Pinar SELEK, La Maison du Bosphore (2013)
Pinar Selek est née en 1971 à Istanbul et est à la fois écrivaine et sociologue. Elle travaille beaucoup sur les thèmes de la marginalisation et de l’exclusion en Turquie. Elle a quitté son pays d’origine pour vivre en Allemagne puis en France, où elle vit toujours aujourd’hui.
Dans La Maison du Bosphore, elle dépeint la vie d’un ancien quartier populaire Turc, Yedikule, à la suite du coup d’état de septembre 1980. Nous suivons les chemins de vie de 4 jeunes épris de liberté. En effet l’atmosphère sociale est pesante, en ce qui concerne la condition des femmes et des minorités, les conventions sociales, l’oppression politique. Sema voudrait entrer à l’université. Salih, l’apprenti menuisier, cherche à perpétuer son art là où il a grandi tandis qu’Hasan le musicien aimerait faire vivre le sien sur les routes du monde. Seule Elif, fille d’un pharmacien, opte pour la voie périlleuse de la révolution. Quatre parcours, mais un même espoir. En ces années-là, la Turquie était un pays plus tolérant, plus cosmopolite qu’aujourd’hui, où les religions cohabitaient ensemble malgré les nombreux non-dits.
Nous accompagnons chacun des personnages dans leurs luttes personnelles. Ce livre nous émeut par l’écriture tendre de Pinar Selek. Le côté sociologue de l’auteur transparaît dans cette histoire où elle fait référence aux oubliés et aux réprimés qui tentent de s’en sortir.

