fait longtemps que tu es parti ?

– Non, pas longtemps, mais je ne sais où aller depuis que ma femme et mes enfants sont morts.

– Écoute-moi, il faut absolument que tu me suives. J’ai une idée qui pourrait t’aider à te refaire.

– D’accord, je prends ce qui arrive ? Nous dirigeons-nous vers l’étrange édifice gris cendre qui se trouve en face de nous ? Il semble effrayant, mais je n’ai plus rien à perdre…

LD

L’étranger se déplaçait désormais dans une ville déserte. Il était sur ses gardes mais désormais complètement exténué. Nulle part où aller même en suivant les rails des trams avant que l’heure exacte du couvre-feu ne sonne.

Il invoqua Dieu. Dieu seul sait où, pensa-t-il, on peut épauler quelqu’un, l’aider avant que cette lanterne rouge qui clignotait encore (celle du compte à rebours) ne s’éteigne. Il ressassa ces pensées tout en souriant au milicien qui s’approchait.

Le dernier convoi est parti

– J’en ai pour pas longtemps, tout va bien

Les ordres sont les ordres et il faut absolument que vous rentriez chez vous avec les autres.

– Je vous assure, c’est ce qui arrive. Je les retrouve devant l’édifice du fond -et il devina l’étrange édifice gris cendre- et vous ne nous verrez plus.

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