Lu en Octobre 2022 coup de cœur : La treizième heure (2022), Emmanuelle Bayamack-Tam

La treizième heure (2022), Emmanuelle Bayamack-Tam

La treizième heure est le récit d’une famille atypique. J’ai aimé ce livre car il aborde des sujets majeurs et actuels : Le couple, la filiation, le genre, la GPA. Beaucoup d’humour, très original, 1 livre VIVANT, tragique et mordant.

Image 8 : Couverture disponible sur ORB L’auteure fait parler successivement les différents protagonistes. Le père, Lenny, déchiré par la perte de son grand amour. Il aide les cabossés par la vie et le Covid. La mère Hind. Elle assume un corps de femme belle et provocante et un sexe d’homme. Elle a quitté le foyer familial une semaine après la naissance de Farah, née d’une GPA. Farah, ado de 15 ans, diagnostiquée à la naissance de sexe indéterminé. Elle est très pragmatique, à la recherche de sa mère, s’interroge sur sa sexualité. Etudie et observe les personnes fréquentant l’Eglise (sans religion autre que la poésie, la musique et le chant) animée par son père, appelée : la treizième heure.

Dominique Liou

Lu en octobre 2022 coup de cœur:Un tesson d’éternité (2022), Valérie Tong Cuong

Un tesson d’éternité (2022), Valérie Tong Cuong

Anna, son mari Hugues et leur fils Léo, en terminale, mènent une vie paisible, bourgeoise dans le sud de la France. Malheureusement un jour, lors d’une manifestation, Léo se trouve mêlé à un évènement grave entraînant son arrestation. Ses parents et lui-même sont persuadés qu’il y a un mal entendu, que c’est disproportionné…que les choses vont s’arranger… Le temps de l’incarcération vient rapidement, Anna, la mère est tout particulièrement sidérée, déstabilisée.

Un monde, son monde familial, professionnel et social, confortable, heureux, est ébranlé.

Tout s’effrite peu à peu, le contrôle n’est plus possible et laisse place à l’incompréhension, la dépossession.

Peu à peu le roman se densifie, se concentre sur le personnage de cette mère de famille qui s’est construite forte moralement, qui s’est donnée les moyens d’une réussite sociale incontestable mais dont le quotidien va être progressivement ébranlé.

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Lu en octobre 2022- coup de cœur: Dîner avec Edward : une amitié inattendue (2018), Isabel Vincent

Dîner avec Edward : une amitié inattendue (2018), Isabel Vincent

Isabel, journaliste canadienne, la quarantaine nouvellement installée à New-York s’engage pour faire plaisir à une amie, à rendre visite au père de celle-ci, Edward qui vient de perdre sa femme, l’amour de sa vie. Il en est très affecté et a du mal à envisager la vie sans elle.

Isabel dont la vie de couple se délite, accepte. Edward l’accueille bras ouverts. Excellent cuisinier, il lui concocte de délicieux repas qui deviendront réguliers et au cours desquels ils aborderont des sujets de plus en plus intimes comme l’amour, la féminité, la mort …

Ces deux êtres se sont rapprochés à un moment où tous deux étaient vulnérables. Ces moments partagés permettent à chacun d’aller de l’avant, de reprendre confiance et espoir, et de là naît une profonde amitié et même plus …

Marie-Thérèse

lu en octobre 2022: coup de cœur: La septième croix (1947), Anna Seghers

La septième croix (1947), Anna Seghers

Anna Seghers est une écrivaine Allemande qui a commencé à publier avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Communiste, elle est arrêtée puis relâchée, elle s’exile alors en Suisse, en France puis à Mexico. Ses livres sont brûlés en Allemagne. Elle revient en RDA en 1947.

Elle a écrit « la septième croix » en 1939. Le livre est publié à Mexico en 1942.

Le cadre de ce roman est la région de Francfort, entre Rhin et Main. Sept personnages ont fui un camp de concentration. Dans le camp on a dressé sept croix alors que s’organise la traque. Entre solidarité ouvrière et trahisons de plus ou moins proches, combien seront repris ?

L’autrice traduit la violence insidieuse de la société où les hommes sont broyés en ce temps de dictature. Chacun révèle sa nature : héroïsme, lâcheté, peur, fragilité. Une réflexion sur l’époque mais aussi sur nous et notre temps.

lu en Octobre 2022- coup de cœur: Strong (2022), Mieva13

Strong (2022), Mieva13

Publié sur wattpad avant de devenir un livre édité

STRONG est un roman publié sur Wattpad, il parle de traumatismes, de problèmes familiaux, de mécanisme de défense psychologique et enfin d’amitié et d’amour.

L’autrice évoque beaucoup de faits comme le viol, la torture, le meurtre et enfin les tueries dans les établissements scolaires. Tous ces sujets sont importants à ses yeux.

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Lu en Octobre 2022- coup de coeur:Confiteor (2011), Jaume Cabré

Confiteor (2011), Jaume Cabré

La lectrice insiste sur le caractère marquant de ce pavé labyrinthique et la qualité de son style.

Un homme qui sent sa mémoire lui échapper remonte, à partir de l’histoire d’un violon, l’histoire d’une famille et ses drames (privés mais dépendant de ceux de la « grande histoire »), sur plusieurs siècles, à travers toute l’Europe, et dans la discontinuité. Un des fils conducteurs est la forêt. Le style change en fonction du lieu et de l’époque, ce qui rompt l’unité et évite la lassitude du lecteur.

Un livre superbe.

Lu en mai 2022 : Irlande : Best love Rosie (2008), Nuala O’Faolain (1940-2008)

Best love Rosie (2008), Nuala O’Faolain (1940-2008)

Journaliste réputée à la BBC puis à l’Irish Times, elle écrit, au lieu de la préface que lui réclame son éditeur pour la parution de ses chroniques, un manuscrit autobiographique.

Parus en 1996 sous le titre « On s’est déjà vu quelque part », ces « mémoires accidentels d’une femme de Dublin » racontent avec une admirable sincérité l’effort désespéré d’une « Irlandaise type » pour se libérer du carcan de l’Irlande des années 60, sa tentative résolue d’échapper à ce « moule dans lequel on aurait versé le contenu de deux cruches appelées Hérédité et Milieu ». Le témoignage rencontre un succès étourdissant. Dès lors, l’écriture autobiographique devient la compagne salutaire de cette féministe qui s’ignore et que son combat a opposée aux résistances patriarcales d’un pays figé dans ses traditions catholiques avant de la décider de s’enfuir à Londres, puis à New York.

« Chimères », « J’y suis presque », ou « L’Histoire de Chicago May », – Prix Femina étranger 2006 – les trois romans qui naissent de cette nécessité d’écrire retracent, en mêlant autobiographie et fiction, la même volonté d’affranchissement d’une femme et les tributs existentiels qu’il exige.

Après avoir vécu et travaillé dans le monde entier, Rosie décide de rentrer à Dublin pour s’occuper de la vieille tante, sœur de sa mère, qui l’a élevée. La cohabitation avec Min, dépressive et alcoolique, n’a rien d’exaltant. Afin de combattre l’ennui, l’idée vient à Rosie de s’occuper utilement en rédigeant un manuel pour les plus de cinquante ans. Un éditeur américain accepte de la publier grâce à l’aide de son ami Markey qui travaille dans l’édition.

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Lu en avril 2022 coup de cœur : Se le dire enfin (2020), Agnès Ledig

Se le dire enfin (2020), Agnès Ledig

Après avoir conquis son public dès son premier roman nommé Marie d’en haut, en 2011, Agnès Ledig signe avec Se le dire enfin un retour à la nature pure.

On y relate l’histoire de notre protagoniste principal nommé Edouard, qui sur le chemin du retour de ses vacances en Bretagne avec sa femme, décide d’aider et de suivre une mystérieuse écrivaine. Celle-ci va alors l’entrainer dans une folle aventure dans un petit village au nom si attendrissant Doux chemin situé au plus près de l’énigmatique forêt de Brocéliande. Au gré de rencontres avec de fabuleux personnages, ce livre va inciter notre personnage à s’interroger sur son existence et aux choix qu’il a effectué jusqu’à présent. De nombreux thèmes sont abordés : l’amour, la différence ou encore l’égalité entre les femmes et les hommes.

L’écriture est simple, douce et poétique et se lit « Comme un bonbon anglais ! » selon notre lectrice.

Un roman qui fait du bien et qui rejoint sans hésitation, le genre du roman feel-good.

Lu en Avril 2022 coup de cœur : Connemara (2022), Nicolas Mathieu

Connemara (2022), Nicolas Mathieu

Ce roman est sorti ce mois de février et a rapidement rencontré le succès. L’action se déroule en 2017 et se conclut à la veille du deuxième tour des élections présidentielles.

Ses protagonistes sont Hélène et Christophe, la quarantaine, issus du même village de Lorraine, Cornecourt et du même milieu populaire mais qui ont eu des parcours très différents. Ils se sont connus au lycée.

Hélène est une élève brillante, passionnée de lecture qui découvre la vie de la bourgeoisie aisée par son amie Charlotte. Celle-ci a eu une liaison avec Christophe qui est beau garçon et qui doit sa réputation à son excellence dans l’équipe de Hockey sur glace. Leurs histoires se séparent.

Hélène a fait une prépa puis une grande école de commerce parisienne après laquelle elle n’a pas eu de mal à trouver un emploi dans lequel elle s’est investie jusqu’au burn-out.

C’est pour un recommencement qu’elle repart à Epinal avec sa famille. Elle retrouve facilement du travail dans une entreprise de consulting qui accompagne les administrations et les communautés locales dans leur restructuration. L’étude du fonctionnement de ces entreprises, où dominent le cynisme, les rivalités personnelles, les enjeux de pouvoir, et dont les seuls objectifs sont financiers est particulièrement bien étudié. Hélène y excelle et compte obtenir le statut d’associée. Et malgré tout, sa crise existentielle persiste, au travail comme à la maison.

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Lu en Avril 2022 coup de cœur : Les cendres d’Angela (2000), Frank Mccourt

Les cendres d’Angela (2000), Frank Mc Court

Frank Mc Court est un écrivain américain né en 1930 et mort en 2009. Il est né à New York mais la crise des années 30 pousse sa famille à repartir sur ses terres d’origine l’Irlande pour une vie de misère. Il s’installe en terre catholique à Limerick, d’où est issue la mère, Angela, alors que le père vient du nord, ce qui ne simplifie pas la vie. A 19 ans, Frank Mac Court revient aux Etats-Unis pour faire ses études. Il sera instituteur et commencera à écrire.

Les cendre d’Angela est un récit autobiographique poignant où l’auteur décrit cette enfance misérable sans amertume :

« Quand je revois mon enfance, le seul fait d’avoir survécu m’étonne. Ce fut, bien sûr, une enfance misérable : l’enfance heureuse vaut rarement qu’on s’y arrête. Pire que l’enfance misérable ordinaire est l’enfance misérable en Irlande. Et pire encore est l’enfance misérable en Irlande catholique. »

Le père est charmeur mais inconséquent, et lorsqu’il travaille, il boit sa paye dans les pubs. La mère est réduite à la mendicité. Frank veille sur ses petits frères et fait les 400 coups avec les autres enfants dans la rue. Il lutte pour survivre et dès qu’il en est capable travaille pour subvenir aux besoins de la famille. Il observe le terrible monde des adultes et cet univers catholique empreint de superstition. Il n’en perd pas l’amour profond qu’il voue à son père autant qu’à sa mère…

Ce livre a profondément ému et marqué la lectrice qui nous l’a présenté.