lu en mars 2019: autour de la peinture: H.de Balzac, Le chef d’œuvre inconnu

  1. Honoré de Balzac, Le Chef-d’œuvre inconnu (1831)

Honoré de Balzac a vécu de 1799 à 1850. Dans cette nouvelle, nous rentrons petit à petit dans la folie d’un peintre accompli, le vieux maître Frenhofer.

Elle met en scène, au XVIIème siècle, trois peintres, le vieux Frenhofer, le Maître indépendant, en quête de la beauté absolue, imaginaire, Porbus, peintre de Cour, reconnu et un tout jeune débutant, Poussin qui aspire à tout connaître pour devenir Maître.


La première rencontre a lieu dans l’atelier de Porbus autour de la critique de son tableau,
Marie l’Egyptienne (œuvre fictive). Frenhofer prête à offrir son corps au batelier pour traverser le fleuve. Le vieillard relève la maîtrise du peintre, les qualités des représentations, pour finir par une critique rédhibitoire : l’absence de vie du tableau. En quelques coups de pinceau, il parvient à rendre la femme du tableau de Porbus vivante.

Il pose alors deux questions essentielles de la peinture à toutes les époques, la primauté de la couleur sur le dessin, la technique éprouvée de l’artiste qui n’empêche pas le sujet de rester« collé au fond de la toile », car le but de la peinture n ‘est pas de représenter mais d’exprimer le monde.

Fenhofer évoque ensuite sa propre quête insatiable de la beauté absolue dans le tableau de la femme idéale sur lequel il travaille depuis plusieurs années, qui éclipse tout le reste de la peinture et dont il garde le secret dans son atelier, alors qu’un chef d’œuvre pour exister doit être reconnu. Pour terminer, il lui manque le modèle parfait à confronter au tableau. Le jeune Nicolas Poussin voit là une occasion de venir en aide à l’ illustre peintre qui a tant à lui apprendre : il lui propose que Gillette, la femme qu’il aime, lui serve de modèle Sa quête artistique est plus forte que son amour . Frenhofer va alors parvenir à terminer son tableau et acceptera – après maints refus – de le dévoiler à Porbus et au jeune Poussin… La révélation est un désastre qui pose de nouvelles questions : la possibilité ou non d’atteindre l’absolu, la lucidité du peintre par rapport à son travail, le moment où une œuvre est achevée.

L’idéal artistique ne confine-t-il pas à la folie ?

Balzac, dans cette nouvelle, narre la peinture de façon extraordinaire. La vie et la mort luttent dans chaque détail d’un tableau, un coup de pinceau peut tout changer. L’auteur soulève la difficulté de vivre dans l’environnement d’un artiste passionné, notamment avec le personnage de Gillette qui hésite à poser pour un autre. Il propose aussi une réflexion sur l’exposition des œuvres d’un artiste : est-ce un besoin pour être reconnu ? Peut-on vivre de son art sans le partager ?

 

Ce texte d’une belle écriture soutenue a touché la majorité des lecteurs mais laissé aussi quelques-uns extérieurs et réticents.

Rappelons qu’il est la base du scénario de « La belle noiseuse »

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