Lu en octobre : écrivains du nord Grondhal 4 jours en Mars

Jens Christian GRONDHAL, Quatre jours en mars (2003)

Un évènement fortuit fait basculer la conscience qu’on a de sa vie : c’est ce que décortique finement, méticuleusement Jens Christian Grondahl dans Quatre jours en mars comme dans la plupart de ses romans. L’héroïne, Ingrid est une architecte reconnue proche de la cinquantaine, une femme indépendante. Mise en face d’un acte de violence raciste de son fils, elle le gifle, acte inadmissible dans l’éducation danoise qui inverse la culpabilité et amène Ingrid à scruter sa vie avec une nouvelle lucidité. Le romancier entrelace, au rythme de la remontée des souvenirs et des rencontres, la vie de trois générations de femmes « fortes » (Ingrid, sa mère et sa grand-mère). Il en ressort la peinture d’une société où l’émancipation individuelle se paie par une grande solitude, une distance qui déstabilise les relations de couple ou parents enfants et fragilise les êtres.

Certains lecteurs ont beaucoup aimé accompagner cette plongée subjective non linéaire d’un être particulier alors que d’autres, aussi nombreux, l’ont rejeté fermement pour la personnalité des protagonistes ou la construction lente jugée longue et répétitive, la difficulté à avoir un point de vue objectif.

lu en Mai 2019: lenteur- Le jeune homme qui voulait ralentir la vie

Max GENÈVE, Le Jeune homme qui voulait ralentir la vie (2014)

Né en 1945, cet écrivain peu connu a écrit une vingtaine de livres et nouvelles, dans des genres très différents, du fantastique au policier, en passant par l’érotique.

Benoît, vingt ans, appartient au grand peuple des lents ; il prend la vie comme elle vient. Il va même jusqu’à considérer que la lenteur peut se révéler un véritable art de vivre. Il aime lire et son imagination lui permet d’échapper aux servitudes de son emploi de magasinier dans une quincaillerie de la rue des Pyrénées. Enrôlé par monsieur Belon, inspecteur de police à la retraite, qui fait partie du Mouvement pour la Promotion de la Lenteur, il poursuit en songe des voyages sur les mers australes, tout en méditant. Continuer la lecture de « lu en Mai 2019: lenteur- Le jeune homme qui voulait ralentir la vie »

lu en mai 2019: lenteur- les fainéants dans la vallée fertile

Albert COSSERY, Les Fainéants de la vallée fertile (1948)

Peu de lecteurs sont allés au bout de ce roman  atypique.

Une adaptation théâtrale et un film ont été tirés de ce texte. Cet écrivain Égyptien (1913-2008) a vécu en France et a écrit ce roman directement en français . Il s’est inspiré de sa propre famille, propriétaires terriens vivant de leurs rentes et se dispensant donc de travailler. Albert Cossery lui-même n’a que brièvement travaillé comme steward sur les bateaux d’une compagnie transatlantique avant de devenir écrivain.

Ce roman à contre-courant de la rapidité prônée à notre époque dans tous domaines,  situe « l’action » dans une petite ville de la vallée du Nil. Trois frères vivent dans la maison de leur vieux père Hafaz, pratiquement grabataire, avec leur oncle Mustapha (qui a dilapidé sa propre fortune) et Hoda, la fille à tout faire. Continuer la lecture de « lu en mai 2019: lenteur- les fainéants dans la vallée fertile »

lu en mai 2019: lenteur -histoire d’un escargot…

Luis SEPULVEDA : Histoire de l’escargot qui découvrit l’importance de la lenteur

Sepúlveda, auteur Chilien né en 1949, nous livre ici un conte très poétique, dans une langue très simple puisqu’il s’adresse avant tout aux enfants (et à ses propres enfants). Nous avions évoqué lors d’un atelier précédent (janvier 2019) l’Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler. Nous retrouvons dans ce conte les animaux et l’idée de solidarité. Continuer la lecture de « lu en mai 2019: lenteur -histoire d’un escargot… »

Lu en mars 2019: autour de la peinture: M. de Kerangal, Un monde à portée de main

 

Maylis de Kerangal, Un Monde à portée de main (2018)

Maylis de Kerangal met dans cette œuvre l’acte de peindre  au cœur de la fiction. Elle nous étonne toujours, nous plongeant dans chaque roman dans un univers très différent

Par la rencontre avec son héroïne, Paula Karst et ses amis Kate et Jonas,elle nous amène dans l’univers de la peinture de décor et du trompe l’œil. Continuer la lecture de « Lu en mars 2019: autour de la peinture: M. de Kerangal, Un monde à portée de main »

Lu en mars 2019: Autour de la peinture. C. Cusset, La vie deDavid Hockney

 

Catherine Cusset, La Vie de David Hockney (2018)

Ce livre (entre roman et biographie) a trouvé un accueil mitigé auprès d’une partie  des lecteurs. David Hockney est un peintre né en Angleterre en juillet 1937. Il a partagé sa vie entre les États-Unis et l’Angleterre, où il vit actuellement. C’est une figure majeure de l’art du XXe siècle.  Continuer la lecture de « Lu en mars 2019: Autour de la peinture. C. Cusset, La vie deDavid Hockney »

lu en mars 2019: autour de la peinture: H.de Balzac, Le chef d’œuvre inconnu

  1. Honoré de Balzac, Le Chef-d’œuvre inconnu (1831)

Honoré de Balzac a vécu de 1799 à 1850. Dans cette nouvelle, nous rentrons petit à petit dans la folie d’un peintre accompli, le vieux maître Frenhofer.

Elle met en scène, au XVIIème siècle, trois peintres, le vieux Frenhofer, le Maître indépendant, en quête de la beauté absolue, imaginaire, Porbus, peintre de Cour, reconnu et un tout jeune débutant, Poussin qui aspire à tout connaître pour devenir Maître.


La première rencontre a lieu dans l’atelier de Porbus autour de la critique de son tableau,
Marie l’Egyptienne (œuvre fictive). Frenhofer prête à offrir son corps au batelier pour traverser le fleuve. Le vieillard relève la maîtrise du peintre, les qualités des représentations, pour finir par une critique rédhibitoire : l’absence de vie du tableau. En quelques coups de pinceau, il parvient à rendre la femme du tableau de Porbus vivante. Continuer la lecture de « lu en mars 2019: autour de la peinture: H.de Balzac, Le chef d’œuvre inconnu »

Lu en mars 2019: autour de la peinture: C. Sanchez, La veuve des Van Gogh

Camilo Sanchez, La Veuve des Van Gogh (2012)

Sur la mort de Vincent Van Gogh tout a été écrit. Sur celle de son frère, Théo, terrassé par le chagrin, des litres d’encre ont été aussi déversés. Mais personne n’a évoqué ce qu’il advint de Johanna Bonger, épouse de Théo, qui vécut un double veuvage tant le lien des deux frères était fort. Après la disparition de son mari dans un hôpital psychiatrique d’Utrecht la jeune femme décide d’ouvrir, à quelques kilomètres d’Amsterdam, une auberge qui lui permettrait, à elle et à son enfant qui a tout juste un an, de survivre. Continuer la lecture de « Lu en mars 2019: autour de la peinture: C. Sanchez, La veuve des Van Gogh »

Lu en Mars 2019: autour de la peinture: A. Camilleri, la couleur du soleil

Andrea Camilleri, La Couleur du soleil (2007)

La couleur du soleil appartient à la veine historique de Camilleri surtout connu comme auteur de romans policiers ayant pour cadre la Sicile. Ce court roman est une œuvre de commande rédigée pour une exposition Caravage à Düsseldorf.
Camilleri joue sur ses deux tableau pour
ce récit en trompe l’œil (voir roman de Maylis de Kérangal) des dernières années de la vie du grand peintre.

Deux histoires sont imbriquées. Dans la première, l’auteur se met en scène dans un enlèvement rocambolesque par un homme trouble, en danger, en marge de la légalité. Il invite le romancier à consulter un manuscrit ancien qui s’avère être le journal du peintre Caravage, autre «mauvais garçon» qui couvre la période de sa fuite de Malte en Sicile en 1607. L’écrivain n’a qu’une demi-journée pour dépouiller le manuscrit aussi ne nous en livre-t-il que des bribes. Continuer la lecture de « Lu en Mars 2019: autour de la peinture: A. Camilleri, la couleur du soleil »