feuilleton 2020- 2021, un secret de famille, témoignage 5

Témoignage 5

L’ Oncle Paul





Paul et Annette sur le seuil de la porte

« Ah ! Bonjour Annette. Tu es déjà là et tu as apporté la photo. »

Paul entre dans la pièce qui lui sert de salon et tous deux s’assoient

Paul fronce les sourcils en regardant l’image ; il hésite puis commence à raconter. 

« La famille est au grand complet et ce sera la dernière fois. Je ne me souviens plus très bien à quelle occasion elle a été prise. Il me semble que c’est le Grand-Père Marcellin qui avait demandé au photographe de Saint Paul de venir photographier la famille. Eh ! bien je ne suis pas gâté par la nature là-dessus : des oreilles en chou-fleur, une coupe au bol et un air niais et empoté.

Si je suis aussi peu à mon avantage, c‘est que je ne voulais pas y être sur cette photo et je le fais bien voir. Je n’avais pas d’habits corrects. Adèle et ma mère avait donc fouillé dans les armoires et trouvé un veston aux manches trop courtes que j’ai dû revêtir bon gré mal gré. Les enfants ne discutaient pas les ordres des parents à l’époque. Mais si j’ai bien compris ce que tu m’as dit l’autre soir, au téléphone, ce n’est pas de moi dont tu souhaites que je te parle.

Justement, à propos de parler, Elle, toute la famille n’en parle qu’ainsi quand on en parle, à voix basse et très rarement. Les parents n’ont plus voulu entendre son nom après l’épisode Françoise. Le Grand-Père Marcellin avait beaucoup d’affection pour elle et aussi pour son amie. Grâce à elles, il avait découvert sur le tard le bonheur de la lecture mais n’avait pas eu le courage de l’avouer au reste de la famille. Il lisait en cachette quand il le pouvait. C’était leur secret. Si Beauvoir était trop féministe et trop intellectuelle pour lui, il avait découvert avec Saint-Exupéry un horizon viril et merveilleux.

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Feuilleton 2020 2021, un secret de famille, témoignage 4

Témoignage 4

Julien le frère cadet

Carùpano, Vénézuela, le 25 octobre 2020,

Ma chère Annette,

Cette fois-ci, petite sœur, une carte postale ne suffira pas et je ne parlerai pas de ma lente remontée dans l’embouchure de l’Orénoque pour aller chercher une cargaison de bois précieux ni du retour où nous avons failli nous faire prendre par les bancs de sables des hauts-fonds, dans la touffeur moite équatoriale, entre le bruit régulier et rassurant des moteurs et les cris des oiseaux et des singes hurleurs…C’est de Madeleine que je te parlerai, à ta demande… que j’attendais depuis quelques années.

Tante Adèle t’a beaucoup appris, je rajouterai quelques éléments qui lui ont sans doute échappé car peu de choses sortent de la maison.

Quelques mois après cette photo, maman est tombée malade et elle a du rester plusieurs semaines à l’hôpital. L’oncle Albert et la Tante Adèle vous ont pris, Colette et toi avec eux , mais tu ne t’en souviens sans doute pas. Martha avait la charge de tout le reste de la famille, car il n’était pas question pour notre père de s’adonner à des taches ménagères. La famille a été soulagée quand la sœur de papa, Tante Léonie a proposé de prendre Madeleine chez elle, à Bourganeuf, où elle tient une mercerie. Madeleine faisait petite mine, elle n’avait jamais quitté la maison ni la tribu… et elle ne savait pas ce qui l’attendait. Son absence a duré plusieurs mois (maman était rentée depuis longtemps). Nous recevions de brèves cartes postales anodines toujours contresignées par la tante. Un jour, elles sont arrivées sans préavis à la maison . Tante Léonie avait la tête des mauvais jours, et Madeleine n’en menait pas large, sa petite valise à la main. Léonie a explosé contre cette mioche rétive au moindre effort, sournoise, qui avait dérobé trois francs dans sa caisse pour « un achat personnel !!! » rendez vous compte, un achat personnel. Elle ne l’accepterait pas pas une minute de plus sous son toit. Papa lui assena une gifle qui laissa des marques sur ses joues et Madeleine se mura dans un lourd silence . Elle semblait nous en vouloir.

Les choses n’étaient sans doute pas si simples car les parents coupèrent tous les ponts avec la tante à compter de ce jour. Mais une punition donnée n’admettait aucune remise en cause ni aucun remord.

Longtemps après Madeleine m’a confié à quel point son retour l’avait libérée .

Elle avait vécu l’enfer chez tante Léonie. Elle devait faire le ménage à la maison et au magasin avant de partir à l’école, tenir la boutique lorsque Léonie allait à confesse ou a ses assemblées de charité. Elle ne supportait pas de la voir lire, trouvant toujours quelque nouvelle charge. Elle n’était jamais contente, la punissait souvent et , ne pouvant jamais sortir, elle ne s’était fait aucune amie durant ce séjour. Elle me dit aussi qu’elle se sentait aussi affranchie de papa dont la violence brutale avait été injuste. Elle quitterait vite la maison.

Tout cela a favorisé la rapidité de son émancipation dont t’a parlé Tante Adèle, mais elle ne connaît sans doute pas l’évènement clé qui a provoqué son départ sans retour.

Cela s’est passé un soir de bal des pompiers. Dans les années 60, le bal était la principale distraction des jeunes, dans le village. Tu t’en doutes, mes sœurs n’avaient pas l’autorisation d’y aller seules, mais chaque année, pour le bal des pompiers, toute la famille était de sortie. Les adultes se regroupaient entre eux autour des tables près de la buvette. Les hommes parlaient fort , parfois le ton montait, tandis que les femmes dansaient entre elles ou avec Maurice Tomaso, le charcutier et le meilleur valseur de la région. Pendant ce temps les enfants couraient dans tous les sens tandis que les filles, installées sur les chaises autour du plancher de danse riaient en lorgnant les garçons qui viendraient les inviter.Tout est de ma faute. A un moment, j’ai vu Madeleine serrée de près par Jacques, le frère de mon copain Fabrice, un gars d’au moins 19 ans. Il l’a embrassée, et là mon sang de frère jaloux n’a fait qu’un tour et j’ai j’ai fait un esclandre qui a éveillé l’attention des parents. Mon père a rassemblé la la famille et on est rentrés à la maison. Notre père fulminait. Madeleine était une dévergondée, la honte de la famille, elle avait été choisir le garçon qui avait la plus mauvaise réputation dans le village, et qu’en plus, elle leur avait gâché la soirée. Elle ne sortirait plus jamais seule, et en tant que frère insurgé, j’ai été chargé de sa surveillance Je n’en menais pas large , elle avait toutes les raisons de m’en vouloir, même si elle savait, c’était notre secret que je partageais ses rêves d’émancipation et de quitter la maison.

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Feuilleton 2020 2021, un secret de famille, témoignage 3

Témoignage 3

Martha, la sœur de Madeleine



Chère Annette,
Je ne suis peut-être pas la bonne personne pour te parler de Madeleine car je ne l’ai jamais aimée et pourtant c’était ma sœur! du moins, c’est ce que l’on m’a toujours dit.
Madeleine est arrivée un beau jour à la maison , sortie de nulle part et, entre nous, je reste persuadée qu’elle a été adoptée car je ne l’avais jamais vu auparavant.
Sous ses airs de petite fille modèle, j’ai toujours soupçonné chez elle une forme d’hypocrisie et je n’ai jamais pu vivre avec elle la complicité que l’on peut attendre normalement de la part de  deux sœurs.


Dès son arrivée, j’ai dû partager ma chambre avec elle et lui donner également certains de mes propres habits…tu trouves çà normal? Pour moi c’était l’intruse alors je ne pourrais pas, vois-tu,  être très objective à son égard.
J’aurais pu jouer avec elle mais je préférais la compagnie de  Jean de 3 ans mon cadet que je vois régulièrement aujourd’hui.
Un jour elle est partie et mes questions à son sujet restaient vaines. Mais qui était-elle réellement ? d’où sortait- elle ? Cela reste pour moi un mystère toujours pas résolu à ce jour mais personnellement je ne l’ai jamais considéré comme un membre à part entière de notre famille alors je me moque totalement de ce qu’il a pu advenir d’elle.
Peut-être me trouveras-tu ingrate ou dénuée de toute sensibilité mais je préfère être franche avec toi et je suis désolée de ne pouvoir te donner plus d’informations.
Je t’embrasse affectueusement.
Martha.

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Feuilleton un secret de famille, témoignage 2, la mère

Témoignage 2

Yvonne, La mère

Ma chère Annette,

Je sais qu’il est désormais temps de t’avouer la vérité. Lorsque tu m’as demandé de ressortir les vieilles photos de famille, après notre fameux repas dominical, j’ai su que je ne pourrais pas continuer à garder le secret plus longtemps. J’avais pressenti que tu allais me poser des questions.

Aujourd’hui tu as 34 ans et je sais que c’est un âge où l’on commence à s’intéresser de plus près à ses ancêtres et aux photos prises durant l’enfance. Tu viens d’avoir une petite-fille, Jeanne, qui à son tour te posera des questions plus tard. Tout cela me pousse à t’adresser cette lettre aujourd’hui. Sache que je serai incapable de te parler de tout ça de vive voix.

Tu veux savoir pourquoi plus personne n’évoque ta sœur Madeleine. Ton père et moi t’avons souvent parlé de son amie Françoise, cette fille libérée et féministe qui a entraîné Madeleine dans ses aventures. Tu connais la suite, l’exil de ta sœur en Inde puis en Éthiopie. Les liens se sont réellement coupés à ce moment-là, et nous nous sommes servis de cet argument, Joseph et moi, pour éviter d’avoir à en dire plus sur Madeleine.

Annette, il faut que tu saches : Madeleine n’a pas été autant désirée que tous tes autres frères et sœurs. Elle est née en 1940 et tu n’es pas sans savoir qu’à ce moment-là, c’était la guerre. En Dordogne, nous étions en zone libre, et des familles Alsaciennes ont trouvé refuge chez nous pour fuir les Allemands. Nous avons donc transformé notre vieille grange en logement précaire, afin d’y accueillir une famille avec deux jeunes enfants. Contre quelques travaux dans les champs, nous leur offrions le gîte et le couvert. J’appréciais beaucoup la femme et ses enfants, avec lesquels je passais beaucoup de temps. Mais je me méfiais du père de famille, Adalbert. Blessé de guerre, il avait perdu sa jambe droite au front et portait désormais une jambe de bois. C’était un homme qui avait sa fierté, mais qui avait perdu sa dignité car il n’était plus apte à défendre son pays. Et qui avait également perdu sa virilité aussi. Sa femme m’avait fait l’aveu que son mari était devenu un autre homme, plus aigri, et qu’elle ne le désirait plus. Adalbert en souffrait beaucoup, et a commencé à noyer son chagrin dans l’alcool.

Une nuit, j’ai entendu du bruit dans le chai attenant à la maison. Je me suis levée et j’ai surpris Adalbert en train de voler du vin. Outrée, je lui ai crié de sortir, que c’était du vol, après tout ce que nous faisions pour sa famille. Il n’a pas bougé et m’a regardée d’un air mauvais ; à ce moment-là, le mauvais pressentiment que j’avais à l’égard de cet homme s’est confirmé. Tout s’est passé très vite. Il a saisi une bouteille en verre et m’a assommée avant que je n’aie le temps de réagir. J’ai chancelé puis je suis tombée à terre. Annette, à ce moment-là, j’aurais préférée être morte sur le coup. Il s’est jeté sur moi, m’a arraché mes vêtements et m’a pénétrée avec une violence inouïe et bestiale. Je n’ai rien pu faire pour me défendre, j’étais incapable de crier pour appeler au secours. Adalbert n’a rien dit durant tout le temps que mon calvaire a duré. Il est parti, toujours sans un mot, et je suis restée des heures sur le sol glacial du chai, incapable de faire quoi que ce soit. Je me suis juré de toujours éviter cet homme et de ne plus lui adresser la parole, même lorsqu’il commettrait d’autres vols.

Quelques jours plus tard, ton père Joseph est revenu du Front. C’était sa toute première permission depuis des mois qu’il était parti combattre. Il était tellement heureux de nous retrouver, ta sœur aînée Martha et moi ! J’ai dû donner faire bonne figure. Je me suis jetée dans ses bras protecteurs. Nous avons fait l’amour. Je ne pouvais pas lui refuser cela, après ce qu’il avait vécu là-bas… Au bout de trois mois, je me suis aperçue que j’étais enceinte. Était-ce l’enfant de Joseph ? Ou pire, celui d’Adalbert… J’ai envoyé une lettre à Joseph pour lui annoncer l’heureuse nouvelle, en omettant de lui raconter ce qui s’était passé. Ton père était le plus heureux des hommes ! Quant à moi, j’ai vécu une grossesse horrible, avec des nausées jusqu’à la fin. L’accouchement s’est déroulé avec des douleurs atroces. Ce bébé, une petite fille, ressemblait comme deux gouttes d’eau à ta sœur Martha. J’étais toujours dans le doute de sa paternité. Je dois t’avouer que je n’ai jamais réussi à l’aimer comme les autres. De plus, cette petite fille ne pleurait jamais, ne me souriait jamais, comme si elle sentait qu’elle était de trop et qu’elle voulait se faire oublier. Je me maudissais. Au retour de ton père, Madeleine avait 6 mois. Je lui ai tout avoué. Au début, il s’est mis dans une colère noire, insinuant que c’était moi qui avais séduit Adalbert. Je me suis mise à pleurer et je lui ai juré qu’il s’agissait d’un viol. Le temps a fait le reste, Joseph a fini par me croire. Il a immédiatement expulsé toute la famille Alsacienne. Je n’ai jamais su ce qu’ils sont devenus.

Joseph et moi nous sommes jurés de ne jamais rien dire à personne, afin de préserver l’honneur de la famille. Cette incertitude sur le vrai père de Madeleine me torturera jusqu’à la fin de mes jours. Elle n’a jamais manqué de rien, sauf de l’amour de ses parents. Je compte sur toi, Annette, pour remettre cette lettre à ta sœur Madeleine. Je ne pourrai pas le faire moi-même, j’ai trop honte.

Ta maman Yvonne

feuilleton 2020-21 Un secret de famille – 1 – Adèle

Témoignage 1

Adèle épouse de l’oncle Albert

Adèle : Que veux- tu que je te dise au sujet de ta sœur Madeleine ? Je ne suis pas la mieux placée pour t’en parler bien que je sois née au village et que j’ai connu tous tes frères et sœurs.

Annette : tu n’es guère plus âgée qu’elle alors tu dois bien te rappeler un peu d’elle.

Adèle : Dans mon souvenir Madeleine était une petite fille obéissante et bonne élève me semble t’il. De toutes les manières toute la fratrie « marchait » très bien à l’école primaire. A cette époque tous les parents attribuaient autant d’importance aux études qu’à la discipline. Ton père était très sévère avec ses enfants et n’acceptait aucun écart d’indiscipline. Madeleine ne semblait poser aucun problème. Elle était polie avec les gens du village, s’occupait de ses frères et sœurs et surtout lisait beaucoup de livres qu’elle empruntait à la bibliothèque. Toutefois, si je peux donner mon avis elle semblait à la fois soumise et détachée comme si elle attendait patiemment autre chose d’un futur plus ou moins proche. Elle est allée au collège où elle s’est ouverte sur un autre monde que le monde familial. Tu n’es pas sans savoir que les années 60 nous ont fait découvrir une façon de vivre plus libre même si les filles étaient encore sous le joug paternel. C’est à ce moment- là que Madeleine a changé mais j’aimerais autant que tu interroges tes parents à son sujet. Continuer la lecture de « feuilleton 2020-21 Un secret de famille – 1 – Adèle »

Feuilleton 2020-21: Un secret de famille : préambule

Un secret de famille

Préambule

Je suis allée chez mes parents un dimanche, il y a un peu plus d’un mois. En triant des papiers, avec maman, nous sommes tombés sur une vieille photo sur laquelle je ne dois pas avoir tout à fait un an.

Une photo de la famille rassemblée, c’est exceptionnel : c’était à l’occasion des 60 ans du Grand père Marcellin qui, pour l’occasion avait revêtu son vieil uniforme qu’il tient ordinairement dans la grande armoire sous une housse de nylon transparent pour le protéger de la poussière et des mites C’était il y a donc trente quatre ans. Continuer la lecture de « Feuilleton 2020-21: Un secret de famille : préambule »

Atelier d’écriture 16 octobre 2020 amorce du feuilleton

Secret de famille

Préambule

Je suis allée chez mes parents un dimanche, il y a un peu plus d’un mois. En triant des papiers, avec maman, nous sommes tombés sur une vieille photo sur laquelle je ne dois pas avoir tout à fait un an.

Une photo de la famille rassemblée, c’est exceptionnel : c’était à l’occasion des 60 ans du Grand père Marcellin qui, pour l’occasion avait revêtu son vieil uniforme qu’il tient ordinairement dans la grande armoire sous une housse de nylon transparent pour le protéger de la poussière et des mites C’était il y a donc trente quatre ans.

Mes parents, Joseph et Yvonne l’encadrent.Je suis dans les bras de maman, je n’ai pas tout à fait un an. Maman porte un tablier. L’évènement a dû être célébré à la maison et la photo a été prise devant le bois du Père Martin. Mon père dans son costume et sa cravate des grands jours a son air sévère. A gauche de maman, Tante Adèle qui vient d’épouser l’oncle Albert. C’est la fille unique du garagiste chez lequel il a fait son apprentissage. Maintenant, ils tiennent le garage du village et leur fils a juste deux ans de moins que moi. Quant au dernier de la ligne, l’oncle Paul, il a 17 ou 18 ans sur la photo. C’est lui qui a repris la ferme familiale et non mon père qui a passé le concours des Postes juste après le certificat et fait son chemin dans l’Administration comme il aime l’affirmer. Continuer la lecture de « Atelier d’écriture 16 octobre 2020 amorce du feuilleton »

Feuilleton 2019 2010 épilogue

Chapitre 9 : Où l’on verra que l’auteur ayant accepté de relever le défi insensé de conclure ce feuilleton ajoute à la difficulté de cette tâche titanesque en refusant de choisir une des trois propositions ci avant émises pour les valider toutes les trois !

« Fred, si l’un de nous ment, on ne peut pas continuer… »

Bien que je fusse un peu surpris je n’en laissai rien paraître (enfin je crus n’en rien laisser paraître : Marianne ne s’en laissait pas si facilement conter on le verra sous peu) mais je ne fus pas pris au dépourvu au moins ; en effet suite à mes scrupules relatifs à la crainte, si l’on consommait le mariage, de me trouver compromis dans une relation incestueuse, j’avais pris la décision d’en parler à quelqu’un et à qui d’autre qu’à Marianna, la psy qui nous accompagnait depuis le début, pouvais-je me confier ?J’eus donc à ma demande un entretien avec elle au cours duquel je déballai toute la vérité sur mon histoire.

– Je m’en doutais depuis le début, me dit-elle avec la mauvaise foi caractéristique des gens de sa profession, mais je ne pouvais rien dire il fallait que cela vienne de vous. Suivit un long développement savant sur l’œdipe et les théories de Freud à ce sujet. Puis elle me conseilla sentant combien il était difficile pour moi de parler à Marianne de mettre par écrit ma confession et de la lui donner à lire au moment opportun. Continuer la lecture de « Feuilleton 2019 2010 épilogue »

feuilleton 2019 2020 chapitre 8

Chapitre 8

Troisième jour en Crète. Finalement, j’ai mis toutes mes interrogations de côté et, sur un coup de tête, j’ai décidé de ne rien dire à Marianne. Après tout, la vie en couple, ça se choisit à deux, j’vois pas pourquoi ma mère et Mikaël viendraient gâcher ça. Ils n’ont aucun mot à dire, ça reste ma vie. Du coup, paradoxalement, depuis que j’ai décidé de mettre de côté mes craintes et de vivre ce voyage de noces à don’f, tout se passe pour le mieux. Avec Marianne, c’est farniente, grasses mat’, bonne bouffe et… flirt. Moi-même, et j’suis le premier étonné, y’a eu un rapprochement de ouf entre nous. Toutes mes défenses et les siennes, sont tombées depuis que nous avons posé les pieds sur cette île paradisiaque. Sans doute le fait de se retrouver dans un pays inconnu, avec quelqu’un qu’on connaît à peine, et une absence totale de repères – et un effacement des tracas de la vie quotidienne en France. Ça pourrait faire flipper, mais non. Ici, je n’ai plus de passé et j’ai enfin l’impression d’être moi-même. Marianne aussi se dévoile jour après jour. Continuer la lecture de « feuilleton 2019 2020 chapitre 8 »

Feuilleton 2019-2020 chapitre 7

Chapitre 7

 

 

Le banquet n’était pas mal, des petits fours à la pièce montée, tout était bectable. Je m‘serais bien goinfré pour plusieurs jours mais ça aurait craint. Et puis j’ai cette boule au ventre depuis la cérémonie. C’est pas le moment de gerber partout, j’sais me tenir quand même. Ou alors jsuis tellement mal que faute de marié on annule tout. Non, je n’ai pas fait tout ça pour arrêter là.

En plus, l’ambiance n’est pas terrible. Seule Rosalita se dandine frénétiquement sur la piste de danse. Elle, au moins, elle passe du bon temps. Dans sa grande générosité, elle a même essayé d’entraîner les gens dans une chenille bien mollassonne, elle n’a pas eu beaucoup de succés.

Et moi, jflippe grave que ma mère et mon frère mettent les pieds dans le plat. Heureusement que j’peux compter sur Raf que j’ai mis au parfum. Il les surveille discrètement du coin de l’oeil et il est prêt à faire feu à la moindre alerte. Je lui ai dit d’aller mollo, c’est quand même la famille, la vraie quoi. Continuer la lecture de « Feuilleton 2019-2020 chapitre 7 »