Jeux de décembre 2021 -3- Tout roman est un roman d’héroïc fantaisy

Avec Manon Fargetton :tout roman est un roman d’héroic fantasy

Rapidement, codes généraux se l’héroic fantasy : Histoire où un héros/une héroïne, d’apparence humaine et physiquement très fort/e utilise ses compétence pour des combats ou une quête. L’action se situe le plus souvent dans une époque reculée ou même mythique. Dans son cheminement initiatique, le héros / l’héroïne se confronte à des épreuves où interviennent des éléments surnaturels (objets magiques, créatures légendaires, forces maléfiques… aides bénéfiques) . Le lecteur ne doit pas avoir de doute et doit se laisser emporter avec le héros/ l’héroïne.

Voici plusieurs débuts de romans connus

1 la première fois qu’ Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. (Aragon, Aurélien)

2 Édouard c’est ainsi que nous appellerons un riche baron dans la pleine force de l’âge – Édouard avait passé l’heure la plus belle d’un après-midi d’avril dans sa pépinière à enter de jeunes plants de greffes qu’il avait conservées dans leur fraîcheur. (Goethe, les affinités électives)

3 L’aube surprit Angelo béat et muet, mais réveillé. ( J. Giono, le hussard sur le toit)

4 Caché derrière l’écran des broussailles qui entouraient la source, Popeye regardait l’homme boire. ( Faulkner, Sanctuaire)

5 « Verse-moi encore un verre de slivovice » me dit Klara et je ne fus pas contre.(M.Kundera, risibles amours)

L’une de ces amorces vous sert pour bâtir la trame d’une histoire d’héroic fantasy en utilisant les codes respectueusement ou en les cassant.

L’aube surprit Angelo béat et muet, mais réveillé. ( J. Giono, le hussard sur le toit)

L’aube surprit Angelo béat et muet, mais réveillé. ( J. Giono, le hussard sur le toit) . Le rêve qu’il avait fait pendant cette courte nuit de pleine lune, adossé à une meule de foin qui l’avait un peu réchauffé ne s’était pas encore évanoui…Et dans ce moment étrange du réveil, Annabella le caressait plus doucement qu’une plume, un duvet d’oisillon…Ouvrant les yeux, il s’attendait à voir son visage et sa nuque de lait, cherchait sa bouche pour l’embrasser quand il tressaillit d’effroi : là, au-dessus de lui, sur la meule de foin, le couvrant d’un regard fielleux, un énorme rapace le dominait et semblait jouer de ses ailes en une danse de murmures et de signes qui le frôlaient comme pour l’investir de pouvoirs occultes… « Où suis-je ? » Se dit-il, en s’écartant d’un bond. Le rapace, comme s’il l’avait compris, tout en ne permettant pas qu’il s’enfuie, vint planter ses serres dans ses cheveux en bataille, le blessant au point de faire couler de minces rigoles pourpres sur son front : « Ne t’en va pas Angelo, tu as été choisi, je suis venu te chercher, tu es déjà dans une autre dimension…Le soleil qui se lève ce matin et ce champ, ce foin, ne sont déjà plus ceux que tu as connus hier…Regarde, ouvre vraiment les yeux…. » Alourdi comme si l’oiseau avait pesé plusieurs tonnes sur sa tête, et écrasé de stupeur le pauvre Angelo se sentit descendre, s’enfoncer dans l’herbe, la terre du champ et soudain, aspiré dans un tourbillon lumineux, il se sentit renversé et projeté à toute allure dans un paysage à la fois proche et totalement différent du champ où il s’était endormi. Tout y était sec et doré et l’oiseau avait disparu. Se pinçant pour s’assurer qu’il ne rêvait pas, Angelo tenta de marcher, de chercher âme qui vive, animale ou humaine, dans ce curieux endroit. Peut-être avait-il été choisi par des extra-terrestres et projeté sur leur planète ??? Quelle ne fut pas sa surprise de constater qu’à chaque pas qu’il avançait, une marche venait sous son pied, puis une autre, et que l’escalier qui se dessinait au-devant de lui dans cet espace à l’air si sec et léger qu’il ne se sentait pas respirer, semblait résolument le conduire vers la Porte où lui serait révélée sa mission…De fait elle se présenta, une lourde porte en pierre ouvragée, ornée de turquoises et d’aventurines qui sculptaient sur son flanc un chemin…Conscient qu’il lui était impossible de reculer, chaque marche montée s’évanouissant après lui, Angelo se présenta ruisselant de sueur et d’angoisse devant la grande Porte. Et là l’oiseau réapparut et lui dit : « Entre donc, je te l’ai dit, tu as été choisi, tu vas rencontrer le grand maître qui va te confier la tâche la plus rare et précieuse dont aucun humain n’a jamais su se rendre capable, puisses-tu réussir » La porte s’ouvrit et Angelo perdit connaissance…

5 « Verse-moi encore un verre de slivovice » me dit Klara et je ne fus pas contre.(M.Kundera, risibles amours)

Nous sommes en Gaule vers 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée sauf un village gaulois. Klara a entendu parler d’Astérix, Obélix et les autres,mais sourtout elle veut rencontrer Panoramix. Elle veut être invitée à la réunion annuelle des druides dans la forêt des Carnutes.

Son oncle le banquier suisse Zurix lui a longuement expliqué que le druide est un personnage très important à la fois ministre du culte, théologien, philosophe, gardien du Savoir et de la Sagesse, historien, juriste et aussi conseiller militaire du roi et de la classe guerrière. Il est en premier lieu l’intermédiaire entre les dieux et les hommes. Grâce à lui, peut-être, le ciel ne leur tombera pas sur la tête. Elle doit donc absolument le trouver et lui parler.

Quant à espérer qu’il lui confie la composition de la potion magique, ce n’est qu’un rêve. Peut-être pas car il y a des années de cela, Astérix et Obélix avaient rapporté de son pays un edelweiss qui leur avait permis de fabriquer une potion qui avait rendu le contrôleur d’impôts Malosinus beaucoup plus accommodant.

Ils n’auront sans doute pas oublié ces péripéties.

Arrivant de l’Est, elle passe par Lutèce, Rotomagus (Rouen) puis enfin destination le village gaulois en Armorique. En s’approchant peu à peu, elle se méfie car les Gaulois sont réputés pour aimer la baston. Astérix, meilleur chasseur et guerrier du village est aussi le confident de Panoramix.

Elle parvient enfin à proximité du village, tout entouré de palissades infranchissables.

Sa petite troupe avance. Un guetteur les interpelle et ils demandent à voir Abraracourcix qui est le chef du village. Il faut respecter la hiérarchie.

Dès qu’ils prononcent le nom de Zurix, c’est magix et tous les gaulois arrivent pour les rencontrer.

Voici l’histoire de Klara et je suis l’un des guerriers de sa troupe qui participa au banquet qui nous fut offert.

Ce soir – là, « Verse moi encore un verre de slivovice me dit Klara et je ne fus pas contre ».

D .dou

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Ecrit en novembre 2021, 4, Avec Manon Fargetton: Quelle est la question?

Jeu 4 quelle est la question ?

Un titre intrigue :Le Livre de toutes les réponses sauf une, imaginez quelle peut être question sans réponse

Toutes les réponses sauf une ,
celle à la question que tu me poseras
au milieu de la nuit ,
installés à contempler le ciel étoilé,
lové dans mes bras , nichés dans les draps ,
et le temps s’éternisera…
Alors plus d’interrogations ni d’hésitations,
plus de réponses,
silence céleste , chaleur partagée ,
motus et bouche cousue .

HGT

On peut répondre à toutes les questions, certes pas toujours par un savoir, combien aiment tant les réponses que celles qu’on leur donne immédiatement les satisfait bien plus que celles de ceux qui répondent qu’ils ne savent pas, qu’il faut chercher, s’assurer par étude souvent longue et fastidieuse de la vérité de la réponse…Supposons un livre qui réponde à toutes les questions que les bipèdes humains sont susceptibles de poser…Pourquoi la nuit est noire, pourquoi les feuilles tombent, que fais-tu ce soir ? Ce serait une encyclopédie si on n’y attendait que du savoir, toutes les connaissances démontrées et vérifiées de notre temps…Mais un livre qui livrerait toutes les réponses sauf une, à quelle question ne répondrait-il pas ? ce pourrait-être une question particulière et contingente, tu dors ? tu aimes les fraises ? Un livre ne peut répondre de la connaissance des faits et gestes ni des goûts de chacun …Ou bien le livre qui répond à toutes les questions sauf une ne s’est pas posé la question puis-je répondre à tout comme on me le demande, comme tous le désirent ?En se réservant un blanc une réponse en suspens sans dire à quelle question il s’agit de répondre, il se défend des absolutistes garde un peu de jeu plutôt que de répondre qu’il ne peut pas répondre à tout, ni qu’on ne saurait être certain de pouvoir poser toutes les questions…Alors je suggère que la question naïve à laquelle il ne répond pas c’est : peut-on répondre à tout ?

SD

Le livre de toutes les réponses sauf une « Charly pour toujours » : qu’est-ce que toujours ? Peut-on répondre à cette question alors que nous ne sommes pas éternels. Toujours contraire de jamais 2 termes inventés, employés sans arrêt et qui ne peuvent avoir qu’une résonance tronquée pour les mortels que nous sommes. On peut dire que toujours est l’égal d’éternité mais à part la compréhension littérale du terme comment pouvons nous répondre sur un mot qui n’a pas de consistance. Alors on ment, on se ment : je t’aimerai pour toujours dit l’amoureux et c’est quoi Toujours ? Ta vie, Sa vie ? Mais une vie ce n’est pas toujours puisque nous sommes programmés pour naître, vivre et mourir. D’aucuns opposeront qu’une vie continue à travers sa descendance, ses œuvres, ses actions mais ce n’est qu’un temps donné, non ? Toujours, jamais, éternité ne sont que des images de vocabulaire employés par notre imagination pour nous rassurer sur notre existence

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Écrit en Novembre 2021, 3, avec les titres de Manon Fargetton

Jeu 3 avec les titres de Manon Fargetton

Sélectionner 5 ou 8 titres et inventer une histoire les intégrant (indépendamment des œuvres)

Camille voulait partir en randonnée dans le Sud Saharien, une idée de Bobo en mal d’exotisme, dans une vie plate où manquait le souffle de l’exotisme. Elle avait, par désœuvrement, établi une liste d’improbables voyages à accomplir : en premier, traverser l’Islande ; le suivant sur la liste : partir en randonnée, loin, loin et pendant longtemps. Mais Camille est velléitaire, presque trouillarde. Ainsi donc Camille, à l’heure de vérité, s’est dégonflée, dès l’Atlas ouvert à la page Algérie. Est-ce qu’on risque de mettre nos vies en l’air dans des voyages périlleux, dans des pays où les enlèvements de touristes se multiplient ? Même sa copine Manon (pantouflarde de première) lui déconseille cette aventure… et tout ce que dit Manon est vrai ( Manon lit la presse et se documente). Bref Camille a laissé tomber le projet d’échappée dans le Sud saharien ; elle a relancé son ex-fiancé Manuel, poète et musicien, avec qui, peut-être, elle partira camper sur l’île d’Oléron. Manel et ses mélodies secrètes sauront sûrement la faire rêver.

SR

Quand vient la vague,

nos vies en l’air

à l’heure de vérité,

La dernière seconde,

Je sais que suis

Le suivant sur la liste…

La nuit des fugitifs

Manel, ses mélodies secrètes

Puisées au souffle du vent

Se demande

Levant les yeux au ciel

A quoi rêvent les étoiles ?

Quel choix feraient-elles ?

Sur quel chemin encore invisible

Dix jours avant la fin du monde

Vaut-il mieux avancer ?

SD

Quand vient la vague « Covid » tel un tsunami, elle fout nos vies en l’air…

Elle revient aujourd’hui et l’invisible mais présent virus ne nous laisse guère le choix nous coupant le souffle en pleine rémission tel un tir de fusil sur un oiseau en plein vol.

Mais après « Covid »

Dis, quand reviendras-tu ?

Dis, au moins le sais-tu ?

Attends encore un peu et ne reviens que Dix jours avant la fin du monde

Je ne veux pas être tout de suite le suivant sur la liste !

Même si je participerais sans nul doute à la nuit des fugitifs.

S. M.

Dix jours avant la fin du monde, personne ne pouvait se douter d’un tel drame.

Quand vient la vague, il est malheureusement trop tard. L’invisible se produit au loin, à des milliers de kilomètres de là. Un goéland est happé en plein vol.

Quel est le suivant sur la liste ? Personne ne le sait, mais plus personne n’a le choix. Le petit Charly, faisant un château de sable, dos au large, est emporté pour toujours. Robin tente de plonger sous l’immense vague à la dernière seconde. Anthony, qui a vu venir l’énorme rouleau depuis le restaurant en bord de cote, prend de l’avance et s’enfuit, à cinq minutes près. Mais face à la colère de Mère Nature, personne, même le plus prévoyant ou le plus rapide, n’a survécu. À quoi rêvent toutes ces étoiles, désormais ?

LD

Le policier se penche sur ses notes et ses fiches. Il y voit plus clair en procédant ainsi qu’en travaillant avec le logiciel de son ordinateur.

Sa femme l’appelle Maigret en se moquant tendrement de ses méthodes un peu à l’ancienne. Il récapitule :

  • Anthony, à 5 minutes près, il aurait pu la tuer
  • Le suivant sur la liste, peut-être Robin à la dernière seconde : non impossible, il écarte cette piste
  • Il s’effraie de ce que pensera Camille à l’heure de vérité, si tout ce que dit Manon est vrai.

Il lève la tête, regarde par la fenêtre ouverte, les branches du cerisier en fleurs et pense à sa fille qui lui a demandé hier soir : A quoi rêvent les étoiles ?

Ddou

Ils sont Aussi libres qu’un rêve, pas de contrainte, ils ne connaissent pas le mot obligation. Leur seule obligation est les horaires du lycée, les leçons à apprendre. Leur avenir est tout tracé avec une vie facile et confortable comme celle qu’ils vivent actuellement chez leurs parents. Et puis il y a eu ces manifs pour le climat lancées en premier par Greta, jeune fille de 16 ans qui prétend que les boomers foutent Nos vies en l’air. Happés En plein vol ils ont touché l’Invisible : la Terre est au bord de l’asphyxie. Pourtant, ne voulant pas y croire ils se demandent A quoi rêvent les étoiles pendant que des hommes, des femmes et des enfants meurent de faim. Tout ceci est devenu Le Choix de ces ados devant l’Héritage des Rois- Passeurs et je leur dis : Battez – vous pour un monde plus beau et Bienvenue au Monde des Adultes.

HL

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Écrit en novembre 2021, 2, mono-vocalises

Jeu 2 : mono vocalise

Écrire un texte où vous ne vous autorisez qu’une seule voyelle

Mono-vocalise en A

Aaaaaaaa…..
Balthazar attacha la chapka à scratch, avala l’ananas, râla ,
tracassa sa maman schlass.
Ah ! Balthazar , agaçant avatar bancal sans alcazar !

HGT

La banda passa

Lara Chanta

Amanda dansa

Là-bas bras ballants, bandana à l’avant

L’agaçant Adnan valsa, s’affala…

Ah ! Ah ! Patatras ! Splash  Macadam !!!

L’avant-bras s’arracha, Pas marrant !!!

Sa maman passant par là s’alarma

Lala ! Çà va mal …. Mal….Mal

S M

La Nana chanta la Java. Nana gaga ahana, s ‘affala, la java l’aspira, l’accapara, l’affama. A » la casa « la Nana dansa quand sa maman la cassa car la java la lassa.

HL

La nana plaça papa, jazza avant la salsa, hasarda la bachata, la samba, pas de cha-cha !

SD

Mama Sara

Alla manana

Alzata, lavata

Canta, canta

La nana llarana

Papa kala

balla balla

la salsa cavalcata

balla, balla

la dansa catalana

SR

Mono-vocalise en E

Cette chère Perrette, femme fêlée perd son cheptel. Echec !

Elle cherche l’éden, recette de bettes, met d’excellence. Best-seller de mémère.

Exempte d’excès, elle revêt veste etc et fête l’été.

Ddou

– je te sers des crêpes dentelles ?

– Excédé, je jette le décret de ce dégénéré

– Empêchement ce week-end : en grève

-le ver de terre empeste les dechets ( le renfermé)

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Ecrit en novembre 2021, il( elle) me parle de toi

Jeu 1 Il (elle) me parle de toi (ou de vous):

Un objet, une trace évoque quelqu’un qui en a fait usage et que vous retrouvez

exemple :un vieux fauteuil qui porte l’empreinte de celui ou celle qui y a passé de longues heures

La trace d’un pied nu sur la plage.

À qui appartient cette empreinte ? Qu’a pensé la personne qui est passée par là avant moi ? Je me surprends encore à poser mon pied sur l’empreinte, pour voir si elle est à ma pointure. Souvent, elle est plus petite. Un enfant ! Plus grande, c’est celle d’un homme. Le premier a la vie devant lui et n’a pas connu de drame, peut-être pas encore. Tout est insouciance, jeux et rêveries ! Le deuxième est adulte et vient faire un point sur sa vie. A-t-il une femme, des enfants, un travail intéressant ? A-t-il gardé cette insouciance, l’a-t-il à jamais perdue ? On n’imagine pas tout ce que disent ces empreintes. Si elles sont régulières ou au contraire plus ou moins espacées en fonction des pensées, de ce que voit ou entend la personne à l’instant où ses orteils se posent sur le sable fin. Parfois elles continuent à l’infini ou bien elles s’arrêtent subitement, effacées par l’océan. Et pourtant toutes ces vies continuent.

LD

Lorsque je rends visite à ma cousine, dans sa vieille maison de campagne, je suis toujours attendrie par la pierre du seuil, qui raconte les pieds d’enfants et d’adultes qui l’ont franchie jusqu’à la creuser, sur tant de générations. L’évier en pierre lui aussi garde les traces des activités ménagères qui l’ont usé, teinté, rainuré, lorsque l’eau courante n’était pas encore arrivée et qu’il fallait aller chercher l’eau à la fontaine à 200 m de la maison, jusque dans les années 60.

Là, j’entends le rire tonitruant de mon père, évoquant avec ses cousines leurs souvenirs d’enfance, comme le trajet entre les deux familles qui se faisait pendant la guerre avec une carriole attelée à un cheval dont les sonnailles prévenaient le village de l’arrivée de l’équipage.

C’est le dernier lieu vivant qui me relie encore aux anciens.

Ddou

« Amical : mais il doit tremper dans votre tasse !

Pour boire faites-vous fabriquer un hanap ! »

Je suis une pièce unique fabriquée sur mesure pour mon propriétaire qui ne pouvait pas boire dans une tasse à cause d’une infirmité, une disgrâce physique qui lui attirait bien des quolibets , mais il savait clouer leur bec aux mauvais plaisants et même parfois de façon définitive…C’était un militaire, poète à ses heures maniant fort savamment la rime et capable de vous composer une ballade comme ça au débotté. Malheureux en amour il chercha consolation dans la boisson, aussi dans ces moments difficiles je lui fus d’une grande utilité et une grande complicité naquit entre nous à cette occasion, il se prit d’affection pour moi et une fois au moins il fit allusion à mon existence dans une de ses plus célèbres tirades. Il finit par se persuader qu’il ne pourrait plus se passer de moi et de mes services y compris dans l’au-delà c’est pourquoi il exigea qu’on me mît dans son cercueil à l’heure de son trépas.

F.V.

l me parle de vous « Mon éléphant »

Depuis la mort de mes parents il ne m’a pas quitté, il est posé sur mon buffet et regarde la fenêtre : C’est devenu « mon éléphant » et tous les jours je le regarde et je pense à mes parents : C était un cadeau qu’ils avaient eu pour leur mariage on leur avait dit qu’un éléphant dans une maison cela porte bonheur à condition qu’il ait la trompe en l’air. C’est sûrement vrai car ils ont vécu 63 ans d’amour, de joie et de prospérité. Quand ils sont partis, c’est la seule chose que je voulais car cet éléphant a accompagné toute ma jeunesse et surtout les dix premières années d’enfant unique passées en Algérie: je l’ai toujours vu, jour après jour sur le buffet de leur salle à manger, toujours présent malgré de nombreux déménagements.

Il a donc 1 an de plus que moi et si lui n’a pas pris de rides, il a cependant quelques ébréchures peut-être d’ailleurs représentent- elles les blessures laissées par la perte d’un être cher, ce en quoi il me ressemble. J’ai dû un peu lui ravaler la façade….mais qu’’importe je l’aime tel qu’il est et il trône dans ma propre salle à manger me rappelant à chaque instant mes parents. Vous trouverez peut-être cela idiot mais je lui parle quelquefois. Il a participé à tant de repas de famille, de réveillons de fêtes c’est le témoin infaillible du bonheur que j’ai connu avec mes parents et il poursuit son rôle d’observateur de ma propre vie.

J’espère de tout cœur que lorsque je ne serais plus là, ma fille le prendra avec elle et lui gardera une place de choix chez elle car je suis sûre qu’il lui apportera la sérénité dans sa maison.

S.M.

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Ecrit en octobre 2021, jeu 3, avec les mots d’un autre

Jeu 3 : Avec les mots d’un autre

Choisissez un vers parmi ces quelques vers d’Apollinaire ; Vous développerez un texte commençant par le premier mot et se terminant par le dernier et dans lequel les autres mots apparaîtront dans l’ordre.

– Nous regardions longtemps les villes riveraines

– Les pétales flétris sont comme ses paupières

– Il faut ce soir que j’assassine

– J’ai hiverné dans mon passé

– Que je m’ennuie entre ces murs tout nus

– Une vieille paire de chaussures jaunes devant la fenêtre

– A la fin tu est las de ce monde ancien

– J’ai hiverné dans mon passé

J’ai longtemps été persuadé que seuls certains animaux s’engourdissaient dans un
demi-sommeil en hiver. Mais il faut bien le reconnaître moi aussi j’ai hiverné
car, comme tout être humain, j’ai gardé bien enfoui dans mon cerveau un repli
de ma mémoire où dorment des images du passé.
J.Z.

–A la fin tu est las de ce monde ancien

A la fin du mois c’était toujours la même chose, les mêmes sujets de conversation qui revenaient lors de ces repas de famille-familles recomposées, décomposées, monoparentales voire homoparentales. Ces repas qui n’en finissaient pas autour de la plâtrée de pâtes de chez Lidl seule nourriture consistante que nous permettait le RSA en fin de mois. Mais à nous voir si nombreux rassemblés et partageant sans chichis les macaronis du Secours Populaire on aurait pu voir en nous une vivante représentation de cette formule qui résumait si bien l’esprit qui régnait sur les rond-points où nous nous étions retrouvés tous les samedis durant cette année 2019 juste avant la grande pandémie : « Fin du mois début du nous. » On s’y retrouvait aussi en semaine sur les rond-points enivrés de notre succès- n’avait-on pas fait vaciller le pouvoir?ou à tout le moins les certitudes et le mépris de ce jeune président si arrogant ? Pourtant le mouvement s’était effiloché, on s’était divisé, démobilisé au fil du temps. «  Au début tu es là tous les jours, disait Jérémy, mais à la fin tu finis par être las carrément… » Oui nous les gars de la périphérie, on était sortis de la zone de relégation et marginalisation convergeant d’un même mouvement vers le centre où la la brutalité mutilante et énucléante nous avait vite fait comprendre qu’il ne serait pas si facile que ça de venir à bout de ce monde ancien.

FV

  • Une vieille paire de chaussures jaunes devant la fenêtre.
  • Une année je décidais de repartir en voyage très loin accompagnée d’une vieille amie. Cela faisait très longtemps que nous n’avions pas voyagé ensemble. Pourtant que de souvenirs où à chaque fois nous faisions la paire dans nos aventures. Je contrôlais mes chaussures en attendant son arrivée. Elles étaient encore parfaites malgré les marques jaunes dues au vieillissement. Je me mis à les raviver en m’asseyant devant mon pas de porte. Après plusieurs minutes le résultat fut assez probant. Elles seraient parfaites pour cette fois-ci. Je finissais de boucler ma valise quand j’entendis : « Alors prête pour notre nouvelle aventure ?

C’était Aline à la fenêtre.

H.L.

Une vieille maison blottie au bord du canal me faisait un large sourire avec sa porte largement ouverte, et sa glycine comme une opulente chevelure.

Une paire de gants près d’un panier et d’un sécateur attendait la cueillette prochaine, sans doute des roses qui dodelinaient tout près. Une silhouette, chaussée de chaussures jaunes surmontée d’une gracieuse capeline apparut devant la fenêtre.

DDou

Il faut ce soir que j’assassine

Il faut. Vous devez. Je n’en peux plus de ces injonctions. Pas vous ?

Elles nous enferment dans des exhortations et des obligations.

Je ne veux plus. Je n’en veux plus. Hors de ma vue, hors de mes oreilles, hors de mes yeux.

Aussi ce soir, je rêve et décide que ces mots, je les assassine.

DDou

Il faut ce soir que j’assassine

Il faut absolument que je termine mes jeux d’écriture ce soir. J’ai promis à Dominique que je continuerai à participer une fois partie, ce n’est pas pour me défiler dès le premier mois ! Sinon Dominique m’assassine…

L.D.

Il faut ce soir que j’assassine

Il faut que je reconnaisse ma légèreté. Mais soyez indulgent : j’arrive à la ville pour faire mes études. Je suis enfin libre…enfin, je le serai bientôt parce que pour l’instant ma chambre d’étudiante n’est pas disponible et, ce soir, L’oncle Paul et ma tante Monique ont accepté de m’héberger.

Ma tante refuse mon aide, aussi, en attendant le repas, j’explore l’appartement dans la lumière tamisée des persiennes. 9A sent la cire, les meubles cossus se détachent des lourdes tentures. Au milieu de la pièce trône un grand piano dont la laque miroite dans la pénombre. Mes doigts aimantés, s’approchent du clavier et restent un moment en suspens. Je ne résiste pas…une note, une seule…puis deux… enfin mes doigts courent sur le clavier joyeusement et forment des accords qui m’enchantent. Je n’entends pas les pas de mon oncle, juste sa voix de stentor exaspérée, qui brise à jamais mes élans de composition et d’interprétation en clamant que c’est Mozart que que j’assassine.

ddor

Ecrit en octobre 2021, jeu2 anagrammes

Jeu 2 : Anagramme

Ce n’est pas un jeu facile mais il peut donner des résultats étonnants. Vous partez d’un nom d’écrivain ou d’un titre de roman, d’un chanteur ou d’un titre de chanson et en mélangeant les lettres vous obtenez un autre mot ou une autre expression. Ensuite vous écrivez un court texte reliant ces deux mots ou expressions.

Pour le plaisir je vous livre quelques exemples trouvés par Karol Beffa et Jacques Perry Salkow dans « Anagrammes à quatre mains », sur le thème de la musique :

– La vie en Rose (E. Piaf) Si on a rêvé

– Boléro de Ravel Le rodéo verbal

– Debussy , la mer Mur de l’abysse

– Orange Mécanique Menace organique

– Que reste-t-il de nos amours (Trenet) Très romanesque solitude

Charles BAUDELAIRE : beau lilas de Charre (64)

Charles AZNAVOUR : Ara, lâchez -nous

Georges SAND : Grande gosse

S.P.

Louis Ferdinand Céline

Léonidas fin incrédule

DDou

Contrairement à ce que tout le monde pense BENABAR s’appelle Bruno et non Barnabé ( peut-être son nom de famille …)

RACINE voyant interpréter Le Cid par une femme RICANE dans son coin

M.P.

GILBERT MONTAGNÉ

Il gagne Norbert.
En effet, je trouve qu’il chante mieux (que Frédéric Norbert, chanteur, acteur et danseur) !

L.D.

  • REGINE : neiger
  • ERIC ZEMMOUR : cime mourrez !
  • EMMANUEL MACRON : ce roman mêla un M

HL

« Le chevalier au lion  » = Le chenal au voilier .

HGT

Pierre Loti fit de sa maison un territoire exotique où il rassembla et réinventa des lieux des siècles passés ou d’un orient mythique. Il en était le roi pitre

Guillaume Apollinaire . Poète des villes, il sut trouver un écho au plus profond des bois : Le goupil lunaire l’aima

D.Dor

Ecrit en octobre 2021: jeu1 Moi je suis contre

Jeu 1 Moi, je suis contre :

le sport / les vacances / Les gens qui portent des lunettes de soleil/ la lecture/ manger dehors.

Choisissez un de ces thèmes pour vous défouler et convaincre votre auditoire

Moi je suis contre…

Les vacances. Le mot déjà évoque la vacuité, le désœuvrement, le creux, le vide.

Rien à faire, rien, nada. Mais quelle horreur !

Une bonne journée, c’est une journée pleine de rendez-vous, de tâches à accomplir, de bruits, de déplacements, de rencontres. Une page vierge sur l’agenda, non. Alors, plusieurs pages vides, encore moins. Je refuse.

« Que vais-je faire de tout ce temps ? »

Aucune envie de me retrouver face à moi-même. Je ne suis pas suffisamment intéressant. Ma compagnie ne me suffit pas, même dans un sublime paysage.

L’esprit s’amollit. Les lieux agréables se remplissent de personnes qui déambulent sans but précis. Quelle perte de temps et d’énergie ! Se déplacer oui, mais dans un but et vers un but précis, pas n’importe où et n’importe comment.

Les troupeaux humains errent puis font halte selon l’heure et la météo, devant une mangeoire-fast-food ou glacier.

Quant aux vêtements portés par les vacanciers, je les trouve consternants.

Trop courts, trop voyants, presque uniformes quels que soient l’âge et la morphologie. Une offense à l’esthétique. Je déteste aussi ceux qui portent des lunettes de soleil le matin de bonne heure et le soir, après le coucher du soleil, comme un accessoire de mode indispensable à leur statut.

Je suis pour l’abolition des vacances. Je vais le suggérer aux candidats pour 2022.

Ddou

LE SPORT PARCE QUE :

  • On transpire,
  • On est obligé d’être régulier pour progresser,
  • Ça ne rend pas plus intelligent,
  • Il y a toujours des plus forts que soi,
  • On est envahis d’images de sportifs beaux, jeunes et musclés,
  • On est dans une société hygiéniste,
  • On ne peut pas prendre un apéro lorsqu’on le souhaite,
  • On mange plus de légumes que de plats mitonnés,
  • Ça ne fait pas rajeunir.

LES VACANCES PARCE QUE :

  • C’est un mode de consommation,
  • On se retrouve tous au même endroit au même moment,
  • On est obligés de sourire et montrer la joie des vacances aux amis,
  • On croit tout oublier de nos emmerdes,
  • Il faut partir de chez soi,
  • Il faut rentrer chez soi.

LES GENS QUI PORTENT DES LUNETTES DE SOLEIL PARCE QUE :

  • C’est le look à la mode,
  • Le porteur de lunettes qui vous adresse la parole sans les enlever est un grossier personnage,
  • Les lunettes portées sur la tête en guise de bandeau ou derrière le crâne sont ridicules,
  • Inutiles portées par n’importe quel temps ou période de la journée,
  • L’emoji lunettes de soleil au bas des SMS n’est pas compris par tout le monde.
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Ecrit pour septembre 2021 : jeu 3 Lipogramme

Jeu 3 : lipogramme

Vous prenez le refrain , y ajoutez si vous voulez un couplet , d’une chanson que vous aimez et en faites un lipogramme en vous interdisant la voyelle de votre choix.

A savoir si nous la reconnaîtrons…

Jeu 3 : Lipogramme (Lettre A)

COUPLET
On va s’aimer, à toucher le ciel

Nous nous éprendrons, comme si nous touchions le ciel


Se séparer, à brûler nos ailes

Nous éloignerons, tellement que nous brûlerons nos plumes


Se retrouver comme les hirondelles

Nous retrouverons comme les hirondelles


On va s’aimer, tellement tu es belle

Nous nous chérirons, tellement tu es belle


On va jeter les clés d’la maison

Nous jetterons les clés de notre logis


On va rêver à d’autres saisons

Nous rêverons de futurs printemps


On va quitter ces murs de prison

Nous quitterons ces murs de prison

REFRAIN

On va s’aimer

Nous nous enticherons


Sur une étoile, ou sur un oreiller

Sur une étoile, ou sur un oreiller


Au fond d’un train, ou dans un vieux grenier

En une locomotive, ou en un vieux grenier


Je veux découvrir ton visage où l’amour est né

Je veux découvrir ton minois où le feu est né


On va s’aimer

Nous serons fous de nous


Dans un avion, sur le pont d’un bateau

En un Boeing, sur le pont d’une gondole


On va s’aimer, à se brûler la peau

Nous nous embéguinerons, nous en brûlerons notre épiderme


À s’envoler, toujours, toujours plus haut

Nous nous envolerons, toujours, toujours plus élevé


Où l’amour est beau, oh, oh, oh, oh, oh

Où le coup de foudre est mignon, oh, oh, oh, oh, oh

L.D

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Ecrit pour Septembre 2021: jeu 2 conversation téléphonique

Jeu 2 Interlocuteur inattendu

Inventez une conversation téléphonique dans laquelle vous, ou votre interlocuteur /interlocutrice êtes pris pour un/une autre et les confusions qui s’en suivent.

Allo Olga ?

Ah c’est pas mal Olga, mais je suis Edgar

Olga ?

Non Edgar, Olga n’est pas ici

Oh pardon, j’entends mal avec ce téléphone, il coupe un mot sur deux. Seriez-vous un amid’Olga ou son compagnon ? Cela fait très longtemps que nous nous sommes perdues de vue et par chance j’ai retrouvé son numéro dans un vieux calepin que j’avais égaré…

J’entends bien madame, mais ce numéro est le mien et il n’y a jamais eu d’Olga sous mon toit, vous faites erreur

Oh ça alors, excusez-moi, je suis déçue, ça veut dire que je ne vais pas pouvoir la retrouver….Par hasard, elle faisait du théâtre et adorait les cours de danse de salon… Elle est peut-être encore à Niort, c’est une grande brune aux yeux verts à Niort, ça ne vous dit rien ?

Ben non, je ne peux rien pour vous, j’aimerais bien aller promener mon chien qui s’impatiente…

Oh pardon, pardon, je raccroche, excusez-moi mais si par hasard vous voyiez une piste, ayez l’amabilité de me rappeler…vous avez mon numéro affiché…

C’est ça !!!

Ils raccrochent ensemble, confusion et agacement….

S.D.

– Bonjour,

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