lu en novembre 2019 : coup de cœur: Melissa Da Costa, Tout le bleu du ciel

Mélissa DA COSTA, Tout le bleu du ciel (2019)

 Mélissa Da Costa est une jeune auteure de 28 ans, qui publie ici son premier roman. Ayant d’abord été remarquée sur la plateforme d’autoédition monbestseller.com où de nombreux lecteurs l’ont plébiscitée, les éditions Carnets Nords s’intéressent ensuite à son récit et le publient.

Ce livre raconte l’histoire d’Émile, un jeune homme de 26 ans, atteint d’un Alzheimer précoce. Les médecins lui annoncent qu’il ne lui reste que deux ans maximum à vivre. La décision d’Émile suite à cette annonce va être sans appel : il décide de tout quitter, famille et amis, pour partir une dernière fois à l’aventure au volant d’un camping-car. Cependant, il sait qu’il ne peut pas partir seul. Il décide de poster une annonce qui commence ainsi : Continuer la lecture de « lu en novembre 2019 : coup de cœur: Melissa Da Costa, Tout le bleu du ciel »

lu en novembre : coup de coeur Patrick Modiano, Encre sympathique

Patrick MODIANO, Encre sympathique (2019)

 Modiano nous entraîné dans une nouvelle enquête labyrinthique dans la brume de souvenirs et d’informations incertains et une errance dans Paris, Annecy et Rome.

Le narrateur Jean Eyben a travaillé un temps pour une agence de détective où il avait été chargé de retrouver la trace de Noëlle Lefebvre qui a disparu dans le XVème arrondissement. Il glane de maigres renseignements, trouve un agenda mais l’enquête est sans issue. Il quitte l’agence en volant le dossier, qu’il ouvre de temps en temps sur de longues années. Il reprend les informations sous de nouveaux angles, cherche dans les « blancs », sans fil préconçu et il écrit, dans l’espoir que de ses mots surgisse une vérité sur l’histoire de Noëlle et sur la sienne propre, car il présume un lien entre elles.

Une rupture intervient dans les trois derniers chapitres. Le narrateur a changé ; c’est maintenant une femme qui va permettre au lecteur de prendre un peu d’avance sur jean Eyben.

lu en novembre 2019 : Nina Berberova De cape et de larme

Nina BERBEROVA, De cape et de larmes (1990)

 Nina Berberova est une auteure russe née en Russie en 1901 et décédée à Philadelphie en 1993.

En 1921, elle rencontre le poète Vladislav Khodassevitch (1886-1939) et s’installe avec lui d’abord à Berlin en 1922, puis à Prague en 1923 et ensuite à Paris en 1924. Ils se séparent en 1932. La vie des émigrés russes de Paris est le thème de son premier roman, Les Derniers et les Premiers (1930). L’Accompagnatrice (1935) donnera lieu au film du même nom de Claude Miller, en 1992.

En 1950, elle part pour les USA où elle enseignera la littérature russe. Elle ne sera publiée en France qu’en 1985 et aura l’occasion de revenir en Russie en 1989 avant son décès en 1993. Toute son œuvre est publiée chez Actes Sud.

Témoin éblouissant de l’histoire, Nina Berberova écrit dans un style étincelant. Continuer la lecture de « lu en novembre 2019 : Nina Berberova De cape et de larme »

lu en novembre 2019 : Coup de cœur: Joseph Ponthus A la ligne

Joseph PONTHUS, À la ligne (2019)

 Joseph Ponthus est né en 1978 à Reims. Il a quitté sa région natale, où il exerçait la profession d’éducateur spécialisé, afin de suivre sa compagne en Bretagne. Là-bas, impossible d’exercer son métier. Afin de gagner de l’argent, il s’est donc inscrit dans des agences d’intérim et a « pris ce qui se présentait ».

Il raconte dans son livre l’univers de l’usine de poissons ainsi que celui des abattoirs. Travail répétitif, harassant, et dans lequel le seul jour de repos – le dimanche – n’en est pas un. Pour tenir, Joseph Ponthus se récite des extraits de livres d’auteurs qu’il affectionne (Flaubert, Dumas et bien d’autres).

Le titre « À la ligne » fait référence aux chaînes de production, et la structure du récit est travaillée selon cela : des petits poèmes en prose avec retour constant à la ligne.

lu en novembre : coup de cœur : Cees Nooteboom, Pluie rouge

Cees NOOTEBOOM, Pluie rouge (2007)

 Cees Nooteboom est un écrivain néerlandais né en 1933.

Pluie rouge a été écrit dans l’île de Minorque où l’écrivain passe tous ses étés depuis quarante ans. Il nous présente son île, avec ses habitants (humains et animaux – un chapitre est consacré à la chatte Chauve-Souris qui reste sur l’île en hiver), sa flore, ses paysages. L’Inglès, comme le nomment les gens du cru, reçoit trop de courrier aux dires du facteur. Les disputes autour de l’eau font rage. L’été règne la sècheresse, à l’exception des pluies rouges venues du Sahara qui ont donné le titre du livre. Tout cela est écrit avec beaucoup d’humour et de légèreté.

En décrivant son île, l’auteur se décrit lui-même, revient sur son passé, ses voyages, son œuvre. Il nous livre ses réflexions : « L’un des traits singuliers de l’âge est qu’à peu près tout évoque un souvenir ». Ce parcours autobiographique foisonnant se double d’un récit de voyage qui font de ce livre un texte à savourer.

lu en octobre 2019, la voix des lecteurs, Munn, Le cavalier

 Derek MUNN, Le Cavalier (2018)

Le Cavalier est un récit en 64 tableaux dans lesquels Jean nous raconte sa vie au fil de son voyage sur le dos de sa jument, entre rêves et réalité. Ces textes poétiques sont une véritable ode à la nature. La description des bottes du cavalier, de leur cuir (grain, odeur…) puis de leur usure en fait presque un personnage.

« Ayant en partie écrit Le Cavalier lors d’une résidence d’écriture au Chalet Mauriac en 2014, Derek Munn décrivait ainsi son projet initial : « Une sensation d’abord, l’homme n’y est pas pour l’instant, ou est subsidiaire. C’est sa fatigue qui avance. Une sensation de cuir. Un cuir souple, épais, résistant. On voit son grain. Une paire de bottes. On a envie de les toucher, de les mettre. Mais il y a déjà des jambes. Qui marchent. Qui boitent. C’est un roman qui explore la vie du propriétaire de ces bottes. » Continuer la lecture de « lu en octobre 2019, la voix des lecteurs, Munn, Le cavalier »

lu en octobre 2019, prix la voix des lecteurs, Balthassat, la tristesse des femmes en mousseline

Jean-Daniel BALTHASSAT, La Tristesse des femmes en mousseline (2018)

Jean-Daniel Balthassat est né en 1949, il a étudié l’histoire de l’art, du cinéma et de la photographie

Nous sommes en 1945, à Paris. Paul Valéry a retrouvé le carnet hérité dans sa jeunesse de Berthe Morisot, dont il contemple une aquarelle qu’il affectionne particulièrement puisqu’elle représente pour lui la beauté absolue. Il relit aussi les carnets laissés par l’artiste. Soudain, la sonnerie du téléphone l’arrache à ce moment de sérénité. C’est son amie Mathilde, en larmes, qui vient de découvrir l’horreur des camps de concentration. Continuer la lecture de « lu en octobre 2019, prix la voix des lecteurs, Balthassat, la tristesse des femmes en mousseline »

lu en octobre 2019, prix la voix des lecteurs, Galan, Chafouine

Alain GALAN, Chafouine (2018)

Alain Galan est né en 1954 à Brive, il est à la fois écrivain et journaliste.

Dans Chafouine, nous lisons le récit-journal d’un personnage nommé André Delhot. Ce dernier affirme avoir découvert une nouvelle espèce animale, bien qu’il ne soit pas scientifique. Cet animal est bien particulier puisqu’il s’agit d’un chat à tête de chouette !

Bizarre, vous direz-vous. Notre chercheur est moqué par le comité scientifique de la maison d’édition Naturae à laquelle il adresse ses écrits. Seule Agnes semble intriguée par cette histoire. Elle décide de faire appel à un des auteurs qu’elle a autrefois publié pour tenter de retrouver André Delhot, il s’agit du narrateur, dont on ignore le nom.

Comme le narrateur, nous nous retrouvons embarqués dans cette description de plus en plus minutieuse du chat à tête de chouette. André Delhot remet constamment en doute ses écrits, comme s’il avait rêvé de cet animal ou comme s’il l’avait inventé.

La force du récit réside dans le fait que, comme Agnès, on a envie d’y croire. Un amateur, comme nous, qui découvre une nouvelle espèce animale, cela interpelle ! D’autant plus qu’André Delhot reste introuvable, malgré les recherches du narrateur et d’Agnès. Un livre plutôt intrigant, qui a désarçonné certains de nos lecteurs mais qui possède une écriture captivante.

lu en octobre 2019, prix la voix des lecteurs, Herry, Scalp

Cyril HERRY, Scalp (2018)

Cyril Herry est né à Limoges en 1970 et vit dans la Creuse, en lisière d’une forêt, ce qui a sans doute inspiré son roman.

Scalp peut être considéré comme un huis-clos, se déroulant dans la forêt, durant quelques jours. Teresa annonce à son fils Hans de 9 ans que l’homme qui l’a élevé n’est pas son père. Ils partent donc sur les traces de Stan, son père biologique, parti avant la naissance de Hans. Ils se retrouvent dans la forêt, à chercher des traces de Stan, qui semble avoir disparu. Seule la yourte qu’il avait construite, la barque dont il se servait sans doute pour aller pêcher, restent dans ce décor qui semble abandonné. Continuer la lecture de « lu en octobre 2019, prix la voix des lecteurs, Herry, Scalp »

lu en octobre 2019: Pays du nord, Klimko, les toutes premières choses

Hubert KLIMKO, Les Toutes premières choses (2011)

Né en 1967 en Pologne, Hubert Klimko-Dobrzaniecki a étudié la théologie, la philosophie et la langue Islandaise. D’Amsterdam à Reykjavík (où il a travaillé neuf ans dans une maison de soins pour les personnes âgées) en passant par l’Angleterre, il a voyagé en gagnant sa vie comme il le pouvait, souvent de façon insolite : plumeur de dindes, ouvrier agricole, trafiquant de diamants et de caviar, vendeur d’œuvres d’art, mime… Il a publié deux volumes de poésie en Islandais et écrit régulièrement pour la presse littéraire polonaise. Les Toutes premières choses est son troisième livre traduit en français. Hubert Klimko vit aujourd’hui à Vienne avec sa femme. Continuer la lecture de « lu en octobre 2019: Pays du nord, Klimko, les toutes premières choses »