Jeu par temps de confinement – 28 – photos souvenirs

19 04 2020

Jeu par temps de confinement – 28 – Photos souvenirs

Je vais vous proposer des photos banales, parfois un peu floues, avec des gens que vous ne connaissez pas. Il vous sera plus facile ainsi d’en choisir une ou plusieurs (vous noterez les numéros) pour inventer des souvenirs d’un des personnages sur la ou les photos


Photo numéro 1/

Oh, cette photo ! C’est toi et moi, Annabelle, dans le verger du Pouyol chez tante Marguerite ! Tu étais venue la voir un dimanche de Mai, et toi la grande, tu avais dû voir que j’étais un peu triste de rester seule avec elle toute la semaine pendant que mes parents étaient en Italie. Tu m’avais dit : « Tu sais jouer à chat perché? » Et avant que je te réponde, tu avais déjà grimpé dans les branches du vieux pommier. J’étais sidérée, pour moi ce n’était pas ça chat perché…Bouche bée devant ta souplesse, je n’avais rien dit. Tu étais  la liberté même qui rayonnait de tes 20 ans et je me promettais de grandir comme toi… « Allez viens !, on va se raconter des histoires dans l’arbre… ». Je n’étais pas bien sûre de pouvoir y monter, m’y suis souvent reprise, un peu égratignée contre l’écorce dure, mais tu m’as vite aidée et me voilà sur l’autre branche, heureuse d’y être arrivée. Tu te souviens, je crois qu’on y a passé toute la matinée, et tante Marguerite avait grondé qu’on ne soit pas venues l’aider, et qu’elle ait appelé en vain pour mettre la table jusqu’à ce qu’elle nous ait trouvées … Je sais encore la plus jolie histoire que tu m’avais racontée, celle du petit Poucet arrangée à ta guise, que j’ai transmise à ma petite Louise telle que tu l’avais imaginée, avec ce petit Poucet voyageur qui passait les frontières… Je crois que c’est oncle Henri qui était allé chercher son appareil photo pour nous prendre, quand Marguerite criait qu’on était folles, et comment on allait descendre ??

SD


photo n°7

J’ai toujours aimé la nature et la solitude. C’est pourquoi, dans mon adolescence, je partais souvent à l’aventure. Durant cette période pas toujours facile à vivre en compagnie de ma famille très aimante bien qu’étouffante, un jour je suis partie dans la forêt qui entourait notre maison. Munie d’une bâche et d’outils récupérés dans l’atelier de Papa, je me suis rendue dans un endroit que j’avais repéré. Presque en haut d’une colline et sous de nombreux chênes, j’ai visualisé la tente que je pourrais construire, à la fois à l’abri du vent et surtout des regards. J’ai ramassé des bouts de bois plus ou moins épais, et j’ai construit ma petite tente à l’aide d’un marteau et de clous (j’en avais pris plus que prévu, d’ailleurs je me rappelle que mon père s’était longuement questionné sur leur disparition, sans penser nullement à moi !). Ma tente était bien modeste, mais elle faisait l’affaire : elle m’abritait de la pluie et en hiver une douce tiédeur y régnait. Ma mère me demandait souvent où je disparaissais, de longues heures dans l’après-midi. Avec mon père ils n’étaient pas inquiets, ils connaissaient mon amour pour la nature. J’ai fait de nombreuses siestes dans mon petit abri, j’y ai lu beaucoup de livres, et ai longuement réfléchi, au milieu des bruits de la forêt. Mais un jour, mon secret a été découvert par mon père, qui se promenait par là. Il a vite appelé ma mère pour qu’elle apporte l’appareil photo, d’habitude utilisé pour les jours de fête. Ils ont ainsi immortalisé le moment, en me promettant qu’ils me laisseraient ensuite tranquille dans ma cachette. Ils ont tenu parole. Et grâce à eux, la simple vue de cette photo me permet de m’évader à nouveau, et de repenser à cette douce période faite de liberté, d’insouciance et de petits bonheurs simples

LD

Photos 1 3 7

Jamais je n’ai vu les yeux de ma mère pétiller autant que lorsqu’elle me racontait sa fugue avec sa meilleure amie . Elle avait 18 ans et ses parents la croyaient chez les Sœurs Marie Marguerite du Calvaire . Déjà obtenir de partir deux jours et de passer une nuit dans un dortoir de filles même ( surtout ?) chez les Sœurs n’avait pas été simple.

Avec la complicité de son frère, elle avait organisé ce week-end mémorable. Il avait prêté sa tente , tout le matériel de camping et même son appareil de photos , là elle avait dû beaucoup négocier !! Mon oncle est toujours resté généreux mais un peu maniaque .

Deux jours ! Deux jours de liberté totale ! En vélos , en shorts, dans les arbres, sans plus aucune contrainte  ! Non, elle ne se souvenait pas d’avoir vécu de moments plus intenses que ce premier week-end de liberté entre filles.

ML

Photo 1

germaines

arbre

généalogique

pour le coup je suis au ras du sol

la petite dernière

elles prennent la pose

et je prends la photo

deux branches de la famille

deux cousines

issues de germains

comme on ne dit plus

doublement germaines

allègres

respirant la vie

en cet été trente neuf

avant que l’arbre ne soit foudroyé

frappé par la hache

de l’Histoire

MS

Photo4

C’était un quatorze août, 1946 ou 1947, je ne sais plus exactement. Martha, sa sœur Louise et moi étions parties sur la route de Canenx rejoindre Pablo qui travaillait dans les bois. C’était l’amour fou de Martha, pas bien vu des parents qui n’appréciaient pas qu’un étranger entre dans leur maison. Ils s’y feraient, affirmait Martha : elle était aussi farouche et volontaire que sa sœur était douce et soumise (en apparence). C’était une journée torride. Le silence de la forêt était percé par les stridulations des cigales et l’éclatement des pignes. Nous étions bien. Nous nous étions assis au bord de la route pour bavarder, mais aussi pour attendre le passage de Martial qui était parti chercher une automobile à Bordeaux. La première du village ! Ça valait bien quelques heures de patience sous le soleil au bord de la route déserte. Nous espérions bien qu’en nous croisant il nous proposerait de nous ramener jusqu’au bourg. Il s’est contenté d’un petit signe , sans même prendre la peine de ralentir. Désormais, nous n’étions plus du même monde.

Ddor

Photo 5 

Oh ! Cette réunion de famille. Je m’en souviens comme si c’était hier.

C’était un dimanche de juin. Tout le monde avait accepté notre invitation avec plaisir. Le repas avait duré longtemps et avait été bien arrosé. L’oncle Antonin avait apporté du vin qu’il produit lui-même sur les coteaux de Beaulieu.

Toute la famille ne s’était pas retrouvée depuis longtemps. Certains avaient été brouillés durant des années pour des raisons d’héritage. Ce furent de belles retrouvailles. Même la grand-tante, que j’ai toujours connue vêtue de noir, est venue avec sa fille.

Nous sommes devant le moulin, qui est ma maison natale. Aujourd’hui, c’est devenu un restaurant. Tout a changé ; la roue et le canal ont disparu. Je ne reconnais plus rien. 

La photo a été prise en fin d’après-midi. Je suis assise à côté de ma cousine Angèle. Derrière nous, Jean et Adeline.  

A côté, René, si fier sur son vélo qu’il a acheté depuis peu. Ce vélo, il s’en servira longtemps : tout d’abord, pour aller travailler au garage où il est employé et puis ensuite pour aller voir Denise, qu’il a rencontrée lors d’un mariage et avec qui il se mariera ensuite. Elle habitait à 30 km ; il fallait passer près des Tours de Merle et continuer longtemps ensuite après avoir quitté la Maronne. Il me l’a souvent raconté. René, c’est mon petit frère et j’ai une grande affection pour lui.

Je me suis beaucoup occupé de lui car notre mère est morte à sa naissance et nous sommes toujours restés très proches. J’avais oublié l’existence de cette photo que je viens de retrouver en rangeant un tiroir. Quelle plongée dans le passé!

 

Ddou

 photo 2

Je devine sur vos visages , vous imaginant lire ces quelques lignes , LA SURPRISE ;

Il y a si longtemps…..

Le temps passe si vite …..

Jean et moi déménageons …. Aussi , les cartons , le tri habituel et indispensable m’ont fait retrouver , glissée , lovée entre les pages d’un livre , cette photo de jeunesse : bande joyeuse et insouciante , multipliant les escapades …. bravant les interdits avec une insolence juvénile .

Chacun y retrouvera ses souvenirs , ses joies , ses regrets ……

 » Ce vestige  » témoigne juste d’une trace  qui reste gravée dans un petit coin de ma tête  et que je n’ai jamais oubliée et qui réapparaît par moments .

Cette photo ne fait qu’actualiser cette période mais les marques  , de ce temps révolu , ancrées dans mon esprit sont elles indélébiles .

 Il n’est pas forcément nécessaire de chercher à se recontacter mais les temps partagés avec vous , jamais je ne les ai oubliés , jamais je ne les oublierai .

 Les souvenirs chantent et m’enchantent et je les chéris mais sans nostalgie .

 Joséphine , l’ingénue .

 H God .

Et voilà,je l’attendais ce jour là ou enfin toute la famille allait être réunie.Ça devient rare maintenant,ils sont tous éparpillés et ils ont tous leurs occupations.Mes belles-filles travaillent,mes fils ne rentrent pas à la maison tous les soirs,l’un est chauffeur et l’autre travaille sur les bateaux.Alors ,elles se débrouillent seules pendant la semaine.Il faut s’occuper des gosses,surtout le grand qui donne du fil à retordre.Les petites,qu’est-ce qu’elles sont mignonnes,et elles réussissent bien à l’école,elles veulent devenir institutrices,de nos jours c’est respectable et elles seront indépendantes.
Je viens d’avoir 75 ans.La vie passe vite ,des joies,des galères…Le premier est né avant la guerre,le second à la démobilisation.Il a fallu se débrouiller avec les tickets de rationnement,heureusement que mon Albert était rude à la tâche,le pauvre,il n’a pas pu profiter de grand chose,il est parti avec le « mal » quand est-ce qu’on va trouver le remède pour cette saleté?
Maintenant,je suis seule,j’ai pu garder la maison,Albert l’avait si bien arrangée!J’espère y rester le plus longtemps possible ,ça ne me dit rien de terminer à st Joseph,la maison de retraite la plus proche.J’ai encore de bonnes jambes,je fais le tour du village tous les jours avec Marguerite,je vais au marché le samedi,le docteur me rend visite une fois par mois,celui-là,il ne m’oublie pas,les cachets pour la tension,les bas de contention,etc.
Pourtant,je dois dire que c’est dur d’être seule!On a le temps de faire tourner mille choses dans la tête et pas seulement que des bons souvenirs:quand mon père ne m’a pas parlé pendant des mois parce qu’il ne trouvait pas Albert assez bien pour notre famille,quand mon premier est tombé du haut de la grange et qu’il a fait des semaines d’hôpital.Et le pauvre Albert ,quand son patron l’a licencié parce qu’il réclamait le paiement des heures supplémentaires.
N’y pensons plus,ils sont tous là,pourvu que tout se passe bien pour eux,qu’ils n’aient pas trop de tracas,c’est la seule chose que je demande.

BH

Ah ! Oui ! Ça c’est l’album souvenir du Tour 2020 l’année du Grand Confinement. Là c’est moi et Kevin au départ de la 6 éme étape : Ognoas- La Bastide d’Armagnac. On était les seuls rescapés du peloton et l’organisation nous avait imposé 3 infirmières accompagnatrices en cas d’urgence coronavirale sur le parcours ; on était contents malgré tout : on était sûrs qu’on serait sur le podium à l’arrivée. Et le public était bien présent, n’hésitant pas à patienter des heures durant assis au bord des routes ces bons soirs de septembre où les gouttes de sueur à nos fronts perlaient comme un vin de vigueur sur les interminables lignes droites des Landes, certaines de nos groupies parmi les plus fanatiques se perchaient sur les arbres pour mieux voir(et mieux se faire voir), d’autres manifestaient leur enthousiasme par des bonds extraordinaires à notre passage, pour beaucoup leur auberge était à la Grande Ourse campant depuis des jours sous les pins pour ne pas manquer l’événement… Dans les villes la foule se massait sur les trottoirs toutes générations confondues ( sans respecter la distanciation sociale ) et exigeait que l’on posât avec eux pour la photo souvenir. La magie du Tour opérait donc comme d’habitude . Évidemment -décroissance oblige- on avait complètement revu l’organisation de la caravane : fini la débauche consumériste on se contentait d’humbles tracteurs paysans tractant sur de modestes remorques d’humbles chaumières en paille du pays dans lesquelles nous étions logés et prenions notre repos après la course.

Voilà c’était le Tour d’Après un très bon souvenir en plus j’ai fini deuxième sur les Champs Élysées !

FV

Jeu d’écriture par temps de confinement 27 Fable

18 04 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement 27 fable

Vous allez écrire une fable en vers ou en prose selon votre humeur, qui met en scène deux noms de hasard (piqués dans le dictionnaire), qui ne sont ni des animaux ni des hommes mais qui sont doués de parole . Comme toutes les fables elle se terminera par une morale  de votre invention:

voici les titres proposés :

le fauteuil et la cacophonie

le goémon et l’astéroïde

le drame et le chocolat

la marée et le polaroid

L’horloge et le fusil


Le drame et le chocolat

Un petit carré brun, au goût intense et rond

En grand consolateur de tous les petits drames

Venait fondre souvent sous la langue des dames

Qui n’avaient d’autre issue qu’un instant d’abandon

Or le petit carré était beaucoup trop bon

Et pour mieux apaiser les angoisses des femmes

Les sauver par l’oubli d’un mari polygame

Il fallait déguster la plaquette en trois bonds

Mais c’était sans compter la lente infiltration

De cette cellulite apparue près des hanches

Et le ventre boudin qui prenait sa revanche

Comment de son mari attiser l’attention ?

Tout bien considéré, où était le bon choix ?

Délice d’un plaisir au palais, sans alarme,

Fondre d’un chocolat ce n’était pas un drame

Vaincre l’homme volage avait-il plus de poids ?

La sagesse un matin vint éclairer l’épouse

Qui comprit que jamais ne la délaisserait

Le chocolat subtil qui savait l’apaiser

Quand déjà son mari courait vers l’andalouse

Il fomentait encore un mensonge de plus

Elle se dit c’est trop, j’en ai bien assez vu

Peu importe mes formes, je ne sais pas mentir

Mais le chocolat, lui, sans tant de repentir

Me cajole bien mieux que l’homme confondu

Qui s’excuse toujours sans rime ni raison

Et va demain encore encorner ma maison

Moralité :

Vous qui cherchez à fondre de tendre volupté

Sachez qu’un chocolat coûte bien moins de drames

Qu’un Don Juan ravi à tant d’autres aimées !

SD

 

Amour et Ennui.

Au grès du vent et de la chaleur

Se tenait, lasse, cette langueur sans pudeur.

Elle craignait la vie et son bonheur.

Elle craignait la vie et sa rancœur.

On l’appelait Amour.

Elle dansait et virevoltait sans jamais s’accrocher,

Et retenait en elle une immense détresse.

La nostalgie de l’ivresse.

Amour aimait fort et sans secret un sentiment si laid,

Dont elle ne parvenait pas à se détacher.

Elle l’appelait Ennui.

Il la rejoignait le jour et la nuit.

Elle rêvait du jour où elle connaîtrait l’amour.

L’amour d’un nouveau jour.

Elle ouvrit les yeux dans une chaleur réconfortante

De ce crépuscule, qui, lui tendait une main aimante.

Quand son âme était fatiguée, elle refermait la barrière

Et regardait derrière.

Elle ne vit rien d’autre que l’Ennui.

 

Elle prit cette main chaleureuse.

Amour était bien, Amour était heureuse.

Plus jamais seule lui révéla sa conscience.

Cette main s’appelait Confiance.

RT

La marée et le polaroid

la marée en a marre

c’est là son moindre Defoe

c’est qu’elle est photogénique

et non moins marémotrice

il paraîtrait

qu’un appareil s’est jeté à la mer

un polaroid

comment pareil affront

mais il ne marcherait plus

et c’est là que la marée chaussée

s’en mêle

ça devient un polar

ya pas photo

ça la fait marrer

doucement

moralité

il faut savoir se jeter à l’eau

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Jeu d’écriture en période de confinement -26- en hommage à Sepulveda

17 04 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement – 26 – En hommage à Sepulveda

L’écrivain Chilien Sepulveda est mort hier et nous laisse orphelins

Dans la liste qui suit des titres d’une grande partie de ses romans, je vous propose de relever sans trop réfléchir, dix à vingt mots que vous utiliserez dans un texte personnel :

Le neveu d’Amérique, Un nom de torero, Journal d’un tueur sentimental, Hot Line, Les roses d’Atacama, La folie de Pinochet, Une sale histoire, Les pires contes des frères Grimm, L’ombre de ce que nous avons été, La Lampe d’Aladino et autres histoires pour vaincre l’oubli, Dernières nouvelles du Sud, Histoires d’ici et d’ailleurs, Ingrédients pour une vie de passions formidables,Monde du bout du monde , le vieux qui lisait des romans d’amour, l’histoire d’un chien Mapuche, l’histoire du chat qui apprit à la mouette à voler, Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre, l’Ouzbek muet et autres histoires clandestines


Sous ses airs de chien mapuche , il portait un nom de torero mais ce n’était pas un tueur juste un sentimental.Pourtant à l’époque de la folie Pinochet, il vécut plus d’une sale histoire, il connut les rendez-vous d’amour dans un pays en guerre, et d’autres histoires clandestines plus terrifiantes que les pires contes des frères Grimm. Hélas les dernières nouvelles du sud, d’ici et d’ailleurs et même du monde du bout du monde nous le confirment : l’Ouzbek est définitivement muet. Définitivement ? Voire, à nous qui sommes ou serons bientôt l’ombre de ce que nous avons été, il laisse en partage sa Lampe d’Aladino :des histoires pour vaincre l’oubli, ingrédients pour une vie de passions formidables.

Ni fleurs ni couronne, pour la sépulture de Sépulveda un bouquet de roses d’Atacama suffira.


FV

in memoriam

journal sentimental

de toute une vie

du bout du monde

de ce pays mapuche

où les passions

sont l’ombre

d’un pays en guerre

où l’oubli

de l’histoire

rendent muets

les contes

et les romans d’amour

et clandestines

les roses

MS

Tout jeune, déjà, il aimait les histoires, par quoi le monde s’ouvre, livre ouvert, révélant ses lignes de crête et ses failles, ses univers les plus intimes et non moins infinis qu’à l’horizon, les pays plus lointains. Prodigue voyageur, à l’écoute des maux, de la folie des hommes dont il eut à souffrir sans jamais renoncer, c’est toujours au vivant et à ce qui le sauve qu’il était attentif. Merci cher écrivain de nous avoir appris à l’ombre de vos pages, quelle lumière naît de la tendresse, de l’intelligence d’un chat, combien de soins demande le fin métier d’être homme, et la beauté des roses… , de quelle flamme encore la lampe de l’amour brûle la sale guerre, ou comment un vieux chien peut être un si grand sage que pâlissent nos vies de passions formidables…Nous n’oublierons pas Le vieux qui lisait des romans d’amour  et celui, pas assez vieux pour nous quitter, qui écrivait  tant d’autres histoires pour vaincre l’oubli …

SD Continuer la lecture de « Jeu d’écriture en période de confinement -26- en hommage à Sepulveda »

Jeu d’écriture par temps de confinement – 25 – texte mité 2 prose

16 04 2020

jeu par temps de confinement – 25 -Texte mité – 2 – prose

Ce jeu, vous le connaissez, mais il était prévu pour le mois d’avril ; Vous avez le choix pour reconstituer un poème ou un texte en prose :

Voici un texte dont il ne subsiste que quelques bribes, à vous de le reconstituer. Au choix : poème en alexandrins ou texte en prose

texte en prose:

L’étranger…………déserte. ……………complètement exténué. ………….rails………..l’heure exacte……………

………. Dieu seul sait où…………épaule…………lanterne rouge……………….. ……..en souriant….

– ………………….parti

-……….pas longtemps……

– ………………….il faut absolument……….

-………….. ce qui arrive. …………….l’étrange édifice gris cendre…………………………..

A la suite des textes , vous trouverez le début d’une belle nouvelle fantastique très originale de J.L. Arreola, l’aiguilleur


L’étranger au regard fatigué déserte. Il semble complètement exténué. Il attend devant les rails et guette l’heure exacte où son train arrivera.

Un homme surgi de Dieu seul sait où le prend par l’épaule et l’éclaire d’une lanterne rouge pour lui montrer une carte en souriant, dans la faible lueur.

– Cela fait longtemps que tu es parti ?

– Non, pas longtemps, mais je ne sais où aller depuis que ma femme et mes enfants sont morts.

– Écoute-moi, il faut absolument que tu me suives. J’ai une idée qui pourrait t’aider à te refaire.

– D’accord, je prends ce qui arrive ? Nous dirigeons-nous vers l’étrange édifice gris cendre qui se trouve en face de nous ? Il semble effrayant, mais je n’ai plus rien à perdre…

LD

L’étranger se déplaçait désormais dans une ville déserte. Il était sur ses gardes mais désormais complètement exténué. Nulle part où aller même en suivant les rails des trams avant que l’heure exacte du couvre-feu ne sonne.

Il invoqua Dieu. Dieu seul sait où, pensa-t-il, on peut épauler quelqu’un, l’aider avant que cette lanterne rouge qui clignotait encore (celle du compte à rebours) ne s’éteigne. Il ressassa ces pensées tout en souriant au milicien qui s’approchait.

Le dernier convoi est parti

– J’en ai pour pas longtemps, tout va bien

Les ordres sont les ordres et il faut absolument que vous rentriez chez vous avec les autres.

– Je vous assure, c’est ce qui arrive. Je les retrouve devant l’édifice du fond -et il devina l’étrange édifice gris cendre- et vous ne nous verrez plus.

MS Continuer la lecture de « Jeu d’écriture par temps de confinement – 25 – texte mité 2 prose »

jeu d’écriture en temps de confinement – 25 – texte mité 2 poésie

16 04 2020

jeu par temps de confinement – 25 -Texte mité – 2 –

Ce jeu, vous le connaissez, mais il était prévu pour le mois d’avril ; Vous avez le choix pour reconstituer un poème ou un texte en prose :

Voici un texte dont il ne subsiste que quelques bribes, à vous de le reconstituer. Au choix :

soit un poème en alexandrins :

…verre……..

……….batelier

.. lune…..femmes

..verts………..

 

……………….ronde

..chant……………

…………fille……….

……immobiles…..repliées

 

…………..se mirent

…………….refléter

La voix……………

..cheveux……….

 

…verre……….rire.

Voici les textes produits  à partir de ces mots. Ensuite vous découvrirez le poème d’origine : nuit Rhénane de Guillaume Apollinaire


Spleen !!!

 Boire un verre de vodka me donne du vague à l’âme

Tout comme la Volga qui berce le batelier

Attendre le clair de lune comme nombre de femmes

Fuir les espaces verts ! la flamme du chandelier

Vacille sur mon corps comme une lueur ronde

C’est le chant de la nuit … je deviens hétaïre

Il stimule mes sens, je deviens  fille de l’ombre

Qui les yeux immobiles et les mains repliées

Fixe les volutes d’alcool qui dansent et se mirent

Dans ma coupe encore pleine pour mieux s’y refléter,

La voix de la raison me réveille soudain

Mes cheveux embués se redressent enfin

Pourquoi mon verre est vide ? Je ferai mieux d’en rire !

SM

Le verre dépoli de mon vieil atelier

Diffracte les signaux que fait le batelier

Par les soirées sans lune à l’intention des femmes

Qui sous les verts lampions frappent le macadam

J’entends des cris, des mots qui montent à la ronde

Et le chant des marins qui célèbrent les blondes

S’offrent à une fille joliment maquillée

Près des cygnes immobiles aux ailes repliées

Sur les eaux du canal bateaux et bars se mirent

becs de gaz et fanaux viennent se refléter

Et la voix éraillée par le vin de Palmyre

glisse sous les cheveux des amabilités

Le verre dépoli filtre un éclat de rire

DDor

Nuit rhénane

Guillaume Apollinaire

Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d’un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n’entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été

Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire

Guillaume Apollinaire, Rhénanes, Alcools, 1913

jeu par temps de confinement 24 histoire en boucle

15 avril 2020

jeu d’écriture par temps de confinement – 24 – histoire en boucle

L’atelier d’écriture ordinaire et mensuel devait se tenir vendredi prochain, au temps où je l’ai proposé, j’étais encore naïve. Comme je ne le suis,je propose ses jeux sur mercredi, jeudi et vendredi

En partant d’une situation de départ « évidente » ( par exemple, « les humains ont une bouche et des oreilles… », « Rien ne sert de courir…. »  « Pour connaître son pays, il faut le quitter »), imaginez un enchaînement d’évènements qui aboutit à la situation de départ. L’histoire doit être courte pour pouvoir être reprise en boucle comme une litanie

exemple de cour d’école remontant à mon enfance: La vache est un animal domestique qui produit le lait et la bouse ; le lait, aucune importance, mais la bouse, de deux choses l’une, ou je la vois, ou je ne la vois pas ; si je la vois, aucune importance, mais si je ne la vois pas, de deux choses l’une , soit je l’évite, soit j’y mets le pied dedans ; si je l’évite aucune importance, mais si j’y mets le pied dedans, de deux choses l’une, soit elle est sèche, soit elle est molle ; si elle est sèche, aucune importance, mais si elle est molle, je m ‘écrie : ah la vache est un animal domestique…


Le tiramisu est un dessert composé de mascarpone et de chocolat. Le mascarpone est blanc et crémeux mais le chocolat , soit il est au lait soit il est noir ; s’il est au lait , je le boude mais s’il est noir ; sera-t-il en morceaux ou en poudre ; s’il est en morceaux , je le recrache mais s’il est en poudre , je le dévore .  » le  » , je parle bien sûr du tiramisu qui est un dessert ………………..

 H God 

l’homme est un loup pour l’homme. la phrase résonna dans la tête de celui qui était à la chasse de ce loup féroce et se battait au milieu des autres pour être le premier à vaincre la bête. la bête cherchait encore à se confiner dans les taillis. il n’en fallait pas plus pour que tous s’acharnent à la déloger de ces inextricables espaces d’épines et de lianes, nasse qui aurait dû se refermer sur l’animal prédateur. contre toute attente un coup de feu claqua et l’homme chavira. contre toute espérance le loup s’enfuit, non sans que résonne en son for intérieur cette phrase : l’homme est un loup pour l’homme.

MS

Quand les poules auront des dents, c’est ce que j’entends pour la sortie du confinement, si on a des masques, si on a des tests, si on a des médicaments, si on a un vaccin, si le virus n’a pas muté, si un autre n’a pas pointé son nez. J’ai le bec dans l’eau. Je regarde vers le passé. Je conjugue au passé : quand les poules avaient des dents. Sauropodes emplumées, et pas encore ailées comme l’étaient leurs voisins les ptérosaures , elles gambadaient insouciantes, sur les plages de Cahors à basse marée. Elles avaient l’avenir devant elles, l’acquisition des ailes, la perte des dents, le passage délicat de la grande disparition des espèces, jusqu’à nous. Elles se sont arrondies, leurs ailes ont raccourci, elles se sont retrouvées confinées avec leurs congénères stressées dans des grands poulaillers à pondre des œufs qu’on leur enlève avant d’être sacrifiées, déplumées, grillées. Elles rêvent peut être, les gallinacées, de s’égayer dans les jardins, dans les prés , de voler jusqu’à la cime des grands arbres, au dessus des maisons, jusqu’à ne devenir qu’un point à l’horizon. Mais, ça mes belles, pas d’illusion : quand les poules auront des dents.

Ddor Continuer la lecture de « jeu par temps de confinement 24 histoire en boucle »

jeu de confinement 23 – dénonciation

14 04 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement – 23- dénonciation

C’est de circonstance parait-il et pour ne pas regretter les vacances que vous n’aurez peut être pas, dénoncez un lieu de séjour ou un type de voyage sans intérêt, voir pire, soit

  • Par une lettre à un ami vantant les « charmes » du séjour
  • Des idées et des formules pour une contre-campagne publicitaire

Pourquoi vouloir rouler sa bosse

Dans le redoutable cosmos ?

Être confiné dans une fusée

Aiguillonne des désirs refoulés.

En apesanteur dans la station 

Vous retourne l’estomac dans les talons .

Apprécions le plancher des vaches

Quitte à passer pour des babaches !

 

H God .

Bureau des condoléances.

Courrier n° 52 897 007 (numérotation signalée par les soins de la chambre d’Apple de votre Palais de la Justice continuelle)

Mulhome, 30 marx 2021

 

Monsieur,

Je souhaite porter à votre reconnaissance constante un fait sans doute inconnu de vos services, puisque personne n’accusant réception de mes antérieures concordances (la première étant référencée : 1 949), je m’en remets à votre direction générale de cette province.

Arrivée de Wuhan le 12 mars 2020, après une escale rapide à Milan et sans autre projet que de passer quelques jours de méditation transcen-dentale en Alsace, terre de mes ancêtres, je me retrouve fort dépourvue alors même que la tempête de coronavirus a emporté mes derniers espoirs de bises et d’embrassades intra-familiales. Traverser ces contrées où natifs et migrants essayent de se camoufler derrière tous types de masques (dont certains me rappellent des photos familiales de 1917, à moins que ce ne soient des réunions hongkongaises), me semble une image déplorable d’un pays d’accueil tel que le vôtre. 

Actuellement déconfite et confinée, je ne peux que vous conjurer de me rendre aux miens. J’ai appris par le plus grand des lézards qu’un bâtiment de la marine en marche pourrait sans doute prendre le large, le long des côtes de Port niché.

Comptant sur une concomitante et confondante confiance, j’en remets à ma conscience entre vos mains consolatrices.

Votre confabulatrice.

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Jeu en temps de confinement 22 – jeu du faussaire, résultats

Bons faussaires mais mauvais experts !

Beaucoup d’abstentions comme dans les scrutins généraux. Les textes les plus cités ont été le 5 et le 6, à égalité et aussi le 1 , mais tout le monde s’est trompé… certains avaient eu des lueurs mais ne s’y sont pas arrêtés ; Eh oui, c’était le 4 :

Phrase de début :

Je me demande par quelle mystérieuse chimie se forme un « petit groupe » : tantôt il se disloque très vite, tantôt il reste homogène pendant plusieurs années, et souvent à cause du caractère disparate de ses membres on pense aux rafles de police qui rassemblent de minuit à l’aube des individus qui ne se seraient jamais rencontrés sans cela.

Phrase de fin:

Mais le voudrait-elle ? On s’efforce quelquefois d’oublier le petit groupe de ceux qui ont présidé à vos débuts dans la vie

Modiano

Jeu d’écriture par temps de confinement – 22- Le jeu du faussaire

13 04 2020

Jeu par temps de confinement – 22- jeu du faussaire

REGLES DU JEU :

1 Il consiste à écrire les premières et dernières lignes d’un roman existant uniquement à partir de mes indications

2 N’allez pas en quête d’autres renseignements, ni sur internet, ni dans l’ouvrage que vous avez dans votre bibliothèque, vous ne pourrez plus jouer

3 Ce soir, je publie les textes anonymés et numérotés en y insérant les vraies phrases

4 Quand vous avez lu les textes vous me renvoyez un mail en votant pour celui qui vous paraît émaner de l’auteur

Vous allez écrire le début et la fin du roman de Patrick Modiano, Mémory Lane

résumé du roman : c’est un très court roman où Modiano, comme à son habitude, réveille des « souvenirs dormants » qui gardent une part de brume. On entre dans l’univers d’une bande disparate faite de rencontres de hasard où le narrateur a été introduit par un camarade de bureau. Les personnages intrigants, complexes, gardent une part d’ombre. Le temps dissout la bande et le narrateur en cherche plusieurs années après les traces.

Indications pour le début: une phrase assez longue, générale, où le narrateur se pose la question de la formation des bandes d’amis

Indications pour la fin : deux courtes phrases où le narrateur s’interroge sur la réaction d’une jeune femme du groupe à des retrouvailles éventuelles.


1

Première phrase :

Comment se fait-il que nous interagissons de meilleure façon avec certaines personnes ? Je crois que cela ne s’explique pas. À un moment donné de nos vies, nous avons besoin de l’autre pour nous identifier à lui, afin de nous dire que nous ne sommes pas seuls à vivre les mêmes émotions. Même au bureau, je dirais même surtout au bureau. C’est l’heure où nous nous détachons de nos amis d’enfance, bien malgré nous, où nous avons envie de retrouver cette complicité perdue avec de nouvelles personnes, plus à même de nous comprendre tels que nous sommes aujourd’hui. C’est comme une alchimie qui naît, nous savons reconnaître nos nouveaux amis avant d’engager la conversation avec eux.

 

Dernière phrase :

Après tout le temps qui a passé, il y a une seule personne que j’aimerais revoir. La seule femme du groupe, la plus flamboyante, la plus indomptable dirais-je même, qui n’a jamais voulu appartenir à aucun homme ; accepterait-elle de me revoir, moi particulièrement ?

2

Première phrase :

Je suis à cette époque étudiant d’histoire, et nous sommes cinq à hanter la bibliothèque nationale, chacun en maîtrise à la Sorbonne. Comment s’est formée notre bande ? Je ne sais plus, je crois que j’ai suivi Fred, qui venait souvent à la même table faire des recherches sur les journaux parisiens de la révolution de Février 1848…Il était amoureux d’une danseuse, Minou, je ne sais si c’était son vrai prénom, et pour la voir un peu, à la sortie des cours de l’académie  Ginette Bastien, il aimait aller au « Quartier Général »,  un petit café de la rue Saint-Germain, au numéro 82 si je me souviens bien. On l’avait accompagné une fois et ça avait pris, comme on dit…Les filles qui venaient de passer trois heures à la barre, tendues par l’exigence implacable de leur professeur, adoraient venir s’y détendre. On parlait de tout, et on riait beaucoup en buvant un verre…. J’avais un petit faible pour Elise, une douce brune au teint pâle, silencieuse et discrète, ce qui l’enveloppait d’une aura de mystère qui m’attirait terriblement.

Dernière phrase :

J’angoisse un peu à l’idée de nous retrouver presque tous, vingt ans après…Fred, qui ne s’est pas remis de la mort de Minou dans un accident de voiture où il a été grièvement blessé, m’a parlé d’Elise, devenue danseuse étoile, de son incroyable ascension…Pourquoi était-elle si fuyante avec moi ? J’ai fini par abandonner, finalement même, je l’ai oubliée, mais elle ? Se souvient-elle de cette fois où je lui ai pris les mains où je lui ai tout dit de ce que je ressentais, où elle est partie complètement désolée, me laissant stupide ? Elise, pourquoi ne jamais t’être expliquée ?

3

Première phrase :

 

Je ne sais plus exactement comment cela a débuté et pourquoi nous avons décidé de nous retrouver au café, en bas de ma rue. Tout d’abord, nous n’étions que trois ou quatre selon les jours parmi lesquels Paul et Henri  qui venaient régulièrement. Se sont ensuite joints à nous la bande d’amis de Pierre et cela s’est fait insensiblement. Qu’est-ce qui nous rassemblait ?

 Dernière phrase :

Nina que j’ai rencontrée de façon fortuite à l’entrée du métro, refuse obstinément de revoir Pierre. Est-il associé pour elle à d’autres souvenirs pénibles ?

4

Phrase de Début :

Je me demande par quelle mystérieuse chimie se forme un « petit groupe » : tantôt il se disloque très vite, tantôt il reste homogène pendant plusieurs années, et souvent à cause du caractère disparate de ses membres on pense aux rafles de police qui rassemblent de minuit à l’aube des individus qui ne se seraient jamais rencontrés sans cela.

Phrase de fin :

Mais le voudrait-elle ? On s’efforce quelquefois d’oublier le petit groupe de ceux qui ont présidé à vos débuts dans la vie

5

Phrase de début :

Il arrivait devant le café du coin de la rue, assez lentement pour commencer à imaginer ceux qui seraient déjà accoudés au comptoir, car si sa mémoire lui faisait défaut alors qu’il essayait de revenir exactement sur les circonstances de leurs rencontres, aux uns et aux autres, il lui fallait cependant concéder que l’alchimie qui avait pourvu à cet enchaînement durable relevait d’une sensation étrange dont il était encore capable de ressentir les effets.

Phrase de fin :

Comment n’aurait-elle pas voulu savoir ? D’un coup, l’orage en balaya l’envie

6

phrase de début :

Des fils invisibles tissent un jour, à notre insu, des toiles qui nous relient étonnamment à des êtres d’occasion, appartenant à d’autres univers que le nôtre, que l’on a parfois du mal à cerner, ce que l’on ne cherche pas forcément à faire d’ailleurs, et pourtant ces liens nous retiennent longtemps ensemble et résistent au temps par delà l’éloignement.

Phrase de fin :

J’ai souvent imaginé la croiser par hasard. Saurions nous même nous reconnaître ?

7

Phrase de début :

l se demandait quelle idée saugrenue ce collègue de bureau avait-il eu de l’inviter à cette soirée ou tous paraissaient « à l’ouest »,l’un la tête tellement penchée qu’il ne pouvait entrevoir que la pointe de ses  chaussures vernies que n’aurait pas renié un chef de la mafia calabraise,un autre,les yeux levés vers le plafond à la recherche d’une inspiration que la coke qu’il sniffait n’arrivait pas à lui procurer,et ne parlons pas de ce petit rondouillard qui obtempérait à n’importe quelle observation,les jugeant toutes recevables parce que n’en comprenant aucune,mais au milieu de cet amas improbable,il y avait elle,avec ses grands yeux limpides, sa silhouette gracieuse et longiligne,un astre dans ce ciel ténébreux,et c’est pour elle,rien que pour elle ,qu’il s’était décidé à les revoir tous,sachant cependant qu’elle leur était liée par ce fameux pacte secret

phrase de fin :

Depuis qu’elle l’avait revu,les souvenirs les meilleurs étaient remontés à la surface.Et cette fois,elle était bien décidée à ne pas laisser passer sa chance.

8

Phrase de début :

Dans une petite ville de province, au début des années soixante, il n’était pas facile pour un jeune, nouvel arrivant, de se faire des relations, d’intégrer un groupe où se tisseraient des amitiés, voire plus si affinités, comme on pouvait le lire dans la rubrique des petites annonces matrimoniales de la gazette locale…parfois le mieux est de s’en remettre au hasard : dans mon cas ce hasard prit la figure de Gérard Marciano un de mes collègues de bureau.

Phrase de fin :

Très vite la conversation revint sur Jacqueline , Gérard me communiqua son adresse, il insistait pour que j’aille lui rendre visite.Des rumeurs avaient couru dans la petite bande après son départ précipité, elle n’avait plus donné de nouvelles pendant toutes ces années:je ne me faisais guère d’illusions sur l’accueil que je pouvais espérer.

Jeu d’écriture par temps de confinement -21- boule de neige

12 04 2020

Jeu de confinement 21 Boule de neige

Elles arrivent dans nos jardins, là c’est différent c’est un petit poème qui commence par un mot pour le premier vers, deux pour le second et ainsi de suite jusqu’à 7, mettons , ( si vous voulez vous pouvez faire un peu plus) , puis vous repartez en diminuant jusqu’à un

Vous parlez de ce qui vous chante.


Potager

Accessible nécessité

Rangées de tomates

Allées pleines d’aromates

Champs de pommes de terre

Râteau à la main je persévère

Plantation de poireaux, dispersion de jolies fleurs

Nourriture toujours essentielle, quel que soit ce bonheur

Jour d’arrosage me remercie mère nature

De mon activité pour naissance future

Des ingrédients de chaque jour

Demain dessine ses contours

Juste une tige

Un nouveau

Prodige

TD

Jardin

Sentier fleuri

où je descends

parmi les roses pâles

et les pivoines épanouies, savourant

la fraîcheur de l’heure matinale

je cueille, ici ou là une ancolie

fragile demoiselle à la robe plissée

violette ou parme, toujours jolies…

Que je vous aime

fleurs de printemps

qui embaumez

discrètement !

SD

Fière,

Bouquet diamanté,

Pétales de velours,

Comme une offrande céleste,

Qui dandine sur sa tige,

Protège sa corolle au coloris vermeil,

A la cime d’un vieux rosier,

Puis qui chavire sur sa tige,

Dans un désordre de soie,

Comme une valse désenchantée,

Soumise au vent,

Pétales tremblantes,

Domptée.

BH Continuer la lecture de « Jeu d’écriture par temps de confinement -21- boule de neige »