feuilleton 2024 2025 village cherche habitants / premières impressions

Premières impressions

– L’arrivée des Mercier chez les Marty

Point de vue de l’hôtesse, Nadia

Voici enfin le jour J. J’attends avec impatience la famille Mercier, un veuf avec deux ados, m’a-t-on dit.

Depuis le perron de l’entrée, Léo à mes côtés, je scrute l’allée en pensant à ce que je vais leur dire dès les premiers instants, lorsque j’aperçois leurs silhouettes se détacher au fond du sentier.

  • Ils arrivent, cria Léo tout excité.

Je vais à leur rencontre le cœur battant.

  • Bonjour, dis-je d’un ton peu assuré. Bienvenue chez nous et dans notre village.

Un silence s’installa entre nous. Nos regards se croisèrent, gênés et intimidés.

  • Je m’appelle Nadia et je vous attendais avec impatience. Entrez donc, j’ai fait du café et un gâteau et il y a des jus de fruit pour les enfants
  • Merci, c’est gentil à vous me dit-il après quelques secondes d’hésitation. Moi c’est Stéphane et voici Julia et Alexandre.
  • On n’est plus des enfants me dit Alexandre en me regardant droit dans les yeux.
  • Venez vous mettre à l’aise. Nous nous occuperons de vos affaires plus tard.

Ils rentrèrent. Alexandre, adolescent curieux et intelligent découvrait le salon avec ravissement. Julia ne disait rien, le regard noir rivé sur son portable, le visage fermé. Elle n’avait pas l’air très contente d’être ici.

Après nous être restaurés, je leur fis visiter la maison avec Léo pour guide puis ils prirent possession de leur chambre respective.

  • Vous avez une très belle maison, me dit Stéphane et un joli parc.
  • Nous l’habitons depuis dix ans déjà. Elle est grande et confortable.

Je leur proposai alors de faire un tour dans le village en attendant le retour de mon mari.

Alexandre et Julia ne voulurent pas venir. Au retour je préparai le dîner. Stéphane voulut m’aider.

Il est très sympathique et fort séduisant malgré son air absent, pensai-je en rougissant légèrement, transportée de joie.

Après les présentations avec mon mari un peu froid et distant à mon goût, nous passâmes à table. Stéphane appela ses enfants. Alexandre arriva aussitôt mais Julia se fit attendre. Son père alla la chercher dans sa chambre en râlant après elle.

  • Elle est gentille mais un peu rebelle, nous dit-il gêné.

Il revint quelques instants plus tard, inquiet. Elle n’était pas dans sa chambre et il ne savait pas où la chercher. Nous l’appelâmes, nous partîmes à sa recherche dans toute la maison, dans le parc et dans le village. En vain. Elle avait disparu.

____________________________________________________________________

Antoine Coustou chez Jean et Mariette Tollis

Castelvielh fin octobre

Je suis arrivé il y a deux jours au village. Le voyage a été un peu difficile. D’abord le train puis un bus qui s’est traîné jusqu’à Castelvieilh. Enfin, j’exagère un peu mais mon rythme de citadin surexcité n’a plus l’habitude de cette lenteur relative. J’ai pourtant apprécié de traverser des villages figés dans les temps anciens, des châtaigneraies, des jardins en terrasse, partout. J’ai découvert que ces terrasses se nomment joliment bancels ou faïsses.

Jean et Mariette Tollis m’attendaient sur la place du village. Je devrais plutôt dire Mariette et Jean. Mariette est toujours devant, finit les phrases de son mari, parle, s’agite du matin au soir. Nous nous dirigeons vers une petite maison rustique, coiffée d’un toit de lauzes et flanquée d’un four à pain. Mariette m’explique qu’il s’agit d’une ancienne bergerie qu’ils ont entièrement restaurée et réaménagée lorsqu’ils ont pris leur retraite. Nous entrons dans une grande pièce salon, salle à manger cuisine. C’est simple mais coquet et accueillant comme eux. Juste un petit couac lorsque nous montons vers les chambres. J’ai oublié de prendre des pantoufles et Mariette, très fière de ses parquets cirés me laisse entendre que cela la contrarie un peu.

Un petit tour à la supérette me permettra peut-être de trouver une solution, sinon je resterai en chaussettes.

Retour au rez de chaussée, petit coup de Castagnole, sorte de vin de Noix maison.

Ensuite, c’est une avalanche de questions, un feu croisé d’interrogations sur mes intentions, mon parcours d’écrivain. Ils ont cherché sur Google mais ils sont restés sur leur faim. Je ne suis pas assez célèbre pour y trouver beaucoup d’informations.

Le dîner (Soupe à l’oignon doux, poulet rôti, purée maison, pélardon et crumble au miel de châtaignier) se déroule dans un climat détendu. J’essaie de donner une bonne image de moi et de mes projets. Mes hôtes seront déterminants pour mon avenir et j’ai vraiment envie de m’installer ici.

Le lendemain, rencontre avec Madame le Maire et les autres candidats habitants flanqués de leurs familles d’accueil. Un apéritif nous est servi sur la place du village : échanges de questions – réponses. Avec Tony et Jeanne, c’est presque un coup de foudre amical. Jeanne, la bibliothécaire a eu la curiosité de lire mon dernier livre, ce qui me flatte. De plus, nous nous rendons rapidement compte que nos goûts littéraires et cinématographiques sont très proches. Marie Ange Cassou, amie de mes hôtes, nous rejoint. Elle aussi veut découvrir qui je suis. LesTollis l’ont certainement missionnée pour me cuisiner. Je réponds au mieux : ma famille, mes racines plus anciennes dans la région, du côté de Saint Germain de Calberte…

Les enfants se sont déjà trouvés des copains dans le village et courent autour de nous. Les ados affalés sur un mur, tripotent leurs téléphones en se lançant des regards furtifs et en sirotant des boissons colorées. Nous visitons ensuite le village, ses commerces, sa bibliothèque. Les maisons serrées les unes contre les autres, dégagent une impression de force et de sérénité même si je me demande ce qu’il en est au cœur de l’hiver ou même lors des épisodes cévenols.

Nous sommes ensuite réunis pour une mini-conférence qui va nous résumer l’histoire du village et de la région. La journée se terminera par un buffet gargantuesque. Entre-temps, j’ai enfin pu acheter d’horribles charentaises qui me grattent les pieds mais m’ont valu un sourire irrésistible de la part de Mariette.

C’est au petit déjeuner du deuxième jour que je perçois une petite crispation. Les Tollis sont moins bavards qu’à l’habitude. La Comtoise égrène ses coups dans le vide du silence. Que se passe t’il ?

Mariette a longuement parlé avec son amie Marie Ange (ancienne secrétaire de mairie) à qui j’ai confié la veille une partie de mon arbre généalogique. Il en ressort que mon arrière-grand-père aurait été au cœur d’une sombre histoire dans la vallée voisine. De quoi s’agit-il ? Est-ce une erreur ou bien je suis passé à côté d’un secret de famille ? Je vais multiplier les rencontres dans le village et les échanges avec ma famille pour essayer d’y voir plus clair.

_________________________________________________________________

Point de vue de FaustineLadour

Fiona , ma chère jumelle .

Nous voilà arrivés . Dimanche matin , à Castelvielh . Tu dois être

impatiente de connaître mes premières impressions ,aussi vais-je te les livrer de suite .

Dans le train de nuit ,je n’ai pas beaucoup dormi . Le fait de partager un espace si réduit avec des inconnus m’importunait un peu . Au terminus , nous attendaient nos hôtes .

Ils étaient souriants et visiblement contents de faire notre connaissance .

Nous avons pris un petit déjeuner au buffet de la gare .Olivier nous a très vite mis à l’aise en nous parlant de sa région qu’il aime tant et notamment de son village qu’il administre depuis de nombreuses années .

Figure-toi que la rivère qui coule au pied du village porte le même nom que nous « Ladoure » avec un « e » en plus ! C’est un signe , non !

Nous sommes confortablement logés et en plus , sommes plus ou moins en autonomie .En effet , la famille Marchal dispose d’un petit appartement, indépendant mais adossé à la maison principale , de manière à pouvoir

héberger les remplaçants du docteur quand la famille s’échappe .

Aujourd’hui , évidemment nous allons partager les repas ensemble . Mais à partir de demain , il faudra organiser notre semaine .

Une voiture et des vélos sont à notre disposition .

Le cadre est enchanteur et comme tu t’en doutes notre premier ravissement a été l’ambiance sonore des lieux : silence ou pépiement des oiseaux ou bruissement des feuilles ou chant d’un coq au loin .

Alban est lui aussi sous le charme .Ses yeux brillent et il a ce petit air malicieux qui ne trompe pas .

Nous avons déballé nos affaires .

Je vais faire un brin de toilette et nous irons rejoindre Olivier et Clotilde .

Je te tiens au courant de nos prochaines découvertes .

Bisous verdoyants .

Faustine .

____________________________________________________________________

Journal intime de Miléna Tomasi, 14 ans

Le 21 octobre. 

Cher journal, 

La famille invitée par mes parents est arrivée ce week-end… Je flippais énormément de ce moment, depuis que mes parents se sont proposés pour accueillir des inconnus sous notre toit. Quelle idée de m… J’ai tout essayé pour les faire changer d’avis. Que ce serait pas bien pour mon année de 3e, que je dois préparer le Brevet de manière calme et sans perturbation, que j’ai aussi mes cours de théâtre avec la prof de théâtre, Madame Anne Cristina. Et mes cours de volley, aussi ! Mais ils m’ont dit que c’était que 2 semaines et que ça allait tous nous ouvrir aux autres. Que ce serait une superbe expérience pour tout le monde. Tu parles ! 

Continuer la lecture de « feuilleton 2024 2025 village cherche habitants / premières impressions »

Ecrit en septembre 2024 Métagramme

métagramme

amusez vous à écrire une suite de mots (10 au moins) qui s’enchaînent en changeant une seule lettre

ex:Paris, maris, pâtis,patin, matin, mutin, butin, lutin, latin, lapin…

Pas si évident…

Boîte boire poire, paire taire faire faîte fuite cuite cuire luire.

D.L.

valade, balade,salade, malade, manade … puis deux suites possibles

– panade, parade, parage, garage, gavage, lavage.

– ménade, ménage, minage, vinage, visage,virage, cirage.

F.V.

Sali, pali, pari, mari, sari, tari, tapi, papi, pipi, pili, poli, polo, colo, solo, molo, moto, toto, loto, voto, volo, vélo, veto, vêtu, velu, vécu, sécu.

H.L.

Boule, poule, coule, soule, seule, veule, meule, merle, perle, perte

Dodou

Livre Vivre Vitre Pitre Mitre Nitre Notre Votre Voire Poire Loire Luire Cuire Cuite Quite Quete Quote Quota

Porte Morte Morne Marne Marie Carie Carte Carde Harde Hardi Mardi Pardi Parti Parte Porte

MP

Vivre, vibre, libre, livre, lèvre, levée, rêvée, rivée, risée, rosée, posée, poste, porte, perte, verte, verre, Terre

DoDor

râle-pâle-cale – rôle – rode -rade- rame- râte- mate-mâle- sale- râpe

B.H.V

chair, craie, acres, sabre, arbre, barde, bande, lande, laide, dalle

H.G.T

Ecrit en Septembre 2024 jeu 2: moi aussi j’ai fait du sport

Moi aussi j’ai fait du sport :

Prenez un personnage célèbre, réel ou de fiction dont on n’attend pas de prouesse sportive  et racontez à la première personne sa pratique d’un sport à un moment de sa vie.

Depuis mon arrivée en France pour mes épousailles avec le futur roi Henri II, je joue au jeu de paume.

J’adore épater la galerie dans le tripot de La Sphère rue vieille du Temple à Paris.

J’ai commencé à pratiquer ce sport avec pour seul accessoire un gant de cuir. J’en ai toute une collection !

Au début, je jouais à la longue paume, en extérieur. Mais ça, c’est pour les gueux !

Désormais je joue à la courte paume, c’est à dire en intérieur et sur un terrain plus petit.

De plus, la raquette a fait son apparition. Je frappe donc dans l’esteuf sans douleur et avec bien plus d’élégance.

Seuls les paysans jouent avec la paume : jeu de main, jeu de vilain !!

Mes longues robes enveloppant mon vertugadin entravent mes pas et réduisent ma course, mais je reste redoutable ! D’ailleurs, mon hérétique gendre qui a eu l’outrecuidance de me défier a tâté de mes revers puissants et a paumé la partie.

Je suis reine de France, et reine du jeu de paume !

QUI ? Catherine de Médicis

C .

Plus connu pour mon catogan et mes excentricités, j’ai pourtant fait du sport durant ma jeunesse.

J’adorais parcourir à cheval notre vaste domaine de Bissenmoor. J’ai aussi fait de la voile lorsque nous habitions Hambourg. Hélas, lorsque nous sommes venus habiter Paris dans les années 50, je n’ai plus trouvé ni le temps ni l’envie de pratiquer ces activités. Mais je me suis toujours contraint à un certain nombre d’exercices journaliers afin d’assurer une certaine rigueur à ma silhouette. J’ai ainsi perdu 40 kg afin de pouvoir porter les tenues crées par mon ami Edi Slimane pour Dior.

Avez-vous trouvé mon nom ? Ma chatte Choupette est aussi connue que moi.

QUI ? Karl Lagarfeld

Dodou

Les jeux Olympiques !Toutes ces médailles! Cela me donne le tournis !Il faut se montrer à la hauteur !Demain ,je commence la gym…une demi-heure tous les matins et le soir le tour du pâté des maisons au pas de course .Etirer le dos ,lever les bras le plus haut possible ,tourner la tête à droite , à gauche ,faire quelques paires de  ciseaux pour garder le ventre plat (heureusement ,quand je présente le JT ,je suis derrière un bureau ,rien ne se voit…)Ouf !Seulement un quart d’heure de ce « cinéma » et je suis épuisé! Demain ,je reçois la médaille d’or du surf ,je vais devoir me montrer à la hauteur ,comme si je glissais divinement sur les vagues, en plus il est magnifique avec ses yeux d’un bleu polynésien ,et moi qui maintenant doit teindre mes cheveux pour garder mon poste…

QUI ? Laurent Delahousse ?

B.H.V.

Continuer la lecture de « Ecrit en Septembre 2024 jeu 2: moi aussi j’ai fait du sport »

Ecrit en Juin 24, jeu 3, liste

Jeu 3 : Liste

5 fois : Tant de… + positif

5 fois : Tant de + négatif

Tant de milliardaires Tant de misère

Tant de réseaux sociaux Tant de solitude

Tant de livres publiés Tant de textes ratés

Tant de pluie revigorante Tant d’inondations dévastatrices

Tant de chanteurs médiatisés Tant d’artistes méconnus

Tant d’émotions Tant de tristesse

D.Dou

Tant de beauté Tant de laideur

Tant de sagesse Tant de mensonges

Tant de grâce Tant de sauvagerie

Tant d’amour Tant de haine

Tant de bienveillance Tant de malveillance

D.L.

Tant de fiancés Tant de bêtise

Tant de courage Tant de connerie

Tant de sobriété Tant de trop plein

Tant de simplicité Tant de médiocrité

Tant de cousins Tant de choses inutiles

S.R.

-Tant de raisons d’espérer!

-Tant de bonheurs inespérés!

-Tant de rencontres merveilleuses!

-Tant de peurs évitées!

-Tant de chances inexpliquées!

-Tant de soucis qui s’empilent!

-Tant d’occasions manquées!

-Tant d’amis disparus!

-Tant d’injustices inexpliquées!

-Tant de guerres qui perdurent!

B.H.

Tant de gestes à apprendre pour apprivoiser sa main Tant de livres à lire Tant de plantes, d’animaux à découvrir et voir vivre Tant d’amitiés à partager Tant d’amour à ne pas laisser passer Tant de causes à défendre
Tant de choses qu’on n’aura pas le temps de découvrir et d’apprendre Tant de paroles inutiles Tant de mots blessants Tant de drames subis Tant d’injustices à dénoncer Tant d’amis perdus tant de solitude

D.Dor

Ecrit en juin 2024, jeu 2, la vérité au fond du sac

Jeu 2 : la vérité sort du sac

en séance, chacun sort au hasard un objet de son sac. On en fait la liste :

un mètre, des cachous Lajaunie, du baume à lèvres, des sur-lunettes de soleil, une lampe torche, une gourde panthère

cet ensemble donne les clés d’une énigme  au choix :

– Qui a tué la vieille dame?

– Qu-y aura-t-il à manger ce soir ?

– Madame X. a une double vie

___________________________________________________________________________

Claudine a tout essayé, mais son problème persiste encore…

Elle a commencé par s’appliquer du baume à lèvres. Elle a choisi celui à la fraise, l’un des plus odorants. Cela n’a pas marché.

Elle s’est ensuite procuré des cachous Lajaunie sur Internet, elle avait vu cette vieille pub sensuelle des années 80. Si cela marche sur une aussi jolie femme, pourquoi pas sur une aussi moche qu’elle ? Bah non. Finalement, après essai, ça ne doit fonctionner que sur les canons…

Par la suite, Claudine a acheté un mètre qu’elle a accroché à sa boucle de ceinture, et qu’elle a tendu sur une longueur de 1m devant elle. Distance de sécurité avec autrui, comme à l’époque du Covid ! Mais pas pour les microbes, pour ses propres cellules buccales odorantes. Ainsi son interlocuteur évite de trop s’approcher d’elle et ne peut soupçonner son problème. Comme elle avait quand même l’air idiot à se promener de la sorte avec son mètre tendu devant elle, elle s’est acheté des sur-lunettes de soleil. Malin, pas de risque d’être démasquée ! Et pour ne pas que les gens la regardent trop, elle arbore désormais une gourde panthère à la main. Elle se persuade que tout le monde se focalise sur cet objet sauvage et non pas sur elle. Afin d’entretenir encore le mystère sur sa personne, et de passer pour une femme sexy (ce qu’elle n’est absolument pas, mais chut). Manque de bol, tout le monde la reconnaît et se moque d’elle : de sa gourde vulgaire, de ses sur-lunettes de soleil les jours de pluie, de son mètre vissé ridiculement à sa ceinture. Les gens ont eu tôt fait de découvrir le pot-aux-roses : Claudine sent mauvais de la bouche ! Elle ignore ce qui les fait le plus rire : son problème d’haleine, ou bien tous ses stratagèmes pour camoufler celui-ci ?

Désormais, Claudine fuit toute interaction humaine et se promène la nuit, munie d’une lampe torche. Sachant qu’elle ne peut plus rien manger sans que son haleine fétide ne revienne au galop, une énigme se pose. Qu’y aura-t-il à manger ce soir ?

L.D.

En cette fin de journée très ordinaire, Madame X, concierge de son état, regarde à travers la fenêtre de sa salle à manger l’agitation de la rue.

Elle aperçoit au loin, se rapprochant à petits pas, Monsieur Armand, le locataire du 3ème, qui ne lui adresse jamais la parole. Son amie Madeleine pousse la porte d’entrée et va bientôt sonner chez elle mais aujourd’hui Madame X ne lui ouvrira pas. Elle est trop occupée, une mission très importante l’attend.

Elle sort en catimini, s’introduit sans bruit dans la rue et accélère le pas.

Continuer la lecture de « Ecrit en juin 2024, jeu 2, la vérité au fond du sac »

Ecrit en Juin 2024 jeu 1, texte à amorce et à fin imposés

jeu 1 : texte à amorce et à fin imposées

Vous commencez par une de ces trois phrases :.

– Les bois étaient tout recouverts de brumes basses (Patrice de la Tour du Pin)

– Comme les maisons étaient claires (Gilbert Lely)

– Si tu parles aux murs, fais attention, je te préviens, fais attention (Guy Luis Mano)

Et vous terminez par une de ces trois phrases :

– Et tous les rails mènent ailleurs ( Guy Luis Mano)

– Il faut voir les hommes de loin ,dit le sage( Pierre Morlhange)

– Tout cela se perdit comme un secret le jour (Aragon)

__________________________________________________________________________

Continuer la lecture de « Ecrit en Juin 2024 jeu 1, texte à amorce et à fin imposés »

Ecrit en Mai 2024, jeu 1 lipogramme, un repas sans A

jeu 1 : lipogramme : repas sans « a »

Raconter un repas sans utiliser la voyelle « a » : soit un menu commenté, soit le déroulement d’un repas.

HÔTEL DES FINS GOURMETS

Le serveur nous porte en premier une soupe de fèves suivie d’un rôti de porc complété de ses petits légumes puis pour terminer un Bleu de Gex et enfin un dessert fruité. Cet intermède en présence de généreux convives se nomme le Bonheur.

H.L.

Mini, mini, tout est mini dans ce menu menu.

Quelques gouttes de velouté

Bouchées de bœuf – mini légumes

Petit pot de crème

Un soupçon de liqueurs

Menu d’Escoffier commenté

Melon gingembre Trop épicé

Sole bonne femme Sexiste

Fruits de serre Et l’écologie ? Muris dehors, c’est mieux.

Soufflé victoire Un soufflet historique ?

Trop, trop, trop excessif !

D.Dou

Pour l’entrée ,des blettes citronnées et poivrées ,tout juste sorties de terre ,vient ensuite le poulet du week-end sur son lit d’oignons du printemps ,bien cuit, enrobé de petits pois cueillis dès la pointe du jour : une merveille !

Que dire du bol de semoule piquetée de cerises que les merles  ,trop pressés ,n’ont point pris le temps de picorer !

Et pour finir ,une liqueur dégustée délicieusement

B.H.

Entre voisins

Mes chers voisins, nous vous invitons ce soir pour déguster un met délicieux que je concocte exceptionnellement pour vous.

Le dîner comprend : œufs brouillés, poulet riz curry ou pommes de terre rissolées, coupe de fruits exotiques sur un lit de sorbet menthe/poire, le tout servi d’un vin rouge précieux déniché en Corse. Le thé vert ou noir peut vous être proposé en option. Vous choisirez.

J’espère que vous serez contents de cette soirée entre voisins qui se veut une fête improvisée entre nous. Nous comptons beaucoup sur vous, vous serez comblés et vous désirerez revenir, j’en suis sûre.

Les invités se pointèrent vers vingt heures trente et cette nuit fut courte. Un peu éméchés nous riions si fort que le chien couché sous le guéridon bondit subitement sur le voisin et ses trois filles qui se figèrent, morts de peur. Ils coururent se réfugier en cuisine. Leur mère ne se rendit compte de rien. Mon époux et moi étions écroulés de rire.

Revenus de leurs émotions , ils quittèrent les lieux vers trois heures, ivres de boissons et de joie, le cœur rempli d’espoir et conscients qu’une vie est un bien précieux qu’il convient de préserver le plus longtemps possible. Entre voisins bien sûr !

D.L.

le chef vous propose ce mercredi

Le seuil:

verrines surprise

on entre :

Œuf de perdrix en gelée et coulis de poivron tiède

ou

Terrine de cerf ornée de miettes de truffes noires du Périgord

Porte ouverte :

Poisson frit citronné sur lit de riz brun et brocolis persillés grillés

ou

Cuisse de lièvre rôtie, pleurotes, girolles et légumes d’été

Les délices de chez Biquette

Enfin du sucré :

Chou surprise et ses fruits pochés goût miel de thym

ou

Dôme de crème fouettée noisette sur génoise citron

Pour finir un bon petit noir…

M.P.

Continuer la lecture de « Ecrit en Mai 2024, jeu 1 lipogramme, un repas sans A »

Ecrit le 15 mai 2024, jeu 2: mots-valise

Jeu 2 : mots-valise

Faire fusionner deux mots pour en créer un troisième dont vous préciserez le sens. Trouvez au moins trois mots – valise

MAGDOPHAGE: Enfant issu de la Malbouffe

BOTOMORPHE     : victime de l’esthétique moderne

MOBILICRATIE : Gouvernement du smart phone

HELIOBRUNI : pommade poli-tic  car l’abus du soleil

S. M.

* SERCAL (Serpent/ Bocal) Personne qui ne fait que tourner en rond

* CHAMBOUSCRIT (Chambouler / Manuscrit) Résultat d’un écrivain qui a fait n’importe quoi

* TOURNICOLE (tourner / Ecole) Tournage d’un filtm dans une école

*D0LITEUR ( Doliprane/ Lenteur) Médicament pour paresseux

M.P.

Chantourloupettes (des mots chant et entourloupette)

les fleuritures (des mots fleur et fioriture)

D. Dou

– pouldeuse= poule pondeuse

-jolympiques= jeux olympiques

– plantaison= plants de saison

Tabliseuse : lecture numérique sur tablette et liseuse.

Polisession : meeting politique

Electauto ; voiture électrique

D.L.

jardon : jardin abandonné envahi par les chardons et autres pestes végétales

Cilonné : un film de cinéma dont on ne voit pas la fin

neurosoupe : produit d’un intense creusement de cervelle (comme nos jeux d’écriture)

clébart : comportement humain qui consiste à reproduire l’art des chiens pour séduire un autre individu , l’assurer de son amour sans borne et de sa fidélité.

D.Dor

Ecrit le 15 mai 2024, jeu 3, mutation

Jeu 3 : mutation

A force de vous concentrer sur une scène qui vous fascine vous devenez l’« objet » observé et vous vous voyez vous éloigner de la scène . Vous vous dédoublez donc.

Jeu inspiré par une nouvelle de Cortazar qui, à force de contempler les axolotls au jardin des plantes se retrouve axolotl dans l’aquarium et se regarde en train de s’éloigner.

Fascinée par cet arc-en-ciel au-dessus de la Vézère, je n’arrive pas à détacher mon regard de cette myriade de couleurs. Je cligne des yeux et me retrouve au milieu d’un foisonnement de couleurs. Tout en ressentant la chaleur de l’arc-en-ciel je suis inondée de joie et en même temps je suis là sur le trottoir au milieu des piétons où immobile Je vois mon double dans ce ruban imaginaire.

H.L.

Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

A force de me répéter cette chanson en boucle en contemplant un épervier au-dessus de moi, dans l’azur du ciel, j’ai l’impression de voler à côté de lui, de sentir le vent dans mes plumes, d’être étourdie par ces nouvelles sensations. Je contemple les toits et les champs. Je redécouvre le monde. Tout est si grisant. Le temps n’existe plus.

Hélas, la trop grande proximité d’un ULM me fait rapidement redescendre sur terre et éloigne mon nouvel ami, troublé par cet animal trop vrombissant.

D.Dou

Tous les matins dès l’aube je m’élance vers l’étang pour rendre visite à ma famille les cygnes qui y a élu domicile voilà plus de dix ans. Le plus petit est mon préféré. Il s’appelle Léo. Il est majestueux, tout de blanc vêtu, son long cou gracile se tendant vers moi dès qu’il m’aperçoit. Nous nous rapprochons l’un de l’autre et je lui présente ma main qu’il caresse de son bec humide et soyeux. Notre amour l’un pour l’autre est profond et authentique. Nous ne formons plus qu’une seule et même personne capable du meilleur comme du pire.

Le soir, allongé tout contre le corps chaud et gracile de Claire, pour m’endormir je m’imagine devenant Léo, planant au-dessus de l’étang, m’élevant haut dans le ciel et faisant un tour au-dessus du bourg endormi. Je me dirige vers les villages voisins, m’évaporant dans le ciel étoilé, libre et heureux. Je déploie mes grandes ailes et je tournoie en chantant jusqu’au petit matin. Ce long voyage nocturne à travers l’espace et le temps m’ensorcèle et j’oublie qui je suis.

Mais ce soir la magie n’opère pas. Léo a déserté mon corps et mon esprit est prisonnier dans la pénombre de ma chambre. Je reste coincé sous le plafond et l’angoisse me gagne. Demain j’irai voir Léo et j’essaierai de comprendre.

D.L.

Continuer la lecture de « Ecrit le 15 mai 2024, jeu 3, mutation »

Ecrit en Avril 2024, jeu 1 réécriture de conte

Avril jeu 1

jeu 1 : réécriture

Reprendre un conte ou une histoire connue et la raconter brièvement en enlevant tout ce qui peut choquer pour être « politiquement correct ».

la chèvre et les 3 petits chevreaux

Il y avait une fois une maman chèvre célibataire avec 3 chevreaux à élever.

Ce jour là, elle devait aller faire son marché aux Restos du Cœur. Ennuyée de laisser les petits chevreaux tout seuls elle leur fit mille recommandations dont celle de n’ouvrir la porte à personne. Pour qu’ils soient sûrs qu’il s’agissait bien d’elle , elle leur donna un code .

A peine partie, le loup s’approcha de la maison , frappa à la porte mais les chevreaux ne voulurent pas ouvrir. Alors, le loup conscient du rejet dont il faisait preuve depuis des siècles se coucha devant la porte pour protéger les petits d’un éventuel danger.

Lorsque la maman revint, le loup s’écarta pour la laisser passer. Elle le remercia et rassura ses petits en les félicitant malgré tout d’avoir bien obéi.

H.L

Sandra

Sandra vit dans un pavillon au fond d’une lointaine banlieue avec son looser de beau père, Kevin et sa demi-sœur Gretel. Elle porte le plus souvent un jean de seconde main. Elle s’échine du matin au soir : métro, boulot, dodo. Un jour, elle en a assez et se met en grève : de boulot, de ménage, de vaisselle… Kévin pour se rattraper et essayer de faire rentrer les choses dans l’ordre, décide de l’inviter dans un grand restaurant : le Buffalo Grill de la ville voisine. Sandra hésite.

Son jean sera-t-il assez bien pour ce restaurant ? Kevin lui a des soucis de carrosse.

Le sien est un peu crade et en rade ; pas sûr qu’il puisse transporter Sandra à bon port.

Sandra emprunte un jean brodé à sa marraine qui est une fée pour elle et Kevin décide d’emprunter (pas de voler) pour la soirée la berline du voisin que Sandra regarde avec envie (le voisin et la berline) à chaque fois qu’ils viennent de faire leurs courses à Lidl.

Le repas est merveilleusement banal. Ce soir-là, le restaurant organise même un karaoké et Sandra est légèrement éblouie par un garçon dont la voix la bouleverse. Elle chante en duo avec lui et s’arrange pour glisser son 06 dans la poche de son blouson.

Minuit : il faut rentrer et rendre carrosse et jeans empruntés.

Pas de nouvelles du chanteur dans les 24 H, Sandra consulte les réseaux sociaux et le retrouve rapidement. Elle lui envoie un message. Il lui répond aussitôt et l’invite à venir le voir en son château, pardon, dans son appartement. Ils se plaisent un peu, sortent ensemble, louent un plus grand appartement et décident de ne pas avoir d’enfants. Trop cher, anti-écologique, les gamins. Ils sont de la génération « no kids ».

Ils vivent la vraie vie, pas un conte de fées

D.Dou

Il était une fois un pauvre bucheron qui, animé par l’esprit d’entreprise, s’était mis à son compte comme autoentrepreneur, mais il ne s ‘en sortait pas malgré le régime de concurrence libre et non faussée qui régnait dans le royaume en ce temps-là. Par ailleurs le réchauffement climatique provoqué par une exploitation excessive de la forêt acheva de faire faire disparaître une grande partie des arbres épargnés par la hache des bûcherons. Notre homme et sa femme avaient en charge sept enfants mâles. Le dernier, une personne de petite taille était doté d’un QI bien supérieur à la moyenne. Les parents très investis dans leur rôle avaient suivi des cours d’éducation à la parentalité aussi quand ils comprirent qu’ils ne pourraient subvenir aux besoins de leurs enfants ils décidèrent de les faire accéder à l’autonomie alimentaire par le biais d’un stage de survie en milieu arborescent. Sous la direction du frère de petite taille au QI surdimensionné la fratrie trouva rapidement sa place dans l’écosystème forestier qu’elle débarrassa notamment d’un individu exclusivement carnivore au bilan carbone désastreux ainsi que de ses sept filles , prédicatrices sanguinaires en devenir dont le maintien en vie aurait constituer une menace écocidaire redoutable.Ils notèrent cependant que l’ogre utilisait pour ses déplacements un moyen de locomotion non émetteur de GES qui relevait indéniablement de la mobilité douce. Aussi ils l’adoptèrent et rentrèrent ainsi fort promptement chez eux où ils furent accueillis avec joie par leurs parents avec qui ils vécurent heureux en attendant la fin du monde.

F.V

Conte : l’enfançon (le petit poucet)

Un couple de bûcherons en situation de précarité ne pouvait plus nourrir ses sept enfants. L’enfançon, ainsi nommé parce qu’il était l’ultime, avait entendu ses parents discuter de leur volonté de les emmener et de les laisser dans la forêt dans l’espoir qu’un des fort nombreux riches voyageurs sur ce chemin de Compostelle, apitoyé par leur sort, les recueille.


Sans rien dire à ses frères, il avait ramassé des cailloux blancs et il les sema tandis que les parents les conduisaient dans le labyrinthe des arbres sombres. Ils n’eurent qu’à remonter la piste pour regagner la maison.

Comme dans ce laps de temps, le seigneur avait payé ses dettes au bûcheron, les parents se réjouirent du retour de leurs rejetons.

Le bien-être n’eut qu’un temps . A nouveau dépourvus, les parents avaient envoyé leurs sept enfants chercher des champignons au cœur de la forêt avec, pour tout repas un quignon de pain sec

l’enfançon sema les miettes de pain dur , mais les oiseaux eurent tôt fait de les picorer. Ils étaient perdus au milieu des bois où rodaient les loups quand ils découvrirent une grande maison cossue éclairée où ils demandèrent l’hospitalité.

La maîtresse de maison leur ouvrit la porte mais les prévint que son imposant de mari n’était pas bien méchant mais qu’il avait parfois des humeurs imprévisibles et elle les cacha sous le lit.

Sitôt rentré, l’homme repéra le souffle des enfants et les extirpa de leur cachette. Sa femme réussit à le convaincre d’attendre jusqu’au lendemain matin avant des les chasser, car les enfants étaient bien fatigués.

Elle les alita sur un bas-flanc qui faisait face à celui où dormaient profondément les sept filles du couple. Dés qu’ils furent seul, l’enfançon, peu rassuré malgré tout, substitua les sept bonnets de la fratrie aux couronnes des fillettes.

Bientôt l’homme fort entra dans la pièce sombre ; il reconnut les couronnes sous ses doigts et fit engloutir aux sept frères, sept énormes gâteaux d’une seule bouchée. Repus, après des jours de jeûne cruel, ils s’endormirent profondément.

Au matin , les sept filles pleuraient de faim . Leur père fort étonné leur donna double ration et , comprenant sa méprise, entreprit de chasser les garçons. Pris de remords il donna à l’enfançon ses bottes de sept lieues qui permettaient à leur porteur de parcourir des distances incroyables en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Pendant que les six aînés retournaient tranquillement chez eux, le plus jeune , chaussé des bottes magiques avait eu le temps de remettre à ses parents le trésor qui allait mettre toute sa famille à l’abri du besoin et qui leur permettait déjà d’ organiser un festin pour le retour des grands.

D.Dor

« L’apprenti sorcier » (Gerda Muller)

Florian est un jeune  orphelin chevrier maltraité par sa fermière ,il s’échappe et est recueilli par un sorcier qui lui apprend à reconnaître les plantes et les champignons pour faire des potions ,il possède aussi le don de sourcier .Avant de partir en voyage ,le sorcier lui confie tout le travail de la maison et lui interdit de prononcer les trois mots magiques qu’il lui apprend, en dehors de sa présence .Mais Florian désobéit  ,les trois mots magiques prononcés vont faire faire aux balais le travail à sa place et l’eau déborde de partout jusque dans les rues du village .A son retour ,le sorcier lui pardonne et Florian sera à son tour un grand guérisseur.

B.H.